Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
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4.0 Radiodiffusion

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4.5 Nouveaux médias

La radiodiffusion par les nouveaux médias signifie que la distribution du contenu de la radiodiffusion numérique passe du côté des plateformes mobiles ou transmises par Internet. Avec l’avènement de ces plateformes, les Canadiens font de nouvelles expériences en matière de programmation, qui peuvent être tant des services semblables à ceux de la télévision et de la radio que des fonctions nouvelles, hautement interactives, accordant au consommateur plus de contrôle et plus de choix.

La présente section aborde cette migration et les changements de comportement des consommateurs qui en découlent. Elle examine aussi l’incidence de certaines technologies sur les secteurs de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes. Les données pour cette industrie en pleine effervescence ont été recueillies surtout par le biais d’études commandées et de renseignements d’ordre public, plutôt que par des questionnaires remplis par l’industrie. L’une des principales sources ici est le sondage effectué en 2008 par MTM, qui analyse les comportements de 12 000 Canadiens âgés de dix-huit ans et plus par rapport aux médias et aux technologies connexes.

Le Conseil a l’intention de surveiller par différents moyens la radiodiffusion par les nouveaux médias. Son objectif est de dégager un ensemble de données récurrentes qui peuvent être comparées d’une année à l’autre pour établir le profil de l’industrie de la radiodiffusion néomédiatique au Canada.

Maintenant que plus de 95 % des foyers sont en mesure d’accéder à la large bande fixe et 91 % à la large bande mobile219, les Canadiens réclament toujours plus de contenu, sous forme sonore, vidéo ou de données. La demande s’accentue à mesure que l’usage des appareils multifonctions se répand. Les services, dans le domaine des nouveaux médias, en sont généralement au stade de l’innovation, de l’émergence ou de l’expansion dans leur cycle de vie, selon les définitions du graphique suivant.

L’un des indicateurs pour évaluer l’importance des nouveaux médias dans la vie des Canadiens est leur niveau d’adoption. Les technologies traditionnelles, adoptées depuis dix ans et plus, se retrouvent dans la plupart des foyers canadiens. C’est le cas des magnétoscopes et des postes de radio portatifs. Il existe cependant plusieurs nouveaux appareils permettant à leurs utilisateurs de profiter davantage des possibilités offertes par les nouveaux médias, et leur taux d’adoption, tout comme le taux d’adoption des services, est un bon indicateur de l’usage réservé aux nouvelles plateformes.

Graphique 4.5.1 Cycle de l’adoption par le consommateur / de la vie du produit

Ce graphique illustre le cycle de vie de plusieurs technologies depuis leur entrée sur le marché jusqu'à leur disparition. Il suit le profil d'une cloche. L'axe des X s'intitule Étape/Durée de l'adoption. L'axe des Y s'intitule Pénétration. On peut lire, en haut à gauche, « Nouvelles technologies en évolution » et, en haut à droite, « Anciennes technologies sur le déclin ». Les étapes défilent de gauche à droite : Innovation, s'étend de 0 % à 3 % (« les mordus l'essaient »), Nouveauté, de 4 % à 15 % (« les visionnaires en prévoient le succès », Expansion, de 16 % à 66 % (« les pragmatiques en reconnaissent la valeur »), Maturité, au sommet de la courbe, de 67 % à 100 % (« décidément incontournable »); sur le versant du déclin, qui va de 100 % à 0 %, trois étapes équidistantes : « de nouvelles solutions gagnent la faveur», « le service/contenu se raréfie », « service/contenu abandonné ».

Source : MTM 2008

Nouveaux médias et Internet

Les tendances générales relatives à l’utilisation de l’Internet suggèrent que les Canadiens continuent de consulter et d’utiliser l’Internet non seulement pour se divertir, mais aussi pour accomplir des tâches et des recherches quotidiennes. ComScore a rapporté que, sur une période de deux ans se terminant en février 2009, l’ensemble des usagers d’Internet avait augmenté d’environ 5 % au pays et que le temps mensuel que les Canadiens passent en ligne s’était accru de près de 9 %, avec un léger déclin en 2008.

Tableau 4.5.1 Nombre de visiteurs uniques Canadiens de sites Web

  Visiteurs uniques
(en milliers)
Croissance
fév 07-fev 09
Total de minutes
(en millions)
Croissance
fév 07-fev 09
  Feb 07 Feb 08 Feb 09 % Feb 07 Feb 08 Feb 09 %
Total Internet 22 823 23 814 24 143 5,8 % 57 524 63 578 62 544 8,7 %

Source : ComScore MediaMetrix

L’utilisation de l’Internet au Canada continue de progresser et de se modifier. Par exemple, en cinq ans, la croissance d’utilisation de l’Internet chez les Canadiens de 50 ans et plus a atteint environ 7 % chez les anglophones, augmentant de 48 % en 2004 à 66 % en 2008, et de 10 % chez les francophones, augmentant de 34 % en 2004 à 56 % en 2008. Dans les deux cas, la croissance a été d’environ le double de la croissance moyenne pour l’ensemble des Canadiens.

Tableau 4.5.2  Utilisation d’Internet au Canada, selon le groupe linguistique

  2003 2005 2007 2008
  Anglo-phones Franco-phones Anglo-phones Franco-phones Anglo-phones Franco-phones Anglo-phones Franco-phones
Utilisation globale 68 % 58 % 77 % 65 % 81 % 71 % 83 % 75 %
18-34 84 % 79 % 91 % 86 % 95 % 91 % 95 % 93 %
35-49 78 % 66 % 84 % 76 % 89 % 84 % 91 % 86 %
50+ 48 % 34 % 60 % 43 % 66 % 51 % 66 % 56 %

Source : MTM 2008 (Répondants : usagers d’Internet)

La section 5.3 du présent rapport montre que le taux de pénétration de l’Internet haute vitesse dans les résidences continue de croître d’année en année. Les services sur large bande, définis comme étant ceux qui dépassent 1,5 mbps, se répandent de plus en plus à mesure que les activités sur Internet se multiplient et offrent davantage de possibilités. Le graphique 4.5.2 indique la bande passante nécessaire pour notamment écouter de la musique, regarder des vidéos et télécharger des vidéos en haute définition (HD). Ces activités demandent de plus en plus de vitesse d’accès à la large bande.

Graphique 4.5.2 Bande passante requise pour les diverses applications Internet

Ce graphique vise à illustrer la largeur de bande requise pour diverses applications et divers services en ligne, afin de déterminer ce que le consommateur s'attend à recevoir selon le type d'accès Internet qu'il choisit. L'axe des X représente les largeurs de bande moyennes disponibles en mbps, et en cite six : Accès commuté, 128 kbps, 50 kbps, 1,5 mbps, 5 mbps et 15 mbps. L'axe des Y s'intitule Norme standard de rendement et se divise en trois catégories : Fichiers balados, Lecture en continu et Temps réel. À l'intérieur du graphique, les médaillons illustrent le type d'application avec la largeur de bande requise. Dans la catégorie Fichiers balados, les applications sont les suivantes : courriel, allant d'accès commuté à 128 kbps; téléchargement de petits logiciels, de 128 kbps à 500 kbps; téléchargement de musique, plus de 500 kbps à moins de 1,5 mbps; téléchargement de logiciel (un CD), de 1,5 mbps à 5 mbps; téléchargement d'une vidéo sur DVD, de 5 mbps à 15 mbps; téléchargement d'une vidéo sur DVD-HD, plus de 15 mpbs. Entre les catégories Fichiers balados et Lecture en continu, se place la navigation sur le Web, qui requiert une largeur de bande allant de l'accès commuté à 1,5 mbps. Dans la catégorie Lecture en continu figurent les applications suivantes : Radio, depuis l'accès commuté jusqu'à 128 kbps; télévision mobile, de 128 kbps jusqu'en deçà de 500 kbps; vidéo Web, un peu moins de 500 kbps à un peu moins de 1,5 mbps; location ou achat de films, un peu moins de 1,5 mbps à 5 mbps; lecture en continu d'une vidéo HD, de 5 mbps à 15 mbps. Dans la catégorie Temps réel, on retrouve les applications suivantes : VoIP, à partir de l'accès commuté jusque sous les 128 kbps; Jeux en temps réel, de 128 kbps à 500 kbps; Vidéoconférence, un peu moins de 500 kbps à un peu plus de 1,5 mbps.

Source : CRTC

Les données présentées à la section 5.3 indiquent qu’environ 55 % des abonnés canadiens à Internet ont à domicile une connexion Internet qui dépasse 5 mbps, ce qui leur permet d'avoir accès sans problème à la plupart des services de radiodiffusion par les nouveaux médias. Interrogés lors du sondage MTM quant à leurs activités sur Internet, les usagers ont cité le recours fréquent à des services comme la vidéo en ligne et la messagerie instantanée, comme le montre le graphique suivant.

Graphique 4.5.3 Activités populaires liées à l’Internet pour les usagers canadiens

Ce graphique compare le pourcentage d'anglophones et de francophones qui ont dit avoir mené au cours du mois précédent, en 2007 et en 2008, les activités en ligne suivantes :  Vidéo en ligne: 47% (Anglophones 2007), 50% (Anglophones 2008), 44% (Francophones 2007), 49% (Francophones 2008); Messagerie instantanée: 46%, 42%, 57%, 55%; Réseautage personnel: 42%, 47%, 20%, 31%; Jeux en ligne: 27%, 27%, 23%, 25%; Lecture audio en contenu: 27%, 33%, 23%, 33%; Téléchargement de musique: 22%, 19%, 18%, 17%; Babillard électronique: 21%, 29%, 11%, 17%; Écoute de balados: 16%, 23%, 7%, 9%; Création d'un site personnel: 13%, 18%, 11%, 12%; Jeux en ligne multijoueurs: 10%, 10%, 7%, 8%.

Note : * a déjà créé un Web personnel
Source : MTM 2008 (Répondants : usagers d’Internet)

En même temps que se répand l’usage de l’Internet pour une variété croissante d’activités, on remarque une nette augmentation du temps que les Canadiens passent en ligne. Les heures passées chaque semaine sur Internet ont presque triplé chez les anglophones et les francophones depuis 1997.

Tableau 4.5.3  Moyenne d’heures hebdomadaires que les Canadiens passent en ligne

  1997 1999 2002 2005 2007 2008
             
Anglophones 4,8 5,6 9,3 11,7 13,4 13,8
Francophones 4,1 6,3 7,7 9,1 9,8 11,1

Source : MTM 2008 (Répondants : usagers d’Internet)

Utilisation de la vidéo dans les nouveaux medias

À mesure qu’ils adoptent de nouvelles plateformes technologiques, les Canadiens voient s’accroître les moyens à leur disposition pour consommer du contenu vidéo. Chacune des nouvelles technologies vidéo suivantes a accru sa popularité de 2007 à 2008, tandis que la

Graphique 4.5.4 Taux de pénétration des technologies de vidéo au Canada

Graphique 4.5.4	Taux de pénétration des technologies de vidéo au Canada

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)
Note : * Usage au cours du mois précédent

popularité des plateformes traditionnelles demeurait constante ou marquait un déclin.

L’augmentation des sources de vidéo amène plus d’usagers d’Internet à rechercher du contenu vidéo. La consommation totale de vidéo en ligne a plus de doublé au cours des trois dernières années. Le contenu amateur ou produit par les utilisateurs est actuellement plus populaire que les émissions produites professionnellement. Néanmoins, chez les anglophones, l’écoute du contenu amateur est demeurée constante de 2007 à 2008, alors que le contenu télévisuel en ligne a gagné en popularité. Chez les francophones, il y a eu augmentation de l’écoute pour les deux types de programmation.

Graphique 4.5.5 Quantité de vidéos que les Canadiens regardent sur Internet

Ce graphique présente le pourcentage de Canadiens anglophones et francophones sondés en 2005, 2006, 2007 et 2008 qui ont indiqué avoir regardé une vidéo sur Internet au cours du mois précédent : 2005 : 21 %, 16 %; 2006 : 30 %, 26 %; 2007 : 38 %, 31 %; 2008 : 42 %, 37 %.

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)

Graphique 4.5.6  Quantité et type de vidéos que les Canadiens regardent sur Internet

Ce graphique à histogramme groupé présente présente le pourcentage de Canadiens anglophones et francophones sondés en 2007 et 2008 qui ont indiqué avoir regardé différents types de vidéos sur Internet au cours d'une semaine typique : Vidéos amateurs : 30% (Anglophones 2007), 30% (Anglophones 2008), 21% (Francophones 2007), 25% (Francophones 2008); Vidéos de la télévision traditionnelle : 14%, 18%, 13%, 16%.

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)
Note : * Visionnement sur Internet d’une émission de télévision ou d’un clip d’une émission de télévision.

Graphique 4.5.7 Pénétration de la télévision sur Internet selon divers groupes sociodémographiques

groupes sociodémographiques
Ce graphique à histogramme groupé présente le pourcentage de Canadiens anglophones et francophones sondés en 2007 et 2008 qui ont indiqué avoir regardé des vidéos sur Internet au cours d'une semaine typique, selon les tranches d'âge : Total : 14% (Anglophones 2007), 18% (Anglophones 2008), 13% (Francophones 2007), 16% (Francophones 2008); Gen. Y (18-28 ans): 33%, 31%, 29%, 28%; Étudiant: 37%, 36%, 33%, 34%; Utilisateurs de la vidéo portable: 41%, 41%, 40%, 38%.

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)

Vidéos sur appareils mobiles

Jusqu’à maintenant, le visionnement de vidéos sur téléphone cellulaire progresse assez lentement. Les services offerts par les grandes entreprises nationales en sont encore à leurs débuts et les appareils cellulaires ne sont pas tous équipés pour afficher du contenu vidéo. MTM rapporte qu’en 2008, 18 % des anglophones canadiens et 13 % des francophones canadiens possédaient un téléphone cellulaire avec fonctions vidéo. À peine 5 % des anglophones et 2 % des francophones avaient regardé du contenu vidéo sur leur téléphone portatif au cours du mois précédent, bien que ces chiffres marquent une hausse de 2 % et 1 % respectivement par rapport à 2007. Par conséquent, moins de 1 % des Canadiens avaient regardé une émission de télévision sur leur appareil de téléphone au cours du mois précédent.

Les lecteurs de vidéo MP3 comme l’iPod ne servent pas beaucoup comme plateformes pour regarder des vidéos. En 2008, 14 % des anglophones et 10 % des francophones canadiens possédaient un baladeur MP3 avec fonction vidéo, ce qui constitue une augmentation de 9 % et 6 % respectivement par rapport à 2007. Toutefois, le nombre de Canadiens ayant regardé une vidéo sur l’un de ces appareils au cours du mois précédent est resté stable, à 3 % et 2 % respectivement. Comme pour le téléphone cellulaire, seulement 1 % des Canadiens avaient regardé une émission de télévision ou un contenu vidéo sur un baladeur MP3 avec fonction vidéo.

Le tableau qui suit indique les tendances pour plusieurs plateformes de vidéo et leur croissance entre 2005 et 2007.

Tableau 4.5.4 Taux d’adoption et de croissance des technologies de vidéo au Canada

  Adoption de la technologie Croissance
  2005 2006 2007 2008 2006 2007 2008
ENP              
Anglophones 4 % 6 % 10 % 13 % 50 % 67 % 30 %
Francophones 2 % 4 % 6% 10 % 100 % 50 % 67 %
Vidéo sur demande *              
Anglophones 5 % 6 % 7 % 9 % 20 % 17 % 29 %
Francophones 4 % 7 % 11 % 12 % 75 % 57 % 9 %
Vidéo sur Internet *              
Anglophones 21 % 30 % 38 % 42 % 43 % 27 % 11 %
Francophones 16 % 26 % 31 % 37 % 63 % 19% 19 %
Vidéo sur cellulaire *              
Anglophones - - 2 % 5 % - - 150 %
Francophones - - 1 % 2 % - - 100 %

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)
*Usage au cours du mois précédent

Utilisation des services sonores des nouveaux médias

Les services et les technologies en ligne influencent désormais la manière dont les Canadiens consomment et utilisent les services sonores. Les nouveaux médias proposent aux utilisateurs plusieurs façons de recevoir leur contenu sonore et les sources les plus populaires de musique offrent maintenant des choix comme le téléchargement, l’écoute de la radio en continu sur Internet et les fichiers balados (émissions sonores préenregistrées qu’on peut écouter sur un appareil portatif). Néanmoins, pendant que certaines de ces nouvelles technologies, notamment le téléchargement et l’écoute en continu, stagnent ou perdent de la popularité depuis quelques années, la radio traditionnelle conserve toujours la même force. Les fichiers balados sont une nouvelle technologie sonore qui connaît une croissance constante. Les graphiques suivants montrent à quel rythme les Canadiens adoptent ou utilisent ces technologies depuis quelques années.

Graphique 4.5.8 Taux de pénétration des technologies sonores au Canada  

Ce graphique à histogramme groupé compare le pourcentage de pénétration des plateformes sonores suivantes chez les Canadiens anglophones et francophones en 2007 et 2008 : radio traditionnelle :  92% (Anglophones 2007), 92% (Anglophones 2008), 90% (Francophones 2007), 90% (Francophones 2008); lecteur MP3: 34%, 39%, 24%, 30%; musique téléchargée: 18%, 16%, 13%, 12%; radio en continu: 18%, 16%, 12%, 13%; baladodiffusion: 13%, 19%, 5%, 7%; radio par satellite: 8%, 9%, 3%, 4%. La radio traditionnelle est considérée comme Plateforme traditionnelle et toutes les autres sont de Nouvelles plateformes.

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)

* Usage au cours du mois précédent

Graphique 4.5.9 Taux de pénétration de la baladodiffusion au Canada

Ce graphique présente le pourcentage des Canadiens sondés en 2005, 2006, 2007 et 2008 qui ont écouté une baladodiffusion au cours du mois précédent, répartis en deux catégories, Anglophones et Francophones : 2005 : 7 %, 3 %; 2006 : 8 %, 4 %; 2007 : 13 %, 5 %; 2008 : 19 %, 7 %.

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)

Tandis que l’écoute de fichiers balados se répand rapidement depuis trois ans, MTM rapporte que la popularité du téléchargement de musique et de l’écoute de la radio en continu sur Internet décline chez les anglophones et semble stagner chez les francophones. MTM mentionne la question du droit d’auteur comme cause probable du manque de croissance du téléchargement de musique dans les dernières années.

Graphique 4.5.10  Téléchargement de musique au Canada

Ce graphique donne le pourcentage de Canadiens sondés en 2005, 2006, 2007 et 2008 qui ont indiqué avoir téléchargé de la musique au cours du mois précédent, selon les catégories anglophones ou francophones : 2005 : 20 %, 12 %; 2006 : 20 %, 12 %; 2007 : 18 %, 13 %; 2008 : 16 %, 12 %.

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)

Graphique 4.5.11 Écoute en continu de la radio au Canada

Ce graphique donne le pourcentage de Canadiens sondés en 2005, 2006, 2007 et 2008 qui ont indiqué avoir écouté la radio en continu au cours du mois précédent, selon les catégories anglophones ou francophones : 2005 : 23 %, 16 %; 2006 : 19 %, 14 %; 2007 : 18 %, 12 %; 2008 : 16 %, 13 %.

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)
Note : Représente le pourcentage de Canadien(ne)s qui écoutent en continu les stations de radio AM et FM. Les données 2005 et 2006 correspondent à l’usage du mois précédent et celles de 2007 et 2008 correspondent à l’usage hebdomadaire normal.

Tableau 4.5.5  Adoption et taux de croissance des technologies sonores au Canada

  Adoption de la technologie Croissance
  2005 2006 2007 2008 2006 2007 2008
Lecteur MP3              
Anglophones 23 % 29 % 34 % 39 % 26 % 17 % 15 %
Francophones 14 % 19 % 24 % 30 % 36 % 26 % 25 %
Téléchargement de balados *              
Anglophones 7 % 8 % 13 % 19 % 14 % 63 % 46 %
Francophones 3 % 4 % 5 % 7 % 33 % 25 % 40 %
Téléchargement de musique              
Anglophones 20 % 20 % 18 % 16 % 0 % -10 % -11 %
Francophones 12 % 12 % 13 % 12 % 0 % 8 % -8 %
Lecture de radio en continu              
Anglophones 23 % 19 % 18 % 16 % -17 % -5 % -11 %
Francophones 16 % 14 % 12 % 13 % -13 % -14 % 8 %

Source : MTM 2007 et 2008 (L’ensemble des répondants)
*Usage au cours du mois précédent

Les radiodiffuseurs traditionnels commencent aussi à inclure des offres néomédiatiques dans leurs activités normales, en présentant leurs émissions de radio traditionnelle en ligne, au moyen soit de la lecture en continu soit de balados à télécharger. Toutefois, même si les anglophones en particulier montrent un intérêt grandissant pour la baladodiffusion, qui a présenté un taux de croissance de 46 % la dernière année et de 170 % depuis 2005, la radiodiffusion AM et FM est une source de matériel sonore en déclin chez les consommateurs qui comptent surtout sur Internet pour leur consommation médiatique. Les graphiques suivants illustrent la popularité des radiodiffuseurs AM et FM comme sources de contenu sonore pour la lecture en continu et le téléchargement de balados.

Graphique 4.5.12 Radiodiffuseurs AM/FM comme sources de matériel sonore pour la lecture de musique en continu et le téléchargement de balados

Cette illustration comporte deux graphiques: celui de gauche représente la lecture sonore en continu et celui de droite l'écoute par téléchargement de fichiers balados. Le graphique qui s'intitule Écoute en continu donne le pourcentage d'anglophones et de francophones qui ont indiqué avoir écouté de la radio en continu au cours d'une semaine typique en 2007 et 2008, et répartit ce pourcentage selon la source de contenu sonore. Chez les anglophones en 2007, 18 % ont indiqué avoir écouté en continu de la musique provenant de radiodiffuseurs AM ou FM, et seulement 4 % s'étaient approvisionnés à d'autres sources. Chez les francophones en 2007, les pourcentages équivalents ont été de 12 % et 4 %. Chez les anglophones en 2008, ces mêmes pourcentages étaient de 16 % et 10 % et chez les francophones en 2008, de 13 % et 11 %. Le graphique qui s'intitule Écoute par baladodiffusion donne le pourcentage d'anglophones et de francophones qui ont indiqué avoir écouté un fichier balado au cours d'une semaine typique, et répartit ce pourcentage selon la source de contenu sonore. Chez les anglophones en 2007, 6 % ont indiqué que leur fichier balado comprenait des radiodiffuseurs AM ou FM, tandis que 8 % ont indiqué qu'il provenait exclusivement d'autres sources. Chez les francophones en 2007, les pourcentages équivalents ont été de 3 % et 2 %. Chez les anglophones en 2008, ces mêmes pourcentages étaient de 4 % et 14 % et chez les francophones en 2008, de 2 % et 5 %.

Source : MTM 2007 et 2008 (L’ensemble des répondants)

Participation de l’auditoire aux nouveaux médias

Les sections précédentes examinaient l’adoption et l’usage par les Canadiens de diverses technologies et divers services qui ont trait aux nouveaux médias en général et en particulier à la radiodiffusion par les nouveaux médias. L’adoption des technologies est une considération importante lorsqu’on en examine l’usage. Pour tout ce qui concerne les médias traditionnels, la télévision et la radio, les rapports font généralement référence au nombre d’heures d’écoute au cours d’une semaine normale. La collecte des données se fait au moyen de systèmes bien établis comme les cahiers d’écoute et les audimètres. Alors que ces méthodes sont bien comprises et reconnues comme normes dans l’industrie, il n’existe pas de système équivalent pour mesurer la popularité d’autres médias. MTM se sert donc de données recueillies par sondage pour comparer le temps que les Canadiens consacrent aux médias sur plateformes traditionnelles et sur plateformes néomédiatiques. Les renseignements que l’on fournit soi-même sur l’usage des médias, comme c’est le cas lors d’un sondage, sont généralement en dessous de la réalité et ne peuvent se comparer directement aux données objectives sur l’écoute recueillies pour la télévision et la radio.

Tableau 4.5.6  Temps d’utilisation des diverses technologies

  Heures d’utilisation par semaine
  2007 2008
Temps passé en ligne*    
Anglo­phones 13.4 13.8
Franco­phones 9.8 11.1
Écoute de télévision en ligne    
Anglo­phones 2.1 1.5
Franco­phones 1.3 1.2
Écoute en continu    
Anglo­phones 6.0 5.3
Franco­phones 5.7 5.4
Écoute en continu de la radio AM/FM    
Anglo­phones 4.8 4.2
Franco­phones 5.3 4.6
Baladodiffusion    
Anglo­phones 2.2 2.2
Franco­phones 2.6 2.5
Écoute sur iPod/MP3*    
Anglo­phones 6.7 7.1
Franco­phones 5.7 5.6
Écoute de la radio par satellite*    
Anglo­phones 11.0 9.7
Franco­phones 11.0 10.7

Source :  MTM 2007 et 2008 (Les répondants : les usagers de ces technologies au cours d’une semaine normale)
* Usagers au cours du mois précédent

Le sondage MTM compare aussi le temps que passent les Canadiens sur les plateformes néomédiatiques au temps qu’ils passent sur les plateformes traditionnelles. Par exemple, on a cherché à déterminer si ceux qui regardent des vidéos sur Internet regardent moins ou davantage la télévision traditionnelle que ceux qui ne regardent pas de vidéos sur Internet ou, de la même façon, si les usagers des nouveaux services sonores passent plus ou moins de temps à écouter du contenu sur des plateformes de ce genre qu’à écouter la radio traditionnelle.

Les résultats du sondage MTM indiquent que ceux qui regardent la télévision sur Internet tendent à consommer moins de contenu télévisuel que ceux qui ne regardent pas la télévision sur Internet.

Graphique 4.5.13 Moyenne d'heures d’écoute de la télévision traditionnelle par rapport à celle de la télévision sur Internet chez les Canadiens

Ce graphique empilé démontre la moyenne d'heures d'écoute hebdomadaire de la télévision traditionnelle par rapport à celle de la télévision sur Internet chez les Canadiens anglophones et francophones en 2007 et 2008. Total anglophones : 15,1 heures télévision traditionnelle (2007), 0,3 heure télévision sur Internet (2007), 15,0 heures télévision traditionnelle (2008), 0,3 heure télévision sur Internet (2008); Auditeurs anglophones de télé sur Internet: 12,3 heures, 2,1 heures, 12,3 heures, 1,5 heure; Total francophones : 16,7 heures, 0,1 heure, 16,0 heures, 0,2 heure; Auditeurs francophones de télé sur Internet : 13,3 heures, 1,3 heure, 12,8 heures, 1,2 heure.

Source : MTM 2007 et 2008 (L’ensemble des répondants)

Contrairement à la tendance observée pour le contenu de télévision, le graphique suivant indique que les usagers de certaines plateformes néomédiatiques de distribution de contenu sonore tendent à consommer davantage, et non moins, de contenu provenant des fournisseurs traditionnels. Même si les habitués de l’écoute en continu, autant chez les francophones que chez les anglophones, écoutent moins la radio AM et FM sur un appareil conventionnel que la moyenne des Canadiens, quand on inclut dans le calcul les plateformes des nouveaux médias, les deux groupes linguistiques écoutent en moyenne une heure de plus de radio AM et FM par semaine que la moyenne nationale. Ce phénomène ne s’applique pas aux amateurs de baladodiffusion, chez qui la réduction des heures d’écoute de la radio sur un appareil conventionnel n’est qu’en partie compensée par l’écoute de la radio AM et FM via d’autres sources.

Graphique 4.5.14 Moyenne d’heures d’écoute de radio des Canadiens – Comparaison des heures d’écoute de la radio aux heures passées sur Internet à écouter la radio en mode continu ou à écouter des fichiers balados

Ce graphique donne la moyenne d'heures que consacrent chaque semaine les Canadiens francophones et les Canadiens anglophones à l'écoute de la radio, selon qu'ils l'écoutent sur un appareil radio, en continu ou sous forme de fichiers balados.Total anglophones : 11,9 heures avec appareil radio, 0,7 heure d'écoute en continu, 0 heure d'écoute sur fichiers balados; Auditeurs anglophones en continu : 11,1 heures, 2,6 heures, 0,2 heure heure; Auditeurs anglophones de balados : 10,1 heures, 1,3 heure, 0,5 heure heure; Total francophones : 12,1 heures, 0,6 heure, 0 heure; Auditeurs francophones en continu : 11,2 heures, 2,4 heures, 0,1 heure; Auditeurs francophones de balados : 9,7 heures, 1,5 heure,

Source : MTM 2008 (L’ensemble des répondants)

Indicateurs économiques des nouveaux médias

En plus de modifier les auditoires et le temps passé sur les différentes plateformes, les nouveaux médias ont entraîné d’autres métamorphoses. On observe depuis quelques années un déplacement dans les tendances et les dépenses en publicité.

Le plus grand changement s’observe dans les revenus de publicité sur Internet. Le Bureau de la publicité interactive (IAB) rapporte les informations sur les revenus de la publicité en ligne qui lui sont transmises par le milieu de la mise en marché et celui de la publicité au Canada, et répartit les résultats par catégories.

Graphique 4.5.15 Revenus de publicité en ligne au Canada

Ce graphique donne, pour la publicité canadienne en ligne, les revenus en millions de dollars pour les années 2005 à 2007, répartis par catégories : 2005 : 197 en Recherche, 230 en Affichage, 124 en Annonces classées, 11 en Courriel, 0 en Vidéo; 2006 : 343, 314, 223, 20, 0; 2007 : 478, 432, 305, 17, 9.

Source : IAB Canada
Note : données 2008 non disponibles au moment de la publication

L’IAB a aussi commencé à compiler les données concernant les revenus de publicité sur les appareils mobiles, comme on le voit ci-dessous. La publicité sur appareils mobiles en est encore à ses balbutiements, comme l’atteste le total de 2,7 millions de dollars, à comparer à 1,2 milliard de revenus pour la publicité en ligne.

Graphique 4.5.16 Revenus de publicité des appareils mobiles au Canada

Ce graphique répartit par catégorie de provenance les revenus en publicité canadienne pour la téléphonie mobile (en milliers de dollars), pour 2006 et en 2007. En 2006 : SMS standard :783; SMS enrichi : 18; contenu mobile : 103; publicité mobile (affichage) : 81; applications mobiles : 8; autres : 100. En 2007 : 1996, 84, 219, 140, 121, 103.

Source : IAB Canada
Note : données 2008 nondisponibles au moment de la publication

Une autre facette des nouveaux médias est celle des investissements à l’externe pour développer du contenu destiné aux nouveaux médias. Il existe au Canada de nombreux fonds consacrés à l’élaboration d’un contenu numérique. Le tableau ci-dessous énumère quelques-uns de ces fonds et leur contribution à l’industrie canadienne des nouveaux médias. Les producteurs ont recours à ces fonds pour toute une variété de projets néomédiatiques comme la création de contenu vidéo en ligne, de sites Web ou de jeux interactifs pour enfants, pour ne nommer que ceux-là.

Tableau 4.5.7 Fonds de développement canadiens pour les nouveaux médias  ($ en million)

2005 2006 2007 2008
Fonds de la radiodiffusion et des nouveaux médias de Bell 1 4,1 5,6 8,3 8,4
Fonds des nouveaux médias du Canada de Téléfilm Canada 2 14,1 9,6 14,5 14,5
Fonds de la SODIMO pour les produits multimédias interactifs numériques3     0,9  
Fonds d'innovation Telus du Centre canadien du film 4   0,3 0,3 0,3
Fonds Quebecor 5     3,5 4,6
Contribution totale 18,2 15,5 27,5 27,8

Source: Rapports de chaque groupe sur l’utilisation des fonds

Notes:

  1. Projets de médias interactifs
  2. Subventions d’aide à la production (exercice financier : avril à mars)
  3. Pour l’exercice 2007-2008 seulement. Au cours de l’exercice financier 2008-2009, le fonds a été remanié; le cycle de programmes ayant été repoussé, aucune demande de financement n’a été déposée au cours de cet exercice. La somme de 1,8 millions $ prévue au budget de 2008-2009 sera reportée à l’exercice financier 2009-2010.
  4. Subventions annuelles à trois projets de 100 000 $ chacun
  5. Projections fournies uniquement pour 2007

219 3G ou l'équivalent.  [back]