Rapport de surveillance des communications 2014

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ISSN 2290-7874

Table des matières

Remerciements

Le Conseil souhaite remercier de leur aide tous les organismes qui ont rempli les formulaires de Collecte de données du CRTC sans qui ce rapport n’aurait jamais vu le jour. Le Conseil tient aussi à remercier Industrie Canada pour l’analyse de la mise en œuvre de la bande passante dans le contexte des collectivités rurales du Canada; Statistique Canada pour les diverses données supplémentaires utilisées dans ce rapport; Numeris (anciennement connu sous le nom de Sondages BBM) pour les cotes d’écoute; BBM Analytique pour l’observateur de technologies médias (OTM); et Mediastats.

Le Conseil invite les parties intéressées à envoyer les commentaires destinés à améliorer ou compléter de futures parutions de ce rapport par courrier, à l’attention du Secrétaire général, CRTC (Ottawa) K1A 0N2.

Message du président

J’ai le plaisir de vous présenter le Rapport de surveillance des communications, édition de 2014, qui dresse un excellent portrait du secteur des communications au Canada.

Les données contenues dans les pages qui suivent nous éclairent sur la façon dont les Canadiennes et les Canadiens utilisent les services de communication et sur l’état de la concurrence dans des domaines clés, comme la prestation des services sans fil. Les foyers canadiens dépensent en moyenne 191 $ par mois en services de communication (télévision, téléphonie résidentielle, services sans fil et Internet). Ils entretiennent des attentes différentes envers les services pour lesquels ils paient, tandis que l’indice des prix à la consommation continue d’augmenter et que de nouveaux produits et services arrivent sur le marché.

Le présent rapport se veut un indicateur utile des tendances émergentes et des enjeux dans le secteur des communications. Le CRTC consulte régulièrement la population et l’industrie dans les efforts qu’il déploie pour que les Canadiennes et les Canadiens — considérés en tant que citoyens, créateurs et consommateurs — demeurent au cœur d’un système de communication de classe mondiale dont ils doivent pouvoir bénéficier. Tous les participants au système de communication sont invités à s’appuyer sur les informations contenues dans ce rapport pour contribuer à nos instances publiques.

Plusieurs changements ont été effectués dans l’édition de cette année du Rapport de surveillance des communications afin d’en faciliter la lecture. Pour la première fois, la section sur les télécommunications présente des données séparées pour le marché des services de détail et celui des services de gros, et certains tableaux, graphiques et figures sont accompagnés d’explications utiles. Les données sur la tarification des services de communication sont ventilées entre les principaux centres urbains et les régions rurales, en sorte de faciliter l’analyse des effets de la concurrence sur les prix.

Nous apprécions les réactions de nos lecteurs, et je les invite à nous faire part de leurs réflexions et suggestions pour nous aider à améliorer les prochaines éditions.

Jean-Pierre Blais

Président et premier dirigeant

Sommaire

Le Rapport de surveillance des communications renferme une abondance de renseignements sur le rendement des différents secteurs du marché des services de communication au Canada ainsi que des données financières les concernant en vue de favoriser un débat public ouvert et éclairé sur les politiques et les questions réglementaires en matière de radiodiffusion et de télécommunications. Le CRTC invite les Canadiens à se servir de ce rapport pour améliorer leur participation au processus réglementaire.

Les Canadiens au cœur de leur système de communication

Le système de communication, constitué de la radiodiffusion et des télécommunications, représente un élément important dans la vie de tous les Canadiens. Il est un moyen, pour eux — considérés en tant que consommateurs, citoyens et créateurs — de participer à la vie économique, culturelle et sociale de leur pays. En 2013, les dépenses des ménages canadiens en services de communication ont augmenté de 3,2 %, pour passer de 185 $ à 191 $ par mois. Cette augmentation est générale, sauf dans le cas des services téléphoniques de résidence pour lesquels les dépenses ont diminué de 5,8 %, pour passer de 34,86 $ à 32,85 $.

Au sujet des dépenses en services de communication, on constate que les Canadiens dépensent plus dans les services sans fil mobiles (36 %), puis dans les services de télévision de résidence (28 %), dans les services Internet (19 %) et, enfin, dans les services téléphoniques de résidence (17 %).

En 2013, le ménage canadien moyen était en mesure de mener de front quatre ou cinq activités de communication. Par exemple, il aurait pu tenir une conversation grâce aux services téléphoniques de résidence, regarder le petit écran grâce à son abonnement à un service de télévision, naviguer sur le Web grâce à sa connexion Internet haute vitesse et utiliser son appareil sans fil mobile.

Guidé par son mandat législatif, le CRTC veille à ce que les Canadiens aient accès à un système de communication de classe mondiale. Cet objectif global repose sur les trois piliers du Conseil : créer, brancher et protéger.

Créer

En 2012-2013, le secteur de la radiodiffusion canadienne a investi 3,2 milliards de dollars en contenu canadien, soit 5,5 % de moins que l’année de radiodiffusion précédente.

Les radiodiffuseurs commerciaux ont investi plus de 52 millions de dollars dans le développement du contenu canadien, ce qui équivaut à une diminution de 5 % par rapport à l’année de radiodiffusion précédente et à 3,2 cents pour chaque dollar du chiffre d’affaires global des radiodiffuseurs.

Les télédiffuseurs ont dépensé 2,7 milliards de dollars en programmation canadienne, soit 66 % de toutes leurs dépenses de programmation; une diminution de 5,5 % par rapport à l’année précédente. La production et l’achat d’émissions a été le plus gros poste de dépenses des télédiffuseurs, soit 62 cents pour chaque dollar de leur chiffre d’affaires.

En 2012-2013, les entreprises canadiennes de distribution par câble et par satellite ont consacré 5 % de leurs revenus d’abonnements à la création et à la production d’émissions canadiennes. De ce total, 46 % ont abouti dans le Fonds des médias du Canada, 27 % dans les canaux communautaires par câble et d’autres sources d’expression locale, 16 % dans le Fonds pour l’amélioration de la programmation locale et 11 % dans des fonds indépendants.

En 2012-2013, les téléspectateurs canadiens de langue anglaise ont consacré plus de temps à regarder des émissions canadiennes et ont réduit de 1,1 % le temps consacré à la programmation non canadienne; au final, le nombre global d’heures d’écoute a diminué de 1,1 %.

Dans les marchés de langue française, le nombre d’heures de visionnement des services de télévision canadiens a augmenté de 0,3 % et le nombre d’heures de visionnement des émissions non canadiennes a diminué de 2,7 %, ce qui signifie une augmentation globale du nombre global d’heures d’écoute de 2,5 %.

Le nombre moyen d’heures de visionnement des émissions canadiennes, dans le cas des services de langue anglaise et exclusion faite du marché francophone du Québec, a diminué pour passer de 43,8 % en 2011-2012 à 43,4 % en 2012-2013, tandis que le visionnement des services de langue française sur le marché francophone du Québec a reculé de 63,2 % à 61,4 %.

Brancher

Les Canadiens disposent de moyens multiples pour accéder à du contenu et se connecter avec d’autres personnes au Canada et ailleurs dans le monde. En 2013, 85 % des foyers canadiens étaient inscrits à un service de télévision par satellite ou par câble, soit un recul de 86 % par rapport à l’année précédente, et 79 % d’entre eux étaient abonnés aux services Internet haute vitesse, soit une augmentation de 78 % par rapport à 2012. En 2013, 83 % des Canadiens de 18 ans et plus possédaient un téléphone cellulaire, 62 % avaient un téléphone intelligent et 39 % utilisaient des tablettes pour communiquer.

Données sur les abonnements des ménages

Les données sur les abonnements des ménages proviennent de l’Enquête sur les dépenses des ménages effectuée annuellement par Statistique Canada. Les données de 2012 étaient les plus récentes disponibles au moment de la préparation du présent rapport.

En 2012, le nombre de ménages canadiens abonnés à des services filaires ou sans fil a légèrement diminué pour passer de 99,3 % à 99,2 %. On constate cependant que les ménages dépendent progressivement plus des services sans fil, comme le démontre le fait que le nombre de ménages abonnés aux services locaux filaires a diminué de 3 %, puisqu’il est passé de 86,5 % en 2011 à 83,5 % en 2012, tandis que le nombre d’abonnés aux services sans fil a augmenté de 2 % durant la même période, passant de 79,4 % à 81,4 %. Cette dépendance accrue envers les services sans fil était plus prononcée chez les ménages avec un revenu annuel inférieur à 28 000 $. Le pourcentage de ces ménages abonnés aux services filaires a diminué de 1,4 %, de 76 % en 2011 à 74,6 % en 2012, tandis que le pourcentage de ménages abonnés aux services sans fil a augmenté au cours de cette période de 4,4 %, passant de 57,3 % à 61,7 %.

Les Canadiens vivant dans les communautés rurales ont, dans l’ensemble, dépensé 25 $ de plus par mois en services de communication que les citadins. Le service téléphonique de base et les services de base offerts par les entreprises de distribution de radiodiffusion (EDR) ont généralement coûté 9 $ de plus par mois dans les communautés rurales. Les écarts de prix les plus importants ont été relevés dans les cas du service Internet (5 Mbps) et des services sans fil mobiles. Les résidents du Nord ont payé plus cher pour leurs services, qui leur ont coûté de 63 $ à 370 $ par mois. En plus de ces écarts de prix, les offres de service ont aussi varié entre régions rurales et régions urbaines et d’un bout à l’autre du pays.

Les prix que les Canadiens ont payés dans les communautés rurales s’échelonnaient de 21 $ à 35 $ par mois pour les services téléphoniques de résidence, tandis que les citadins ont payé de 21 $ à 30 $ par mois.

Presque tous les Canadiens ont accès au service Internet à bande large de base (soit 1,5 Mbps). En 2011, le Conseil avait établi pour objectif de parvenir à une vitesse minimale de téléchargement de 5 Mbps d’ici 2015. Depuis lors, la disponibilité du service à large bande de 5 Mbps est passée de 87 % à 95 %. Les Canadiens qui vivent dans les grands centres urbains ont généralement accès à des vitesses se situant dans la gamme de 50 à 99 Mbps, alors que seulement 25 % des Canadiens vivant en zones rurales y ont accès.

Protéger

Le CRTC s’appuie sur les communications et les plaintes des consommateurs pour évaluer l’efficacité de ses cadres réglementaires et pour déterminer si l’industrie répond aux besoins des Canadiens. Dans la période de 12 mois terminée le 31 mars 2014, le Conseil a reçu 41 010 plaintes et demandes de renseignements dont 39 % concernaient des enjeux liés à la radiodiffusion et 61 % touchaient aux télécommunications. Soixante-trois pour cent des plaintes (63 %) relatives aux services de radiodiffusion portaient principalement sur des commentaires offensants entendus à la radio ou à la télévision et les 37 % concernaient les EDR (dont 26 % pour des questions de facturation et 35 % pour la qualité et la prestation des services).

D’un autre côté, les plaintes liées aux télécommunications, notamment les 19 297 plaintes reçues par le Commissaire aux plaintes relatives aux services de télécommunication, portaient sur les services sans fil (43 %), le télémarketing (15 %) et les services Internet (10 %). Les principaux problèmes relevés dans ces plaintes concernaient des erreurs de facturation (38 %), des désaccords au sujet des contrats ou des modalités de service (14 %) et la prestation du service (13 %).

Hausse des revenus tirés des services de communication

En 2013, le secteur des communications a enregistré un chiffre d’affaires global de 61,9 milliards de dollars, soit une hausse de 1,9 % par rapport à 2012. Le secteur était dominé par cinq grandes entreprises qui ont généré ensemble 85 % des revenus. Les cinq entreprises suivantes ont produit 9 % des revenus et la part des autres entreprises était de 6 %. Seules trois entreprises offraient tous les services dans tous les segments du marché des services de communication. Ces trois entreprises représentent 63 % du chiffre d’affaires global.

Radiodiffusion

En 2012-2013, le secteur de la radiodiffusion a enregistré un chiffre d’affaires global de 17,1 milliards de dollars, soit une augmentation de 1,3 % par rapport à l’année précédente. Le marché des services de radio était la plus petite composante de ce secteur, avec 9 % des revenus de radiodiffusion. Les recettes de cette composante ont augmenté de 0,2 %, pour passer à 1,6 milliard. Le marché des services de télévision était le deuxième plus grand marché, représentant 38 % des revenus. Les recettes tirées des services de télévision ont diminué de 0,2 %, de 6,51 à 6,50 milliards de dollars. Dans ce marché, les télédiffuseurs privés traditionnels ont enregistré une diminution de leur chiffre d’affaires de 4,6 %. Cependant, cette baisse a été compensée par une augmentation de 3,1 % des revenus des services payants, des services de télévision à la carte, des services de vidéo sur demande et des services spécialisés. Le marché des services par câble et par satellite représentait le plus grand secteur, générant 53 % des revenus des services de radiodiffusion. Les revenus de ce marché ont augmenté de 2,7 %, de 8,8 à 9 milliards de dollars. Trois entreprises, présentes sur chacun de ces trois marchés des services de radiodiffusion, ont généré 71 % des revenus.

En 2013, 1 161 stations de radio en direct étaient autorisées à diffuser au Canada. La moitié environ de ces stations étaient des stations FM commerciales privées et environ 11 % étaient des stations AM. Le radiodiffuseur public national, la Société Radio-Canada, possédait 8 % des stations de radio en direct. Les 30 % restants consistaient en stations communautaires (10 %), stations de campus (4 %) et stations autochtones (5 %). Le Conseil a également autorisé 25 nouvelles stations FM à diffuser des contenus.

En 2013, 251 services de télévision facultatifs étaient autorisés à diffuser au Canada. Les revenus découlant de ces services représentaient quelque 4,1 milliards de dollars et 63 % des revenus du secteur de la télévision. Les dix principaux services facultatifs, selon les revenus, sont trois services liés aux sports, deux au cinéma, deux orientés vers la jeunesse, un service éducatif, un service d’émissions de divertissement ou consacrées aux modes de vie et un service de nouvelles. Ils ont rapporté en moyenne 150 millions de dollars en revenus et correspondaient à 37 % des revenus des services facultatifs. Les autres services facultatifs ont rapporté en moyenne 12 millions de dollars en revenus.

Télécommunications

En 2013, le chiffre d’affaires combiné des services de télécommunication a atteint 44,8 milliards de dollars, ce qui constitue une hausse de 2,0 % sur l’année précédente. Les cinq plus grandes entreprises, qui ont généré 86 % de ces revenus, étaient suivies par cinq autres à 9 %. Les entreprises présentes sur tous ces marchés ont dégagé 85 % des revenus.

Le marché des services sans fil de détail est le secteur où la croissance a été la plus élevée et la plus rapide, avec 49 % des revenus des services de télécommunication de détail et une augmentation de revenus annuelle de 5,4 % pour la période de 2009 à 2013. Bien que les revenus aient augmenté de 3,4 %, de 19,5 milliards de dollars en 2012 à 20,2 milliards de dollars en 2013, le nombre d’abonnés a augmenté de 2,3 %, soit de 27,7 à 28,4 millions. Les services de données sans fil et d’itinérance ont été les principaux facteurs de croissance des revenus dans le segment des services sans fil avec une hausse de 20 %, soit de 7,2 à 8,7 milliards de dollars.

La quasi-totalité du chiffre d’affaires dans les services de télécommunication de détail (95 %) a été générée par des services faisant l’objet d’une abstention de la réglementation, contre 75 % pour les services de gros.

Les services de gros ont généré des revenus de 3,7 milliards de dollars, soit à peu près la même chose qu’en 2012. En 2013, les services téléphoniques locaux et les services d’accès ont représenté 19 % des revenus des services de gros, contre 23 % en 2009. Les services de liaison spécialisée et Ethernet ont produit 24 % des revenus en 2013 et 27 % en 2009.

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