Canadian Radio-television and Telecommunications Commission
Symbol of the Government of Canada

 

 

 

 

 

 

 

TRANSCRIPT OF PROCEEDINGS BEFORE

      THE CANADIAN RADIO‑TELEVISION AND

TELECOMMUNICATIONS COMMISSION

 

 

 

 

TRANSCRIPTION DES AUDIENCES AVANT

  CONSEIL DE LA RADIODIFFUSION

   ET DES TÉLÉCOMMUNICATIONS CANADIENNES

 

 

 

 

 

 

SUBJECT:

 

 

 

VARIOUS BROADCAST APPLICATIONS /

PLUSIEURS DEMANDES EN RADIODIFFUSION

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HELD AT:             TENUE À:

 

Convention Centre                Centre des congrès de Québec

1000 René-Levesque Blvd East                1000, boul. René-Levesque est

Quebec, Quebec                Québec (Québec)

 

March 22, 2006          Le 22 mars 2006


 

 

 

 

Transcripts

 

In order to meet the requirements of the Official Languages

Act, transcripts of proceedings before the Commission will be

bilingual as to their covers, the listing of the CRTC members

and staff attending the public hearings, and the Table of

Contents.

 

However, the aforementioned publication is the recorded

verbatim transcript and, as such, is taped and transcribed in

either of the official languages, depending on the language

spoken by the participant at the public hearing.

 

 

 

 

Transcription

 

Afin de rencontrer les exigences de la Loi sur les langues

officielles, les procès‑verbaux pour le Conseil seront

bilingues en ce qui a trait à la page couverture, la liste des

membres et du personnel du CRTC participant à l'audience

publique ainsi que la table des matières.

 

Toutefois, la publication susmentionnée est un compte rendu

textuel des délibérations et, en tant que tel, est enregistrée

et transcrite dans l'une ou l'autre des deux langues

officielles, compte tenu de la langue utilisée par le

participant à l'audience publique.


Canadian Radio‑television and

Telecommunications Commission

 

  Conseil de la radiodiffusion et des

télécommunications canadiennes

 

 

 

 

Transcript / Transcription

 

 

 

 

        

  VARIOUS BROADCAST APPLICATIONS /

PLUSIEURS DEMANDES EN RADIODIFFUSION

        

 

 

 

 

 

BEFORE / DEVANT:

 

Charles Dalfen          Chairperson / Président

Michael Arpin          Commissioner / Conseiller

Richard French          Commissioner / Conseiller

Andrée Noël          Commissioner / Conseillère

Joan Pennefather          Commissioner / Conseillère

 

 

 

ALSO PRESENT / AUSSI PRÉSENTS:

 

Chantal Boulet     Secretary / Secrétaire

Valérie Lagacé          Legal Counsel /

Conseillère juridique

Robert Ramsay          Hearing Manager /

Gérant de l'audience

 

 

 

HELD AT:          TENUE À:

 

Convention Centre             Centre des congrès de Québec

1000 René-Levesque Blvd East             1000, boul. René-Levesque est

Quebec, Quebec             Québec (Québec)

 

March 22, 2006          Le 22 mars 2006

 


TABLE DES MATIÈRES / TABLE OF CONTENTS

 

 

   PAGE / PARA

 

PHASE II (Cont.)

 

INTERVENTION PAR / INTERVENTION BY:

 

Association des Radiodiffuseurs

  Communautaires du Québec 713 / 4353

Cogeco diffusion inc. 738 / 4488

Syndicat des employés de CHRC, CPSC et SCFP 762 / 4621

MBL Communication Média Inc. 780 / 4733

Ville de Lévis 809 / 4880

Denis Cyr/

Marc Picard 826 / 4981

Gens d'affaires de Lévis‑Centre 843 / 5083

Diffusion Avant Scène 847 / 5101

Franz Schuller/

Angel Forrest/

Mark's Work Wearhouse/

Muscular Dystrophy Canada/

Cegep Champlain St. Lawrence    856 / 5145

Daniel Petit 885 / 5300

Éditions Cadence Enr. 905 / 5426

Gabriel Dubuisson/

Communications Michel Mathieu/

Pierre Marcil/

Jacques Blais/

Yves Gingras    915 / 5475

Maison de la Famille Rive‑Sud    931 / 5552

 

 

PHASE IV

 

RÉPLIQUE PAR / REPLY BY:

 

591991 B.C. Ltd. (Corus)    936 / 5579

Communications Médialex    954 / 5667

Radio Charlesbourg/Hautes Saint‑Charles (CIMI-FM)    962 / 5730

Radi Couleur Jazz inc.    969 / 5760

Yves Sauvé 979 / 5804

Standard Radio Inc. 987 / 5848

3924301 Canada Inc. 995 / 5886

 

 

PHASE I

 

PRÉSENTATION PAR / PRESENTATION BY:

 

3553230 Canada Inc. 1007 / 5940


   Québec (Québec)

‑‑‑ L'audience débute le mercredi 22 mars 2006

    à 0900 / Upon commencing on Wednesday,

    March 22, 2006 at 0900

LISTNUM 1 \l 1 \s 43474347     THE CHAIRPERSON:  Order, please.  À l'ordre, s'il vous plaît.

LISTNUM 1 \l 14348     Bonjour tout le monde, et je cède la parole à la secrétaire.

LISTNUM 1 \l 14349     LA SECRÉTAIRE : Merci, Monsieur le Président.

LISTNUM 1 \l 14350     Nous procéderons maintenant à la phase 3, au cours de laquelle les autres parties comparaîtront dans le même ordre que celui qui a été indiqué dans l'ordre du jour, afin de présenter leur intervention.

LISTNUM 1 \l 14351     Alors, nous demandons aux premiers intervenants de présenter leur intervention, et il s'agit de CKRL MF 89,1 et l'Association des Radiodiffuseurs Communautaires du Québec, qui ont demandé à comparaître ensemble.  Vous avez 10 minutes pour votre présentation.

LISTNUM 1 \l 14352     Merci.

INTERVENTION


LISTNUM 1 \l 14353     M. DESBIENS : Monsieur le Président du Conseil, mesdames, messieurs les conseillers, bonjour.  Mon nom est Gervais Desbiens.  Je suis président de l'Association des Radiodiffuseurs Communautaires du Québec, et je ferai, à ce titre, la présentation de ce matin.

LISTNUM 1 \l 14354     Je suis accompagné de la secrétaire‑générale de l'Association, madame Lucie Gagnon, qui pourra répondre à vos questions sur notre intervention; également, à ma droite, monsieur Jean‑Pierre Bédard, qui est membre du conseil d'administration de CKRL, et monsieur Raymond Boutin, à mon extrême gauche, qui est directeur‑général de CFIN Bellechasse‑Etchemins, qui, eux aussi, pourront également répondre à vos questions.

LISTNUM 1 \l 14355     L'Association des Radiodiffuseurs Communautaires du Québec remercie le Conseil de lui donner l'opportunité d'exposer, aujourd'hui, les motifs de son inquiétude à l'égard des projets à l'étude au cours de cette audience.


LISTNUM 1 \l 14356     Comme vous le savez, le processus d'audience publique exige un travail dont l'ampleur est fonction du nombre de demandes à l'étude.  Pour notre association, il s'agit d'une tâche importante qui nécessite de revoir priorités et échéanciers afin de s'adapter au calendrier du Conseil.  Toutefois, nous pouvons y arriver parce que notre structure de gestion est quand même légère.

LISTNUM 1 \l 14357     Pour une session de radio, la réalité est bien différente.  Le quotidien d'une radio axée sur les opérations est parsemé d'obligations qui ne souffrent aucun délai.  Ainsi, elles doivent décliner l'opportunité de faire valoir leur point de vue auprès du Conseil, qui est ainsi privé d'une source d'information provenant directement du terrain.

LISTNUM 1 \l 14358     Nous souhaitons souligner, toutefois, que l'intervention de l'ARC s'est construite en concertation avec les radios communautaires concernés par les présentes audiences.

LISTNUM 1 \l 14359     Nous soumettons, effectivement, respectueusement, que le Conseil et le public canadien bénéficieraient de consultations publiques plus fréquentes où un nombre de demandes plus restreint serait examiné.

LISTNUM 1 \l 14360     Pour ce qui est de l'audience de cette semaine, notre intervention s'articule autour de la prémisse suivante.


LISTNUM 1 \l 14361     L'ensemble des secteurs de l'industrie de la radio doivent pouvoir s'épanouir pour que les Canadiens puissent avoir accès à des services qui répondent aux objectifs de la Loi sur la radiodiffusion.  Or, à Québec, le secteur de la radio communautaires est mis en péril par une situation de concurrence de plus en plus difficile à soutenir.

LISTNUM 1 \l 14362     D'entrée de jeu, nous aimerions préciser que nous ne sommes pas opposés à toutes les demandes non‑communautaires, contrairement à ce qu'ont affirmé quelques requérantes suite à notre intervention.

LISTNUM 1 \l 14363     Nous avons dûment pris connaissance de chacune des demandes à l'étude, et ce, de concert avec nos membres.  Nous avons décidé de nous opposer à certaines d'entre elles en raison de leur impact potentiel sur les radios communautaires de Québec et de sa Rive Sud.

LISTNUM 1 \l 14364     Nous soulignons que l'abandon, en 1998, du processus de surveillance des marchés radiophoniques à l'aide d'études indépendantes fait en sorte que le Conseil ne met plus à la disposition du public des données crédibles et complètes pour évaluer les répercussions que peut avoir l'attribution de nouvelles licences dans les marchés urbains sur les trois éléments essentiels du système de radiodiffusion canadien : les secteurs public, privé et communautaire.


LISTNUM 1 \l 14365     Les intervenants qui participent aux audiences publiques n'ont malheureusement pas les moyens de combler ce manque.  Ce désinvestissement du Conseil crée, de facto, une situation où les seules données permettant de comprendre ces marchés sont rendues disponibles par les requérantes.

LISTNUM 1 \l 14366     Cet état de fait ne nous semble pas du tout compatible avec l'intérêt du public canadien puisque les seules informations permettant de mesurer véritablement l'impact négatif des demandes sur les radios existantes sont fournies par les uniques intervenants du processus qui n'ont pas intérêt à ce qu'apparaissent ces impacts négatifs sur les radios existantes.

LISTNUM 1 \l 14367     La démonstration de notre argumentaire sur les données disponibles dans le cadre de l'audience en cours est simple.  Dans le cadre de cet appel de demandes, aucune requérante n'a fourni d'informations sur l'impact de leur proposition sur les radios communautaires.

LISTNUM 1 \l 14368     Les données d'auditoire déposées à l'appui de leur demande les ignorent parce que BBM ne leur fournit pas ces données.  En fait, la méthodologie de BBM ne convient pas pour évaluer l'auditoire de petites stations en milieux fortement urbanisés, en partie parce que les territoires d'étude ne correspondent pas aux territoires de dessertes des radios communautaires urbaines.


LISTNUM 1 \l 14369     Il s'agit, donc, d'une méthodologie qui sous‑estime systématiquement nos auditoires.  Nous croyons qu'il serait à propos que le Conseil se dote d'un autre outil de mesure que les sondages BBM, de façon à considérer l'ensemble du système de radiodiffusion canadien dans son analyse des marchés et aussi des auditoires.

LISTNUM 1 \l 14370     L'Association des Radiodiffuseurs Communautaires est tout à fait disposée et aussi intéressée à travailler avec le Conseil en vue de trouver des alternatives de mesure d'auditoires et de marchés qui rendraient justice à l'ensemble du système de radiodiffusion.

LISTNUM 1 \l 14371     Au cours de la présente audience, nous avons constaté que le Conseil s'est beaucoup intéressé à l'évaluation que les requérants ont pu faire de l'impact de leur projet sur les radios communautaires existantes dans les marchés desservis.  Nous avons tenté de donner au Conseil des informations et des données qui lui permettront de se faire une opinion éclairée de la situation.

LISTNUM 1 \l 14372     À Québec, trois radios communautaires et de campus communautaire desservent le marché métropolitain.  Il y en a une quatrième station communautaire en périphérie, à Charlesbourg.


LISTNUM 1 \l 14373     CFIN FM, la radio communautaire Bellechasse‑Etchemins, dessert, quant à elle, les MRC Bellechasse et Etchemins, avec deux émetteurs, et bientôt, deux studios.  Son marché inclut, dans une importante partie, Chaudière‑Appalaches.  En tenant compte de ces informations, le radio du nombre d'habitants par station dans le marché de Québec change considérablement.

LISTNUM 1 \l 14374     Les radios sont toutes dans la même réalité de marché.  Qu'elles soient publiques, privées, ou encore, communautaires, elles se partagent, d'abord et avant tout, un auditoire.  En ce sens, une analyse de marché qui tient compte d'un seul secteur de l'industrie est forcément incomplète et cause préjudice aux acteurs du reste du système de radiodiffusion.

LISTNUM 1 \l 14375     De plus, l'importance de la publicité dans le budget des radios communautaires n'est pas à sous‑estimer.  Avec un budget moyen d'environ 390 000 dollars par année, dont un peu plus de la moitié provient de la publicité, le Conseil doit être conscient que toute diminution de revenu publicitaire impose aux radios communautaires une réduction aussi des services et du soutien à la participation de la population.  En d'autres termes, une telle diminution réduit la capacité de ces radios à remplir leur mandat.


LISTNUM 1 \l 14376     La radio communautaire urbaine est dans une situation de précarité extrême.  D'une part, elle dispose d'un budget annuel inférieur à la moyenne québécoise des radios communautaires.  Ses revenus de 335 000 dollars en moyenne sont composés de soutien gouvernemental, à 35 pour cent, de revenus provenant des communautés desservies, 34 pour cent, et de revenus bruts de publicité, 31 pour cent.

LISTNUM 1 \l 14377     Les revenus nets de publicité, quant à eux, sont en chute libre en raison de l'explosion du coût des ventes.  La pression concurrentielle qui s'exerce sur le marché des radios communautaires est une cause importante de cet état de fait.

LISTNUM 1 \l 14378     Ce phénomène est particulièrement important dans les marchés de Montréal et de Sherbrooke.  À Québec, nous croyons que l'arrivée de nouvelles stations et l'augmentation de puissance de stations situées en périphérie ajouteront à la pression déjà très forte, en raison du nombre de stations commerciales et alternatives déjà important pour le marché.


LISTNUM 1 \l 14379     Au nom de la protection des principes d'accessibilité aux ondes, de participation citoyenne et de diversité des sources d'information, nous croyons que le Conseil devrait prendre en considération l'impact de l'attribution de nouvelles licences sur la capacité des radios communautaires de vendre de la publicité.

LISTNUM 1 \l 14380     La radiodiffusion communautaire ne se limite pas à la simple diffusion de communiqués des organismes communautaires et à la promotion des activités locales.  La radio communautaire est un lieu d'inclusion sociale et culturelle.

LISTNUM 1 \l 14381     Ce qui est en jeu, ce sont des émissions comme, exemple, "Radio‑Enfant," réalisée par des enfant, qui s'inscrit dans une démarche éducative; des émissions favorisant, par exemple, l'intégration des hispanophones, des créoles, et haïtiens à Québec; ou peut‑être encore la seule émission de poésie qui donne la parole aux auteurs sur les ondes à Québec.

LISTNUM 1 \l 14382     Les objectifs de qualité inscrits dans la Loi sur la radiodiffusion ne concernent pas la seule radio commerciale.  Il n'y a aucune raison pour que les citoyens qui souhaitent avoir accès à des programmations différentes soient privés de cette qualité.  Il n'y a donc aucune raison pour maintenir des conditions d'opération et de concurrence qui réduisent les radios communautaires à la famine.


LISTNUM 1 \l 14383     Plusieurs requérants ont laissé entendre que l'ARC, par son opposition, refusait l'évolution du secteur de la radio.

LISTNUM 1 \l 14384     Nous tenons à rappeler, à titre d'exemple, que les radios communautaires ont été parmi les tous premiers diffuseurs FM au Canada au début des années 70, et qu'en 1996, CIBL, la radio libre, se lançait dans le téléchargement d'émissions à la demande de pop casting, 10 ans avant l'invention du mot, et enfin, que la radio communautaire est aussi un haut lieu d'innovation sociale et culturelle.

LISTNUM 1 \l 14385     Nous ne sommes pas contre l'évolution des médias.  Nous en faisons partie.  Nous souhaitons simplement que cette évolution se fasse dans le respect du mandat et de la réalité de tous les secteurs de l'industrie de la radio.

LISTNUM 1 \l 14386     En tant qu'entreprise d'économie sociale, les radios communautaires sont en droit de réclamer et faire respecter leurs activités commerciales comme moyen essentiel de réaliser leur mission sociale.  Ne pas tenir compte de leur présence dans un marché et de l'impact de l'arrivée de nouvelles stations sur leurs activités reviendrait à maintenir les radios communautaires dans un régime d'exception concurrentielle qui n'a pas sa raison‑d'être tant sur les plans économique et culturel que social et légal.


LISTNUM 1 \l 14387     Nous n'interviendrons pas ici sur chacune des demandes auxquelles nous nous sommes opposés.  Nous avons fait valoir les arguments spécifiques à chaque demande dans notre mémoire.

LISTNUM 1 \l 14388     Nous sommes également à la disposition, évidemment, en terminant, du Conseil pour répondre à toute question qu'il souhaiterait nous adresser.

LISTNUM 1 \l 14389     En terminant, Monsieur le Président, mesdames, messieurs les conseillers, nous vous remercions encore une fois d'avoir entendu nos arguments.  Merci.

LISTNUM 1 \l 14390     LE PRÉSIDENT : Merci.

LISTNUM 1 \l 14391     Monsieur Arpin.

LISTNUM 1 \l 14392     CONSEILLER ARPIN : Merci, Monsieur le Président.

LISTNUM 1 \l 14393     Madame, messieurs, j'ai quelques questions suite à votre intervention, et particulièrement aussi à celle que CKRL a déposé par écrit.

LISTNUM 1 \l 14394     Une première question.  Est‑ce que la station CIMI de Charlesbourg est membre de l'ARC?

LISTNUM 1 \l 14395     Mme GAGNON : Non, Monsieur.

LISTNUM 1 \l 14396     CONSEILLER ARPIN : Merci.


LISTNUM 1 \l 14397     Vous avez parlé tantôt de BBM et de sa méthodologie, qui sous‑estime vos auditoires.  Est‑ce que certaines des stations qui sont membres de l'ARC sont aussi membres de BBM?

LISTNUM 1 \l 14398     Mme GAGNON : Il y a un bon nombre de stations de radio communautaire en milieu régional qui sont membres de BBM.  L'ARC elle‑même est également membre associé de BBM.  C'est une firme qui offre des services qui conviennent tout à fait bien aux stations qui sont implantées en milieu régional, que ce soit en Gaspésie, aux Îles‑de‑la‑Madeleine ou encore dans Charlevoix.

LISTNUM 1 \l 14399     En milieu urbain, la difficulté tient du fait que le territoire de desserte des radios communautaires est souvent plus petit que le territoire mesuré marché central par BBM.

LISTNUM 1 \l 14400     CONSEILLER ARPIN : Oui.  Je peux comprendre que dans certains cas, et c'est certainement le cas de CIMI qui ne couvre qu'une partie de la région de Québec, mais ma compréhension, c'est que CKRL dessert l'ensemble du territoire du Québec urbain, donc, ce qui s'appellerait le marché central.

LISTNUM 1 \l 14401     Mme GAGNON : Dans le cas de CKRL, effectivement.  Ce n'est pas le cas nécessairement, par contre, de CKIA.

LISTNUM 1 \l 14402     CONSEILLER ARPIN : Oui.

LISTNUM 1 \l 14403     Mme GAGNON : Jean‑Pierre?


LISTNUM 1 \l 14404     M. BÉDARD : En fait, CKRL a une puissance de 1 400 watts.  Donc, évidement, qu'on peut couvrir tout le marché central.  Dans le cas de CKIA, je vous dirais que l'augmentation de puissance qu'ils ont eu il y a quelques années leur a permis maintenant d'avoir une couverture du marché central.

LISTNUM 1 \l 14405     CONSEILLER ARPIN : Comme vous savez si vous êtes membre associé, et certaines des stations membres de l'ARC sont aussi membres de BBM, BBM, c'est une coopérative, et puis c'est les coopérants qui, finalement, font en sorte que BBM modifie sa méthodologie.

LISTNUM 1 \l 14406     Si vous n'êtes pas membre, c'est difficile d'aller influencer le système.  C'est par une adhésion à BBM, puis le travail constant via ses multiples comités qui permet, finalement, de... qui donne des opportunités, parce que ça serait certainement très utile.


LISTNUM 1 \l 14407     Le Conseil ne développera jamais de solution de sondage.  On n'est pas une entreprise.  On est un tribunal administratif.  Donc, je peux comprendre la suggestion que monsieur nous fait de dire, développez vos propres outils de mesure, mais ce n'est pas dans notre loi constituante de se substituer à des entreprises commerciales ou à des coopératives du milieu pour entreprendre les ouvrages qui ne sont pas de notre ressort.

LISTNUM 1 \l 14408     Donc, on utilise, nous, les données que BBM nous fournit, comme on a utilisé pendant la période où Nielsen a existé.  Le Conseil a certainement utilisé les données de Nielsen, également, pour être capable de porter des jugements sur le milieu.

LISTNUM 1 \l 14409     Donc, moi, je vous encouragerais, en tout cas, surtout si vous êtes déjà membre associé puis certaines de vos stations sont membres, de travailler avec BBM pour voir comment ils peuvent...

LISTNUM 1 \l 14410     Vous allez me dire peut‑être que vous leur en avez déjà parlé, et je vous croirais, mais c'est un travail constant, puis il faut revenir à la charge et revenir à la charge.  Ce n'est pas différent que d'être avec bien d'autres secteurs où il faut rappeler continuellement nos préoccupations.

LISTNUM 1 \l 14411     Mme GAGNON : Monsieur Arpin, à Montréal, par exemple, être membre de BBM, ça représente 10 pour cent du budget d'une radio communautaire.

LISTNUM 1 \l 14412     CONSEILLER ARPIN : Je ne suis pas étonné, mais cependant, peut‑être que ça devient aussi un investissement pour aller chercher davantage de revenu.


LISTNUM 1 \l 14413     Les stations commerciales... les stations publiques, nommément Radio‑Canada et Télé‑Québec pour nommer celles‑là dans le secteur de la télévision, sont membres de BBM pourquoi?  Parce qu'ils trouvent que c'est un outil de recherche important pour aller chercher des revenus publicitaires.

LISTNUM 1 \l 14414     Donc, c'est un investissement de recherche qui semble donner des résultats puisque BBM existe depuis 50 ou 60 ans.

LISTNUM 1 \l 14415     Vous dites que déjà, le marché de Québec est un peu saturé, puis le Conseil devrait être résistant à donner des nouvelles licences.  Un des requérants nous a fait valoir que Winnipeg, qui est un marché d'une taille relativement semblable à Québec en terme de population et aussi en terme de placements publicitaires, que Winnipeg avait 12 stations de radio commerciales et qu'à Québec, il y en avait sept.

LISTNUM 1 \l 14416     Est‑ce que vous avez des commentaires?  Eux, évidemment, ils faisaient valoir qu'il y avait de l'espace.

LISTNUM 1 \l 14417     Mme GAGNON : À Québec, il y a 15 stations, Monsieur, si on compte les radios communautaires.


LISTNUM 1 \l 14418     CONSEILLER ARPIN : Ah! oui, mais si je mets les radios communautaires de Winnipeg puis les radios publiques, on va monter à 20.

LISTNUM 1 \l 14419     Mme GAGNON : Il y a une radio communautaire à Winnipeg...

LISTNUM 1 \l 14420     CONSEILLER ARPIN : Oui.

LISTNUM 1 \l 14421     Mme GAGNON : ...qui est francophone, qui, effectivement, a un peu de difficulté également, mais à Québec, il y a trois radios communautaires et une radio de campus communautaire qui s'ajoutent aux radios commerciales, qui, effectivement, exploitent le marché commercial également.

LISTNUM 1 \l 14422     CONSEILLER ARPIN : Maintenant, j'ai une question pour le monsieur de CFIN.  Vous êtes radio Bellechasse.  Où se trouvent vos studios?

LISTNUM 1 \l 14423     M. BOUTIN : Notre studio principale est à Lac‑Etchemin, et on a un studio secondaire qu'on est en train d'ouvrir à Saint‑Raphaël‑de‑Bellechasse.

LISTNUM 1 \l 14424     CONSEILLER ARPIN : À Saint‑Raphaël‑de‑Bellechasse?

LISTNUM 1 \l 14425     M. BOUTIN : Oui.

LISTNUM 1 \l 14426     CONSEILLER ARPIN : Et où se trouve votre émetteur dans Bellechasse?

LISTNUM 1 \l 14427     M. BOUTIN : L'émetteur principal est sur le Mont Orignal près de Lac‑Etchemin, et le relais est à Armagh.


LISTNUM 1 \l 14428     CONSEILLER ARPIN : Et ça, c'est proche de Lévis ou bien...

LISTNUM 1 \l 14429     M. BOUTIN : Oui, c'est à peu près...

LISTNUM 1 \l 14430     CONSEILLER ARPIN : Parce que, effectivement, il y a eu tout un débat‑là, à savoir : Est‑ce que le signal de CFIN couvre en partie ou en totalité la nouvelle Ville de Lévis?

LISTNUM 1 \l 14431     M. BOUTIN : Bien, on le couvre en partie dans la mesure où il n'y a pas trop de buttes, il n'y a pas trop de montagnes, parce que notre grande difficulté, on a deux antennes importantes, du fait, à cause des montagnes.  Ce n'est pas à cause de la puissance qui manque, mais...

LISTNUM 1 \l 14432     CONSEILLER ARPIN : C'est la géographie.

LISTNUM 1 \l 14433     M. BOUTIN : Parce que même ici à Québec, à la limite, on peut nous entendre chez nous.  Moi, je suis stationné en bas, puis jusque dans le stationnement, j'entendais très bien ce qui passe chez nous.

LISTNUM 1 \l 14434     CONSEILLER ARPIN : Évidemment, vous faites valoir... tout comme l'ARC et la lettre d'appui, vous faites valoir que vous diffusez déjà de la musique country...

LISTNUM 1 \l 14435     M. BOUTIN : Absolument.


LISTNUM 1 \l 14436     CONSEILLER ARPIN : ...et que l'auditoire, jusqu'à un certain point, de Lévis qui est intéressé par la musique country se trouverait desservi par votre station?

LISTNUM 1 \l 14437     M. BOUTIN : Il n'y a aucun doute là‑dessus parce que notre clientèle dans la musique country s'étend de Thetford Mines, je dirais même en certaines occasions jusqu'à Sherbrooke du côté ouest, et du côté est, on va assez loin aussi.  Alors, on couvre certainement Lévis.  Aucun problème à ce sujet‑là.

LISTNUM 1 \l 14438     CONSEILLER ARPIN : J'ai posé une question, hier ‑‑ c'est pour peut‑être le monsieur de CKRL ‑‑ s'il y avait entre la grille de programmation proposée par CIMI, et celle qui est proposée par CIMI me semble être celle qui est présentement en onde, s'il y avait des incompatibilités avec la grille de CKRL.  On m'a répondu qu'il y en avait pas, que c'était, finalement, des concepts de radio communautaire totalement différents.

LISTNUM 1 \l 14439     Est‑ce que vous avez des commentaires sur cette observation‑là que les gens de CIMI ont fait hier?


LISTNUM 1 \l 14440     M. BÉDARD : Bien, en fait, je vous dirais qu'il y a toujours une ressemblance, parce qu'une radio communautaire, peu importe la philosophie qu'elle sous‑tend dans ses émissions, dans le contenu de ses émissions, il reste que quand même c'est toujours la notion de participation citoyenne, la notion d'aller chercher des groupes communautaires, d'accessibilité aux ondes, et dans ce principe‑là, évidemment qu'il y a des similitudes entre ce que fait CKRL et ce que fait CIMI.

LISTNUM 1 \l 14441     Il va avoir sur les ondes de CIMI des émissions faites par, je ne sais pas moi, le Carrefour jeunesse emploi, des choses qui peuvent également se retrouver sur les ondes de CKRL.  Dans cette optique‑là d'accessibilité aux ondes à des groupes communautaires à une voix différente, une alternative, il y aura, effectivement, des similitudes entre les deux stations.

LISTNUM 1 \l 14442     CONSEILLER ARPIN : Et vous dites tous que la radio communautaire, c'est un marché étroit, particulièrement en matière de revenu publicitaire.  Si vous êtes actuellement deux à couvrir Québec, vous dites, bon, il n'y a pas eu... CIMI n'a pas déposé d'étude d'impact, tout comme sur la radio communautaire.

LISTNUM 1 \l 14443     Mais vous, avez‑vous fait une étude d'impact pour voir ce que ça signifierait que CIMI soit la grandeur du territoire du Québec métropolitain?


LISTNUM 1 \l 14444     M. BÉDARD : Bien, l'étude d'impact, on n'en a pas nécessairement fait une.  On n'a pas nécessairement les moyens de se payer ce genre d'analyse‑là.  Mais je vous dirais quand même qu'il y aura certainement une incidence, parce que, comme je vous dis, du fait du type de programmation qu'on propose, du fait du type des émissions, on va, évidemment, chercher dans les mêmes segments de marché auprès des annonceurs, et c'est sûr que sur les ondes de nos stations, on n'aura pas de bannière nécessairement nationale ou des choses comme ça, ou très peu.

LISTNUM 1 \l 14445     Or, évidemment que c'est le petit client local qui est la source principale de revenu publicitaire.  Or, évidemment que si ce même petit client local là se fait solliciter par trois stations de radio communautaire, il va éventuellement avoir à choisir ou à partager son budget en trois.  Donc, évidemment que, dans l'ensemble, il y aura peut‑être des pertes pour les trois de se partager ce même client‑là à part égale.

LISTNUM 1 \l 14446     CONSEILLER ARPIN : Est‑ce que quand CKIA est devenue une station de radio plus régionale, est‑ce que ça eu un impact significatif sur CKRL?


LISTNUM 1 \l 14447     M. BÉDARD : Oui, ça eu quand même un certain impact sur nos revenus publicitaires.  On l'a noté immédiatement.  L'année où il y a eu une augmentation de puissance, cette année‑là, dans les revenus publicitaires, il y a eu une perte d'environ 25 000 dollars dès la première année d'augmentation de puissance.

LISTNUM 1 \l 14448     CONSEILLER ARPIN : Mais est‑ce que vous l'avez recouvert par après ou si c'était...

LISTNUM 1 \l 14449     M. BÉDARD : Non, pas tout à fait.

LISTNUM 1 \l 14450     CONSEILLER ARPIN : Pas tout à fait, ça s'est maintenu par après.

LISTNUM 1 \l 14451     Ça complète mes questions, Monsieur le Président.

LISTNUM 1 \l 14452     LE PRÉSIDENT : Juste un commentaire au sujet de BBM.  Est‑ce que le problème, c'est que c'est la méthodologie de BBM quant à la radio communautaire, ou est‑ce que c'est le problème financier, le coût de devenir membre de BBM, ou les deux?

LISTNUM 1 \l 14453     Mme GAGNON : C'est les deux.  Comme le problème est un problème méthodologique, et comme le disait monsieur Martin, qu'il s'agit d'une coopérative où les membres principalement sont des stations, des grands groupes de propriétés, puis des radios indépendantes, ces stations‑là sont prioritaires dans la détermination de la méthodologie.


LISTNUM 1 \l 14454     Pour rentrer dans le groupe et éventuellement pouvoir influencer cette méthodologie‑là, il faudrait pouvoir investir dans les radios communautaires urbaines des montants qui sont équivalents à environ 8 à 10 pour cent de leur budget annuel.  Considérant que ce ne serait pas nécessairement une bonne idée pour BBM de modifier ses méthodologies pour un nombre minoritaire de ses membres, on ne conçoit pas que ce soit un investissement qui puisse éventuellement être rentable.

LISTNUM 1 \l 14455     Cependant, nous travaillons régulièrement et de façon acharnée avec BBM et avec d'autres firmes de sondage pour trouver une méthodologie, pour trouver des façons abordables de mesurer les auditoires.  Pour l'instant, les seules données dont on dispose, ce sont des données agrégées qui sont disponibles grâce à un sondage qu'on a réalisé sur l'ensemble des territoires urbains du Québec et on a des évaluations d'auditoire relativement précises pour l'ensemble des marchés urbains.


LISTNUM 1 \l 14456     LE PRÉSIDENT : C'est très clair, merci, parce que peut‑être vous connaissez que les stations ethniques et les stations autochtones soutiennent les mêmes choses, et je ne sais pas si vous vous réunissez avec eux, mais je pense que c'est une bonne idée parce que tous les outlyers, mettons, qui ne sont pas des grandes entreprises commerciales ont les mêmes problèmes.

LISTNUM 1 \l 14457     On travaille maintenant, je sais, à la télévision.  Moi et mes collègues, ont tenu des réunions avec eux, à savoir comment ça marche.  Aux États‑Unis aussi, ils travaillent sur les mêmes problèmes, parce que les stations minoritaires aux États‑Unis ont les mêmes problèmes avec les entreprises de sondage.

LISTNUM 1 \l 14458     Je vous conseille de continuer vos efforts, à moins d'avoir des mesures qui peuvent être présentées devant nous pour qu'on puisse faire des jugements nécessaires.

LISTNUM 1 \l 14459     Merci bien pour être venus ce matin.

LISTNUM 1 \l 14460     CONSEILLÈRE NOËL : J'aurais peut‑être une question pour compléter.

LISTNUM 1 \l 14461     Vous nous avez mentionné que les budgets... vous avez, d'abord, mentionné que la moyenne des revenus des stations communautaires était de l'ordre de 335 000 dollars; est‑ce que j'ai bien compris?

LISTNUM 1 \l 14462     Mme GAGNON : En milieu urbain.


LISTNUM 1 \l 14463     CONSEILLÈRE NOËL : En milieu urbain.  Et vous avez également mentionné que, de ce montant, 35 pour cent venait d'une contribution gouvernementale, 34 pour cent de la communauté, et 31 pour cent était dérivé de la vente de publicité.  Est‑ce que...

LISTNUM 1 \l 14464     Mme GAGNON : En milieu urbain.

LISTNUM 1 \l 14465     CONSEILLÈRE NOËL : En milieu urbain.  Oui, bien, on est en milieu urbain.

LISTNUM 1 \l 14466     Alors, grosso modo, on peut dire que c'est le tiers du budget, un petit tiers du budget qui provient de la publicité.

LISTNUM 1 \l 14467     Est‑ce que vous avez essayé de voir s'il n'y a pas des sources alternatives de financement?

LISTNUM 1 \l 14468     Je pense à ce qu'on a fait avec la radio AVR, Aboriginal Voices Radio, c'est‑à‑dire qu'on a permis que des entreprises qui font des demandes de radio puissent consacrer une somme dans le cadre du Programme de développement des talents canadiens, notamment, à aider ce genre de radio, et ils sont ici, vous les avez à la portée de la main.


LISTNUM 1 \l 14469     Mais je pense que c'est un peu tard rendu dans la salle.  Mais au moment où les gens déposent leur demande, c'est le temps de courir après, puis d'aller chercher des fonds, parce que s'ils sont prêts à mettre 700 000 dollars pour le Cégep de Jonquières et puis l'Université Laval, peut‑être qu'il y aurait un petit 100 000 qui traîne dans le fond des tiroirs.  Je ne sais pas si monsieur Arcand m'écoute.

‑‑‑ Rires / Laughter

LISTNUM 1 \l 14470     CONSEILLÈRE NOËL : Il m'écoute.

LISTNUM 1 \l 14471     Mais c'est une façon de faire aussi.  Je pense qu'il ne faut pas se mettre dans un carcan, puis dire c'est ça notre façon de gérer notre affaire.  Je pense que les gens qui vont frapper chez les radiodiffuseurs sont généralement agréablement surpris de pouvoir trouver de l'aide.

LISTNUM 1 \l 14472     Je sais que ça fait à Montréal.  Je sais qu'un grand radiodiffuseur à Montréal aide une des stations... une ou deux stations communautaires à Montréal.  Alors, si ça se fait à Montréal, je pense que ça pourrait être une avenue aussi à Québec.

LISTNUM 1 \l 14473     Mme GAGNON : Madame Noël, votre question est tout à fait pertinente.

LISTNUM 1 \l 14474     Effectivement, l'Association des Radiodiffuseurs Communautaires a commencé à investiguer ces options‑là.  On les investigue d'une façon un petit peu différente.


LISTNUM 1 \l 14475     Mais, entre autres choses, dans le cadre des audiences sur la radio satellite, il y en a été question avec nos collègues de la NCRA, la National Campus Community Radio Association, et avec l'Alliance des radios communautaires du Canada, et il va encore en être question dans d'autres audiences.

LISTNUM 1 \l 14476     CONSEILLÈRE NOËL : Et je vous suggère qu'ils sont tous ici ce matin.

‑‑‑ Rires / Laughter

LISTNUM 1 \l 14477     Mme GAGNON : Ça me fera plaisir de leur parler.

LISTNUM 1 \l 14478     CONSEILLÈRE NOËL : Merci, Madame.

LISTNUM 1 \l 14479     Mme GAGNON : Merci.

LISTNUM 1 \l 14480     LE PRÉSIDENT : Merci beaucoup, Madame, Messieurs.

LISTNUM 1 \l 14481     Mme GAGNON : Merci.

LISTNUM 1 \l 14482     M. BÉDARD : Merci.

LISTNUM 1 \l 14483     M. BOUTIN : Merci.

LISTNUM 1 \l 14484     LE PRÉSIDENT : Madame la Secrétaire.

LISTNUM 1 \l 14485     LA SECRÉTAIRE : Merci, Monsieur le Président.

LISTNUM 1 \l 14486     J'inviterais maintenant les prochains intervenants, qui est Cogeco diffusion inc., à venir présenter leur intervention.

LISTNUM 1 \l 14487     Monsieur Guimond, vous avez 10 minutes pour votre présentation.  Quand vous serez prêt.  Merci.

INTERVENTION


LISTNUM 1 \l 14488     M. GUIMOND : Bonjour, tout le monde.  Monsieur le Président et membres du Conseil, je suis René Guimond.  Je suis le Président de Cogeco diffusion.

LISTNUM 1 \l 14489     Vous reconnaîtrez à ma gauche, monsieur Yves Mayrand, Vice‑président, Affaires publiques, Affaires corporatives; à ma droite se trouve monsieur Jean‑Paul Lemire, Directeur‑général de nos stations de radio à Québec; et à mon extrême droite, monsieur Martin Perkins, qui est le Directeur technique de nos stations de radio à Québec.

LISTNUM 1 \l 14490     Je vous remercie de l'occasion que vous nous donnez de comparaître aujourd'hui.

LISTNUM 1 \l 14491     J'occupe mes fonctions depuis la fin de l'automne dernier, mais comme j'ai surtout travaillé dans les industries de la télévision et de la publicité, je suis encore en train de me familiariser avec le monde fascinant de la radio.

LISTNUM 1 \l 14492     C'est aussi la première fois que je comparais à une audience publique portant sur la radio.

LISTNUM 1 \l 14493     Je dois vous dire, d'abord, la grande importance que j'attache au dossier de la radio à Québec.  Nous sommes propriétaires de seulement cinq stations au total, dont deux se trouvent ici dans le marché de Québec.


LISTNUM 1 \l 14494     Nous avons lancé Rythme FM, notre deuxième station, de la vieille capitale il y a moins de trois ans.  Notre première station, le 93,3 est en période de rétablissement après plusieurs années difficiles pour les raisons que tous connaissent ici.

LISTNUM 1 \l 14495     Nous sommes fiers de ce que nous avons réussi à accomplir en quelques mois, tant pour le 93,3 que pour notre station Rythme FM à Québec, et nous sommes très confiants d'être sur la bonne voie.

LISTNUM 1 \l 14496     J'en profite pour dire haut et fort que nous avons constitué ici une équipe forte et déterminée, composée de gens de Québec qui dirigent et animent nos stations pour le marché de Québec et en fonction des auditeurs de Québec.  Nos auditoires croissants dans la région de Québec en témoignent.

LISTNUM 1 \l 14497     Nous ne sommes pas ici pour nous plaindre de nos difficultés passées.  Nous les assumons pleinement.  Nous sommes ici, plutôt, pour vous rappeler certains faits incontournables.

LISTNUM 1 \l 14498     Le marché radiophonique de Québec est aujourd'hui un marché fragile qui a vécu de graves soubresauts au cours des trois dernières années, et sur lequel plane toujours une incertitude de taille, soit l'évolution future de choix FM.


LISTNUM 1 \l 14499     Le Conseil doit examiner les demandes de nouvelle licence comme s'il n'y avait aucun changement pour CHOI‑FM, compte tenu des procédures judiciaires en cours concernant la licence de cette station de radio.

LISTNUM 1 \l 14500     Toutefois, le Conseil n'est pas sans savoir qu'il pourrait y avoir prochainement un changement de propriété de CHOI‑FM, comme le mentionne clairement une lettre de ses procureurs déposée le 3 mars dernier en Cour suprême du Canada.  Ce changement risque fort d'impliquer des groupes de propriétés qui demandent aussi de nouvelles licences ici à Québec.

LISTNUM 1 \l 14501     Comment s'assurer, dans les circonstances, le respect des règles de propriété commune, la diversité des services, le caractère équitable des engagements respectifs des parties, et l'équilibre concurrentiel dans le marché à l'issue de la présente audience?

LISTNUM 1 \l 14502     Nous nous en remettons entièrement à vous, mais il est clair qu'une partie importante de l'échiquier se trouve en marge de la présente audience par la force des choses.

LISTNUM 1 \l 14503     Nous devons également nous en remettre entièrement à vous pour l'évaluation de la situation financière de chacune des stations qui desservent présentement le marché de Québec puisque nous n'avons pas accès aux données spécifiques récentes.


LISTNUM 1 \l 14504     Nous avons, pour notre part, accès au rapport Tram du Bureau de la commercialisation de la radio pour le marché de Québec.  Selon ces rapports, les revenus totaux de la radio à Québec sont passés d'environ 27 millions à 30 millions de dollars de 2000 à 2005, soit 12 pour cent de croissance sur cinq ans, ce qui correspond essentiellement à l'inflation générale pour cette même période de cinq ans.

LISTNUM 1 \l 14505     Les revenus de la publicité locale ont, en fait, stagné au cours des trois dernières années autour de 21,3 millions.

LISTNUM 1 \l 14506     Pour ce qui est l'évolution des heures d'écoute radio dans le marché central de Québec, les sondages BBM démontrent aussi une stagnation des heures totales d'écoute dans le marché central de Québec au cours des cinq dernières années, avec une baisse marquée à l'automne 2005.

LISTNUM 1 \l 14507     Dans un tel contexte, il est clair que l'ajout d'une et, a fortiori, de plus qu'une nouvelle station de radio commerciale, particulièrement dans des formules de programmation pour auditoire général déjà présentes dans le marché, aura des répercussions importantes sur le service existant, quoique en disent certaines requérantes.


LISTNUM 1 \l 14508     Il vous appartient d'en juger et de décider en définitive si le système de radiodiffusion à Québec gagnera vraiment ou perdra en terme de la diversité des services, de concurrence, d'écoute globale et d'assiette publicitaire totale dans le marché radiophonique de Québec.

LISTNUM 1 \l 14509     Nous vous invitons à ne pas attribuer de nouvelles licences de radio commerciale à l'un ou l'autre des grands groupes de propriété dans le marché francophone, incluant celui de Québec, alors que, même dans le cadre de l'examen de la politique sur la radio commerciale, vous vous interrogez présentement sur les causes de la faiblesse structurelle du secteur francophone de la radio commerciale et plus particulièrement des stations indépendantes d'expression française, ainsi que sur les solutions qu'il convient d'envisager à cet égard.

LISTNUM 1 \l 14510     Votre plus récent rapport de surveillance de la politique de radiodiffusion souligne le fait que pour le marché global du Québec, deux grands groupes de propriété contrôlent déjà, à eux seuls, 73 pour cent de l'assiette totale des revenus pour la radio privée commerciale de langue française, avec seulement 54 pour cent de l'heure d'écoute francophone.


LISTNUM 1 \l 14511     Nous nous opposons formellement à la demande de nouvelle licence de radio commerciale de Corus qui vise à installer à Québec une station dont une partie de la programmation serait une diffusion simultanée avec CHRC d'émissions à prépondérance verbale.

LISTNUM 1 \l 14512     Nous avons calculé que les stations commerciales existantes, incluant CHRC et notre station le 93,3, offrent présentement approximativement 235 heures de programmation de ce genre par semaine.

LISTNUM 1 \l 14513     Il est clair pour nous que ce projet vise à profiter d'un transfert de la programmation et des ressources de CHRC vers une nouvelle station FM, tout en gardant l'avantage concurrentiel de la station AM, une part de marché accrue pour Corus dans le groupe cible des 25‑54, et la déstabilisation de ses concurrents dans le marché de Québec, dont le 93,3.

LISTNUM 1 \l 14514     Nous opposons avec vigueur l'attribution d'une licence de radio commerciale de langue anglaise à Québec.  Il n'y a, selon nous, aucune nécessité ou justification raisonnable pour reproduire à Québec le problème structurel, que l'on observe depuis de nombreuses années à Montréal et qui va en s'accroissant, du glissement de l'auditoire francophone vers les services de langue anglaise.


LISTNUM 1 \l 14515     Selon BBM, les trois stations FM d'expression anglaise à Montréal, CHOM FM, une station de Standard Radio, MIX 96, une autre station de Standard, et le Q92, sont allées chercher, respectivement, 65, 60 et 45 pour cent de leur auditoire total 12 ans et plus chez les francophones, avec un contenu de musique vocal composé essentiellement de grands succès anglophones, alors que les cinq stations FM d'expression française diffusant une prépondérance de musique vocale de langue française n'ont obtenu qu'entre 2 et 4 pour cent de leur auditoire total 12 ans et plus chez les anglophones.

LISTNUM 1 \l 14516     Nous sommes également ici aujourd'hui pour insister sur l'importance de préserver les mandats distincts attribués par licences de radio à différents titulaires, et la spécificité des marchés radiophoniques identifiés par le Conseil lors de l'attribution de licences de radio.

LISTNUM 1 \l 14517     Nous faisons face, pour la troisième fois de filée, à une tentative de transformer une station locale de Donnacona en station de Québec, dont deux fois à la suite d'une acquisition de cette même station par un nouveau propriétaire.


LISTNUM 1 \l 14518     Les décisions antérieures du Conseil sur ce dossier sont pourtant claires et sans équivoque.  Suffit‑il de répéter la même demande pour avoir raison et finalement obtenir gain de cause?  Nous ne le croyons pas.

LISTNUM 1 \l 14519     Il est, pour le moins, surprenant qu'un radiodiffuseur averti comme Radio Nord, qui connaît et comprend la dynamique des auditoires, des formules de programmation et des marchés publicitaires, prétend d'avoir réalisé seulement depuis la conclusion de son achat que le marché de Portneuf et le paramètre actuel de CKNU‑FM ne sont pas adéquats.

LISTNUM 1 \l 14520     Une seule conclusion raisonnable s'impose.  Radio Nord a parié sur un changement de mandat, sachant fort bien qu'un tel changement avait déjà été refusé auparavant et sachant aussi fort bien qu'il n'y a pas d'appel de demande concurrente à l'occasion d'un changement de propriété d'une station de radio.

LISTNUM 1 \l 14521     Le Conseil a encore en délibéré une demande de transformation semblable impliquant la station CFEI‑FM Sainte‑Hyacinthe, une station du groupe Astral Média qui tente de couvrir le marché de Montréal et y ajouter ainsi une station de radio commerciale.


LISTNUM 1 \l 14522     Cette demande devait, à l'origine, être entendue à la même audience publique que celle de Radio Nord et de Corus visant respectivement à déplacer l'aire de couverture de CKNU‑FM Donnacona et de CFEL‑FM Montmagny pour desservir le marché de Québec.

LISTNUM 1 \l 14523     Nous nous sommes opposés à la demande d'Astral Média.  Corus s'y est opposée également, sans aucune équivoque et pour les mêmes raisons que nous.

LISTNUM 1 \l 14524     Aujourd'hui, sous prétexte que le Conseil examine de telles demandes de transformation dans le cours normal, Corus en soumet une.  Cette demande avait préalablement été retirée dans son intervention contre la demande d'Astral Média.

LISTNUM 1 \l 14525     De surcroît, nous avons mis en lumière des changements au mémoire technique de Corus pour CFEL‑FM après la date fixée pour les interventions et le fait que la proposition de modification des paramètres techniques de CFEL‑FM mènerait, en fait, à une détérioration du signal de CFEL à Montmagny, son marché central, et à une couverture complète du marché central de Québec.

LISTNUM 1 \l 14526     Avec respect, Corus devrait faire preuve de constance dans les positions qu'elle vous présente à quelques mois d'intervalle.


LISTNUM 1 \l 14527     Quoiqu'il en soit, le Conseil doit absolument, selon nous, préserver le caractère juste et équitable et ouvert du processus d'attribution de licence, ainsi que la spécificité des marchés géographiques et les appels de demande qui s'y rapportent.

LISTNUM 1 \l 14528     Ceci termine ma présentation.

LISTNUM 1 \l 14529     LE PRÉSIDENT : Merci bien.

LISTNUM 1 \l 14530     Monsieur French.

LISTNUM 1 \l 14531     CONSEILLER FRENCH : Merci, Monsieur Guimond.

LISTNUM 1 \l 14532     Soyez clairs, d'abord, que le Conseil est pleinement conscient de ce qui pourrait se tramer dans ce marché.  Donc, le Conseil agira en conséquence, et vous ne courez pas de risque susceptible de se réaliser suite au développement subséquent dans le mesure où on est informé puis on essaie de l'être.

LISTNUM 1 \l 14533     Merci aussi pour l'exercice de confrontation du Conseil avec soi‑même que vous avez, à plusieurs reprises, évoqué.  C'est valable, et la rigueur est toujours une vertu.

LISTNUM 1 \l 14534     La question qui me semble la plus pertinente... puisque vos arguments sont limpides, la question qui me semble la plus pertinente à vous poser à ce moment‑ci... parce que je pense que vous n'étiez pas ici hier, bien que monsieur Mayrand l'était.


LISTNUM 1 \l 14535     Le soubresaut désagréable qui est arrivé dans le marché local a fait fuir une certaine quantité de publicité, et la question qui se pose, c'est : Est‑ce que cet argent‑là, dans la mesure où le marché se réstabilise, va revenir, ou est‑ce qu'il y a une anomalie structurelle qui voudrait que le marché de détail marche très bien à Québec, mais que ce dynamisme ne se traduit pas en publicité radiophonique, comme ça se traduit dans d'autres marchés urbains canadiens?

LISTNUM 1 \l 14536     M. LEMIRE : Pour ce qui est des revenus, on voit une stagnation à peu près depuis cinq ans.  Il y a une augmentation des revenus de marchés publicitaires à Québec de 3 pour cent depuis cinq ans.  C'est à peu près le coût de la vie.  Il y a eu une baisse des heures d'écoute, mais il n'y a pas eu nécessairement une baisse des revenus.  Mais il n'y a pas eu d'augmentation marquée des revenus.

LISTNUM 1 \l 14537     Or, présentement, le marché est sous... ce qu'on dit, c'est que le marché est... la tarification, elle est basse.  Elle est trop basse présentement.

LISTNUM 1 \l 14538     CONSEILLER FRENCH : Quel plan avez‑vous pour changer cette situation de sous‑tarification?


LISTNUM 1 \l 14539     M. LEMIRE : Écoutez, on est déjà assez de stations pour aller chercher ce qu'on a à aller chercher.  Il faut continuellement travailler et augmenter nos cotes d'écoute pour nous permettre d'aller chercher un peu mieux, et surtout d'installer une stabilité à la radio à Québec, qui fait poser beaucoup de questions à nos commanditaires.

LISTNUM 1 \l 14540     Dans le soubresaut qu'il y a, ça installe une attente, qui fait qu'on reporte à plus tard des achats radio.

LISTNUM 1 \l 14541     M. MAYRAND : Si vous me permettez un complément de réponse, Monsieur French.

LISTNUM 1 \l 14542     Certainement, si on veut corriger la faiblesse structurelle de la tarification des radios commerciales ici à Québec, à notre point de vue, il y a deux ingrédients très importants au‑delà des efforts que nous, individuellement, pouvons faire pour les raffermir avec les gens que nous sollicitons pour faire des placements chez nous.

LISTNUM 1 \l 14543     Les deux facteurs cruciaux sont les suivants, d'après nous.

LISTNUM 1 \l 14544     C'est qu'il faut éviter de donner plus de munitions aux groupes qui ont déjà ce qu'on appelle dans le jargon un power ratio très considérable, donc, une part de l'assiette publicitaire beaucoup plus grande que l'écoute de leurs stations.

LISTNUM 1 \l 14545     Deuxièmement, il faut éviter à tout prix un choc additionnel par l'augmentation rapide et soudaine de l'inventaire commercial disponible.


LISTNUM 1 \l 14546     Ça, c'est deux ingrédients importants, selon nous, pour s'assurer que le marché va réussir à reprendre du poil de la bête au plan de la tarification.

LISTNUM 1 \l 14547     CONSEILLER FRENCH : Alors, votre thèse, c'est que s'il y a un marché de détail dynamique à Québec, s'il y a une assiette de radio publicitaire qui stagne, c'est principalement parce qu'il y une sous‑tarification?  Structurellement, l'explication, c'est une sous‑tarification qui a été peut‑être occasionnée même avant les problèmes récents du marché?

LISTNUM 1 \l 14548     M. MAYRAND : Jean‑Paul, je pense que tu peux répondre.

LISTNUM 1 \l 14549     M. LEMIRE : Il y a une sous‑tarification, mais il y a aussi le fait qu'il y a eu beaucoup de... il y a eu un soubresaut qui a installé une insécurité.  Le média de la radio a tellement... il s'est passé tellement de choses que l'acheteur retarde ses achats et demande à ce que le marché se stabilise pour enfin savoir qui fait quoi, qui va faire quoi.

LISTNUM 1 \l 14550     Alors, on a, nous, lancé une station il y a moins de trois ans.  Elle n'a pas atteint sa maturité.  Alors, c'est un changement déjà avec les stations qui sont là.


LISTNUM 1 \l 14551     CONSEILLER FRENCH : Alors, l'annonceur renonce l'exercice de publicité radiophonique pour rejoindre sa clientèle, il n'investit pas dans les hebdos, il n'investit pas dans la télévision, il garde son argent pour lui, puis il a peut‑être appris qu'il n'a pas besoin de vous?

LISTNUM 1 \l 14552     M. LEMIRE : Il l'investit ailleurs que dans la radio.

LISTNUM 1 \l 14553     CONSEILLER FRENCH : Pardon?

LISTNUM 1 \l 14554     M. LEMIRE : Il l'investit ailleurs qu'à la radio.

LISTNUM 1 \l 14555     CONSEILLER FRENCH : Mais il n'investit pas dans la télévision d'après les données.

LISTNUM 1 \l 14556     M. LEMIRE : Il n'y a pas de point dans l'assiette publicitaire télévisuelle à Québec.  Il n'y a pas d'indice de transfert.

LISTNUM 1 \l 14557     Des hebdos?  Écoutez, il y en a moins.

LISTNUM 1 \l 14558     CONSEILLER FRENCH : Pouvez‑vous nous aider un peu à comprendre l'impact d'une licence qu'on pourrait appelé spécialisé country à Lévis?  C'est dangereux pour vous ou non?

LISTNUM 1 \l 14559     M. MAYRAND : Je pense que je peux répondre à cette question‑là.


LISTNUM 1 \l 14560     La difficulté que nous avons avec les demandes pour Lévis, c'est que, en fait ‑‑ j'ai assisté à toutes les présentations ‑‑ il est manifeste que ces demandes‑là sont des demandes de licence pour couvrir, desservir le marché de Québec dans son ensemble, nonobstant l'orientation de Lévis.

LISTNUM 1 \l 14561     Alors, notre préoccupation est la suivante.  Ce n'est pas tant le type de musique, c'est la couverture, c'est le fait que c'est un nouveau véhicule commercial, à part entière, qui entre avec une masse d'inventaire commercial nouveau dans l'ensemble du marché de Québec.  C'est ça notre préoccupation.

LISTNUM 1 \l 14562     CONSEILLER FRENCH : Alors, le même commentaire pour les autres spécialisés, soi‑dites moins courants, moins 25‑54 AC?

LISTNUM 1 \l 14563     M. MAYRAND : Je ne fais pas nécessairement le même commentaire pour les formules de musique aussi spécialisées que le classique ou le jazz.


LISTNUM 1 \l 14564     Je pense qu'on peut spéculer longuement sur ce que serait un auditoire de station diffusant de la musique country mais aussi une programmation comportant des créations orales et du contenu verbal, mais probablement que basé sur l'historique du marché de Québec, on peut croire que cet auditoire‑là sera probablement, de toute façon, plus commercial et plus significatif et plus large que celui des formules de musique vraiment spécialisée qui sont présentées devant vous.

LISTNUM 1 \l 14565     CONSEILLER FRENCH : Merci, Monsieur Mayrand.  Merci beaucoup, le monsieur de Cogeco et...

LISTNUM 1 \l 14566     LE PRÉSIDENT : Monsieur Arpin.

LISTNUM 1 \l 14567     CONSEILLER ARPIN : Monsieur Guimond, à la page 6 de votre présentation de ce matin, vous nous parlez des parts de marché... en tout cas, de la proportion d'auditeurs francophones qui écoutent les stations anglophones de Montréal qui sont les propriétés de Standard.

LISTNUM 1 \l 14568     Je présume que vous citez des données les plus récentes, je suppose de l'automne 2005, mais si on regarde historiquement, est‑ce que c'est stable ou ça s'est accru?  Prenons une courbe de 5‑10 ans.

LISTNUM 1 \l 14569     M. GUIMOND : On cite vraiment des données récentes de BBM de 2005, et il y a une légère tendance à l'augmentation.  Ce n'est pas une augmentation qui est dramatique, mais il y a une légère tendance à l'augmentation au cours des dernières années, en effet.

LISTNUM 1 \l 14570     CONSEILLER ARPIN : Merci, Monsieur Guimond.

LISTNUM 1 \l 14571     Merci, Monsieur le Président.

LISTNUM 1 \l 14572     LE PRÉSIDENT : Merci.

LISTNUM 1 \l 14573     Madame Noël.


LISTNUM 1 \l 14574     CONSEILLÈRE NOËL : Monsieur Guimond, à la page 4 de votre document, dans le dernier paragraphe quand vous dites :

"Nous vous invitons à ne pas attribuer une nouvelle licence de radio commerciale à l'un ou l'autre des grands groupes..."

LISTNUM 1 \l 14575     Je comprends que Corus soit un grand groupe, mais les autres, c'est lesquels?

LISTNUM 1 \l 14576     M. GUIMOND : L'autre, c'est Standard.

LISTNUM 1 \l 14577     CONSEILLÈRE NOËL : Excusez‑moi parce que j'avais... c'est vrai, la licence en anglais.  D'accord, je vous remercie.

LISTNUM 1 \l 14578     M. GUIMOND : De rien.

LISTNUM 1 \l 14579     CONSEILLÈRE NOËL : Puis peut‑être, Monsieur Mayrand, le power ratio, pouvez‑vous nous définir une petit peu plus ce que vous voulez dire par le power ratio?  Ça m'a un petit peu interpellé quand vous avez parlé de ça.

LISTNUM 1 \l 14580     M. MAYRAND : Je vais passer la question à René, qui est issu du milieu de la publicité.  Il va vous expliquer ça.


LISTNUM 1 \l 14581     M. GUIMOND : Bien, le power ratio, c'est les revenus qui sont générés par rapport... le pourcentage des revenus générés par rapport au pourcentage d'auditoire qu'on a.

LISTNUM 1 \l 14582     Alors, si, par exemple, vous avez 20 pour cent de parts de marché et vous allez chercher 25 pour cent des revenus disponibles, bien, votre power ratio est favorable.  Vous sur‑performez.

LISTNUM 1 \l 14583     Et l'inverse est, évidemment, pénible pour les propriétaires de stations qui ont des 20 pour cent de parts de marché, qui vont chercher des pourcentages des revenus publicitaires de l'ordre, disons, de 15 pour cent, bien, à ce moment‑là, le power ratio est sous‑performant.

LISTNUM 1 \l 14584     CONSEILLÈRE NOËL : À l'heure actuelle à Québec, est‑ce qu'on pourrait dire que le power ratio est favorable à une de celle qui n'est pas devant nous aujourd'hui, c'est‑à‑dire à Astral?

LISTNUM 1 \l 14585     M. GUIMOND : Je vais laisser Jean‑Paul répondre à cette question.

LISTNUM 1 \l 14586     M. LEMIRE : Oui.

LISTNUM 1 \l 14587     CONSEILLÈRE NOËL : Oui?

LISTNUM 1 \l 14588     M. LEMIRE : Oui.


LISTNUM 1 \l 14589     CONSEILLÈRE NOËL : Et est‑ce qu'il ne serait pas exact de dire, compte tenu des chiffres qu'on voit, que, en fait... et Corus et Cogeco ont eu des... Corus parce qu'ils viennent d'entrer dans le marché et qu'ils ont récupéré des stations qui ont été absolument sans gouvernail depuis plusieurs années.  Je parle de CHOM et puis de CHRC, CHRC qui n'était déjà pas le fleuron de la prospérité.

LISTNUM 1 \l 14590     Mis à part le facteur choix, qu'est‑ce que c'est qui expliquerait que vos stations FM, le FM 93, qui a déjà été beaucoup plus du côté favorable du power ratio, si vous voulez... je comprends que votre nouvelle station Rythme FM est nouvelle, donc, ça lui prend un petit peu de temps à s'établir, et puis je ne pense pas que vous aviez des projections pour être profitable la première année.

LISTNUM 1 \l 14591     Mais qu'est‑ce que c'est... à part le facteur choix, qu'est‑ce que c'est qui expliquerait ce déséquilibre?

LISTNUM 1 \l 14592     M. GUIMOND : Nous, notre vision, c'est que nos deux stations, vous l'avez mentionné, Rythme FM, on en est à notre troisième année, donc, on est en voie d'atteindre une certaine maturité, on est sur les plans qui avaient été déposés lors de la demande de licence; pour ce qui est du 93,3... excusez‑moi.

LISTNUM 1 \l 14593     CONSEILLÈRE NOËL : Pour la nouvelle station, vous êtes...

LISTNUM 1 \l 14594     M. GUIMOND : Notre power ratio, je ne peux pas le divulguer publiquement ici là...


LISTNUM 1 \l 14595     CONSEILLÈRE NOËL : Non, non.

LISTNUM 1 \l 14596     M. GUIMOND : ...mais le power ratio, il est quand même négatif.  Il est sous‑performant, quoique en progression, parce que nos parts de marché montent et le power ratio, dans le cas d'une nouvelle station, évidemment, si on fait notre boulot correctement au niveau des ventes, va avoir tendance à atteindre son niveau normal avec la maturité que la station va atteindre.

LISTNUM 1 \l 14597     Dans le cas du 93,3, on est en reconstruction.  Alors, les parts de marché dans le cas du 93,3, c'est une autre dynamique.  C'est une clientèle qui était là, au niveau des annonceurs, qui a quitté la station complètement, et on a eu, nous, à reprendre, donc, cette antenne‑là et à la rebâtir.  C'est le processus qui est enclenché actuellement.

LISTNUM 1 \l 14598     Également, dans le cas du 93,3, on est satisfait de notre progression depuis le début de la relance, et on espère atteindre encore une fois, dans le cas du 93,3 également, si on parle de power ratio, donc, un ratio satisfaisant à plus ou moins court terme.


LISTNUM 1 \l 14599     CONSEILLÈRE NOËL : Maintenant, une petite précision.  Monsieur French a parlé du format country qui était un format spécialisé.  Je pense que techniquement, ça ne l'est pas.  Ça l'est peut‑être pour le commun des mortels‑là, mais techniquement, le country, les gens qui ont une station country peuvent décider de changer de format du jour au lendemain sans s'adresser au Conseil.

LISTNUM 1 \l 14600     Mais vous me dites que vous n'avez pas d'objection de fond, par contre, à ce que des stations vraiment spécialisées à la radio jazz ou radio classique ne viendraient pas perturber le marché de façon... ne viendraient pas apporter des turbulences supplémentaires de façon extraordinaire, étant donné que ce sont des marchés niches dans un format qui est fermé?

LISTNUM 1 \l 14601     M. MAYRAND : Je pense que c'est très important pour nous de vous dire que nous ne sommes pas opposés à la diversité.  Bien au contraire, nous avons travaillé à l'augmentation de la diversité dans le marché de Québec.  Alors, nos positions, et vous le constaterez à la lecture de notre intervention écrite, sont tout à fait mesurées.


LISTNUM 1 \l 14602     Dans les cas où le Conseil est en mesure de voir une station proposant un type de programmation qui est clairement soit absent ou totalement sous‑représenté dans le marché et qui a un créneau niché, c'est un type de proposition que vous pouvez regarder.  Nous avons pris la peine, cependant, de dire, n'en ajoutez pas deux ou trois parce que l'effet cumulatif cause un problème dans la situation actuelle du marché.

LISTNUM 1 \l 14603     Nous avons une difficulté fondamentale avec les stations dont la programmation choix est conçue à l'origine ou peut devenir facilement un véhicule pour l'ensemble de l'auditoire du grand marché de Québec.  Ça, c'est la préoccupation que nous avons pour la raison, encore une fois, que nous avons exprimée plus tôt, que le marché à l'heure actuelle a un problème de tarification nettement sous‑optimal.

LISTNUM 1 \l 14604     J'ai, d'ailleurs, noté les commentaires de monsieur Arcand, la première journée de cette audience, qui reconnaissait que c'est un problème structurel.

LISTNUM 1 \l 14605     CONSEILLÈRE NOËL : Une dernière question.  Le FM 93, est‑ce que c'est une formule parlée ou si c'est une formule mainstream, ça?

LISTNUM 1 \l 14606     M. LEMIRE : Une formule hybride.  C'est parlé dans des émissions de pointe, et il y a de la musique à l'extérieur de ces émissions‑là.


LISTNUM 1 \l 14607     CONSEILLÈRE NOËL : Alors, c'est une radio qui pourrait... ce n'est pas une formule spécialisée de parler comme la demande de Corus pour une radio parlée qui serait un format spécialisé avec condition de licence?

LISTNUM 1 \l 14608     M. LEMIRE : En fait, le marché de Québec offre 235 heures de programmation parlée, le marché de Québec.  On n'est pas la seule station à le faire.

LISTNUM 1 \l 14609     CONSEILLÈRE NOËL : Ce que je veux savoir, c'est est‑ce que vous avez un format un peu comme le 98,5 à Montréal, qui est carrément un format parlé avec une condition de licence?

LISTNUM 1 \l 14610     M. LEMIRE : On a 40 heures par semaine de programmation parlée.

LISTNUM 1 \l 14611     CONSEILLÈRE NOËL : Mais sans condition de licence?

LISTNUM 1 \l 14612     M. LEMIRE : Pardon?

LISTNUM 1 \l 14613     CONSEILLÈRE NOËL : Sans condition de licence.

LISTNUM 1 \l 14614     M. LEMIRE : Non.

LISTNUM 1 \l 14615     CONSEILLÈRE NOËL : Merci.

LISTNUM 1 \l 14616     LE PRÉSIDENT : Merci, messieurs.

LISTNUM 1 \l 14617     Madame la Secrétaire.

LISTNUM 1 \l 14618     LA SECRÉTAIRE : Merci, Monsieur le Président.


LISTNUM 1 \l 14619     J'inviterais maintenant le prochain intervenant, qui est le Syndicat des employés de CHRC, CPSC et SCFP, à se présenter à l'avant, s'il vous plaît.

LISTNUM 1 \l 14620     Alors, je vous invite à vous présenter, et vous aurai 10 minutes pour votre présentation.

INTERVENTION

LISTNUM 1 \l 14621     Mme DJEVAHIRDJIAN : Monsieur le Président, mesdames et messieurs les conseillers, bonjour.  Je m'appelle Lisa Djevahirdjian, et je suis responsable de la recherche au Conseil provincial du secteur des communications, le CPSC, du Syndicat canadien de la fonction publique.

LISTNUM 1 \l 14622     Le CPSC représente 7 000 travailleurs et travailleuses dans tous les secteurs du domaine des communications : la téléphonie, la câblodistribution, le cinéma, la télévision, et bien sûr, la radio.

LISTNUM 1 \l 14623     À ma gauche, Bruno Perron, journaliste et membre du Syndicat des employés du CHRC, aussi connu comme Info 800 dans le marché de Québec.

LISTNUM 1 \l 14624     Nous sommes heureux de pouvoir participer à ces audiences, et appuyons la demande de Corus de lancer à Québec une radio parlée, axée sur l'information et les enjeux de l'actualité.


LISTNUM 1 \l 14625     Nous sommes aussi contents de voir que, lors de son allocution lundi, la requérante a signalé le fait qu'elle se soucie du manque d'effectifs journalistiques et du problème de la montréalisation des ondes.

LISTNUM 1 \l 14626     Le besoin en matière d'information radiophonique est loin d'être comblé à Québec.  La solution réside dans une augmentation des effectifs journalistiques.

LISTNUM 1 \l 14627     Le CPSC s'est maintes fois présenté devant le CRTC, et il reste concerné par l'évolution de la radio au Québec.

LISTNUM 1 \l 14628     Je passe maintenant la parole à Bruno.

LISTNUM 1 \l 14629     M. PERRON : Monsieur le Président, mesdames, messieurs les conseillers, le Syndicat de CHRC et le CPSC appuie fermement la demande de Corus de lancer à Québec un FM parlé, basé sur une structure de nouvelles alimentées par des journalistes capables de jeter des jalons menant à des débats bien articulés.

LISTNUM 1 \l 14630     Enfin, après la grande noirceur de l'information radiophonique à Québec, où les effectifs de journalistes des différentes stations de radio privées ont été réduits à la limite de l'indécence, voici qu'un propriétaire de station de radio propose de mettre son argent au bout de ses paroles.


LISTNUM 1 \l 14631     Après avoir fait l'acquisition de CHRC et avoir promis de respecter un minimum de 27 heures de programmation locale par semaine, Corus en réalise actuellement presque le double.  L'effectif de la salle des nouvelles de CHRC a doublé.  Depuis 20 ans à Québec, aucune autre salle de nouvelles, dans quelque média que ce soit, ne peut se vanter d'en avoir fait autant.

LISTNUM 1 \l 14632     D'importants investissements ont aussi été consacrés sur le plan technique.  Pourtant, le besoin est loin d'être comblé en matière d'information radiophonique à Québec.

LISTNUM 1 \l 14633     Il faut absolument chercher à atteindre la création d'une masse critique suffisante de journalistes pour bâtir une salle de nouvelles capable de garantir au public de la région de Québec une véritable qualité d'information.

LISTNUM 1 \l 14634     Les efforts consentis jusqu'à présent par Corus sont, à notre point de vue, fort louables, et sa proposition actuelle mérite la plus grande attention et le plus grand soutien.


LISTNUM 1 \l 14635     Il y a près de deux ans, aux audiences pour la vente de Radio Média à Corus, la population de la région de Québec s'est soulevée d'un seul bond, en pleines vacances estivales, pour faire savoir au CRTC qu'il était impérieux de maintenir et de développer nos espaces de production et de diffusion locales précisément en matière d'information.

LISTNUM 1 \l 14636     Mais la situation s'est encore une fois dégradée au cours des derniers mois dans la région de Québec, avec des coupures en matière d'information électronique, notamment à TQS et à Global.

LISTNUM 1 \l 14637     Voici qu'une entreprise, Corus, propose un projet crédible de développement d'un centre local de production et de diffusion de nouvelles.  A‑t‑on les moyens de dire non?

LISTNUM 1 \l 14638     Le calvaire de l'information radiophonique privée au Québec a assez duré.  S'il vous plaît, redonnez un peu d'espoir.

LISTNUM 1 \l 14639     Corus cherche maintenant à reconstruire une structure importante d'information radiophonique au Québec.  Refuser d'autoriser ce projet pour la région de Québec et pour le Québec tout entier constituerait, à notre avis, un grave rendez‑vous manqué.


LISTNUM 1 \l 14640     Le projet de Corus rencontre pour l'essentiel la position du Syndicat de CHRC exprimée devant vous en 2004, soit la création d'une salle de nouvelles forte, dotée d'un niveau de concentration acceptable, dont la facture peut être partagée par différentes antennes, qui, en retour, gagnent une qualité d'informations.

LISTNUM 1 \l 14641     Faire de la radio d'information engendre des coûts de production nettement plus élevés qu'une radio à prédominance musicale.  Si on veut être sérieux, il faut être conséquent et permettre, dans une limite raisonnable, le développement d'une base commune pour rentabiliser l'opération et créer l'espace locale de diffusion nécessaire et souhaitée par le public.

LISTNUM 1 \l 14642     On a beau parlé de diversité du paysage radiophonique canadien, mais quand les fondations de la maison sont en danger, ce n'est certainement pas le temps de planter des fleurs.

LISTNUM 1 \l 14643     Vous avez devant vous différents projets pour des radios spécialisées, notamment dans la musique classique et dans le jazz.  Il s'agit sans doute de projets intéressants, et nous ne voulons pas ici nous attarder à leur valeur intrinsèque.

LISTNUM 1 \l 14644     Cependant, ces projets ne nous apparaissent absolument pas pertinents dans le contexte actuel de la radio à Québec.  L'arrivée de la radio satellite au Canada pourra certainement combler les besoins des amateurs de musique classique et de jazz.


LISTNUM 1 \l 14645     Si on prend, par exemple, le projet de radio de musique classique actuellement devant vous, il devient, quant à nous, inquiétant de voir qu'on vous propose en guise d'information des bulletins de nouvelles en provenance d'une source télévisée, à savoir LCN.  Il nous semble qu'il y a très peu de place pour les nouvelles locales et régionales dans une telle approche.

LISTNUM 1 \l 14646     Radio‑Canada diffuse déjà de l'information locale, mais vous conviendrez sans soute qu'il est fondamental d'avoir une véritable diversité des sources d'information, même à la radio locale, alors qu'il est sans doute beaucoup plus secondaire d'avoir une multiplication des sources de diffusion de musique spécialisée.

LISTNUM 1 \l 14647     Comme les licences de radiodiffusion constituent une denrée limitée, nous estimons que le projet de Corus FM parlé à Québec passe haut la main le test de la valeur des avantages pour l'intérêt public.

LISTNUM 1 \l 14648     Le projet de FM parlé de Corus à Québec comporte, cependant, des éléments examinés.  Notamment, le nombre de journalistes prévu nous apparaît un peu trop ténu.  Nous estimons que le Conseil doit exiger beaucoup plus d'heures de nouvelles locales et régionales au FM.


LISTNUM 1 \l 14649     Si la volonté de Corus est de créer un FM parlé, nous croyons qu'une condition de licence quant à la production et la diffusion de nouvelles s'impose pour éviter qu'on crée des aléas de la vie radiophonique et des transactions commerciales, quelqu'un ne soit tenté de larguer la mission d'information pardessus bord.

LISTNUM 1 \l 14650     Nous souhaitons vivement que le Conseil exige par la voie de condition de licence le plus grand nombre d'heures possibles de production et de diffusion de nouvelles locales et régionales sur toutes les antennes de Corus dans la région de Québec.

LISTNUM 1 \l 14651     Il y a déjà beaucoup trop d'antennes au Québec qui ont une licence musicale, mais qui, aux heures de grande écoute, veulent s'accaparer les auditeurs en manque d'information radiophonique et qui s'improvisent journalistes sans respecter un minimum de règles de base de la profession.

LISTNUM 1 \l 14652     La Fédération professionnelle des journalistes du Québec a souvent exprimé des mises en garde contre la confusion des genres dans les médias.  Lorsqu'il n'y a pas de véritables journalistes dans le décor pour enquêter, vérifier, expliquer les limites et le contexte d'une nouvelle, les risques de dérapage se multiplient, et on assiste trop souvent à la diffusion de jugement à l'emporte‑pièce qui ne reposent que très peu sur la réalité.


LISTNUM 1 \l 14653     Sur la question de la diffusion simultanée d'une même émission à CHRC et au nouveau FM parlé, nous notons l'engagement de Corus à l'effet que ces émissions n'auront pas pour conséquence de soustraire Corus à ses engagements de production locale pour les stations impliquées.

LISTNUM 1 \l 14654     Nous partageons l'avis de Corus à l'effet que certaines émissions de la nouvelle station de Corus pourrait très bien convenir à l'auditoire de CHRC et vice‑versa.  En fait, nous croyons qu'il est nettement préférable de diffuser une production locale qui viendrait remplacer une émission réseau en provenance de Montréal.

LISTNUM 1 \l 14655     Le Conseil a tranché lors de la vente de Radio‑Média.  Il a mis la table pour l'avenir de la radio d'information au Québec, jusque là incarné par la radio AM, principalement par le réseau Média.

LISTNUM 1 \l 14656     Le Conseil a mis la table, pas nécessairement au restaurant que nous avions souhaité.  Cependant, il n'est pas question pour nous de pleurer sur le lait renversé.


LISTNUM 1 \l 14657     Corus a trouvé, en arrivant à CHRC, maintenant Info 800, des artisans déterminés à relancer la radio d'information, la table est mise, et le chef que vous avez choisi, Corus, propose une cuisine centrale pour remplir les assiettes avec des menus adaptables selon ses stations convives.  Cette approche, certes, perfectible dans les prochaines années, nous convient.

LISTNUM 1 \l 14658     Au nom des artisans de la radio d'information, des jeunes de nos écoles de journalisme, de la population de la région de Québec qui vous a exprimé ses exigences pour une radio d'information locale, nous vous demandons d'approuver, avec les garanties nécessaires, la demande de Corus de lancer un FM parlé à Québec.

LISTNUM 1 \l 14659     Merci beaucoup.  Nous sommes disposés à répondre à vos questions.

LISTNUM 1 \l 14660     LE PRÉSIDENT : Merci.

LISTNUM 1 \l 14661     Madame Pennefather.

LISTNUM 1 \l 14662     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : Merci, Monsieur le Président.

LISTNUM 1 \l 14663     Merci beaucoup pour vos commentaires ce matin.  Je dois dire à la fin, même si ce n'est que 10 heures et quart, je commençais à avoir un peu faim.

‑‑‑ Rires / Laughter

LISTNUM 1 \l 14664     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : On parle de mettre la table, un chef et tout.

LISTNUM 1 \l 14665     M. PERRON : Vous voyez qu'il y a un manque à Québec.


LISTNUM 1 \l 14666     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : Surtout ici à Québec?

LISTNUM 1 \l 14667     M. PERRON : Oui.

LISTNUM 1 \l 14668     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : J'ai lu votre intervention... on a tous lu votre intervention écrite, et je pense que la position que vous avez est très claire.  J'ai quelques questions de clarification.

LISTNUM 1 \l 14669     Je vais peut‑être commencer avec votre paragraphe 8, aujourd'hui.  Vous êtes sans doute au courant des discussions qu'on avait eues pendant l'audience avec les requérantes et les intervenants concernant le marché de Québec et sa capacité vraiment, en termes économiques, d'absorber une nouvelle licence.

LISTNUM 1 \l 14670     Alors, je dois peut‑être reprendre vos mots et dire, est‑ce qu'on a les moyens à dire oui dans ce marché, c'est‑à‑dire d'octroyer une nouvelle licence?

LISTNUM 1 \l 14671     M. PERRON : Je crois sincèrement que oui, pour la simple et bonne raison que, actuellement, il y a des stations de radio qui accaparent d'énormes cotes d'écoute dans le marché de Québec.

LISTNUM 1 \l 14672     Nous croyons qu'il y a une place pour une radio véritable d'information, une radio qui n'est... il n'y a personne qui joue ce rôle‑là à la radio privée actuellement à Québec.


LISTNUM 1 \l 14673     Si on veut une diversité des voix, il y a, bien sûr, Radio‑Canada qui a des journalistes sur le terrain.  Moi, je travaille à INFO‑800, et je dois vous avouer que, de toutes les autres stations de radio commerciales, il n'arrive que de rares fois durant l'année que je vois sur le terrain un journaliste d'une autre station de radio commerciale.

LISTNUM 1 \l 14674     Bien sûr qu'il y a des heures d'information qui sont à des antennes, mais si on veut parler d'une véritable information de qualité, oui, il y a de la place, et actuellement, avec les parts de marché qui sont accaparés par quelques stations de radio prédominantes, il y a de la place.

LISTNUM 1 \l 14675     D'autant plus qu'on a signalé l'abandon, par exemple, d'un million 400 heures d'écoute dans le marché de Québec, et c'est peut‑être une façon également de ramener un public à la radio, puisque l'appauvrissement de l'information radiophonique au fil des ans en fait que plusieurs s'en sont détachés.

LISTNUM 1 \l 14676     Je crois que oui, c'est sûr que ça va nécessiter une réorientation, une répartition en quelque sorte de l'écoute, mais un moment donné, il y a peut‑être des auditeurs qui écoutent certaines stations par défaut, parce qu'il n'y a pas de véritable station d'information.


LISTNUM 1 \l 14677     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : Oui, je comprends votre point de vue en terme des journalistes de l'information, mais si on parle aussi de votre souci pour que, en même temps, il y a une information plus stable, une information plus élaborée, disons, avec plus de journalistes, il faut aussi en même temps penser à la stabilité de l'économie de la radio à Québec.

LISTNUM 1 \l 14678     M. PERRON : Mm‑hmm.

LISTNUM 1 \l 14679     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : Et dans ce sens‑là, j'étais un peu étonnée de voir vos commentaires sur le fait que ce marché n'a pas besoin de la radio, de musique classique, de musique jazz, de musique spécialisée.

LISTNUM 1 \l 14680     Sur quoi vous vous êtes basé pour dire ça en terme de l'auditoire, les écouteurs?

LISTNUM 1 \l 14681     M. PERRON : Bien, là‑dessus, soyons clair.  Le projet de musique classique, le projet de radio jazz, ce sont des projets qui ont une certaine valeur en eux‑mêmes, sauf que sur le plan de l'information et de la nouvelle régionale, ça laisse beaucoup à désirer, même pour les stations de radio country là qui ont un journaliste ou un journaliste et demi et parfois un animateur qui pourrait peut‑être faire le journaliste, et caetera.


LISTNUM 1 \l 14682     Et nous estimons que, pour l'intérêt public, on doit, d'abord et avant tout, avoir une station ou un groupe de stations de radio capable d'alimenter la radio en information avant... nous estimons que c'est prioritaire, avant de s'attarder à une diversité de radio aussi spécialisée que le jazz, que la musique classique, d'autant que la radio satellite arrive maintenant, offre ce type de produit.  Les chaînes Galaxie sur le câble font la même chose.

LISTNUM 1 \l 14683     On est rendu à l'ère des nouvelles technologies, avec le Podcasting et même le Wifi qui risquent de se développer.  Il nous semble qu'avant de s'occuper du dessert, on devrait s'occuper du met principal.

LISTNUM 1 \l 14684     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : On retourne à manger, c'est ça?

‑‑‑ Rires / Laughter

LISTNUM 1 \l 14685     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : Je trouve vos commentaires sur la radio satellite fort intéressants, ça va se soi, et je pense que j'ai bien compris votre position.  Merci beaucoup.

LISTNUM 1 \l 14686     Merci, Monsieur le Président.

LISTNUM 1 \l 14687     LE PRÉSIDENT : Monsieur French.


LISTNUM 1 \l 14688     CONSEILLER FRENCH : Monsieur Perron, j'ai une question.  J'aimerais vous inviter à appliquer toute cette rigueur professionnelle que vous apprêtez aux journalistes en répondant à cette question.

LISTNUM 1 \l 14689     Dans le paragraphe 25, vous dites :

"Lorsqu'il n'y a pas de véritable journaliste dans le décor pour enquêter, vérifier, expliquer les limites et le contexte des nouvelles, les risques de dérapage se multiplient.  On assiste trop souvent à la diffusion de jugement à l'emporte‑pièce qui ne repose que très peu sur la réalité."

LISTNUM 1 \l 14690     M. PERRON : Oui.

LISTNUM 1 \l 14691     CONSEILLER FRENCH : Compte tenu que vous préconisez une continuité entre le personnel des postes Corus actuels et de possibles nouveaux postes, est‑ce que vous êtes en train de nous dire que dans une radio parlée populaire, les mots de Corus, à Québec, il n'y aurait pas de jugement à l'emporte‑pièce?


LISTNUM 1 \l 14692     M. PERRON : Écoutez, ce qu'on dit, c'est que lorsqu'il n'y a pas de journaliste pour bien encadrer, bien définir une base de discussion, souvent, on entend des interlocuteurs à la radio... on entend ça partout dans plusieurs radios, parce qu'il faut dire que l'information radiophonique en a pris pour son rhume depuis plusieurs années au Québec.

LISTNUM 1 \l 14693     Quand il n'y a personne pour délimiter, pour expliquer la base, documenter la base d'une discussion, bien, ça donne parfois des discussions à l'emporte‑pièce, où les jugements ne peuvent pas être encadrés par une mise en situation élaborée selon les règles journalistiques.

LISTNUM 1 \l 14694     CONSEILLER FRENCH : Mais ce n'est pas ça la question.  La question : Est‑ce que Corus va garantir qu'il va y avoir cette personne‑là tout le temps?  Est‑ce qu'il le fait déjà?

LISTNUM 1 \l 14695     M. PERRON : Vous voulez dire si...

LISTNUM 1 \l 14696     CONSEILLER FRENCH : Vous travaillez pour Corus actuellement?

LISTNUM 1 \l 14697     M. PERRON : Oui.  Oui.

LISTNUM 1 \l 14698     CONSEILLER FRENCH : Est‑ce que vous nous dites que dans les deux postes Corus à Québec actuellement, les garanties que vous évoquez quant au professionnalisme journalistique existent?

LISTNUM 1 \l 14699     M. PERRON : Absolument.

LISTNUM 1 \l 14700     CONSEILLER FRENCH : Est‑ce que vous avez, par hasard, écouté votre propre poste ou votre poste soeur hier?


LISTNUM 1 \l 14701     M. PERRON : Hier?  Non.

LISTNUM 1 \l 14702     CONSEILLER FRENCH : Hier matin.  Bien, j'ai eu droit à la description du journaliste de CFOM aux activités du CRTC hier entre 6 h et 7 h le matin.

LISTNUM 1 \l 14703     M. PERRON : Mm‑hmm.

LISTNUM 1 \l 14704     CONSEILLER FRENCH : Tout ce que je peux vous dire là, si c'est ça le journalisme sérieux, si c'est ça le journalisme professionnel, si c'est ça le standard que vous trouvez approprié pour un poste de radio parlé à Québec, il y un manque énorme entre votre compréhension du professionnalisme et de précision et la mienne, et si vous voulez que j'entre dans les détails, je vais le faire, mais je vous avertis de ne pas le faire.

LISTNUM 1 \l 14705     M. PERRON : Mm‑hmm.  Je ne l'ai pas entendu, Monsieur le Commissaire.

LISTNUM 1 \l 14706     LE PRÉSIDENT : Monsieur Arpin.

LISTNUM 1 \l 14707     CONSEILLER ARPIN : Ma première question est subsidiaire à celle de monsieur French, et elle remonte aux paragraphes 23 et 24 de votre présentation.


LISTNUM 1 \l 14708     Sur la nouvelle radio parlée, proposée par Corus, je présume que ça ne sera pas une station d'information continue, donc, ça sera une information de nature parlée avec des animateurs, probablement des animateurs‑vedettes, comme ils en ont à leur station parlée de Montréal.

LISTNUM 1 \l 14709     Est‑ce que ça ne va pas un peu en porte‑à‑faux avec votre concept de pureté journalistique, d'avoir ces animateurs‑vedettes là?

LISTNUM 1 \l 14710     M. PERRON : Écoutez, les journalistes participent souvent à l'élaboration de telles émissions, interviennent, interviennent dans des bulletins de nouvelles, et il faut faire une nette distinction entre du commentaire, de l'opinion, et du journalisme.

LISTNUM 1 \l 14711     Ce qu'on dit par l'élaboration dans le mémoire, dans la présentation, c'est qu'il faut que la table soit bien mise pour qu'on puisse en délimiter la portée des propos, et moins il y a de journalistes dans le décor, plus il risque d'y avoir des débordements.

LISTNUM 1 \l 14712     CONSEILLER ARPIN : D'accord.

LISTNUM 1 \l 14713     Je veux maintenant aller à votre paragraphe numéro 20, dans lequel vous dites que le nombre de journalistes prévus vous apparaît ténue.  Vous avez même dit "trop ténue."

LISTNUM 1 \l 14714     M. PERRON : Mm‑hmm.


LISTNUM 1 \l 14715     CONSEILLER ARPIN : Alors, pour vous, de manière optimale, ça serait combien de journalistes que devrait avoir Corus à Québec pour remplir son mandat de manière bien adéquate?

LISTNUM 1 \l 14716     M. PERRON : Écoutez, ce qu'on regarde, ça serait plutôt une base de 10 journalistes pour desservir l'ensemble des trois stations qui seraient couvertes à ce moment‑là.  On parle de huit.  J'ai entendu ici le chiffre de huit.  Il me semble qu'à 10, on pourrait commencer à...

LISTNUM 1 \l 14717     CONSEILLER ARPIN : Corus nous a dit lundi que vous étiez présentement six; c'est exact?

LISTNUM 1 \l 14718     M. PERRON : Oui.

LISTNUM 1 \l 14719     CONSEILLER ARPIN : Et qu'il prévoyait l'embauche de deux autres pour en faire huit, et vous, vous dites que ça en prendrait deux de plus, effectivement?

LISTNUM 1 \l 14720     M. PERRON : Oui.

LISTNUM 1 \l 14721     CONSEILLER ARPIN : Ça termine mes questions, Monsieur le Président.

LISTNUM 1 \l 14722     LE PRÉSIDENT : Merci.

LISTNUM 1 \l 14723     Madame Pennefather.

LISTNUM 1 \l 14724     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : Juste une clarification sur ce point‑là.  Corus a parlé aussi d'amener des animateurs.  D'après vous, il y a une différence entre animateur et journaliste?


LISTNUM 1 \l 14725     M. PERRON : Oui.  Oui.

LISTNUM 1 \l 14726     CONSEILLÈRE PENNEFATHER : Merci.

LISTNUM 1 \l 14727     LE PRÉSIDENT : Merci beaucoup.

LISTNUM 1 \l 14728     Madame la Secrétaire.

LISTNUM 1 \l 14729     LA SECRÉTAIRE : Merci, Monsieur le Président.

LISTNUM 1 \l 14730     J'aimerais indiquer, aux fins du dossier, que deux intervenants qui devaient comparaître à l'audience, soit l'ADISQ et la Canadian Hellenic Cable Radio Ltd., nous ont avisés qu'ils ne comparaîtraient pas à l'audience.

LISTNUM 1 \l 14731     Alors, j'inviterais maintenant le prochain intervenant, qui est la MBL Communication Média Inc., à se présenter à l'avant, s'il vous plaît.

LISTNUM 1 \l 14732     Monsieur Lachance, vous avez 10 minutes pour votre présentation.

INTERVENTION

LISTNUM 1 \l 14733     M. LACHANCE : Monsieur le Président, messieurs les vice‑présidents, mesdames les commissaires.  Mon nom est Marc Lachance.  Je suis Président de MBL Communication Média inc. et de Plage Lac Saint‑Joseph inc.  Cette dernière entreprise est située dans le comté de Portneuf.


LISTNUM 1 \l 14734     J'ai commencé ma carrière en radio le 20 mars '84 comme directeur‑général de CITF.  Depuis ce temps, je suis resté près du milieu, soit par des mandats de gestion de station, par l'enseignement et par la consultation.

LISTNUM 1 \l 14735     Avant de débuter mon texte comme tel, j'aimerais, au départ, clarifier les motifs de notre intervention puisque Corus Entertainment les a questionnés dans sa réplique.

LISTNUM 1 \l 14736     Notre intervention s'explique par deux motifs.  Depuis 1990, nous avons entretenu, à quelques reprises, des discussions en vue de l'acquisition de stations de radio de Québec, dont les réseaux devaient se départir pour des raisons de concentration.  Nous avons, donc, un intérêt marqué, et depuis longtemps, pour la radio dans le marché de Québec, incluant sa Rive Sud.

LISTNUM 1 \l 14737     Le CRTC ayant déjà annoncé son intention de lancer un appel de demandes pour la fréquence 98,1, MBL et ses partenaires ont l'intention de déposer une demande pour obtenir une licence pour une station locale et indépendante lorsque cette fréquence deviendra disponible suite à un jugement favorable de la cour.  Par conséquent, notre intérêt est encore très actuel.


LISTNUM 1 \l 14738     Si nous obtenons une licence pour opérer la fréquence 98,1, nos coûts d'opération seront plus élevés que ceux des réseaux qui réduisent leurs coûts en centralisant plusieurs fonctions de programmation et de gestion au bureau chef généralement situé à Montréal.

LISTNUM 1 \l 14739     Cet argument est, d'ailleurs, utilisé par Corus Entertainment dans ses deux demandes lorsqu'elle déclare :

"L'impact de la nouvelle station sera faible, d'autant que la plupart des stations disposent des assises et de l'expertise d'un grand groupe nationale de communications."

LISTNUM 1 \l 14740     Contrairement à Corus, nous croyons qu'au moins une entreprise locale, alliant l'expertise à de vastes ressources financières, devrait pouvoir détenir au moins une licence de radiodiffusion dans le marché de Québec.

LISTNUM 1 \l 14741     Cependant, pour qu'une station puisse investir suffisamment en programmation, en production, tout en maintenant un retour adéquat sur l'investissement, il doit y avoir un nombre optimum de stations dans le marché.


LISTNUM 1 \l 14742     En clair, il faut qu'une station puisse être rentable tout en faisant sa gestion, sa programmation musicale, sa programmation verbale et sa production à Québec.

LISTNUM 1 \l 14743     Le mémoire que nous avons présenté au Conseil défend la thèse qu'il y a actuellement un nombre optimum de stations dans le marché de Québec.

LISTNUM 1 \l 14744     Le deuxième motif qui sous‑tend notre intervention est basé sur nos convictions comme citoyens de Québec.  La région de Québec n'est pas une bourgade retranchée, c'est la capitale et le deuxième marché de la province.  Nous y constatons un exode important de jeune talent vers Montréal parce que les emplois offrant un défi intéressant sont de moins en moins présents à Québec.

LISTNUM 1 \l 14745     La gestion par les grands ensembles, que ce soit les grandes surfaces ou les grands réseaux, n'apporte pas seulement des effets positifs.  Il n'y a pas si longtemps, les décisions de gestion et de création prises par les médias de Québec étaient en grande partie prises à Québec.  Ce n'est plus le cas aujourd'hui, et comme résultat, les jeunes qui veulent avoir un impact dans ce secteur d'activité quittent la région.


LISTNUM 1 \l 14746     Il s'est fait de l'excellente création en radio à Québec.  Pensons, entre autres, à l'émission "Le Zoo" du FM 93, qui a été développé à CJMF du temps où c'était une station indépendante.

LISTNUM 1 \l 14747     Les grands réseaux ont aussi apporté une contribution importante à la radiodiffusion, et il est légitime qu'ils occupent une place importante, mais ils ne doivent pas occuper toute la place, car en radio, contrairement au marché du détail, les économies d'échelle ne sont pas retournées au consommateur.

LISTNUM 1 \l 14748     Dans sa réplique au document que nous avons déposé, Corus suggère que notre analyse du marché est sommaire.  Nous répondons que, un, puisque, comme elle le note elle‑même, nous n'avons pas un intérêt financier immédiat dans ces audiences, nous avons limité notre analyse aux faits les plus importants.  Nous croyons, cependant, que les points que nous avons soulevés sont pertinents et que Corus n'y a pas répondu.

LISTNUM 1 \l 14749     Puisque nous sommes dans le marché et que nous le connaissons bien, nous n'avons pas non plus jugé nécessaire d'embaucher une autre firme locale pour faire l'analyse à notre place.

LISTNUM 1 \l 14750     Ayant, espérons‑nous, répondu de façon satisfaisante à la question de Corus concernant les motifs de notre intervention, nous ne reviendrons pas en détail sur tous les éléments déjà présentés dans notre intervention écrite.


LISTNUM 1 \l 14751     Avec votre permission, nous aimerions soulever quelques éléments intéressants, et parfois un peu coquace, des mémoires déposés et mettre l'emphase sur les éléments les plus importants de notre intervention écrite.

LISTNUM 1 \l 14752     Vous pouvez commencer le timing là.

LISTNUM 1 \l 14753     À la page 18 de l'analyse de Cossette pour Corus, il est dit, et nous citons :

"La cible prioritaire que Corus veut privilégier pour sa nouvelle station, soit les adultes 25‑54 ans, ne constitue la cible primaire pour aucune autre station commerciale du marché."

LISTNUM 1 \l 14754     À la page 27 du même rapport, il est dit, et je cite encore :

"Les adultes 25‑54 ans représentent 70 pour cent de l'ensemble des auditeurs de CJRC, c'est‑à‑dire Rythme FM."

LISTNUM 1 \l 14755     Je pense qu'il y a contradiction.


LISTNUM 1 \l 14756     Corus fait aussi une demande pour déplacer l'antenne de CFEL pour desservir le marché de la Rive Sud, alors qu'elle est propriétaire de CFOM, qui était jusqu'à récemment la station de la Rive Sud, la station de Lévis et de la Rive Sud.

LISTNUM 1 \l 14757     Peut‑être Corus pourrait‑elle envisager de ramener CFOM à Lévis si elle souhaite vraiment desservir la Rive Sud.  D'autant plus que la part de marché de CFOM dans cette zone, dans le secteur, chez les adultes de 25‑54 ans est passée de 15,7 pour cent à 7,7 pour cent entre l'automne 2001 et l'automne 2005, une baisse supérieure à 50 pour cent.

LISTNUM 1 \l 14758     Là, je suis dans la région 4215 de BBM.

LISTNUM 1 \l 14759     Dans le cas de CFEL Montmagny, on ne peut s'empêcher de penser que le premier réflexe d'une entreprise ayant de véritables racines dans le milieu aurait été autre que la solution proposée.  D'autant plus qu'il y a des indicateurs positifs dans cette région si on est un tant soit peu patient.

LISTNUM 1 \l 14760     Finalement, Lévis et la Rive Sud de Québec font‑ils partie du marché de Québec?  Pour quelqu'un de la région de Québec, la question semble tellement absurde qu'il est difficile d'y répondre de façon sérieuse.


LISTNUM 1 \l 14761     Référons‑nous simplement au document de Cossette/Corus intitulé "Demande de licence d'exploitation, nouvelle station radiophonique francophone marché de Québec."

LISTNUM 1 \l 14762     À la page 11 de ce rapport, section 2.1, on présente le marché de Québec et on y inclut Lévis.

LISTNUM 1 \l 14763     Le dossier de CKNU, quant à lui, nous laisse songeurs quant au marché à être desservi.  Remarquez que ça été clarifié un peu hier.  On peut quand même se demander quelle proportion de la population de Saint‑Ubald trip pop rock urbain.

LISTNUM 1 \l 14764     La décision d'acheter CKNU est tout de même récente, et les conditions économiques du marché de Portneuf n'ont pu changer de façon drastique en quelques mois.  De plus, et c'est un élément important, la clientèle visée par CKNU dans le marché de Québec, soit les 18‑24 et 18‑34 ans, est déjà desservie par deux stations, CHIC et CHOI.  En ce sens, l'offre de CKNU n'ajoute rien à la diversité culturelle.

LISTNUM 1 \l 14765     Radio Nord se place aussi en opposition aux grands réseaux en proposant que, et je cite :


"La majorité des radiodiffuseurs présents dans le marché sont actuellement largement inspirés par les têtes de réseaux à Montréal."

LISTNUM 1 \l 14766     On croirait que le bureau chef de Radio Nord est à Donnacona ou, à tout le moins, à Québec.  Mais on consultant le site web de la compagnie, on apprend que, et je cite le site web :

"Radio Nord Communications a établi son bureau de direction à Place Ville‑Marie, en plein coeur de l'activité socio‑économique de Montréal et de la province."

LISTNUM 1 \l 14767     Avec respect, nous aimerions suggérer au Conseil qu'il y a lieu d'être très prudent dans l'attribution de nouvelle licence car deux stratégies sont utilisées par certains groupes pour obtenir une licence.

LISTNUM 1 \l 14768     La première stratégie est de se positionner dans un créneau relativement marginal qui ne dérange personne d'autre et qui amène une diversité culturelle souvent bien vue par le CRTC, mais qui ne pourra jamais être rentable dans le marché.

LISTNUM 1 \l 14769     La deuxième stratégie est de demander une licence ou d'acheter une station dans un petit marché qui ne possède pas les ressources économiques nécessaires pour faire vivre une station de radio.


LISTNUM 1 \l 14770     Dans les deux cas, après quelques années et des efforts énormes, on revient devant le Conseil pour demander une modification de format ou l'accès à une autre marché.  Face à une telle demande, le Conseil a le choix de dire non et d'avoir l'air du fossoyeur de la radio ou d'accorder le changement.

LISTNUM 1 \l 14771     Ce n'est donc pas une mauvaise stratégie pour ces groupes, mais c'est défavorable à l'industrie de la radio et c'est totalement inéquitable.

LISTNUM 1 \l 14772     C'est aussi ce type de phénomène qui fait qu'il y a peu d'entreprises locales sérieuses qui demandent des licences alors que dans un marché comme Québec, il y a plusieurs entreprises prospères et bien gérées.

LISTNUM 1 \l 14773     En terminant, j'aimerais revenir sur quelques‑uns des points les plus importants soumis dans notre intervention écrite.


LISTNUM 1 \l 14774     Nous notons, d'abord, que le marché de Québec est actuellement bien pourvu en stations de radio de langue française.  Il compte 13 stations de radio de langue française, dont sept stations de radio privées, deux stations de radio publiques, une station religieuse, deux stations communautaires et une radio de campus, ce qui n'indique pas de déficit particulier en terme de diversité de services radiophoniques de langue française.

LISTNUM 1 \l 14775     Le marché de Québec compte actuellement une station de radio commerciale de langue française par tranche de 56 000 habitants, alors qu'à Montréal, les francophones disposent d'une station de radio commerciale de langue française par tranche de 157 000 habitants.  Québec n'est donc pas non plus en déficit en terme de nombre de stations de radio commerciale de langue française par millier d'habitants.

LISTNUM 1 \l 14776     Mais le phénomène le plus préoccupant demeure le faible dynamisme du marché radiophonique de Québec en terme de recettes publicitaires.  Celles‑ci ont été en situation de quasi‑stagnation de 2002 à 2005, avec une croissance de seulement 3,45 pour cent, ce qui est sensiblement inférieur à la croissance de l'inflation.


LISTNUM 1 \l 14777     Comme l'indique un des tableaux que nous avons présentés dans notre intervention écrite, parmi les 13 principaux marchés radiophoniques au Canada, celui de Québec se classe au 12e et avant‑dernier rang en ce qui a trait à la croissance des recettes publicitaires entre 2002 et 2005.  De plus, sa croissance ne représente que le quart du marché, c'est‑à‑dire Victoria, qui se classe en 11e position.

LISTNUM 1 \l 14778     Les données statistiques et financières du Conseil sur le marché de Québec confirment ce faible dynamisme et une baisse inquiétante de la rentabilité collective de la radio de langue française à Québec, particulièrement suite à l'ajout d'une nouvelle station.

LISTNUM 1 \l 14779     Comme l'indique le tableau qui suit, la marge baillie de la radio de langue française à Québec a chuté de 19,43 pour cent en 2001 à 11,6 pour cent en 2004.

LISTNUM 1 \l 14780     Si on regarde ‑‑ puis pour quelqu'un qui voudrait avoir une licence dans le marché de Québec, si on regarde le bailli moyen par station, à 400 000 dollars, c'est un peu inquiétant.

LISTNUM 1 \l 14781     La question de la radio commerciale de langue anglaise est aussi évidente.  La communauté urbaine de Québec ne compte qu'environ 10 000 habitants de langue maternelle anglaise, ce qui constitue un bassin plus que limité pour faire vivre une station de radio commerciale privée de langue anglaise.


LISTNUM 1 \l 14782     Cependant, elle compte plus de 170 000 habitants maîtrisant la langue anglaise.  Étant donné le petit nombre d'habitants de langue maternelle anglaise ou de langue maternelle anglaise et autre langue dans le marché de Québec, une telle station devra, évidemment, compter largement sur les auditeurs de langue maternelle française qui maîtrisent aussi l'autre langue officielle, et même des francophones unilingues, entraînant ainsi un transfert de l'écoute des francophones vers la station radiophonique de langue anglaise.

LISTNUM 1 \l 14783     J'aurais, d'ailleurs, beaucoup apprécié, je pense, cette station comme auditeur.

LISTNUM 1 \l 14784     Dans les circonstances, nous suggérons respectueusement au Conseil qu'à moins de chercher à augmenter la pression à l'anglicisation culturelle déjà très forte, il nous semble mal indiquer d'octroyer une telle licence dans un marché où il n'y a pas un bassin suffisant d'anglophones pour faire vivre une telle station.

LISTNUM 1 \l 14785     Bref, nous invitons le Conseil à ne pas accorder de nouvelle licence de station de radio de langue française ou de langue anglaise pour desservir le marché de Québec aux termes de la présente audience.


LISTNUM 1 \l 14786     Si la Cour suprême confirme la décision du Conseil de ne pas renouveler la licence de CHOI‑FM, il devrait, tel que déjà annoncé, lancer un