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Divulgation proactive
de Tom Pentefountas
Vice-président, Radiodiffusion
Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
au congrès annuel de la Western Association of Broadcasters
Banff (Alberta)
Le 14 juin 2012
(Priorité à l'allocution)
Je vous remercie de m’avoir invité de nouveau à votre congrès annuel et de me faire sentir tellement chez moi, ici en Alberta. La réputation des gens de l’Ouest en matière d’hospitalité n’est plus à faire.
Lorsque je me suis entretenu avec votre groupe l’an dernier, j’étais le tout nouveau venu au sein du Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC). Depuis, j’ai beaucoup appris, et l’année a été riche en évènements de toutes sortes.
Auparavant, je veux souligner, en ce qui a trait à tous les changements survenus au cours des douze derniers mois, que ma philosophie fondamentale demeure inchangée.
Je ne suis pas ici pour vous dire comment diriger vos entreprises. Dans la mesure où vous êtes de fiers radiodiffuseurs canadiens et que vous respectez vos obligations réglementaires, le CRTC n’a pas à s’immiscer dans vos activités quotidiennes.
Pourquoi essayer de réparer quelque chose qui fonctionne bien? Par contre, si le cadre ne fonctionne pas bien, nous voulons le savoir.
Radio locale
Être à votre écoute constitue une part importante de mon travail. L’an dernier, vous avez exprimé haut et fort vos préoccupations au sujet de l’incidence des nouveaux médias sur vos activités.
Il ne fait aucun doute que nous vivons dans un monde de plus en plus branché. Le contenu médiatique migre vers les plateformes en ligne et les appareils mobiles. Des services novateurs offrent aux Canadiens l’accès au contenu vidéo ou audio.
Toutefois, il n’y pas de raison de s’alarmer. Devinez ce que les Canadiens écoutent sur le Web. Ils écoutent vos stations! Même si certains optent pour les services en ligne, nombre d’entre eux continuent de syntoniser leurs stations de radio locales.
Je suis un parfait exemple. Qu’importe où je suis, j’écoute toujours la radio parlée de Montréal.
Il y a une raison à cela et c’est parce qu’il s’agit d’une source de contenu unique. Les bulletins locaux de nouvelles, de circulation, de météo et de sports : voilà le contenu pertinent pour vos auditeurs.
Les tendances récentes en matière de revenus sont plutôt source d’optimisme. Il y dix jours, nous avons publié les résultats financiers 2011 sur le secteur de la radio. Le secteur commercial a connu une autre année d’excellents résultats; en effet, les revenus totaux ont grimpé à 1,6 milliard de dollars et les bénéfices avant impôts ont franchi le seuil des 300 millions de dollars pour la première fois depuis 2008.
En fait, les stations d’ici, dans l’Ouest, ont particulièrement bien figuré. Les stations au Manitoba, en Saskatchewan et en Alberta ont totalisé des revenus de 418,7 millions de dollars. C’est tout un exploit, dans un contexte où la reprise économique demeure fragile au Canada.
La vive concurrence pour de nouvelles licences s’avère un autre indice de la vigueur du secteur. Plus tôt cette année, nous avons tenu une audience publique à Calgary et accordé deux nouvelles licences FM pour desservir le marché.
À la fin d’avril, nous avons lancé un appel de demandes pour le marché de Winnipeg. J’aimerais signaler aux parties intéressées qu’elles ont jusqu’au 9 juillet pour soumettre leur demande.
De plus, je voudrais faire remarquer que le Conseil examinera la demande de la Société Radio-Canada en vue de diffuser des annonces aux antennes de Radio 2 et d’Espace musique lors de l’audience portant sur son renouvellement de licences. L’audience doit débuter le 19 novembre. Il importe que vous nous fassiez part de votre point de vue à cet égard. Nous publierons un nouvel avis de consultation; continuez donc à surveiller notre site Web concernant les dates et les échéances.
Et tant qu’à faire, vérifiez également nos comptes Twitter : @CRTCeng et @CRTCfra.
Améliorations des procédures
Nous voulons également obtenir votre point de vue sur la façon d’accélérer et d’améliorer nos processus. Nous avons déjà pris des mesures en ce sens. Vous avez sans doute remarqué que les demandes dans le but de modifier une licence de radio sont désormais affichées aux fins d’observations sur notre site Web dès leur réception.
Nous avons également modifié la façon de traiter les cas de non-conformité, une question dont je vous ai entretenue l’an dernier. Sachant que le temps c’est de l’argent, nous avons adopté une approche plus souple, tenant compte de la sévérité de l’infraction et imposant des sanctions appropriées. Nous ne convoquerons personne à une audience publique pour des incidents mineurs.
L’audience qui se tiendra la semaine prochaine à Gatineau est un bon exemple de cette approche. Nous examinerons neuf cas apparents de non-conformité par rapport au Règlement sur la radio ou à certaines conditions de licence. Certaines se retrouvent dans cette situation pour la troisième fois.
Une autre question sur laquelle nous aimerions avoir votre point de vue est la manière de simplifier l’administration des contributions que les stations de radio versent au développement du contenu canadien.
En décembre dernier, nous avons proposé une série de modifications à ce sujet. Nous examinons actuellement les observations reçues, dans l’intention de publier une décision plus tard cette année.
Nous continuerons d’explorer des façons de simplifier nos règles et de voir si d’autres services ou titulaires peuvent en être exemptés. Nous cherchons activement des solutions, et c’est là que vous avez un rôle à jouer. Si vous avez des suggestions, je veux les entendre.
Je tiens à dire que, selon moi, le contenu canadien offre une occasion unique de démontrer le leadership de votre secteur, soit le thème de ce congrès.
Les stations de radio ont un rôle vital à jouer dans la définition et la préservation de la culture et de l’identité canadiennes, en appuyant le contenu canadien. Chaque fois que vous contribuez au lancement de la carrière de nouveaux artistes canadiens, vous contribuez également à créer un sentiment de fierté dans le fait d’être Canadien.
Songez à la fierté que nous éprouvons lors des performances de Shania Twain au Super Bowl, lorsqu’Arcade Fire partage la scène avec Mick Jagger à Saturday Night Live, lorsque Michael Bublé remporte un Grammy ou encore lorsque les Sheepdogs, originaires de la Saskatchewan, se retrouvent sur la page couverture de Rolling Stone.
Quelle grande industrie que la vôtre! Il s’agit vraiment d’une situation de gagnant-gagnant. Vous soutenez les artistes canadiens et faites la promotion des oeuvres canadiennes partout au monde. Il s’agit d’un excellent produit dérivé de l’utilisation des ondes publiques pour l’obtention de profits privés.
Si vous avez à cœur de promouvoir et de présenter les artistes canadiens ainsi que d’ouvrir les portes aux jeunes qui amorcent une carrière musicale, vous aurez notre soutien sans réserve.
Politiques sur la radio
Un dernier point concernant la radio est l’examen que le Conseil fera de la politique sur la radio commerciale. Elle date déjà de presque six ans, soit depuis longtemps dans le contexte d’évolution rapide d’aujourd’hui.
Nous commencerons par examiner des questions précises concernant le marché francophone. Nous espérons amorcer cet examen l’an prochain. Lorsque nous aurons terminé, nous aborderons le marché anglophone.
Une fois de plus, nous sollicitons vos observations sur cette question. Faites-nous part de vos commentaires au sujet de la politique. Devons-nous procéder à une révision complète ou préférez-vous que nous n’apportions que quelques modifications?
Nous prévoyons également un examen de la politique sur la radio ethnique.
Télévision locale
Je veux également vous parler brièvement de la télévision locale.
À bien des égards, la situation ressemble à celle de la radio : les recettes publicitaires ont chuté en raison de la récession, en particulier dans les marchés de taille modeste, et les ventes ne font qu’amorcer leur remontée.
Toutefois, les résultats financiers pour 2011 indiquent des recettes publicitaires supérieures associées aux ventes à l’échelle locale et nationale. Il s’agit de bonnes nouvelles et, nous l’espérons, de bons augures pour le retour de jours meilleurs.
On peut également se réjouir que des entreprises telles que Rogers cherchent à faire des investissements stratégiques dans la télévision conventionnelle. De plus, Rogers a conclu récemment une entente d’affiliation avec le Jim Pattison Broadcast Group, laquelle donnera à Citytv l’accès à trois nouveaux marchés dans l’Ouest canadien, y compris à Medicine Hat.
Plateformes numériques
Les radiodiffuseurs sont préoccupés des menaces que posent de nouveaux concurrents tels que les services de programmation par contournement. Une fois de plus, les faits ne justifient pas une telle préoccupation, du moins, pas en ce moment.
Le Conseil surveille de près les services par contournement. Tout indique qu’ils sont complémentaires au système canadien de radiodiffusion traditionnel détenteur de licences.
Certains pays tirent profit du potentiel des nouvelles plateformes numériques, reconnaissant leur capacité de joindre de nouveaux publics. Par exemple, au Royaume-Uni, les stations de radio se sont regroupées afin de créer une plateforme unique pour la diffusion de Web radios, soit Radio Player. On y fait la promotion de la radio au Royaume-Uni à un seul endroit. Vous pouvez consulter à cet effet le site à l’adresse www.radioplayer.co.uk.
Songez aux possibilités pour le Canada de créer un site Web unique pour les stations de radio, d’un océan à l’autre. Voilà le genre d’innovations dont les radiodiffuseurs canadiens ont besoin pour demeurer compétitifs dans le monde d’aujourd’hui axé sur la technologie.
Même si vous ne pouvez rallier tout le monde, la Western Association of Broadcasters travaille déjà en équipe sur de multiples fronts. De plus, nous savons que les gens de l’Ouest ont l’esprit créatif et entrepreneurial. Vous pourriez sans doute relever le défi.
Ou, mieux encore, pourquoi ne seriez-vous pas pionniers d’une approche totalement révolutionnaire au pays. En effet, la migration éventuelle vers les médias numériques s’avère inévitable, et vous devez trouver des moyens de rentabiliser ces plateformes.
La convergence technologique et le regroupement des entreprises ont déjà complètement changé la donne. Toutefois, la réalité est qu’il n’existe que très peu de fréquence dans les principaux marchés, s’il en reste.
Comme gens d’affaires, je suis convaincu que vous reconnaîtrez qu’il s’agit davantage d’une bonne occasion à saisir plutôt que d’un problème à surmonter.
L’importance de la radiodiffusion
Voilà certainement notre vision des choses au CRTC. Et c’est la raison pour laquelle nous nous gardons d’intervenir dans les décisions qui relèvent de vos entreprises, pourvu que vous respectiez vos obligations réglementaires.
Les renouvellements récents de licences de télévision de langue française sont un bon exemple de cette philosophie. Au cours des trois dernières années, TVA a investi en moyenne 45 % de ses revenus bruts annuels dans les émissions canadiennes. Étant donné le bilan de l’entreprise, il nous a paru justifié d’accorder à TVA une latitude accrue.
Le Conseil comprend qu’une approche moins dogmatique en matière de réglementation permet tant aux entreprises qu’aux communautés créatives de tirer profit de l’innovation.
Nous voulons insuffler une bouffée d’air frais au système, et non étouffer la créativité ou l’innovation. Notre rôle consiste à créer un environnement propice à l’innovation de sorte que les créateurs puissent tester de nouveau concepts et lancer des émissions novatrices et des modèles d’affaires audacieux.
Après tout, les créateurs, les réalisateurs, les radiodiffuseurs et les distributeurs parmi vous sont les mieux placés pour connaître les demandes des consommateurs, des actionnaires et des annonceurs locaux.
Il importe que l’industrie de la radiodiffusion soit prospère et rentable. Bien entendu, la rentabilité est une bonne chose pour les actionnaires, mais elle profite également à la communauté artistique et au système de radiodiffusion dans son ensemble.
En effet, la rentabilité donne à l’industrie de la radiodiffusion les ressources nécessaires pour soutenir les impératifs sociaux, culturels, éducationnels et économiques, lesquels sont d’une grande importance pour les Canadiens.
Conclusion
En conclusion, la microgestion doit être laissée aux personnes qui ont investi leur argent et l’argent de leurs actionnaires dans le domaine. Il incombe au CRTC de créer un cadre qui garantit l’atteinte des objectifs généraux de la Loi sur la radiodiffusion.
Au sein d’un tel cadre, les licences que vous détenez devraient vous accorder toute la liberté de créativité pour offrir aux Canadiens les émissions qu’ils veulent voir et entendre, tout en faisant des profits.
Je suis convaincu que vous ferez les bons choix au moment d’amorcer avec succès la transition vers l’avenir. Je n’ai nul doute que votre industrie saura s’adapter à l’environnement en évolution rapide et maintenir la rentabilité impressionnante qui la caractérise.
Je vous souhaite beaucoup de succès en cours de route.
Merci.
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