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Discours

Scott Hutton

Directeur exécutif, Radiodiffusion
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes

 

à l’occasion du 65e Congrès annuel de la British Columbia Association of Broadcasters

 

Vancouver (Colombie-Britannique)

Le 10 mai 2012

(Priorité à l'allocution)


Merci pour cette aimable présentation.

C’est un plaisir pour moi de rencontrer les personnes responsables du dynamisme de l’industrie de la radiodiffusion de la Colombie-Britannique. Mais permettez-moi d’abord de féliciter la British Columbia Association of Broadcasters pour son 65e Congrès annuel, ainsi que les finalistes de ses prix d’excellence.

Au cours des prochaines minutes, j’aimerais vous parler des derniers travaux du CRTC et de son programme pour les prochains mois.

La télévision locale

Depuis de nombreuses années, les stations de télévision locale jouent un rôle important dans cette province et dans le système de radiodiffusion en général. Votre principal atout, et la clé de votre réussite, a toujours résidé dans les stations qui se concentrent sur la collectivité locale. Nous savons que votre capacité à financer ce genre de stations a été durement touchée par la récession, en particulier dans les petits marchés.

Certains ont même laissé entendre que le modèle de la télévision conventionnelle était condamné.

Or, les résultats financiers de 2011 semblent prouver le contraire. Les radiodiffuseurs de la Colombie-Britannique et du Yukon ont déclaré des recettes publicitaires plus élevées dans le cas des ventes régionales et nationales. Ce sont des nouvelles encourageantes qui donnent l’espoir d’un retour vers des jours meilleurs.

Mais on ne peut pas en déduire que le modèle d’entreprise est identique à ce qu’il était avant la récession. Ce modèle évolue et les sociétés doivent s’adapter. Les questions que l’on pourrait se poser concernant l’importance de la télévision conventionnelle se dissipent quand on voit des sociétés comme Rogers procéder à des investissements importants pour concurrencer BCE et Shaw.

Le CRTC a créé le Fonds pour l’amélioration de la programmation locale afin d’aider les stations des petits marchés. Il a exigé des entreprises de distribution par câble et par satellite qu’elles versent au Fonds 1 p. 100 de leurs revenus bruts de radiodiffusion; ce pourcentage a depuis été porté à 1,5 p. 100.

Au cours des deux premières années d’existence du Fonds, plus de 200 millions de dollars ont été distribués à 80 stations un peu partout au Canada. Ici en Colombie-Britannique, les stations de télévision ont utilisé ces fonds pour offrir aux téléspectateurs un plus grand nombre d’heures de programmation locale de qualité.

Dès le départ, le Conseil avait annoncé que le Fonds ferait l’objet d’un examen au cours de sa troisième année d’existence. Une consultation publique a eu lieu à Gatineau le mois dernier, ce qui a permis à de nombreux intervenants de s’exprimer. On a pu entendre un large spectre d’opinions, certains estimant que le Fonds devrait être maintenu dans sa forme actuelle, et d’autres prônant son abolition.

Nous sommes en train d’examiner le dossier public et nous annoncerons notre décision au cours de l’été.

La radio locale

Parlons maintenant de la radio. Nous avons assisté ce matin à un débat très intéressant sur l’avenir de ce média. Malgré le pessimisme de certains observateurs, la radio continue de bien se porter, même si le contenu migre vers les plateformes numériques.

Un sondage réalisé récemment par l’Observateur des technologies médias a révélé que 55 p. 100 des anglophones et 50 p. 100 des francophones écoutent la radio en continu. Par contre, il semble que la plupart d’entre eux choisissent les stations locales et hors marché. Seulement 4 p. 100 des anglophones et 2 p. 100 des francophones ont déclaré écouter une webradio, et encore moins de répondants sont abonnés à un service de radio en ligne.

Non seulement les Canadiens écoutent-ils les stations traditionnelles, ils le font sur toutes les plateformes. Si les gens aiment tant la radio, c’est notamment parce qu’elle offre un contenu local unique. Les actualités, la circulation, la météo, les sports – voilà les sujets qui intéressent les auditeurs. Même quand vos collègues des États-Unis se sont tournés vers les émissions souscrites, vous n’avez jamais perdu de vue l’importance du contenu local.

Notre rapport sur les résultats financiers de 2011 de l’industrie de la radio sortira au cours des prochaines semaines. Les données préliminaires indiquent que les stations de radio du Canada ont survécu à la tempête économique des dernières années.

La concurrence acharnée que l’on observe actuellement pour l’obtention d’une licence est une autre indication de la santé de l’industrie. Après avoir marqué une pause pendant la récession, le CRTC a repris son processus concurrentiel :

  • Plus tôt cette année, nous avons tenu des audiences publiques à Miramichi et à Calgary afin d’examiner plus d’une douzaine de propositions visant à servir ces marchés.
  • Il y a deux semaines, nous avons lancé un appel de demandes concernant le marché de Winnipeg.
  • Lundi dernier, nous avons amorcé une audience publique à Toronto afin d’examiner 22 demandes ciblant une même fréquence.
  • Et au cours des prochains mois, je m’attends à ce que nous recevions des demandes visant d’autres marchés.

La disponibilité du contenu sur les autres plateformes ne semble pas avoir d’incidence sur vos résultats, ni diminuer votre intérêt pour le lancement de nouveaux services. La question est la suivante : y aura‑t‑il un point de bascule qui modifiera le paysage en profondeur?

Voilà quelques années, des observateurs étaient convaincus que la venue de la radio par satellite sans pauses publicitaires allait sonner le glas de la radio traditionnelle. Apparemment, ces sombres prédictions n’étaient pas fondées. Ces mêmes observateurs font désormais le même genre de prédictions à propos de l’écoute en continu en voiture. Cette fois, auront-ils raison?

Peu importe les effets que les nouvelles technologies peuvent avoir sur vos entreprises, vous devez tenir compte de la façon dont les Canadiens consomment le contenu audio. Vous devez établir votre présence sur le marché avant qu’un autre le fasse à votre place. L’industrie de la musique l’a appris à la dure au cours de la dernière décennie.

Le message que je veux vous transmettre aujourd’hui est le suivant : n’ayez pas peur d’innover dans l’univers numérique. Le CRTC ne vous mettra pas de bâtons dans les roues. Dans l’espace analogique, la rareté des fréquences obligeait le Conseil à jouer les gardiens. Mais il n’y a pas de pénurie dans la bande passante, et les possibilités offertes par l’univers numérique sont innombrables. À vous d’en profiter.

Les améliorations de nature procédurale

En 2010, nous avons tenu des consultations auprès de l’industrie de la radio. Les participants nous avaient demandé de trouver des moyens d’améliorer et d’accélérer nos processus. J’aimerais faire le point sur les mesures que nous avons prises à cet égard.

L’an dernier, le Conseil a adopté des règles de procédure harmonisées quant à ses instances publiques. Vous avez sans doute remarqué que les demandes visant à modifier une licence de radiodiffusion sont désormais publiées pour commentaires dans notre site Web, et ce, pratiquement dès leur réception. Le processus est ainsi beaucoup plus rapide et beaucoup plus transparent.

Vous êtes nombreux à nous avoir fait part de votre frustration concernant nos méthodes dans les cas de non-conformité. De votre point de vue, nos méthodes étaient si rigides que des titulaires de licence étaient convoqués à des audiences pour des infractions mineures. Cela aussi a été amélioré. Nous avons désormais la latitude nécessaire pour tenir compte de la gravité de l’infraction et imposer les sanctions adéquates. Par exemple, il y a une différence entre soumettre ses déclarations annuelles avec quelques semaines de retard et ne pas les soumettre du tout.

Pour en savoir plus au sujet de notre approche modifiée, je vous encourage à consulter le bulletin d’information que nous avons publié en mai 2011 (Bulletin d’information de radiodiffusion CRTC 2011-347).

En outre, nous avons pris acte de vos inquiétudes concernant les contributions que vous devez faire pour soutenir le développement du contenu canadien. Il semble régner une certaine confusion concernant l’admissibilité de certaines initiatives, surtout lorsqu’il s’agit de projets visant à aider des artistes locaux. De même, le fait qu’il ne soit pas toujours évident, à partir des déclarations annuelles, de déterminer si les fonds ont été alloués à des initiatives admissibles ajoute à la confusion.

En décembre dernier, nous avons proposé des solutions pour corriger la situation. Nous sommes en train d’examiner les commentaires que nous avons reçus et nous comptons rendre notre décision plus tard cette année.

Au cours des prochains mois, nous continuerons de chercher des façons de simplifier nos règles. Et nous évaluerons si d’autres titulaires de licence ou si d’autres services ne pourraient pas être exemptés de ces règles. Si vous avez des suggestions, je serais heureux de les entendre.

L’examen de la politique sur la radio commerciale

J’aimerais conclure en vous parlant de la politique sur la radio commerciale. En effet, le moment est venu de se demander si elle doit être actualisée, puisque le dernier examen remonte à 2006.

Nous amorcerons le processus en examinant les questions propres au marché francophone. Il est urgent d’agir, car nous avons découvert que des stations contournent nos règles en matière de musique vocale de langue française en diffusant de longs montages composés presque en totalité de musique vocale populaire de langue anglaise et non canadienne. De plus, certains radiodiffuseurs nous ont dit que les quotas actuels en matière de musique vocale de langue française représentent un défi pour eux.

En mars, nous avons convié des représentants de l’industrie de la musique francophone et de la radio commerciale francophone à un colloque à Montréal afin de discuter de la question. Un groupe de travail composé de représentants de l’industrie de la radio et de la communauté artistique a ensuite été formé pour formuler des propositions.

Ces propositions serviront de point de départ à notre examen de la politique sur la radio commerciale en ce qui concerne le marché francophone. Nous espérons entreprendre cet examen au cours de la prochaine année.

Quand ce sera fait, nous nous pencherons sur le marché anglophone. Et je profite de l’occasion pour vous demander : est-il nécessaire de revoir la politique? Dans l’affirmative, doit-elle être revue de fond en comble? Ou serait-il préférable d’y apporter simplement quelques retouches?

Conclusion

En fin de compte, notre but est de vous aider à réussir afin que vous puissiez servir vos communautés et voir aux intérêts de vos actionnaires au meilleur de vos capacités. Nous voulons établir des règles équitables qui vous permettront d’élaborer et de promouvoir du contenu à l’intention des auditoires canadiens et internationaux, et d’offrir ce contenu sur les multiples plateformes auxquelles ont recours les consommateurs.

Quelle est la meilleure façon d’atteindre ce but? Nous aimerions connaître votre avis et vos idées, pendant ou après ce congrès.

Merci.

 

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