Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
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6.0 Perspective internationale

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6.2 Le Canada par rapport à d'autres pays

Tarification des services – services individuels et forfaits

Les fournisseurs de services des industries des télécommunications et de la radiodiffusion continuent à offrir leurs principaux services commerciaux et à assembler des services de communications selon des forfaits qui combinent téléphonie vocale fixe, services sans fil mobiles, accès à Internet à haut débit et services de télévision et de vidéo. Le tableau 6.2.1 en compare les prix au Canada et dans quatre autres pays.

Tableau 6.2.1  Tarification dans divers pays (prix moyen en $/mois)

  Canada États-Unis Royaume-Uni France Australie
Filaire          
Usage faible 30 39 35 31 45
Usage moyen 50 71 50 56 87
Usage élevé 62 82 69 67 96
Sans-fil          
Usage faible 33 43 24 25 20
Usage moyen 58 66 45 62 37
Usage élevé 103 133 76 109 93
Large bande          
Usage faible 31 40 n.d. 45 41
Usage moyen 47 58 30 49 64
Usage élevé 60 70 36 48 78
Forfaits          
Services ci-dessus, plus télévision 173 213 134 153 190

Note : Les chiffres sont en dollars canadiens corrigés pour la parité de pouvoir d’achat des différents pays.
Source : Étude comparative des prix effectuée pour le CRTC en avril 2009 par Wall Communications Inc. ; voir le résumé des postulats et des méthodologies à l’annexe 5. 

Comme l’illustre le tableau ci-dessus, les tarifs des services filaires canadiens se comparent avantageusement avec ceux des quatre pays retenus pour cet exercice, notamment les États-Unis et l’Australie. Les tarifs canadiens des services sans fil faiblement utilisés sont inférieurs à ceux des États-Unis, mais supérieurs à ceux des autres pays cités. Les tarifs canadiens correspondant à un usage moyen ou élevé du sans‑fil se situent dans la moyenne du groupe.

S’agissant de la large bande, le marché a évolué vers une offre de services Internet à plus haut débit qui a entraîné une moindre disponibilité des solutions d’accès à faible vitesse ou faible utilisation. Sur le plan tarifaire, le Canada se compare avantageusement dans le cas d’une faible utilisation d’internet à haut débit et se situe dans la médiane pour les offres visant une utilisation moyenne ou élevée. Les vitesses moyennes annoncées dans les différents pays pour les forfaits de grande utilisation sont les suivantes : Canada, 12 Mbps ; États-Unis, 13 Mbps ; Royaume-Uni, 15 Mbps ; France, 19 mbps ; Australie, 25 Mbps. La vitesse canadienne représente la moyenne des offres de services proposées dans des villes en général plus petites que celles qui ont été retenues par les autres pays pour fins de comparaison250.

Au Canada, les prix moyens des forfaits quadruples (filaire, sans fil, Internet et télévision) se situent dans la moyenne internationale des forfaits retenus pour cette étude.  Ceux du quadruple service offert au Canada se comparent très avantageusement avec ceux des États-Unis (le forfait le plus cher des pays étudiés), mais ils sont nettement plus élevés qu’au Royaume-Uni ou en France où les services de télévision numérique de base sont un élément gratuit des forfaits examinés.

Pénétration du service

Parmi les pays représentés dans le graphique 6.2.1, le Canada est celui qui affiche le moins d’abonnements au sans fil mobile pour 100 habitants. Les abonnés au sans fil sont beaucoup moins nombreux en Amérique du Nord (en proportion de la population) qu’en Europe où les pays membres de l’Union européenne (UE) continuent à afficher des taux de pénétration très élevés251. Dans les pays qui comptent un nombre relativement moindre de connexions mobiles pour 100 habitants (Canada, Japon, États-Unis et France), la majorité des abonnements sont des comptes post-payés, ce qui veut dire que la propriété d’abonnements multiples est moins importante que dans les pays où la formule prépayée prédomine.

Avec une proportion de 64 %, le Canada affiche la plus forte proportion de foyers à avoir adopté les connexions à la large bande. Viennent ensuite les États-Unis (62 %) et le Royaume-Uni (60 %). Le nombre moins élevé de connexions par foyer à la large bande et les multiples connexions mobiles par habitant dans des pays tels que l’Allemagne ou l’Italie reflètent sans doute la tendance des consommateurs à accéder à l’internet par leurs cellulaires.

Graphique 6.2.1 Taux de pénétration de divers pays (2007)

Ce graphique groupé démontre les taux de pénétration dans divers pays en 2006. Connexions mobiles pour 100 habitants : Canada 62, États-Unis 85, Royaume-Uni 121, France 87, Allemagne 118, Italie 154, Japon 79; Connexions large bande pour 100 foyers : Canada 64, États-Unis 62, Royaume-Uni 60, France 58, Allemagne 50, Italie 41, Japon 57.

Source : Rapport de l'Ofcom sur le marché international des communications 2008

Revenus des télécommunications mondiales

Avec des revenus de plus de 1,4 trilliard de dollars en 2007, la valeur du marché mondial des services de télécommunications affiche une croissance annuelle moyenne de 6,6 % pour la période de quatre ans se terminant en décembre 2007. Le taux de croissance de toutes les régions du monde augmente constamment au fil des années, et la croissance mondiale des revenus a atteint 7,5 % en 2007. Les grands marchés émergents de la zone Asie-Pacifique (surtout la Chine et l’Inde) comptent pour la plus grande partie de cette croissance ainsi que les pays émergents des autres régions du monde (Amérique latine, Afrique et Moyen-Orient).

Cette croissance a surtout été alimentée par l’expansion de la clientèle dans le secteur du sans-fil – à l’échelle mondiale, le nombre d’abonnés au mobile a dépassé celui des lignes fixes en 2002. Fin 2007, le secteur du sans-fil affichait plus de 3,3 milliards d’abonnés dans le monde, soit 2,7 fois le nombre de lignes fixes252.

Graphique 6.2.2  Revenus des services de télécommunication par région géographique

Ce graphique démontre les revenus, en milliards de dollars, des services de télécommunication en 2004, 2005, 2006 et 2007 dans Amérique du nord (322, 346, 356, 378), Europe (402, 422, 440, 459), Asie-Pacifique (316, 333, 358, 388) et autre régions (129, 149, 177, 207)

Source : IDATE, Digiworld Yearbook 2008

Tableau 6.2.2  Revenus mondiaux des télécommunications (en milliards $)

  2004 2005 2006 2007 Croissance
2006-2007
TCAC
2004-2007
Amérique du Nord 332 346 356 378 5,9 % 4,4 %
Europe 402 422 440 459 4,4 % 4,5 %
Asie-Pacifique 316 333 358 388 8,3 % 7,0 %
Autres régions 129 149 177 207 16,4 % 16,9 %
Total   1 180 1 251 1 331 1 431 7,5 % 6,6 %

Note : Les dollars canadiens ont été convertis à partir d’euros sur la base des taux de change de l’OCDE corrigés pour la parité de pouvoir d’achat par produit intérieur brut (PIB).
Source : IDATE, Digiworld Yearbook 2008

Le sans-fil

Comme l’illustre le tableau 6.2.3, le nombre d’abonnements au sans-fil n’a cessé de croître même si le taux de croissance se stabilise dans la plupart des pays les plus industrialisés. Il a augmenté de 9,4 % en 2007 parmi les pays observés comparativement à un taux de croissance annuel de 11,6 % pour la période de quatre ans se terminant en 2007. Les États-Unis mènent le bal de la croissance annuelle de ce type d’abonnement pour ces quatre années et continuent à afficher une forte croissance en 2007. L’Allemagne a connu une poussée de croissance soudaine en 2007 par rapport à sa croissance annuelle sur cette période de quatre ans. Durant cette même période, au Japon et dans une moindre mesure, en France, la croissance sur douze mois et le taux de croissance annuel se sont nivelés, signe de la maturation de leur marché.

Tableau 6.2.3  Nombre d’abonnés au sans-fil, par pays (millions)

  2003 2004 2005 2006 2007 Croissance TCAC
2006-2007 2003-2007
États-Unis 139 176 208 233 257 10,2 % 16,6 %
Italie 57 63 72 81 90 11,6 % 12,2 %
Canada 13 15 17 19 20  8,6 % 11,2 %
Allemagne 65 71 79 85 97 13,8 % 10,7 %
Royaume-Uni 53 60 65 70 74  5,3 % 8,6 %
France 42 45 48 52 55  7,4 % 7,3 %
Japon 80 86 90 95 101  5,9 % 5,9 %
Total 448 514 579 634 693  9,4 % 11,6 %

Source : Rapport de l’Ofcom sur le marché international des communications 2008

Les ventes mondiales de téléphones cellulaires ont atteint un nombre de 1,14 milliard d'unités en 2007, soit 16 % de plus qu’en 2006 et 36 % de plus qu’en 2005. De ce nombre, les ventes de modèles 3G ou « téléphones intelligents » ont été de 167 millions en 2007, soit 15 % des ventes mondiales de cellulaires et le double par rapport à 2006. Sur le plan géographique, les marchés de l’Asie et du Pacifique ont accaparé 45 % du volume de ventes mondial ; l’Europe de l’Ouest, 14 % ; l’Amérique du Nord, 13 %. En Amérique du Nord et en Europe, plus de 90 % des ventes visaient le remplacement d’anciens modèles, généralement par des modèles plus perfectionnés. Malgré la croissance des modèles à bas prix (moins de 30 $US), le prix de vente tournait autour de 170 $US en Amérique du Nord, un nombre bien supérieur à la moyenne de 110 $US de 2007253. Au Canada, la pénétration des téléphones intelligents a presque doublé en 2008, passant de 12 % à 21 %. Cette augmentation s’inscrit dans la tendance mondiale254.

Tableau 6.2.4  Indicateurs de l’industrie du sans-fil (2007)

  Taux de pénétration du sans-fil
(abonnés/
population)
Nombre de fournisseurs (dotés d’installations) Part de marché des deux plus importants
 (en revenus)
Croissance du RMPU
(2006-2007)
Canada 61 % 3 68 % 4,7 %
Japon 82 % 3 78 % -5,3 %
États-Unis 84 % 4 53 % 0,5 %
France 87 % 3 78 % -3,6 %
Australie 104 % 4 75 % 1,9 %
Allemagne 118 % 4 72 % -12,7 %
Royaume-Uni 122 % 5 50 % 2,6 %
Italie 151 % 4 74 % -11,4 %

Source : Merrill Lynch, Global Wireless Matrix 1Q08

Comme l’illustre le tableau 6.2.4, la croissance du RMPU du sans-fil a fléchi en 2007 en Allemagne, en Italie, au Japon et en France par rapport à 2006. Relativement faible aux États-Unis, elle a affiché des hausses variables en Australie, au Royaume-Uni et au Canada.

Comme l’indique le graphique 6.2.3, le RMPU du sans-fil de 58 $ en 2007 a été légèrement plus élevé que celui de 56 $ des États-Unis et du Japon. En 2007, l’utilisation du mobile a été relativement moins chère en Allemagne, en Italie, en Australie et au Royaume-Uni, et ces bas prix ont probablement été le moteur des taux de pénétration plus élevés du mobile dans ces pays. La part des revenus du secteur du mobile dans ces données a augmenté dans tous les pays inscrits au tableau 6.2.3. Cette hausse repose sur la popularité constante des messages textes et sur la croissance des services mobiles à haut débit annoncés comme une solution rapide et mobile d’accès à Internet. La hausse soudaine de la pénétration des téléphones intelligents, solidement propulsée par le téléphone multimédias, a catalysé les dépenses du sans-fil.

Graphique 6.2.3  RMPU du sans-fil – Revenus mensuels du sans-fil avec données (2007)

Ce graphique illustre le pourcentage du RMPU des services mobiles par pays, y compris la part des données, par rapport aux revenus de 2007 : Canada (58, 12   %),  États-Unis  56, 17   %, Japon (56, 33   %), France (50,  15   %),  Royaume-Uni  (49, 26   %), Australie   (43, 25   %), Italie  (32, 21   %),  Allemagne  (27, 22 %).

Source : Merrill Lynch, Global Wireless Matrix 1Q08

Connexions à la large bande

La hausse spectaculaire du nombre de connexions à large bande des dernières années se reflète dans la croissance moyenne annuelle de 35,3 % pour la période de quatre ans se terminant en décembre 2007 pour les pays observés dans le tableau 6.2.5. Cela, même si cette croissance ralentit sur douze mois à mesure de l’abandon mondial de l’accès à Internet par ligne commutée au profit de l’accès à haut débit. Le ralentissement de la hausse du nombre de connexions à large bande des dernières années par rapport à la croissance sur cette période de quatre ans est sans doute lié au plus grand nombre de consommateurs qui utilisent une connexion mobile plutôt qu’une connexion fixe à large bande. Avec une croissance sur douze mois de 9,7 % en 2007 (la plus faible parmi les pays observés), le Japon montre des signes de maturation dans un marché national généralement décrit comme celui des premiers consommateurs à adopter la technologie.

Tableau 6.2.5  Connexions à large bande par pays (en millions)

  2003 2004 2005 2006 2007 Croissance
2006-2007
TCAC
2003-2007
Royaume-Uni 3,1 6,1 9,9 13,0 15,6 20,0 % 49,8 %
Allemagne 4,6 7,0 10,7 14.7 19,6 33,3 % 43,7 %
France 3,7 6,8 9,4 12.7 15,6 22,8 % 43,3 %
Italie 2,5 4,7 7,0 8.6 9,9 15,1 % 41,1 %
États-Unis 18,3 35,6 47,1 56.8 71,2 25,4 % 40,4 %
Japon 13,6 18,6 22,4 25.8 28,3 9,7 % 20,1 %
Canada 4,5 5,4 6,4 7.5 8,4 12,0 % 16,9 %
Total 50,3 84,2 112,9 139.1 168,6 21,2 % 35,3 %

Source : Rapport de l’Ofcom sur le marché international des communications 2008

Largeur de bande/débits de la large bande

La demande de large bande et de hauts débits suit la hausse des téléchargements de vidéos et de pièces musicales et la croissance rapide de l’utilisation en ligne d’appareils fixes et mobiles. La technologie filaire continue à dominer la distribution de large bande dans le monde entier et les connexions Internet à haute vitesse se font surtout par fils de cuivre, par câbles coaxiaux ou par fibre optique. Au total, seulement 2 % des abonnés ont un service à large bande par satellite ou sans fil fixe. Souvent, ces utilisateurs habitent des régions rurales, éloignées ou difficiles d'accès.

En 2007, la technologie LAN a permis à plus de 228 millions d’utilisateurs (soit 65 % environ des 350 millions d’abonnés à la large bande de la planète) d’accéder à Internet. La technologie du modem câble a été utilisée par quelque 77 millions d’utilisateurs, soit 22 % des abonnés à la large bande du monde. Quant à la fibre optique, elle a été utilisée par quelque 38 millions d’utilisateurs, ce qui représente 11 % des connexions à la large bande. Le réseau de fibre optique jusqu’au foyer est l’étalon-or de l’infrastructure de la large bande, celui qui offre les plus grandes vitesses sans facteurs de dégradation des performances (p. ex. distance par rapport à une station de commutation, comme pour la LAN ; nombre de foyers à partager un signal, comme pour les voisinages câblés). Les compagnies de téléphone titulaires et les exploitants du câble mettent actuellement leurs réseaux à niveau en rapprochant leurs réseaux par fibre des consommateurs. Toutefois, comme l’illustre le graphique 6.2.4, les vitesses de la LAN, même avec de la fibre jusqu’au nœud, sont dépassées par les offres du câble.

Graphique 6.2.4  Abonnés à la large bande, par technologie d’accès, pays de l’OCDE

 Ce graphique illustre  le nombre approximatif d'abonnés  à la large bande selon la technologie d'accès dans les pays de l'OCDE pour 2006, 2007 et 2008 (en millions): LAN (124, 145, 160), modem câble (59, 68, 76), fibre  optique (13, 20, 26),  autre  (3, 4, 5).

Source : portail des statistiques de l’OCDE, www.OECD.org

Graphique 6.2.5  Débits de la large bande par technologie d’accès, pays de l’OCDE

Ce graphique illustre les débits de la large bande selon la technologie d'accès dans les pays de l'OCDE : LAN (6, 9,3, 11,5); modem câble (6, 11, 15); fibre optique (s/o, 77, 66); sans fil fixe (s/o, 1.8, 3.0)

Source : Enquête de septembre 2008 sur 613 offres de large bande dans tous les pays de l’OCDE

En 2006, les vitesses du câble annoncées étaient presque identiques à celles de la LAN : 6 Mbps. En 2008, la vitesse moyenne annoncée du câble avait plus que doublé. La vitesse moyenne annoncée de la fibre a diminué en 2008 ; les exploitants introduisent de nouvelles offres bas de gamme à des vitesses inférieures à 100 Mbps.

Les internautes britanniques ont l’un des accès à la large bande les plus lents des pays développés avec des débits moyens de seulement 3 à 4 Mbps. En Grande-Bretagne, cette question est devenue un enjeu concurrentiel féroce entre les différents FSI à l’heure où les consommateurs utilisent de plus en plus d’applications gourmandes en bande passante, dont le téléphone multimédia (un service de rattrapage de télévision de la BBC). Virgin Media, qui rejoint par son propre réseau de fibre optique la moitié des foyers britanniques utilisant une technologie par câble, a annoncé le déploiement de la large bande à 50 Mbps pour la fin de 2007. Tous les autres fournisseurs de large bande doivent utiliser les fils de cuivre de la titulaire (British Telecom) pour offrir un accès à l’Internet. À cause des limites de distance de la technologie de la LAN, British Telecom ne peut pas offrir de débits supérieurs à 8 Mbps.

Aux États-Unis, les débits de la large bande par câble s’accélèrent. En 2008, elles ont dans l’ensemble atteint 10 à 15 Mbps et, dans certains marchés, 50 Mbps par rapport à une moyenne de 3 Mbps en 2004. Les compagnies de téléphone régionales Verizon Communications, Inc. et, dans une moindre mesure, AT&T Inc. et Qwest Communications International Inc., continuent à installer la fibre jusqu’au foyer, permettant aux exploitants d’offrir à leurs abonnés l’accès à Internet et des services de téléphonie et de télévision par des réseaux de fibre optique. Trente-sept millions de foyers américains devraient avoir accès à la fibre en 2009, et cette estimation devrait doubler à 76 millions en 2015255.

Le Canada compte relativement peu de foyers desservis par fibre optique. L’accès à la large bande est principalement réparti entre le câble et la LAN. Ces dernières années, les FST titulaires filaires ont cédé du terrain face aux exploitants du câble. En 2008, la part de l’ensemble des abonnés à la large bande du secteur résidentiel était de 39,5 % pour la LAN et de 55,0 % pour le câble, comparativement à 40,7 % et 54,7 % respectivement en 2007.

Expansion du réseau de la large bande

La large bande est l’une des percées les plus déterminantes des technologies de communication des dernières années. Elle a révolutionné la façon de chacun de travailler, de communiquer, d’accéder à l’information et de consommer des services médias. Les exploitants offrent des services toujours plus rapides tandis que les consommateurs utilisent de plus en plus les applications et services en ligne que ces débits peuvent accepter. Les « super-débits » qui pourront accepter ces services exigeront d’investir dans l’infrastructure concrète et dans les nouvelles technologies pour créer des réseaux d’« accès de prochaine génération » (APG).

Beaucoup de pays ont créé des programmes visant à offrir à tous leurs citoyens un accès abordable à la large bande. Les projets publics peuvent étendre les avantages de la large bande à des régions mal desservies ou non desservies qui seraient autrement lésées de ne pas avoir cette connectivité qui favorise la capacité concurrentielle des entreprises et offre aux utilisateurs finaux l’accès à des services Internet à haut débit. L’importance de l’aide gouvernementale se reflète dans de nombreuses situations, par exemple lorsque la société a tout à gagner de l’installation des réseaux de prochaine génération mais que les perspectives d’une analyse de rentabilité de financement d’investisseurs privés sont plutôt sombres. Les gouvernements qui subventionnent des réseaux dans des marchés conditionnent souvent leur intervention à un « accès libre » au réseau – soit une entente par laquelle les fournisseurs de réseaux offrent à tous les participants du marché une capacité ou un accès en vertu des mêmes modalités.

En 2008, la France a adopté une loi qui institue la notion de partage d’accès : tous les exploitants ont accès au « dernier kilomètre » d’installation des réseaux titulaires. Les mesures qui sous-tendent l’objectif français de 4 millions d’abonnés à la large bande APG en 2012 sont notamment le partage des canalisations afin de réduire les coûts de génie civil et l’installation de la fibre pour tous les nouveaux travaux de construction. La France a enchaîné avec son plan « Numérique 2012 » (20 octobre 2008) qui prévoit que « chaque Français, où qu’il habite, bénéficiera avant 2010 d’un droit d’accès Internet haut débit à un tarif abordable, de l’ordre de 35 euros par mois, équipements d’accès inclus ».

En Suisse, la compagnie titulaire Swisscom a annoncé en 2008 la mise en place d’un plan national d’installation de réseaux en fibre optique de 5 milliards d’euros. Elle a ensuite soumis à la Commission fédérale de la communication (ComCom) une proposition visant à obtenir la collaboration des fournisseurs de fibre optique jusqu’au foyer qui passerait par un partage des canalisations et par une utilisation commune de la fibre.

Au Royaume-Uni, le rapport de Digital Britain propose une obligation de service universel afin d’offrir la large bande à des débits d’au moins 2 Mbps à presque tous les foyers.

Dans le sillage d’une crise financière et d’un ralentissement économique mondial, bien des pays soumettent des plans de relance des dépenses pour stimuler la croissance économique. L’une des stratégies communes serait vraisemblablement la hausse des investissements dans la distribution de l’Internet à haut débit, notamment des mesures visant à élargir l’accès à la large bande et à améliorer les vitesses de connexion.

Au Canada, le Plan d’action économique présenté en janvier 2009 par le gouvernement fédéral prévoit des dépenses de 225 millions de dollars sur une période de trois ans pour étendre l’accès aux services à haut débit à toutes les collectivités non desservies. Les gouvernements provinciaux se démènent pour élargir l’accès aux services Internet à haut débit à toute la population canadienne.

En avril 2009, le gouvernement australien a annoncé qu’il créerait une entreprise publique qui investirait jusqu’à 43 milliards de dollars australiens sur huit ans dans la construction et la mise en œuvre d’un réseau national à haut débit avec accès libre. Le nouveau réseau en fibre devrait permettre des débits pouvant atteindre 100 mpbs et rejoindre 90 % des foyers, des écoles et des lieux de travail de ce pays, tandis que les régions rurales les plus éloignées auraient accès à des technologies par satellite et sans fil de prochaine génération qui pourraient atteindre des vitesses de 12 Mbps ou plus.

Dans le contexte de son Plan européen pour la relance économique, la Commission européenne a annoncé son intention d’arriver à une couverture totale de l’Internet à haut débit d’ici 2010 dans les 27 États membres de l’UE. La Commission européenne affectera un milliard d’euros à ces investissements dans les réseaux, un montant qui s’ajoutera aux investissements privés et aux divers plans nationaux des différents pays européens.

Aux États-Unis, le plan de relance économique adopté au début de 2009 a prévu d’injecter 7,2 milliards $US dans des projets destinés à offrir la plus grande vitesse possible de bande passante au plus grand nombre possible d’utilisateurs. Priorité serait accordée à l’installation de la large bande dans les régions non ou mal desservies.

Les États-Unis et la Suisse ont admis que la large bande était un service d’accès universel; la Commission européenne et les gouvernements australien, indien, japonais, malaisien et suédois ont aussi établi des objectifs d’accès universel à la large bande.

La large bande mobile

L’utilisation du Web mobile a explosé – au Japon, un utilisateur sur cinq affirme qu’il utilise dorénavant son cellulaire plutôt que son ordinateur pour naviguer sur le Web. Soucieux de s’adapter à la plus forte demande de large bande mobile, les fournisseurs de services sans fil du monde entier ont entrepris des mises à niveaux coûteuses de réseaux et, négociant souvent avec leurs concurrents un partage des coûts des technologies, d'ingénierie et de maintenance. Au Canada, Bell Canada et la STC se sont engagées à créer ensemble un réseau superposé sans fil HSPA256 de prochaine génération. Au Royaume-Uni, les exploitants du mobile Vodaphone UK et Orange UK ont annoncé en mars 2009 un plan d’intégration de leurs réseaux 3G afin de profiter d’un partage des coûts. Leurs concurrents du sans-fil, T-Mobile UK et 3 UK, ont signé une entente semblable de coentreprise en 2008.

Radiodiffusion – Industrie de la radio

Tableau 6.2.6  Indicateurs de l’industrie de la radio (2007)

  Total des revenus de l’industrie de la radio (en milliards $) Revenus par habitant
 (en dollars)
Nombre de stations autorisées Minutes d’écoute par jour par personne
Canada 1,81 56 1 252 157
États-Unis 22,78 75 14 124 159
Royaume-Uni 2,71 45 510 177
France 2,31 37 886 171
Allemagne 4,96 60 278 186
Italie 2,07 32 202 180
Japon 3,62 28 368 128
Australie 1,15 55 670 148

Source : Rapport de l’Ofcom sur le marché international des communications 2008; enquête de 2007 de Commercial Radio Australia

Radiodiffusion – Industrie de la télévision

Tableau 6.2.7  Indicateurs de l’industrie de la télévision (2007)

  Total des revenus de l’industrie de la télévision
(en milliards $)
Revenus
par habitant
(en dollars)
Principales plateformes *
(% de téléviseurs
au foyer)
Minutes d’écoute
par jour
par personne
Canada 9,53 290 cabA (35 %) 223
États-Unis 143,21 475 cabN (33 %) 272
Royaume-Uni 22,45 370 TTN (37 %) 218
France 14,98 234 TTN (29 %) 207
Allemagne 19,93 243 cabA (50 %) 208
Italie 13,60 234 TTA (40 %) 230
Japon 38,06 299 satN (36 %) 240
Australie 4,42 210 TTN (42 %) 181

*Plateformes : TTA = télévision terrestre analogique, c.-à-d. traditionnelle en direct ; TTN = télévision terrestre numérique ; cabA = câble analogique ; cabN = câble numérique ; satN = satellite numérique
Source :  Rapport de l’Ofcom sur le marché international des communications 2008 ; Australian Communications and Media Authority, résultats financiers de radiodiffusion 2006-2007, rapport des communications 2007-2008 et rapport annuel 2007-2008 ; données de l’industrie

Les plateformes préférées des consommateurs varient selon les pays et les progrès historiques de leurs industries télévisuelles. Le câble est le mode de réception le plus populaire au Canada, aux États-Unis et en Allemagne. Le service terrestre numérique (reçu sur un boîtier numérique qui décode le signal en direct récupéré par une antenne) a plus d’adeptes que n’importe quelle autre plateforme au Royaume-Uni, en France et en Australie, et le service terrestre analogique est le choix le plus courant en Italie. Au Japon, la plateforme la plus utilisée est le satellite. Malgré leur portée et leur popularité croissantes, les services de TVPI (signaux de télévision distribués par protocole internet) ne sont pas encore largement disponibles dans toutes les régions des pays observés. En 2007, la France a notamment affiché une hausse du taux de pénétration de TVPI de 6 % par rapport à une augmentation de part de marché de moins de 1 % pour les autres pays étudiés257.

Passage à la télévision numérique

La télédiffusion de signaux numériques en direct continue à remplacer la technologie analogique ; les dates prévoyant la fin de l’analogique varient selon les pays, comme l’illustre le graphique 6.2.6.

Graphique 6.2.6 Passage complet à la télévision numérique

Ce diagramme démontre les échéancier du passage à la télévision numérique de divers pays : 2006: Pays-Bas, Luxembourg; 2007: Finlande, Suède, Suisse; 2009: États-Unis, 2010 : Allemagne, Espagne; 2011: Canada, Japon, France; 2012: Royaume-Uni, Irlande, Italie; 2013: Australie.

Source : données de l’industrie

L’utilisation des fréquences du spectre explique la plus grande efficacité de la radiodiffusion numérique par rapport à l’analogique. Avec la télévision numérique, toutes les chaînes sont reçues sur moins du quart du spectre original utilisé – ce qui crée une notion de « dividende numérique » qui croît à mesure de la disparition de l’analogique. Le numérique permet aussi aux télédiffuseurs de fournir des émissions en haute définition ou d’utiliser un seul canal pour un multiplexage multicanal et d’offrir d’autres services tels que le multimédia ou l’interactivité.

À l’échelle internationale, 29 % des 1,2 milliard de foyers qui ont la télévision devaient recevoir des signaux numériques à la fin de 2008. À la fin de 2013, c’est la moitié de ces foyers (636 millions sur une estimation globale de 1,3 milliard) devraient recevoir les signaux numériques258.

Tableau 6.2.8  Foyers recevant des signaux numériques (2007)

  Abonnés au numérique
(en milliers)
Nombre de foyers ayant la télévision
(en milliers)
Part du numérique dans les foyers
ayant la télévision
Croissance des abonnés au numérique
(2007/2006)
Royaume-Uni 21 116 25 552 83 % 12,7 %
France 17 574 22 582 78 % 40,7 %
États-Unis 79 149 112 681 70 % 17,0 %
Canada 6 928 13 026 53 % 15,0 %
Australie 3 985 7 591 53 % 12,3 %
Italie 9 375 21 430 44 % 21,0 %
Japon 15 122 43 888 35 % 30,6 %
Allemagne 11 265 35 055 32 % 28,8 %

Source : TV International, 19 septembre 2008 et 3 octobre 2008

Aux États-Unis, la Federal Communications Commission (FCC) a approuvé en novembre 2008 l’utilisation d’appareils sans fil dans des « espaces blancs » sans obligation de licence de spectre. Les espaces blancs sont ces espaces inutilisés entre les chaînes de télévision à ondes décimétriques (UHF) qui ne seront plus nécessaires après le passage au numérique. Les signaux sans fil de cette bande de fréquence ont une aire de rayonnement supérieure aux signaux qui utilisent la WiFi et à d’autres technologies de spectre non autorisé actuellement disponibles. La disponibilité de ce nouveau spectre non réglementé d'espaces blancs devrait créer des nouvelles technologies et de nouveaux appareils et apporter une connectivité sans fil ultra-rapide au grand public.

La télévision à haute définition (TVHD) est aussi prête à être adoptée par le grand public. Les prix des boîtiers de décodage et des téléviseurs HD ont considérablement baissé ces dernières années. Beaucoup de télédiffuseurs nationaux en direct lancent des services HD qui stimulent d’autant leur taux de pénétration. En 2007, il y avait 25,7 millions de foyers TVHD actifs259. Les États-Unis sont le pays qui affiche le plus grand nombre d’heures d’écoute.

Tableau 6.2.9  Pénétration de la TVHD, par pays (2007)

  Nombre de foyers TVHD actifs
(en milliers)
Proportion TVHD des foyers recevant des signaux numériques
États-Unis 1 ,991 23 %
Japon 3 982 26 %
Canada 1 428 21 %
Royaume-Uni 604 3 %
France 462 3 %
Italie 143 2 %
Australie 122 3 %
Allemagne 77 1 %

Source : TV International, 24 février 2009


250 L'annexe 5 énumère les villes et les fournisseurs de services analysés.  [back]
251 Des taux de pénétration des services mobiles supérieurs à 100 % signifient que de nombreux consommateurs européens ont plus d'un compte actif en raison des multiples cartes SIM (Subscriber Identity Module) qu'ils échangent sur les cellulaires du réseau GSM (Global System for Mobile Communications). À l'inverse, la plupart des cellulaires utilisés au Canada, aux É.-U. et au Japon utilisent le protocole AMRC (Accès multiple par répartition en code) : l'identité de l'utilisateur est liée au téléphone plutôt qu'à une carte SIM pour empêcher cette pratique.  [back]
252 Source : TeleGeography 2008  [back]
253 Source : IDATE Digiworld Yearbook 2008  [back]
254 Source : TNS Canadian Facts, 9 avril 2009  [back]
255 Source : prévisions de BuddeComm à l'égard des télécoms, du sans-fil et de la large bande aux É.-U. (février 2009)  [back]
256 HSPA (high speed packet access) est une technologie de prochaine génération pour la téléphonie mobile qui permet de naviguer sur le Web à haute vitesse et qui accepte les applications telles que le clavardage et la télévision en direct.  [back]
257 Source : Rapport de l'Ofcom sur le marché international des communications 2008, pp. 171, 174  [back]
258 Source : TV International, 19 septembre 2008  [back]
259 Les foyers « actifs » sont les foyers où l'on regarde effectivement des canaux HD. L'achat d'un téléviseur prêt pour la HD ne signifie pas nécessairement que les foyers reçoivent des émissions HD. Bien que le nombre de foyers disposant d'un téléviseur prêt pour la HD devrait atteindre le chiffre de 157 millions à la fin de 2009, seulement 42 % d'entre eux devraient s'abonner à des canaux HD.  [back]