Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes
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              TRANSCRIPT OF PROCEEDINGS BEFORE

             THE CANADIAN RADIO‑TELEVISION AND

               TELECOMMUNICATIONS COMMISSION

 

 

 

 

             TRANSCRIPTION DES AUDIENCES DEVANT

              LE CONSEIL DE LA RADIODIFFUSION

           ET DES TÉLÉCOMMUNICATIONS CANADIENNES

 

 

                      SUBJECT / SUJET:

 

 

 

 

 

 

 

Various broadcasting applications /

Diverses demandes de radiodiffusion

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HELD AT:                              TENUE À:

 

Okanagan East Conference Room         Salle Okanagan East

Ramada Hotel Downtown Calgary         Ramada Hotel Downtown Calgary

708 8th Avenue SW                     708, 8th Avenue SW

Calgary, Alberta                      Calgary (Alberta)

 

May 13, 2008                          Le 13 mai 2008

 


 

 

 

 

Transcripts

 

In order to meet the requirements of the Official Languages

Act, transcripts of proceedings before the Commission will be

bilingual as to their covers, the listing of the CRTC members

and staff attending the public hearings, and the Table of

Contents.

 

However, the aforementioned publication is the recorded

verbatim transcript and, as such, is taped and transcribed in

either of the official languages, depending on the language

spoken by the participant at the public hearing.

 

 

 

 

Transcription

 

Afin de rencontrer les exigences de la Loi sur les langues

officielles, les procès‑verbaux pour le Conseil seront

bilingues en ce qui a trait à la page couverture, la liste des

membres et du personnel du CRTC participant à l'audience

publique ainsi que la table des matières.

 

Toutefois, la publication susmentionnée est un compte rendu

textuel des délibérations et, en tant que tel, est enregistrée

et transcrite dans l'une ou l'autre des deux langues

officielles, compte tenu de la langue utilisée par le

participant à l'audience publique.


               Canadian Radio‑television and

               Telecommunications Commission

 

            Conseil de la radiodiffusion et des

               télécommunications canadiennes

 

 

                 Transcript / Transcription

 

 

 

 

 

Various broadcasting applications /

Diverses demandes de radiodiffusion

 

 

 

 

 

 

BEFORE / DEVANT:

 

Michel Arpin                      Chairperson / Président

Len Katz                          Commissioner / Conseiller

Michel Morin                      Commissioner / Conseiller

 

 

 

 

ALSO PRESENT / AUSSI PRÉSENTS:

 

Jade Roy                          Secretary / Sécretaire

Francine Laurier-Guy              Hearing Manager /

                                  Gérante de l'audience

Jean-Sébastien Gagnon             Legal Counsel

                                  Conseiller Juridique

 

 

 

 

HELD AT:                          TENUE À:

 

Conference Centre                 Centre de conférences

Outaouais Room                    Salle Outaouais

140 Promenade du Portage          140, Promenade du Portage

Gatineau, Quebec                  Gatineau (Québec)

 

May 13, 2008                      Le 13 mai 2008

 


- iv -

 

           TABLE DES MATIÈRES / TABLE OF CONTENTS

 

 

                                                 PAGE / PARA

 

PHASE I

 

 

PRESENTATION BY / PRÉSENTATION PAR:

 

Radio de la communauté francophone d'Ottawa         5 /   27

 

Réél-Radio                                         78 /  403

 

Fiston Kalambay Mutombo (SDEC)                    122 /  631

 

Instant Information Services Incorporated         173 /  919

 

Corus Radio Company                               210 / 1157

 

 

 

 

 

 

 

 

 


                 Gatineau, Quebec / Gatineau (Québec)

‑‑‑ Upon commencing on Tuesday, May 13, 2008 at 0931 /

    L'audience débute le mardi 13 mai 2008 à 0931

1                THE SECRETARY:  Please, take a seat.

2                LE PRÉSIDENT :  Bonjour Mesdames et Messieurs et bienvenue à cette audience publique.

3                Je m'appelle Michel Arpin et je suis vice‑président à la radiodiffusion au CRTC.  Je présiderai cette audience en compagnie de mes collègues Len Katz, vice‑président des télécommunications et Michel Morin, conseiller.

4                L'équipe du Conseil qui nous assiste comprend la gérante de l'audience Francine Laurier‑Guy, qui est aussi analyste principale de la radio, de Jean‑Sébastien Gagnon, conseiller juridique et de Jade Roy, secrétaire de l'audience, auprès de qui vous pouvez vous renseigner sur toute question relative au déroulement de cette audience.

5                À cette audience, nous examinerons onze demandes visant l'exploitation d'une nouvelle station de radio FM dans le marché d'Ottawa‑Gatineau.  Certaines demandes sont concurrentes sur le plan technique pour l'utilisation des mêmes fréquences.


6                Nous entendrons également une demande en vue d'accroître la puissance de la station de radio CIIO‑FM d'Ottawa.

7                Dans le contexte des demandes voulant desservir le marché d'Ottawa‑Gatineau, le comité se penchera ensuite sur une demande visant le renouvellement de la licence de la station de radio CHLX‑FM de Gatineau.  La titulaire veut notamment changer son format et supprimer certaines conditions de sa licence qui sont propres à son format spécialisé actuel.

8                Par la suite, le Comité étudiera une demande visant l'acquisition des actifs de la station de radio CHRC Québec.  La requérante voudrait la transformer en une station consacrée aux sports et fermer sa salle de nouvelles.

9                We will then hear an application to renew the licence of radio station CJMS Saint‑Constant.  It appears that the licensee may have failed to comply with its condition of licence regarding its contribution to Canadian content development for the 2006 broadcasting year.

10               It also appears that the licensee may have failed to submit its annual report for the year ended August 31st, 1007.


11               In 2006 the station's licence was renewed for a two‑year term so that the Commission could assess its compliance with the same condition of licence as well as retain provisions of the Radio Regulations, 1986.

12               The Commission expects the licensee to show cause as to why a mandatory order should not be issued at this time requiring it to comply with its condition of licence regarding the contributions to Canadian content development and with the requirement of section 9(2) of the Regulations concerning the provision of annual reports.

13               Finalement, nous examinons une demande visant l'exploitation d'une nouvelle station de radio commerciale FM de langue française à Montmagny et d'un réémetteur à Saint‑Fabien‑de‑Panet.

14               J'inviterais maintenant la secrétaire de l'audience, madame Jade Roy, à expliquer les procédures que nous allons suivre.  Madame Roy?

15               LA SECRÉTAIRE:  Merci, Monsieur le Président et bonjour à tous.

16               Tout d'abord, lorsque vous êtes dans la salle d'audience, je vous demanderais d'éteindre vos téléphones cellulaires, téléavertisseurs et BlackBerry.  Nous comptons sur votre collaboration à cet égard durant toute la durée de l'audience.


17               Please note that the Commission members may ask questions in either English or French.  You can obtain an interpretation receiver from the commissionaire sitting at the entrance of the conference centre.

18               Le service d'interprétation simultanée est disponible durant cette audience.  L'interprétation anglaise se trouve au canal 7 et l'interprétation française au canal 8.

19               We expect the hearing to take four days.  We will begin each day starting tomorrow morning at nine a.m.  We will take one hour for lunch and a break in the morning and in the afternoon.  We will advise you of any changes as they occur.

20               Pendant la durée de l'audience, vous pourrez consulter les documents qui font partie du dossier public pour cette audience dans la salle d'examen qui se trouve dans la Salle Papineau, située à l'extérieur de la salle d'audience, à votre droite.

21               Tel qu'indiqué dans l'ordre du jour, le numéro de téléphone de la salle d'examen est le (819) 953‑3168.


22               There is a verbatim transcript of this hearing being taken by the court reporters sitting at the table on my right which will be posted daily on the Commission's website.  If you have any questions on how to obtain all or part of this transcript please approach the court reporter during a break.

23               Le Conseil désire verser au dossier public de la demande de 3553230 Canada Inc. une lettre datée du 21 novembre 2007 d'Industrie Canada à monsieur Alexandre Azoulay concernant les conditions d'autorisation de leur certificat de radiodiffusion et deux lettres datées du 2 mai 2008 d'Industrie Canada à monsieur Michel Mathieu et monsieur Robert Charlebois en réponse à leur correspondance du 21 mars 2008.

24               Les lettres sont disponibles dans la salle d'examen.

25               Monsieur le Président, nous débuterons maintenant avec l'article 1 à l'ordre du jour qui est une demande de la radio de la communauté francophone d'Ottawa en vue d'obtenir une licence visant l'exploitation d'une entreprise de programmation de radio FM communautaire de type « B », de langue française à Ottawa.

26               S'il vous plaît, présentez‑vous et présentez vos collègues et vous avez 20 minutes pour votre présentation.  Merci.

PRESENTATION / PRÉSENTATION

27               M. BOUCHER:  Merci bien.


28               Monsieur le Président, Mesdames, Messieurs les Conseillers et Conseillères, membres du CRTC, je me présente :  je suis Denis Boucher, président de la radio communautaire francophone d'Ottawa.

29               Nous sommes ici pour vous proposer une vision dynamique de la radio communautaire à Ottawa‑Gatineau, une première du genre dans la capitale fédérale, une station unique en son genre, une station qui doit faire partie du système de la radiodiffusion canadienne, une station qui va servir l'intérêt du public régional.

30               Avec moi, une équipe de gens tout à fait convaincus.  À ma droite immédiate, monsieur Lucien Bradet, président de la Nouvelle Scène, suivi de maître Daniel Boivin de la firme Gowling, Lafleur, Henderson et président sortant de l'Association des juristes d'expression francophone de l'Ontario.

31               À ma gauche, immédiatement, madame Roxanne Dubois, vice‑présidente aux finances, Fédération étudiante de l'Université d'Ottawa, animatrice d'une radio communautaire en Ontario et responsable de la programmation à la RCFO, ainsi que monsieur Gilles Poulin, conseiller en communications.


32               Monsieur François Côté, directeur général par intérim de l'Association des radios communautaires du Canada (l'ARC) et l'ingénieur‑conseil monsieur Pierre Labarre, qui est disponible sur place pour répondre aux questions techniques.

33               Je voudrais aussi souligner la présence dans la salle de nombreux bénévoles et représentants d'organismes communautaires de la région qui sont venus assister et appuyer notre requête.  Par la décision que vous prendrez, vous avez le pouvoir de doter la région d'une radio communautaire, une radio qui doit faire partie du système de la radiodiffusion régionale.

34               Je cède maintenant la parole à madame Roxanne Dubois, pour discuter de nos objectifs et de la programmation.

35               MME DUBOIS:  Selon la politique du Conseil, la radio communautaire doit offrir un service de programmation local dont le style et la substance le distingue de celui des stations commerciales et de la SRC.

36               La programmation devrait intéresser les collectivités desservies, y compris celles de la langue de la minorité officielle.


37               Par les choix de programmation qu'elles offrent, tant sur le plan de la musique que des créations verbales, les stations communautaires constituent, selon le Conseil, un apport important à la diversité du système de radiodiffusion.

38               Nous allons offrir des émissions qui seront à la fois différentes et complémentaires de celles des autres stations.  Le caractère sans but lucratif et notre politique d'ouverture aux membres de la collectivité de la région d'Ottawa‑Gatineau servent bien cet objectif.

39               Notre station unique permettra l'accès de la collectivité aux ondes et offrira une programmation diversifiée reflétant ses besoins et ses intérêts, y compris la musique, les talents nouveaux et locaux, la musique qui n'est généralement pas diffusée par les stations commerciales, les émissions de création orale et l'information locale et régionale.

40               En ce qui concerne la musique diffusée, nous seront aussi en parfaite harmonie avec le Conseil, à savoir que nous offrirons une programmation musicale qui suivra l'évolution des besoins et des intérêts de notre auditoire qui, généralement, est à la recherche d'une musique moins commerciale et moins grand public.  Par le fait même, nous nous distinguerons des radios privées et des émissions de la SRC.


41               La radio communautaire de la RCFO aura une programmation pour et avec les bénévoles.  Comme titulaire d'une licence de radio communautaire, nous faciliterons l'accès à la programmation à nos bénévoles qui seront au coeur de nos émissions en donnant l'accès de la collectivité à sa programmation, en faisant la promotion de la formation, au sein de la communauté, en formant et en supervisant les membres de la communauté qui participeront à la programmation.

42               Je demanderais au secrétaire‑trésorier de la RCFO, maître Daniel Boivin, d'aborder la question des besoins des minorités de langues officielles.

43               Me BOIVIN:  Alors, Messieurs, le CRTC connaît bien son rôle envers les communautés de langues officielles en situation minoritaire, rôle qui découle notamment de l'application de la Loi sur les langues officielles  et plus particulièrement de l'article 41.

44               Si je comprends bien, le Conseil a récemment tenu une rencontre très productive à Halifax, lui permettant ainsi de mieux cerner les enjeux et les défis propres à ses communautés linguistiques minoritaires.


45               Dans son plan de mise en oeuvre de l'article 41 de la Loi sur les langues officielles, le CRTC envisage de réaliser, dans les limites de son mandat, plusieurs objectifs.  La demande de la RCFO est tout à fait compatible aux objectifs énoncés à l'article 41 de la Loi sur les langues officielles et à ceux cités dans le plan d'action du CRTC.

46               La RCFO contribuera à favoriser l'épanouissement des minorités francophones et anglophones du Canada, appuyer leur développement et promouvoir la pleine reconnaissance et l'usage du français et de l'anglais dans la société canadienne.

47               Dans une lettre d'appui au projet de la RCFO, le commissaire aux langues officielles, Graham Fraser, rappelait que les radios communautaires francophones à l'extérieur du Québec jouent un rôle primordial dans le développement des communautés en situation minoritaires.

48               La radiodiffusion est en soit un véhicule important pour la promotion des communautés.  En fait, comme vous le savez, la Loi sur la radiodiffusion, à l'article 3, prévoit que le système canadien devrait servir à sauvegarder, enrichir et renforcer la structure culturelle politique, sociale et économique du Canada.


49               Cette même loi préconise également que l'on favorise l'épanouissement et l'expression canadienne en proposant une très large programmation.  La loi dit qu'une gamme de services de radiodiffusion en français et en anglais doit être progressivement offerte à tous les Canadiens au fur et à mesure de la disponibilité des moyens.  Voilà encore une fois de très bonnes raisons d'accorder une licence à la RCFO.

50               Le Conseil peut être fier du travail qu'il a déjà accompli en ce qui a trait aux objectifs de son plan d'action en langues officielles.  Nous sommes particulièrement sensibles à l'un de ses objectifs, celui de la sensibilisation du personnel et des commissaires aux façons d'intégrer l'article 41 de la Loi sur les langues officielles dans les activités courantes du CRTC.

51               La demande de la RCFO est un exemple probant d'un projet concret qui permet d'atteindre les objectifs du CRTC en matière de soutien et de développement des communautés linguistiques minoritaires.  Le Conseil a devant lui la seule demande qui permet l'accès à des services de radiodiffusion en langue officielle en milieu minoritaire.


52               Deux des indicateurs de mesure de résultats dans le plan de mise en oeuvre du CRTC en matière de langues officielles sont particulièrement pertinents au projet de la RCFO.  Dans un premier temps, celui qui prévoit que les communautés de langues officielles en situation de minorité disposent de moyens afin de faire entendre leurs voix et d'être présents au sein de la communauté.

53               Et l'indicateur qui préconise que les services de radiodiffusion en milieu minoritaire bénéficient d'un outil afin d'être promus en milieu minoritaire est aussi très pertinent.  L'octroi d'une licence à la RCFO aura un impact important sur la communauté franco‑ontarienne de la région d'Ottawa et, par extension, sur toutes les communautés de langue officielle en situation de minorité au pays.

54               En plus de cet impact favorable, la programmation proposée et la zone de diffusion anticipée font en sorte que ce ne sont pas seulement les Franco‑Ontariens qui profiteront de l'implantation de cette  seule radio communautaire dans la région, mais également, plus de 2255 000 Québécois francophones dans la région de l'Outaouais ainsi qu'une population importante d'anglophones francophiles dans la région.

55               On peut penser à un projet qui atteint mieux les objectifs du paragraphe 3, pardon, de l'article 3 de la Loi sur les radiodiffusions et des dispositions de la Loi sur les langues officielles.


56               J'inviterais maintenant le vice‑président de la RCFO, monsieur Lucien Bradet, de parler de la spécificité du marché de la région de la capitale nationale.

57               M. BRADET:  La RCFO désire souligner certaines spécificités du marché d'Ottawa‑Gatineau, à savoir :

58               ‑ un, l'absence d'une radio communautaire dans la région de la capitale fédérale par rapport à d'autres marchés semblables, comme par exemple, le marché de Montréal, le marché de Québec, le marché de Moncton et ailleurs au Canada où l'on retrouve parfois deux ou même trois stations communautaires dans une même agglomération;

59               ‑ deux, le marché publicitaire des radios dites commerciales est en excellente santé financière dans cette région;

60               ‑ trois, les fréquences techniques de grande qualité sont occupées par la plupart des stations commerciales et/ou par des stations de la Société Radio‑Canada;

61               ‑ quatre, le marché compte une importante minorité linguistique.  Plus de 350 000 francophones dans un marché de 1.1 million d'habitants.  D'ailleurs, le marché d'Ottawa‑Gatineau est le marché où l'on retrouve la plus grande minorité linguistique francophone au Canada.


62               Le rôle et l'impact des radios communautaires en milieu urbain sont déterminants sur la qualité de vie et le développement de la collectivité.  L'appropriation des médias par les communautés contribue de façon significative à leur épanouissement, favorisant diffusion et échange et, par le fait même, aide à maintenir leur identité culturelle.

63               Par ailleurs, nous nous réjouissons de la recommandation numéro 172 de l'avis public de radiodiffusion CRTC 2008‑4, concernant la diversité des voix.  Il est encourageant de constater la réelle volonté du Conseil de recevoir ou de revoir en profondeur les politiques de notre secteur et surtout de prendre les mesures nécessaires afin d'assurer un développement sain d'un tiers secteur.

64               Notre demande est en lien direct avec la vision du Conseil qui vise à assurer que le secteur de la radio communautaire soit compétitif et bien représenté au sein de l'ensemble du système canadien de la radiodiffusion.  Nous croyons que la demande du RCFO, si approuvée, contribuera à cet objectif du Conseil.


65               Dans son avis d'audience publique 2007‑10, sur la révision des cadres de réglementation des entreprises de distribution, de radiodiffusion et des services de programmation facultatifs, le Conseil démontre sa volonté de mieux encadrer l'industrie des communications et des télécommunications au pays.

66               Le document (ou ce document) stipule :

« En s'en remettant le plus possible aux forces du marché, le Conseil vise à :

‑ un, élaborer des cadres de réglementation stratégiques directs, souples, équitables et tournés vers l'avenir;

‑ maintenir une forte présence canadienne au sein du système de radiodiffusion, grâce à une programmation et à des services canadiens variés et distincts;

‑ reconnaître l'autonomie croissante des auditoires et des consommateurs en leur offrant le plus grand choix possible de services à des prix abordables. »

(Tel que lu)


67               Il est facile de faire un parallèle entre la demande du RCFO et les questions soulevées par le CRTC dans le cadre de cette instance.  En effet, la vision du Conseil est ferme; en termes d'équité, offre variée de programmes, de reconnaissance de l'autonomie des auditoires et l'accessibilité à un plus grand choix fait partie des objectifs de la requérante.

68               De tous les projets, seul celui de la RCFO est en mesure d'apporter cet équilibre et combler une lacune évidente en termes de présentation des services d'accès aux communications par la collectivité et de variété de programmes.

69               Il est d'intérêt, selon nous, que le Conseil regarde de plus près ce déséquilibre dans la région.  À cet effet, les quelque 700 lettres d'appui reçues par la RCFO et qui ont été remises au CRTC sont une preuve manifeste de la volonté de la communauté francophone, des deux côtés de l'Outaouais, de désirer une station qui s'occupera de leurs intérêts.


70               Nous tenons à remercier le Conseil pour l'accréditation du Fonds canadien de la radio communautaire.  La reconnaissance par le CRTC du Fonds comme bénéficiaire est une excellente nouvelle pour les 140 radios communautaires et campus communautaires au Canada, dont la RCFO pourra bénéficier dès l'an prochain, nous l'espérons.

71               Les responsables du Fonds poursuivent leurs efforts afin de sensibiliser les radios commerciales et plusieurs signes sont encourageants.  Ce fonds donnera à notre secteur les ressources nécessaires afin de continuer d'offrir une programmation locale de qualité.

72               Pour toutes les raisons ci‑haut mentionnées, l'Alliance des radios communautaires du Canada, organisme fondé en 1991, appuie la demande du RCFO auprès du CRTC de lui accorder le permis de radiodiffusion.

73               Je remets la parole à monsieur Denis Boucher.

74               M. BOUCHER:  En guise de conclusion, il ne fait aucun doute que la grande majorité des francophones de la Région de la capitale nationale désirent accueillir dans leur foyer ce radiodiffuseur communautaire d'émissions informatives et culturelles.

75               Avec la RCFO, nous retrouverons une programmation qui reflète les goûts et les attentes de la communauté, ce qui fait franchement défaut à l'heure actuelle dans le paysage radiophonique de la capitale nationale.


76               En résumé, pour compléter l'offre et l'équilibre des services radiophoniques à Ottawa‑Gatineau, nous proposons donc une nouvelle vision pour le desservir, soit un service unique de radio de type communautaire, un service ayant l'attrait humain plutôt que l'attrait du profit.

77               Deuxièmement, offrir à la communauté franco‑ontarienne une voix, un véhicule pour se développer et une visibilité dans la grande Région de la capitale nationale.

78               Offrir plus de choix de formats et d'environnements radios aux annonceurs publicitaires qui n'ont pas présentement accès aux radios dites commerciales et conventionnelles.

79               Offrir une nouvelle niche favorisant la participation massive de bénévoles à sa programmation, une niche unique de programmation.

80               Offrir une formule unique de programmation musicale qui inclut des genres comme, par exemple, la musique country, qui ne sont pas présentement offerts en français dans la région.

81               Offrir des studios de diffusion et de production en pleine communauté en les localisant au coeur de la communauté francophone.


82               Ensemble, nous, avec vous, membres du CRTC, notre communauté et nos bénévoles, nous voulons créer une nouvelle entreprise et une nouvelle institution basée à Ottawa‑Gatineau.

83               Ensemble  nous développerons le marché des petits annonceurs, de la participation, de l'implication monétaire de nos membres et de leur contribution aux ondes.

84               Ensemble nous allons créer une belle page d'histoire de la radio dans la capitale fédérale.

85               Monsieur le Président, Mesdames et Messieurs les Conseillers, membres du CRTC, nous sommes maintenant prêts à répondre à vos questions.  Merci!

‑‑‑ Applaudissements / Applause

86               LE PRÉSIDENT:  Merci, Monsieur Boucher; merci aux membres de votre équipe.

87               Avant d'entreprendre l'interrogatoire sur votre projet, je vais quand même stipuler quelque chose à l'égard de l'article 41 de la Loi sur les langues officielles.  Le Conseil, effectivement, est assujetti à l'application de la Loi quant à son exploitation, mais ne croit pas qu'il y est assujetti en ce qui concerne son activité de tribunal administratif quasi‑judiciaire.


88               Il y a eu, d'ailleurs, dans le temps, divers échanges, particulièrement à l'époque où madame Adam a été présidente de... a été commissaire aux langues officielles.  Il y a eu plusieurs échanges de correspondance à ce sujet et le Conseil maintient sa position qu'il n'est pas assujetti à l'article 41 dans son activité quasi‑judiciaire.

89               Ceci, ça ne veut pas dire que ça discrédite votre requête.  C'est seulement dans le but de spécifier que le Conseil, dans la décision qu'il sera appelé à prendre... il va la prendre dans le contexte de l'ensemble des demandes qu'il va entendre au cours des prochains jours et il va attribuer des licences s'il le juge opportun, en fonction de ses critères habituels, ceux que l'on retrouve dans sa propre jurisprudence.

90               Alors, je voulais faire cette mise au point pour éviter toute fausse attente, qui pourrait porter à croire que finalement, le Conseil serait dans l'obligation de répondre positivement à votre requête.

91               Je vais commencer maintenant nos questions générales, peut‑être pour aussi... je vois bien que le projet est essentiellement un projet...  Si je regarde la carte de rayonnement...


92               Je vais demander à votre ingénieur de s'asseoir à la table parce que j'aurai au moins une question, à un moment donné pour lui.  Donc, il sera déjà rendu, avec votre permission, s'il peut se joindre à vous.  Ça ne sera pas ma première question, ça sera probablement une de mes dernières, mais il sera déjà à la table.

93               Si je regarde votre aire de rayonnement, quoique vous dites que vous allez desservir la population francophone de Gatineau, je constate que selon les cartes de rayonnement, votre couverture du côté de l'Outaouais québécois est relativement restreinte, votre aire de rayonnement a été conçue de façon à desservir essentiellement la population du territoire franco‑ontarien.  Est‑ce que c'est votre perspective?  Avez‑vous la même vision que moi de... quand je regarde la carte de rayonnement?

94               M. LABARRE:  Le mandat original, lorsque le CRTC a fait son invitation, quand j'ai été contacté pour travailler sur ce projet, on m'avait dit « l'est d'Ottawa, Vanier et Orléans ».  Donc, l'emphase n'est pas vers Gatineau.

95               LE PRÉSIDENT:  Oui, Monsieur Boucher?


96               M. BOUCHER:  Oui.  Je voudrais ajouter à ça.  C'est qu'on a... c'était l'objectif à l'origine.  Mais avec le temps, on a modifié cette perspective pour inclure la partie la plus populeuse de l'Outaouais québécois, c'est‑à‑dire les villes de Hull, les villes de...  Bien, enfin, les anciennes villes de Hull, les anciennes villes de Gatineau, pour aller chercher au‑delà de 200 000 personnes.

97               Vous n'êtes pas convaincu?

98               LE PRÉSIDENT:  Bien...  Regardez votre propre carte et puis vous allez voir qu'effectivement vous touchez à Pointe‑Gatineau, vous touchez...

99               M. BOUCHER:  Bien, c'est ça.

100              LE PRÉSIDENT:  Oui, bien ils ne sont pas 225 000 à Pointe‑Gatineau.

101              M. BOUCHER:  Non, mais le total...

102              LE PRÉSIDENT:  Mais de toute façon, ce n'est pas...   Écoutez, personnellement, quand je regarde votre projet, je regarde son aire de rayonnement, malgré le fait que vous mentionnez Gatineau...  Je ne suis pas...  J'ai de la difficulté à me convaincre moi‑même que vous allez avoir un signal de qualité du côté du Québec.


103              M. LABARRE:  Monsieur le Président, si vous me permettez, quand on regarde la carte, il y a certaines zones de brouillage qui viennent des stations voisines qui sont indiquées dessus.  Or, la zone la plus pâle, celle qui a tous les petits points, là, est une zone qui n'existe pas encore, qui n'existerait que si Fort‑Coulonge augmentait sa puissance à ses paramètres maximaux.  À défaut de ça, ce n'est que la zone très ombragée qui est embrouillée, ce qui veut dire que jusqu'à ce que le CHIP augmente, Pointe‑Gatineau et Gatineau auront un bon signal.

104              LE PRÉSIDENT:  D'accord.  Maintenant...

105              M. LABARRE:   On parle de la même carte, là.

106              LE PRÉSIDENT:   Oui, oui, on parle de la même carte.

107              M. LABARRE:  C'est beau.

108              LE PRÉSIDENT:   Je suis sûr que... celle en tous les cas qui était... qui accompagnait votre mémoire.

109              M. LABARRE:   C'est ça.  C'est beau.

110              LE PRÉSIDENT:   Et puis avec des petits points comme vous le dites, là, qui vous permettent de comprendre effectivement ce que vous nous indiquez quant à...


111              Maintenant, on sait qu'au moment où on se parle, la station CHIP de Fort‑Coulonges prétend que votre aire de rayonnement proposée lui créera des interférences, donc elle s'oppose à l'octroi de votre licence pour des raisons techniques et au moment où on se parle le Ministère de l'industrie n'a toujours pas confirmé qu'il était prêt à vous autoriser à vous implanter aux paramètres que vous avez sollicités.

112              C'était la question que je voulais vous poser à la toute fin, mais je vais vous la poser tout de suite.

113              Est‑ce que vous avez une alternative soit de puissance réduite ou d'emplacement de votre émetteur et, si oui, quel serait l'impact de cette nouvelle donnée sur votre couverture?

114              M. LABARRE:   Notre point est qu'on aurait préféré rester sur 101,7 pour pouvoir avoir plus de signal dans le côté très populeux d'Ottawa, quitte à ce qu'il y en ait moins dans le côté de densité moindre de population vers l'est.

115              Deuxièmement, comme on doit protéger... en lançant vers l'est, on doit protéger Cornwall, on préférerait se mettre à l'ouest avec notre site pour envoyer notre... éclairer vers l'est pour protéger Fort‑Coulonges.

116              L'alternative serait d'aller sur 101,9, mais, à ce moment‑là, on va perdre... je crains qu'on perde l'extrémité est de notre desserte, je crains qu'on perde beaucoup de ça.  Je n'ai pas fait les calculs.


117              Oui, c'est une alternative.  Ma préférence originale était 101,7, mais à défaut... à défaut de CHIP, si on ne trouve pas une solution sur 101,7, bien, on prend 101,9.

118              De toute façon, ils sont mutuellement exclusifs donc ça ne devient pas un facteur.

119              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, en demeurant à la fréquence 99,7, croyez‑vous qu'il y a une alternative pour répondre aux doléances de CHIP par rapport à votre plan technique?

120              M. LABARRE:   C'est une alternative qui va répondre aux doléances de CHIP, mais 99,7 est en ce moment une fréquence qui tombe dans un moratoire.

121              LE PRÉSIDENT:   Je veux dire 101,7, 101,7 je veux dire.

122              M. LABARRE:   Bien, je ne pense pas que 101,9 va leur faire plus plaisir.

123              LE PRÉSIDENT:   Oui.

124              M. LABARRE:   Je crois que leur objection s'applique aux deux fréquences.

125              LE PRÉSIDENT:   Aux deux fréquences, oui.

126              M. LABARRE:   O.k.  De toute façon, c'est une question de proportionnalité.

127              LE PRÉSIDENT:   Oui.


128              M. LABARRE:   On protège plus sur un, on protège...

129              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, si vous modifiez votre patron de rayonnement de façon à... parce que je note que certains autres requérants pour 101,9 ont été approuvés par Industries Canada?

130              M. LABARRE:   Oui.  Ils sont à 101,9 un des récents qui a été retardé et qui a eu une extension.  Effectivement, lui couvre énormément moins de notre cible que notre projet initial ou même que notre projet révisé.  Il couvre moins, mais oui, c'est une deuxième option.

131              LE PRÉSIDENT:   Ça demeure une option?

132              M. LABARRE:   Oui.

133              LE PRÉSIDENT:   Cependant, si on en discutait avec messieurs Boucher et autres, d'abord de l'impact que cette option‑là pourrait avoir sur votre plan de développement?

134              M. LABARRE:   C'est exact.

135              LE PRÉSIDENT:   Alors, monsieur Boucher, est‑ce que c'est... au moment où on se parle, il y a une objection de la part de la station de Fort‑Coulonges à vos paramètres techniques, à la fréquence demandée selon les paramètres que vous avez suggérés et, est‑ce...


136              Ma question est, essentiellement : est‑ce que l'alternative avancée par monsieur Labarre quant à la modification des paramètres techniques, quelle incidence que ça aurait sur l'ensemble de votre projet, est‑ce que c'est quelque chose que vous avez examiné?

137              M. BOUCHER:  J'inviterais notre consultant à répondre à cette question‑là, monsieur Poulin.

138              M. LABARRE:   Est‑ce que je pourrais ajouter quelque chose avant que monsieur Poulin...

139              LE PRÉSIDENT:   Oui, d'accord.

140              M. LABARRE:   Juste pour raffiner un peu le côté technique.

141              Il faut dire que Fort‑Coulonges n'a pas spécifié exactement la raison technique de leur refus.  Or, on protège leur... notre projet initial, projet révisé, protège toute expansion de CHIP.  Le projet initial protégeait presque complètement la possibilité d'expansion de CHIP et elle protégeait définitivement de beaucoup le territoire existant.


142              Or, on sait que d'ici peu, il y a des règles qui vont changer pour les gens qui n'occupent pas au complet leurs paramètres et on se dit, à ce moment‑là, on aura... on pourra faire ce qu'on voulait faire dans le premier projet et toujours protéger le comptoir existant, le contour existant CHIP, et on s'auto‑tolérera pour une expansion qui se ferait dans les trois ans si la règle est adoptée et puis qui est en voie d'adoption.  Alors, je crois qu'à moyen terme notre projet devient viable tel quel.

143              Maintenant, je laisse à... je ne sais pas si monsieur Poulin a regardé le territoire desservi du demandeur qui a été accepté, mais j'admets que c'est un territoire moindre.

144              M. POULIN:   Monsieur le président, nous avons, effectivement, à la suite des audiences du 3 décembre dernier qui ont été reportées à aujourd'hui.  Le Conseil nous avait demandé de revoir la question techniques diffusion, ce que nous avons fait.  Et nous avons aussi préparé une nouvelle version de la distribution de notre rayonnement.

145              Nous avons donc réduit notre puissance de 45 pour cent selon le projet initial qui a affecté... qui pouvait affecter à peu près de huit à dix pour cent notre rayonnement de diffusion dans le territoire.  Ceci était déposé.

146              Et nous avons refait nos calculs aussi de population et de distribution du service et on a déposé des chiffres qui pouvaient être affectés.


147              Donc, oui, on a... dans notre premier mémoire technique, il y avait une affectation, on pouvait affecter CHIP comme tel.

148              Mais dans le deuxième, parce que j'ai vu des cartes ce matin de la part de... des cartes techniques, très techniques, de monsieur Labarre et, effectivement, là, on voit très bien que CHIP étant à l'ouest, nord‑ouest, et, nous, on entre juste à côté.

149              Donc, il n'y a plus de superposition d'ondes et, nous, notre orientation qui était vers l'est, incluant Gatineau, Buckingham et l'est de l'Ontario, on maintenait à peu près le même type de rayonnement, mais on a quand même présenté un mémoire technique ou des données techniques pour, effectivement, démontrer à Industries Canada que le rayonnement de notre proposition pouvait être... on pouvait être en coexistence dite pacifique avec CHIP‑FM pour l'implantation de notre station.

150              LE PRÉSIDENT:   Alors, merci, monsieur Poulin.


151              Maintenant, vos lettres‑patentes, vos appuis sont essentiellement ontariens.  Mais, cependant, vous... je note qu'à même que... parmi les dirigeants il y a des résidents du Québec et je me suis posé comme question, puis j'aimerais peut‑être que vous nous aidiez à mieux saisir votre projet, c'est quoi la symbiose entre les besoins d'une radio communautaire pour les franco‑ontariens et ceux des québécois?

152              M. BOUCHER:   Je demanderais à maître Boivin de répondre à cette question.

153              Me BOIVIN:   Le projet de la radio communautaire donne une voix à la population franco‑ontarienne, mais le fait de donner une voix à la population franco‑ontarienne, une voix qui n'existe pas dans le moment, ce n'est pas exclusif de la communauté québécoise.

154              Si vous regardez la composition du conseil d'administration de la RCFO, ça démontre vraiment la composition de la région.  Il y a des gens qui sont intéressés à ce qui se passe dans la francophonie générale de la région qui sont intéressés à la francophonie du côté... du côté de l'Ontario, mais qui sont quand même résidents du Québec.

155              Le fait de donner une voix aux franco‑ontariens, une voix qui n'est pas présentement très très... qui est absente sur ce qui existe dans le spectre de la radiodiffusion dans la région, ça ne veut pas dire qu'on ne parlera pas aux québécois et qu'on ne parlera pas des québécois de la région.


156              On va parler essentiellement de ce qui se passe ici.  Ici, c'est l'Ontario et le Québec et puis c'est vraiment... c'est vraiment ce qu'on désire faire.

157              Donc, la symbiose... la communauté francophone est probablement la communauté la plus... la plus symbiotique au Canada ici puisqu'elle a la majorité... la majorité francophone québécoise, la minorité francophone ontarienne et puis une minorité dans la grande région si on compte la région de la Capitale Nationale des deux côtés de la frontière.

158              Donc, notre projet va vraiment s'adresser à tout le monde dans la région, tout en s'assurant que les gens qui n'ont pas normalement beaucoup... qui ne se reconnaissent pas beaucoup à la radio, puis ça c'est le parcours de l'est de l'Ontario que vous avez noté sur notre zone de diffusion, que ceux‑là puissent se reconnaître dans notre radio.

159              Donc, on ajoute à la région les franco‑ontariens de l'est, sans exclure les québécois du côté... de ce côté‑ci de la rivière.


160              LE PRÉSIDENT:   Un des constats que je fais à l'analyse de votre projet c'est que vous vous affiliez à l'ARC du Canada, vous les cherchez d'ailleurs dès... et vous les avez d'ailleurs cités ce matin dans votre présentation, mais vous... mais jamais vous ne faites mention de l'ARC du Québec.

161              Donc, votre projet est essentiellement un projet qui s'adresse quand même aux minorités de langues officielles, donc à la minorité franco‑ontarienne.  C'est comme ça qu'il faut que je le lise?

162              M. BOUCHER:   J'aimerais répondre à cette question‑là.  C'est tout simplement une question de logistique.  C'est que l'ARC du Canada est située à...

163              LE PRÉSIDENT:   À deux pas de chez vous?

164              M. BOUCHER:   ... à deux pas de chez nous, tandis que l'ARC du Québec, bien, est située à plus que ça.  Elle est à Montréal.

165              LE PRÉSIDENT:   Oui, sur la rue Saint‑Hubert.

166              M. BOUCHER:  Bon.  Alors, pour nous, c'est plus simple de transiger avec l'ARC du Canada, ce n'est pas plus que ça, là.

167              LE PRÉSIDENT:   Non, mais c'est parce que c'est...

168              M. BOUCHER:   On touche les deux provinces.


169              LE PRÉSIDENT:   C'est que le Conseil a eu de nombreuses opportunités de rencontrer les représentants des deux regroupements de l'ARC du Canada puis de l'ARC du Québec pour comprendre que, finalement, oui tous les deux exploitent, opèrent dans le secteur des médias communautaires, mais tous les deux ont des... les deux ont des approches différentes qui tiennent compte de différentes réalités.

170              Je comprends et je le souligne parce que la région ici, elle est beaucoup plus... elle a des caractéristiques qui lui sont très propres et qui font que, finalement, ni l'une ni l'autre... bien donc... et elle doit donc, parce que, effectivement, en général, les stations qui opèrent chez les minoritaires francophones outre Radio‑Canada n'ont pas de station de radio commerciale dans leur... dans la langue de la minorité et alors qu'ici, évidemment, dans la région de radios commerciales de langues française, il y en a plusieurs.


171              Donc, c'est une réalité, une mouvance tout à fait différente que celle que vous trouverez à Toronto ou à Sudbury ou à Gravelbourg, parce que vous allez quand même vivre dans ce milieu‑là puis avoir à composer avec cette réalité de la radio, de la radio commerciale au même titre que les stations de radios communautaires qui sont en opération à Montréal ou à Québec, parce que vous en faites état des stations communautaires.

172              Vous vous comparez avec Montréal et Québec, mais vous mentionnez aussi Moncton, alors c'est... où il n'y a pas de radio commerciale à Moncton.  Il y a des radios communautaires.

173              M. CÔTÉ:   Si je peux juste faire... juste vous donner un exemple, on a des stations au Nouveau Brunswick qui diffusent au Québec, mais elles ne feraient pas partie de l'ARC du Québec.

174              Ces stations sont basées au Nouveau Brunswick et la même chose avec à RCFO qui serait basée, finalement, en Ontario, donc peut faire partie de l'ARC du Canada et n'a pas nécessairement besoin de faire partie de l'ARC du Québec.

175              M. POULIN:  Si vous me permettez, monsieur le président, de compléter peut‑être.  On parlait de symbiose tantôt.


176              Oui, effectivement, nous sommes dans un territoire fédéral ou le territoire d'une Capitale Fédérale où il y a une rivière entre les deux.  Il y a deux provinces qui se touchent par... se touchent presque et c'est sûr que c'est un défi de pouvoir offrir des services de radio et de télévision dans ce marché parce que la plupart des stations de radio commerciale sont concentrées du côté québécois où la majorité de la population est là.

177              Côté Radio‑Canada est installée du côté français et du côté d'Ottawa, mais tous les matins il y a 60 000 québécois gatinois qui traversent la rivière pour aller travailler en Ontario, comme aussi il y a beaucoup de francophones et aussi de franco‑ontariens qui déménagent pour s'installer au Québec.

178              Donc, si on parle de symbiose, on peut la voir dans tous les sens et elle est réelle.

Notre défi, effectivement, ce sera d'intéresser, en impliquant nos bénévoles à intéresser par notre programmation les deux communautés.  Il y a des franco‑ontariens, il y a des québécois.

179              Mais je pense qu'au sommet de tout ça, il y a une communauté francophone qui a besoin d'un service de radio communautaire qui va parler, effectivement, des intérêts.


180              L'ARC, maintenant, oui, effectivement un autre problème de symbiose et de difficulté avec la composition ARC Québec, ARC Ottawa ou ARC Canada.  Peut‑être qu'on sera les premiers à s'associer aux deux ARCS, ARC Québec et ARC Canada avec mon ami Côté ici qui représente le reste des radios communautaires d'Ottawa.

181              De toute façon, ça fait partie un peu du grand défi que nous avons de vouloir implanter une station qui va s'intéresser aux deux communautés ou aux communautés qu'elle va desservir.

182              LE PRÉSIDENT:   Or, un des défis, ça va être de vous trouver du membership et des bénévoles et je suis... je voyais dans votre demande que, bon, vous voulez travailler à partir des milieux associés à la santé, à partir de milieux déjà structurés dans lesquels on retrouve des bénévoles.

183              Je sais que vous mentionnez les gens dans le secteur de la santé, mais vous en mentionnez plusieurs autres, là, mais qui sont tous dans la famille franco‑ontarienne.

184              Du côté du Québec, vous allez recruter vos membres et vos bénévoles de quelle façon et puis comment est‑ce que vous allez les mettre à travailler ensemble?

185              M. BOUCHER:  Bien, ce n'est pas compliqué.  Les gens déjà communiquent avec nous des deux côtés de la rivière pour dire qu'ils veulent participer à l'implantation et à la réalisation de la radio communautaire, qu'ils habitent du Québec ou qu'ils habitent du côté ontarien.  On en a ainsi.


186              Et puis pour augmenter le nombre, bien, nous avons... nous sommes à concevoir des programmes d'attraits et d'intérêts pour les deux côtés de la rivière.

187              Si on fait une émission sur la santé, il n'est pas dit qu'une semaine on ne fera pas une émission avec quelqu'un qui vient de l'Hôpital Montfort et la semaine suivante, ça sera quelqu'un qui viendra de l'Hôpital de Gatineau ou l'Hôpital de Hull, par exemple.

188              C'est la même chose dans différents... dans tous les domaines.  Ce n'est pas parce que les studios sont situés à Ottawa qu'on met un rideau de fer dans la Rivière des Outaouais pour pas que les ondes traversent.

189              M. BRADET:  Un point qui est important.  On a parlé du transfert quotidien de québécois vers l'Ontario, de l'ontarien vers le Québec et ça se fait par dizaines de milliers à tous les jours.


190              Moi, je suis président d'une organisation qui s'appelle «La Nouvelle Scène» qui est du côté Ottawa.  On a énormément de clients de la part du Québec.  On travaille avec le regroupement des gens d'affaires qui est des deux côtés, ils nous appuient.  Ce sont des gens qui vont venir chez nous et qui vont aller dans les stations des deux côtés de la rivière.

191              Et lorsqu'on parlait, monsieur le président, d'une voix du côté franco‑ontarien, il faut admettre qu'avec la centralisation des nouvelles maintenant de plus en plus à Toronto et à Montréal, le manque flagrant de contenu local des stations commerciales qu'on vit actuellement dans la région, on va devenir peut‑être, si on a une licence, quelque chose de plus local qu'il n'y a jamais eu ici ou qui n'a pas... qui reste dans la région.  Et on croit que les populations francophones ont besoin de ça.

192              Vous parlez à quelqu'un d'Embrun et vous lui demandez s'il a une voix sur les trois ou quatre stations de radio qui existent actuellement en français, il va vous dire «non».   Je suis convaincu qu'il va vous dire «non» parce que c'est très loin.  La rivière n'est pas un rideau de fer, mais c'est une grande distance psychologique pour plusieurs franco‑ontariens.


193              Ça ne veut pas dire que de l'autre côté, ça ne se passe pas; ça se passe aussi parce qu'on l'entend sur les ondes des radios francophones, les nouvelles des deux côtés de la rivière.  Et, nous, on pense aussi qu'il y a de la place pour une radio communautaire dans la Région de la Capitale Nationale.  C'est ça qui est notre point de vue.

194              M. POULIN:  Si vous me permettez, monsieur le président.  Un exemple qui me vient à la tête actuellement, qui réalise très bien cette osmose, cette symbiose des deux rives, c'est le journal «Le Droit».  C'est de l'écrit peut‑être...

195              M. BRADET:  C'est ça.

196              M. POULIN:  C'est un journal franco‑ontarien par définition qu'il était, mais il est vendu à 60 pour cent du côté du Québec et les nouvelles sont, d'une part, autant québécoises que franco‑ontariennes ou ontariennes et je pense que le journal «Le Droit» est en très bonne... parfaite santé financière pour se positionner dans le marché.

197              Alors, je pense que la RCFO aura à peu près le même défi ou le même cheminement à faire en terme d'associer les deux communautés à faire une radio communautaire locale.


198              M. BOUCHER:   Je pourrais vous donner un exemple.  Il y a des organismes locaux qui sont installés des deux côtés de la rivière et puis qui se sont établis... d'abord, ils ont été créés du côté d'Ottawa, par exemple, le Club Richelieu, qui nous appuient considérablement, qui nous appuient de toute leur force.

199              C'est un organisme qui s'est d'abord établi à Ottawa et, ensuite, qui a traversé dans l'Outaouais québécois et puis leurs membres sont membres, sont aussi dédiés à la cause de la radio communautaire francophone que ceux d'Ottawa.

200              LE PRÉSIDENT:   Je vais parler maintenant de votre projet de programmation.  Bon, il demeure quelques petites questions qui sont plus techniques pour nous, pour bien saisir le détail de votre projet.

201              Au niveau de votre programmation locale, vous nous dites dans votre demande que vous prévoyez produire 84 heures d'émissions produites par la station, 15 à 20 heures seront produites par des bénévoles, 25 heures viendront du réseau francophone et de CKGM‑FM.  Et on arrive donc, quand on fait le calcul, nous, on arrive à établir une grille de programmation qui fait entre 124 et 129 heures par semaine.  Or, au plan de semaine de radiodiffusion, le CRTC l'a établi à 126.

202              Alors, pouvez‑vous nous aider à arriver à 126?


203              M. POULIN:  Monsieur le président, c'est une bonne question.  Je pense qu'on nous a reposé la question lors de l'envoi des lettres de lacunes.

204              LE PRÉSIDENT:   Effectivement, puis...

205              M. POULIN:  Et je crois qu'on avait répondu complètement à la question, nous.

206              LE PRÉSIDENT:   Mais ça reste.  Dans notre esprit, on arrive toujours avec la même fourchette.  Donc, j'aimerais vous l'entendre de vive voix.

207              M. POULIN:  Pourtant, on avait fait 12 fois les mêmes calculs puis on arrivait à 126 heures de diffusion de 6 h 00 à minuit, mais je vais essayer de retrouver la lettre de lacunes à l'Annexe 20.  Je l'ai ici.

208              Effectivement, ce que vous venez de raconter c'est exactement la question numéro 1 que le Conseil nous avait relatée le 12 septembre 2007 et on croyait avoir répondu totalement à l'ajustement du 126 heures versus 124, 129.

209              LE PRÉSIDENT:   Mais on veut savoir ce qui est... ce qui sera en direct, ce qui est en différé, ce qui est automatisé, ce qui est pré‑enregistré, ce qui vient d'une source tierce.

210              M. POULIN:  Ça, c'est la deuxième question du Conseil, à ce moment‑là.


211              LE PRÉSIDENT:   Oui, oui.

212              M. POULIN:  Bon, écoutez, j'essaie de reconstituer.  C'est une lettre qui date du mois de septembre quand même.

213              Effectivement, nous avons 84 heures d'émissions produites par la station.  C'est principalement de 0600 du matin à 1800 le soir; c'est‑à‑dire de 0600 à 1800 par jour, ça fait 84 heures.

214              Nous avons 15 heures de radio... de provenance de radio francophone d'Amérique, le RFA, 12 heures d'émissions acquises par les émissions de CKGM, ce qui faisait un total de 111 heures de programmation.

215              Nous avons recalculé tout ça et je ne voudrais pas lire toute la correspondance qu'on vous a fait, et le nombre à la réponse 3, je pense, nous avions donc le nombre d'heures locales que la station diffusera en direct, c'est 64 heures; automatisées c'était 20 heures avec des insertions parlées, de 1000 à 1400 dans la journée; et pré‑enregistrées 10 heures.  Ça ferait donc le 84 heures plus pré‑enregistrées, 10 heures.


216              Mon Dieu, j'essaie de lire rapidement la réponse.  Oui, c'est ça juste avant, ici.  Alors, à la page 1 de la réponse que nous avions fait à ce moment‑là, que nous avions envoyée au Conseil, c'est effectivement nous avions réconcilié le 126 heures par semaine de radiodiffusion et la réponse était la suivante :

217              Que la programmation locale inclut la programmation produite par la station ou produite séparément ou exclusivement par elle.  Et la nouvelle répartition des heures de diffusion est la suivante : 94 heures de programmation produite par nous dont 60 heures, de 0600 à 1800 du lundi au dimanche, 34 heures produites par les bénévoles dont l'émission «Soirée musicale» en soirée, du lundi au vendredi inclusivement, de 2100 à 2300.

218              Ça répondait à la réconciliation du 111 ou 129... 126 heures.  Et ça, vous retrouvez ça à la réponse numéro 1 de l'arrêt du Conseil.


219              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, on a parlé tantôt d'information et de l'importance que l'information locale peut prendre pour... dans votre projet, compte tenu de ce que j'ai bien compris de vous à l'effet que les nouvelles maintenant viennent soit de Toronto ou soit de Montréal, donc certains pourraient... je connais bien le mot «montréalisation des ondes», j'essaie de trouver la «torontoisation des ondes» aussi, également.  Je suis moins familier à le prononcer celui‑là, mais...

220              Or, quelle quantité et comment est‑ce que vous allez structurer votre diffusion d'information locale?  Allez‑vous avoir des bulletins tels quels ou si ça va être intégré dans la programmation?

221              M. BOUCHER:   Nous prévoyons avoir des bulletins de nouvelles à des périodes données le matin, le midi, le soir, et au début le plan que nous vous avons donné, bien c'est effectivement Jour 1 ou à peu près là, et plus la station prendra de l'ampleur, plus il y aura de gens qui travailleront à la salle des nouvelles, plus il y aura de bulletins et plus l'information sera complète.

222              Mais pour le moment, nous allons devoir nous satisfaire d'un journaliste et demi, probablement deux, parce qu'on n'a pas choisi quelle moitié on prendrait.

223              Deuxièmement, nous allons compter aussi sur l'apport de journaux locaux, des banlieues et ce qu'on appelle communément dans le métier des «stringers» pour nous alimenter des nouvelles au besoin, et donner l'information au public.

224              LE PRÉSIDENT:   Et ce journaliste et demi ou deux, ce sont des employés ou des bénévoles?

225              M. BOUCHER:  Ce seront des employés.


226              LE PRÉSIDENT:   Et qui auront donc fonction de produire et de lire des bulletins de nouvelles comme ça se fait dans n'importe quelle station de radio?

227              M. BOUCHER:  Et voilà.

228              M. POULIN:  Pour compléter la réponse de monsieur Boucher, monsieur le président, si vous me permettez.

229              Nous allons avoir quatre heures de nouvelles dites pures par semaine à la RCFO.  Nous prévoyons nous affilier avec le service des nouvelles Educom qui va produire des nouvelles dites régionales ou nationales, plus nos nouvelles locales que nous allons compléter.  Donc, ce qui constitue notre quatre heures de nouvelles dites pures que nous allons diffuser par semaine.

230              LE PRÉSIDENT:   Pouvez‑vous me parler davantage de ce qu'est Educom?

231              M. POULIN:  Educom c'est l'agence de nouvelles créée ou qui fournit les nouvelles de la part des stations des radios communautaires.  Et le coût de nouvelles que nous avons déjà négocié ou informé, c'est déjà en marche dans notre démarche.

232              M. CÔTÉ:  Educom fournit déjà les stations de l'Ontario et de l'ouest du pays.


233              LE PRÉSIDENT:   Avec un bulletin de... de quel type de bulletin?

234              M. CÔTÉ:  C'est trois bulletins qui... trois bulletins nationaux qui sont envoyés via le site FTP via internet.  Il également produit des bulletins provinciaux, un par jour, pour l'Ontario et l'ouest du pays.

235              LE PRÉSIDENT:   Et c'est diffusé par l'ensemble des stations de radios communautaires?

236              M. CÔTÉ:  C'est ça.

237              LE PRÉSIDENT:   De l'un ou de l'autre des territoires et sinon des deux, dépendant évidemment de la facture du bulletin?

238              M. CÔTÉ:  C'est ça.

239              LE PRÉSIDENT:   Et ça existe depuis longtemps Educom?

240              M. CÔTÉ:  Educom existe depuis quatre ans.

241              LE PRÉSIDENT:   Depuis quatre ans?

242              M. CÔTÉ:   Oui.

243              LE PRÉSIDENT:   Peut‑être que le personnel du Conseil connaît mieux Educom que moi, mais c'est la première fois que j'en entends parler, donc merci de...


244              Maintenant, dans votre programmation, vous faites état d'ailleurs de francophones d'origines diverses et de francophiles.  Et dans les francophones d'origines diverses, vous mentionnez évidemment les gens du Maghreb notamment.

245              Avez‑vous des plans spécifiques pour les intégrer dans vos activités parce que c'est un des objectifs de la politique de la radio communautaire, les services de programmation aux minorités encore plus minoritaires?

246              M. BOUCHER:  Hum‑hum!  Bien, justement, pour vous dire que nous avons déjà des bénévoles qui sont... qui font partie du groupe, qui se sont intégrés il y a déjà un certain temps quand on a commencé à publiciser davantage notre désir d'établir une station radio francophone, ces gens‑là se sont manifestés et déjà ils s'occupent de distribuer, d'inviter les gens à des activités qui viendront à la radio communautaire quand nous aurons notre permis.

247              On a déjà... j'en ai déjà cinq ou six là.  Daniel?


248              Me BOIVIN:   La communauté franco‑ontarienne est déjà très familiarisée avec la question des nouveaux arrivants.  En fait, si on regarde n'importe quel organisme franco‑ontarien provincial, par exemple, l'ACFO, il y a une voix très forte qui est donnée aux nouveaux Canadiens provenant de pays francophones.

249              Et puis pour la communauté franco‑ontarienne c'est vraiment une priorité d'inclure ces gens‑là dans toutes les activités qui sont faites.

250              Donc, l'approche de la communauté est déjà assez sophistiquée à cet égard‑là.  La communauté, appelons‑les comme ça, les nouveaux arrivants francophones ou les minorités encore plus minoritaires, pour utiliser votre terme, ont déjà des porte‑paroles très... qui sont très présents, bien organisés et puis certainement notre programmation leur donnera une voix à ces gens‑là.

251              Il n'y a aucun doute, il faut que ça soit comme ça dans la communauté franco‑ontarienne.

252              LE PRÉSIDENT:   Et du côté des francophiles, avez‑vous des projets plus spécifiques ou si c'est quelque chose sur laquelle vous vous êtes penchés?

253              Me BOIVIN:  Les francophiles veulent entendre du contenu français.  Ils veulent entendre du contenu... du contenu local.  Donc, en leur donnant ce qu'on propose de faire, on rencontre ce que les francophiles veulent avoir.


254              Il y a beaucoup beaucoup de fonctionnaires, par exemple, dans la région, fonctionnaires anglophones qui sont très intéressés à la culture locale puisque c'est la communauté dans laquelle ils vivent, qui n'ont pas accès à ça puisqu'il y a beaucoup de programmation qui vient de Montréal, qui vient de Toronto, communautés francophones auxquelles ils ne s'identifient pas nécessairement.

255              Donc, les populations francophiles veulent entendre quelque chose qui vient de la ville, leur donne des opportunités, par exemple, de découvrir qu'est‑ce qui se passe culturellement dans la ville pour qu'ils puissent fréquenter.

256              On parlait de la Nouvelle Scène tout à l'heure, ils veulent être informés de ça pour pouvoir continuer à découvrir, si je peux dire ça comme ça, la culture francophone.  Donc, notre projet en soi est d'intérêt aux francophiles.

257              M. BOUCHER:  J'aimerais ajouter que nous avons déjà la participation de quelques organismes francophiles dont un qui s'appelle «Parents for French» et qui est un organisme anglophone et qui a manifesté son intérêt et la lettre d'appui fait partie de la brique qu'on vous a remise ou qu'on a remise au CRTC il y a déjà... je crois que c'est au mois d'octobre, alors...


258              Et puis j'ai eu l'occasion de parler au directeur général, monsieur Shea, et puis il n'y avait pas de doute qu'il sentait le besoin d'avoir une station communautaire francophone, naturellement.

259              M. POULIN:  Si vous me permettez, il y a effectivement une programmation et de la programmation ou des émissions qui sont prévues pour intéresser les gens d'autres sources que francophones, les gens du Maghreb dont on parlait tout à l'heure.

260              Mais il y a quand même aussi, et vous avez raison de le souligner, il y a 146 000, selon les statistiques que nous avons, de francophones dans la région ici et comme disait monsieur Boivin tout à l'heure, c'est en offrant le produit local, le produit de la communauté que je pense qu'ils vont s'intéresser et s'intéresser aux produits que nous allons leur offrir.

261              Puis si effectivement il y a de la programmation à développer ou à mettre au point pour spécifiquement cette communauté‑là, on le fera.  Nous serons une radio communautaire qui devra répondre aux besoins de la population et on s'engage à le faire.


262              LE PRÉSIDENT:   Une partie importante de votre programmation sera musicale finalement.  Est‑ce que vous avez déterminé en nombre d'heures quelle serait la proportion qui serait orale versus la proportion qui serait musicale?

263              M. POULIN:  Au départ, il y a 25 pour cent de la programmation qui sera de création verbale, donc sur l'ensemble de la programmation il y aura beaucoup de verbal et de créations orales.  Le reste, ce sera de la musique.

264              LE PRÉSIDENT:   À caractère musical.  Or, outre la musique country, comment cette musique‑là va se différencier de la programmation musicale qu'on puisse entendre sur les stations commerciales et à Radio‑Canada?

265              MME DUBOIS:   Bien, en fait...

266              LE PRÉSIDENT:   Et même à la radio de l'Université d'Ottawa?


267              MME DUBOIS:   Mais en fait ce qu'on compte vraiment faire, c'est donner une place aux artistes, aux nouveaux artistes puis à la musique qui n'est pas jouée principalement dans les autres radios.  Donc, c'est vraiment de varier la musique puis de permettre à des nouveaux artistes d'utiliser leur station de radio un peu comme une plate‑forme pour se faire entendre, de donner une voix comme ça aux nouveaux artistes, de les faire connaître et puis, oui, donc des talents émergents puis de la musique qui n'est pas jouée habituellement dans les autres... dans les autres radio.

268              Donc, même si ce sont des artistes connus,  peut être des chansons qui ne le sont pas nécessairement.

269              LE PRÉSIDENT:   Est‑ce que vous avez défini ce que c'était pour vous un talent émergent?

270              MME DUBOIS:   Bien, ça peut être... ça peut être tout artiste qui tente de faire entendre sa voix, qui n'a pas nécessairement la plate‑forme pour le faire, donc les artistes francophones du Canada qui n'ont pas nécessairement toute l'infrastructure pour leur permettre d'avoir accès aux ondes et tout ça.

271              LE PRÉSIDENT:   Est‑ce que Pierre Lapointe est un talent émergent?

‑‑‑ Rires / Laughter

272              MME DUBOIS:  Il l'a été à un moment donné.

273              M. BRADET:  On va faire un Ottawa/Gatineau Idol, là, ça va fonctionner.


274              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, effectivement, il y a quand même du talent local régional de langue française qu'on entend peu.  Allez‑vous avoir une structure d'accueil spécifique pour eux ou bien si c'est... ou ce sera dans la mesure où ils ont déjà produit des disques qui seront... et qui vous seront remis et que vous allez pouvoir en faire la diffusion ou si vous prévoyez organiser des... pas nécessairement un Ottawa Idol parce que, ça, ça pourrait être... je pourrais vous demander où dans votre plan d'affaires retrouver le budget puis... mais quand même avoir des façons de faire des prestations en direct ou pour donner une chance à du nouveau talent?

275              Est‑ce que ce sont des avenues que vous avez considérées?

276              MME DUBOIS:  Dans un premier temps, je pense que ça va être vraiment de travailler avec les associations qui existent déjà et qui sont des professionnels dans le fond, de la musique, par exemple, à l'Association des professionnels de la chanson et de la musique, l'APCN qui nous soutient déjà.


277              Donc, ce serait de travailler avec les associations dans la vision à plus long terme de la station.  Je pense que c'est envisageable qu'une station de radio puisse organiser des concerts ou des spectacles puis de servir un peu à ce titre‑là d'acteur principal dans une communauté musicale qui doit se faire entendre et qui a besoin d'une visibilité et qui peut rayonner à Ottawa, à Gatineau, mais en plus dans le grand portrait au Canada en général.

278              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, vous... oui?

279              M. BRADET:   Je pense qu'il y a aussi d'autres opportunités qu'on n'utilise pas assez.  Je regarde, par exemple, un des problèmes dans la radiodiffusion puis dans la télévision, c'est la production, la production de choses de qualité, et caetera.

280              Et il faut de plus en plus, à mon avis, travailler avec le producteurs qui ne sont pas nécessairement dans la radio et la télévision, mais qui font des choses intéressantes.  Je pense, par exemple, à la Nouvelle Scène.  Je pense, par exemple, au Théâtre de l'Île.  Je pense au Carrefour à Orléans, je ne me souviens pas du nom de l'entreprise.

281              M. BOUCHER:  Le MIFO.

282              M. BRADET:  Le MIFO.  Ce sont des organisations qui amènent des jeunes artistes, qui font produire des jeunes artistes et qui font des festivals de musique, et caetera.  On ne sera jamais capable de rivaliser avec Radio‑Canada qui va aller enregistrer Franco‑Fête.  Ça, oublions ça, on n'est pas capable.


283              Mais, nous, on va être capable, à mon avis, sur une base communautaire, d'aller dans ces places‑là comme la Nouvelle Scène, la MIFO, Le Théâtre de l'Île, et caetera, du côté... des deux côtés de la rivière et dire, bien, on va en faire des émissions qui vont promouvoir ces jeunes artistes‑là soit dans le théâtre, parce qu'on veut faire... on veut faire aussi, démontrer la richesse des différents médiums de la culture, soit dans la musique...

284              Et moi, je suis un fervent croyant qu'il faut mettre à l'oeuvre les institutions culturelles pour aider les systèmes de diffusion au Canada, que ça soit la radio ou la télévision et c'est trop des secteurs compartimentés à ce moment‑ci.  On va tous y gagner si on fait ça, à mon avis.

285              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, vous prévoyez qu'il y a 10 pour cent de votre musique qui sera de type country.  Est‑ce que ce sera du country francophone ou du country des Plaines de l'ouest?

286              M. BOUCHER:  Il y a des secteurs francophones dans l'ouest, mais ce sera de la musique francophone, de la musique francophone.

287              LE PRÉSIDENT:  Et, ça, ça sera certainement quelque chose qui vous sera tout à fait exclusif, du moins, à ma connaissance des stations locales.


288              M. BRADET:  Mais une question que vous n'avez pas posée et vous parlez du country, mais une chose qu'on voit dans la région et ça nous fait de la peine parce qu'on pense qu'il y a un auditoire pour ça, de plus en plus les gens s'éloignent ou, du moins, certaines stations veulent soigner la musique classique.  On voit ça dans les journaux, là, de plus en plus, là, Radio‑Canada qui dit, bon bien, on va laisser tomber ça, et caetera, d'autres stations, mais, nous, on ne croit pas à ça.

289              On a, par exemple, un partenaire qui veut travailler avec nous, qui a travaillé pendant 15 ans sur les émissions de classique, une émission de radio classique qui était un grand succès à ce moment‑là et il veut revenir travailler avec nous.

290              Et je pense que, oui, il va y avoir de la musique country, mais ça c'est 10 pour cent, mais il va y avoir aussi de la musique classique.  Il va y avoir aussi les deux côtés de la médaille et on ne voudra pas faire peur ou s'éloigner de ce genre d'engagement‑là de notre part.


291              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, c'est parce que quand je regarde le projet que vous nous avez déposé, ça représente un pour cent de votre offre musicale, mais ce qui s'appelle la «musique de concert» parce que vous avez aussi de la musique de folklore, de la musique internationale, de la musique du monde et du jazz et du blues qui, lui, va être un petit peu plus important, vous nous avez donné six pour cent.

292              Maintenant, évidemment, je comprends que c'est toute la catégorie 30, de la grande catégorie 30 et que ça peut probablement varier.  Vous n'êtes pas tenu au un pour cent; vous êtes tenu à 20 pour cent de temps qui doit être dédié à d'autre chose que la musique populaire et donc si, effectivement, la musique classique perd sa fenêtre sur certaines stations, vous pourriez.. ça pourra vous amener des auditeurs parce que, pour un, je crois que la musique classique a sa place.

293              M. BOUCHER:  Monsieur Arpin, si ce n'était que de moi, évidemment il faut satisfaire la population et tout le monde, moi aussi j'adore la musique classique et j'en diffuserais 24 heures sur 24, mais je dois me fier au goût de la population.


294              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, on va parler un peu de votre plan d'affaires et des projections financières.  Notamment, je parlerai de publicité dans un deuxième temps, mais une des hypothèses que vous mettez de l'avant c'est au départ, au démarrage pour la première année, un financement gouvernemental que vous avez attribué de l'ordre de 50 000,00 $ et après ça pour chaque année quand même un financement dit non gouvernemental.

295              Est‑ce que vous avez déjà déterminé d'où la provenance de ces fonds‑là, à la fois les fonds gouvernementaux et les fonds non gouvernementaux?

296              M. BOUCHER:   Oui.

297              LE PRÉSIDENT:   Parce que vous avez aussi des activités de financement, là, qui je comprends sont des radiotons, et caetera.  Donc, les montants de financement non gouvernemental ne sont pas des activités de financement.

298              M. BOUCHER:  Bien, les activités de financement non gouvernemental vont pouvoir venir d'organismes, et je le dis ainsi, ça peut être aussi bien des Caisses populaires ou un organisme philanthrope comme les Soeurs de la Sagesse.

299              Je ne dis pas ça parce qu'on les a approchés, au contraire, mais je fais tout simplement donner...

300              LE PRÉSIDENT:   Ils apprennent présentement qu'elles seront sollicitées.

‑‑‑ Rires / Laughter

301              M. BOUCHER:  Et voilà.


302              M. POULIN:  Monsieur le président, pour répondre au 50 000 $ qui est prévu non gouvernemental pour la première année, c'est Patrimoine Canada qui est prévu, n'est‑ce pas.  Les autres années, on n'avait pas prévu de contribution de financement gouvernemental parce que l'autofinancement des différentes activités que nous avons prévues va être suffisant pour opérer, mais la première année, c'est gouvernemental, c'est Patrimoine Canada.

303              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, si vous desservez l'auditoire québécois, le Ministère de la culture et des communications du Québec a lui aussi des programmes.

304              M. BOUCHER:   Oui.

305              LE PRÉSIDENT:   Bon, en tout cas, vous irez frapper à leur porte puisque ce n'est pas dans votre plan d'affaires présentement, mais ce n'est pas... c'est une optique que, je suppose, vous allez considérer.

306              M. BOUCHER:  Je ne veux pas vous contredire, monsieur Arpin, mais si je comprends bien la position du Gouvernement du Québec, si les studios ou le lieu du studio...

307              LE PRÉSIDENT:   Va déterminer si vous êtes éligible ou non.


308              M. BOUCHER:  Hum!  Parce que je l'ai vu arriver, il y a des organismes qui étaient installés en Ontario et puis le Gouvernement du Québec a refusé de financer.

309              M. BRADET:  Mais il y a l'autre côté de la médaille par contre, c'est que vous avez une fondation comme la Fondation Trilium qui est une très grande fondation ontarienne qui nous ont déjà confirmé que si on avait la licence ils seraient à la fête et de façon significative.

310              Alors, il y a des contre‑balancements là‑dedans.

311              LE PRÉSIDENT:   Il y a des contre‑balancements.

312              M. BOUCHER:  Je dois dire aussi qu'il y a un autre organisme qui nous a déjà appuyés et qui nous a laissé entendre qu'ils nous appuieraient encore, c'est la Fondation franco‑ontarienne.

313              M. POULIN:  Alors, pour le financement, en ce moment‑ci, il n'y a pas de difficulté.  On peut l'obtenir de différentes sources et puis faire fonctionner la station d'une façon professionnelle et d'un calibre supérieur parce que nous aurons suffisamment d'argent pour le faire.


314              Je dois dire que c'est notre désir, non seulement notre désir, mais c'est notre philosophie d'offrir une station de calibre professionnel parce que nous diffusons dans une des régions les plus importantes du pays, dans la Région de la Capitale Nationale.  Alors, il ne faut sûrement pas avoir une diffusion qui laisse à désirer.

315              LE PRÉSIDENT:   Dans vos hypothèses financières, vous avez évidemment prévu des revenus de publicité nationale et des revenus de publicité locale.

316              Et dans l'étude de marché que monsieur Poulin a fait pour vous, il établit votre portée à environ 10 000 auditeurs.  D'ailleurs, vous le citez vous‑même dans la demande.  Vous réutilisez même dans votre mémoire, effectivement, cette donnée que l'étude de marché de monsieur Poulin.

317              Or, je regarde dans le marché ici, les stations de langue française, y compris celle de Radio‑Canada, ont quand même des portées.  On va prendre pour acquis celle de Radio‑Canada ne sollicite pas de revenu publicitaire, mais les stations de radio commerciale de langue française ont des portées quand même nettement supérieures à ce 10 000 auditeurs que l'étude de monsieur Poulin vous a établie.


318              Alors, comment allez‑vous réaliser, effectivement, votre objectif de revenu publicitaire qui, sans être agressif, est quand même... représente quand même des sommes particulièrement au niveau de la publicité nationale qui pourraient être plus difficiles à atteindre que si en concurrence avec d'autres joueurs ou si vous avez déjà identifié des catégories d'annonceurs qui sont plus spécifiquement intéressés à l'auditoire des radios communautaires?

319              M. POULIN:  Effectivement nous avons été relativement conservateurs sur l'ensemble des données que nous avons traitées dans notre étude de marché.

320              Nous avons même pris plusieurs hypothèses diverses que vous voyez dans l'étude pour effectivement en arriver à une étude commune moyenne.

321              On s'est fié aussi, on a regardé aussi la performance de certaines stations de radio communautaire ailleurs au pays, leurs revenus.  Je peux vous dire qu'à Cornwall on vend 23,00 $ du 30 secondes, à Toronto, on vend 48,00 $ du 30 secondes.  Nous on établit telle hypothèse.

322              On sait aussi actuellement que Radio‑Unie qui sont les représentants, les reps des radios communautaires vendent tant de milliers de dollars ou centaines de milliers de dollars aux radios communautaires.


323              On pense avec la part de marché, la part d'écoute que nous avons estimée, on aurait... on est arrivé à l'évaluation que nous avons incluse dans nos prévisions financières; c'est‑à‑dire 60 000 $ de revenu publicitaire national la première année et je crois que c'est 235 000 $ la deuxième année, au niveau local.

324              Donc, on a eu des hypothèses relativement conservatrices, mais suffisamment importantes pour être capable de pouvoir prendre notre place dans le marché dès la première année.

325              LE PRÉSIDENT:   Parce que vous‑même, monsieur Poulin, vous avez déjà oeuvré dans ce marché‑ci et vous êtes confiant d'aller chercher, prenons pour la troisième année qui serait une année... parce que les deux premières années c'est peut‑être plus des années de démarrage, on peut solliciter des clients qui vont nous appuyer sans s'attendre à des résultats, mais après un certain nombre d'années on veut que la caisse enregistreuse sonne, comme les gens disent dans ce milieu‑là.

326              Or, je vois que vous avez prévu des revenus publicitaires de vente nationale pour l'année 3 de 84 000 $ et de vente locale de 300 000 $.  Vous estimez qu'à ce moment‑là vous allez être suffisamment bien implantés pour être capable de générer ces revenus‑là?


327              M. POULIN:  Absolument.  Encore une fois, les hypothèses de base étant relativement conservatrices, l'estimation que j'ai fait là c'est en regard avec l'ensemble du marché qui, encore une fois, est en très bonne santé financière, la croissance des revenus publicitaires tant locaux et nationaux au niveau radio est relativement même très très bonne et vous l'avez ici même dans une décision antérieure.

328              Mais oui, effectivement, la radio communautaire sera en place et suffisamment de vitesse de croisière pour être capable d'aller chercher le 300 000 $ de publicité locale parce que, encore une fois, sur l'ensemble des revenus... pas des revenus, du marché qui est de 55 000 000 $ dont 16 à 17 000 000 $ de revenus de publicité locale francophone, 300 000 $ c'est... c'est sûrement plausible de pouvoir atteindre cet objectif.

329              LE PRÉSIDENT:   Ma dernière question... mes collègues en auront sûrement quelques‑unes, dans votre mémoire, vous avez écrit et je le cite.  Non.  Je m'aperçois que je l'ai posée la question.  Merci.

330              Alors, monsieur Morin.


331              CONSEILLER MORIN:   Bonjour.  Je voudrais simplement revenir sur la question des marchés et des cotes d'écoute.  Dans vos plans, vous prévoyez je pense la première année une cote d'écoute de trois pour cent qui à l'année sept passerait à 3,6 pour cent.  Or, si je regarde les stations communautaires dans la région comme, disons, SCAGA‑FM, Maniwaki, c'est un peu loin, c'est du côté québécois, mais aussi les stations de campus, bien on voit les parts de marché c'est une dixième d'un pour cent, virgule, zéro deux centième de un pour cent, 16 centièmes d'un pour cent, on est bien loin du trois pour cent.

332              Est‑ce que ces prévisions que vous faites de vos cotes d'écoute ne sont pas un peu trop optimistes et sur quoi vous vous êtes basé finalement pour penser obtenir dès la première année... dès la première année trois pour cent de cote d'écoute?

333              M. POULIN:   Nous avions regardé l'ensemble de l'écoute à partir des sondages BBM de l'ensemble des stations de radio.  La croissance d'écoute des radios francophones et anglophones dans le marché évolue très bien depuis plusieurs années, même surtout les dernières années.


334              Pour aussi comparer avec le système de radio, les systèmes de radio qui existent actuellement francophones, que ce soit les stations d'Astral ou de Radio‑Nord et de Radio‑Canada qui performent très très bien, CIMF, entre autres, CKVF sont des stations qui performent très très bien, ronde d'écoute de plusieurs centaines de milliers d'auditeurs.

335              Nous, on s'est dit avec une radio communautaire qui va bien pénétrer le marché des deux rives de l'Outaouais en passant, réellement est assuré là‑dessus, l'on prévoit à cause de la programmation locale, à cause de la variété de la programmation que nous allons offrir, c'est quelque chose que nous allons offrir ce que les autres stations, puis je respecte ce que les autres stations ne font pas, nous, on va le faire, on croit effectivement que nous allons pouvoir atteindre ces objectifs.

336              Le plus bel exemple qu'on peut mentionner, c'est avec notre contenu verbal, Radio‑Canada a neuf ou dix parts de marché, dans le marché actuellement, selon mes statistiques, des statistiques des cotes d'écoute que j'ai, de 2006 je crois.

337              À neuf, dix parts de marché, c'est très bon.  C'est même excellent pour le marché ici.  Et je crois que j'ai la deuxième ou la troisième station la plus écoutée.


338              Donc, ce que j'appelle le « talk », le verbal, ça semble être effectivement un créneau de programmation qui intéresse le public ici, surtout les gens de la communauté francophone des deux rives que nous, on pense qu'on va desservir.

339              Donc, oui, peut‑être que trois pour cent, c'est beaucoup par rapport à si vous comparez ça à Maniwaki ou à Cornwall ou ailleurs, mais si on regarde la radio régionale, la radio locale ici, le service que nous allons offrir, on pense qu'avec trois pour cent, c'est quand même minime, mais c'est atteignable, je pense, deuxième ou troisième année de notre existence.

340              CONSEILLER MORIN: Vous dites « on croit », « on pense », mais est‑ce que vous avez fait des études de marché, des sondages auprès des populations visées, soit des francophiles, soit des minorités, soit du côté québécois, soit du côté du Québec, pour arriver à bien cibler la nature de votre programmation?


341              M. POULIN:  Effectivement, il y a eu un sondage qui a été inclus à l'intérieur du document, Décima, qui a été fait en 2007 pour effectivement répondre à toutes les questions que vous nous soulevez tant dans l'intérêt des gens, concernant la nouvelle radio qu'on voulait offrir, puis par rapport aussi surtout à leur intérêt à l'information locale.  Ça, c'est très clair dans le sondage.

342              CONSEILLER MORIN:  Et quel était le chiffre le plus important selon vous, qui justifiait, en fait l'intérêt qu'on pourrait porter à la radio communautaire dans la région?

343              M. BRADET:  Je pense que vous avez ça en page 24 de la recherche de Décima.  On parle 51 pour cent de la population interviewée par Décima, qui est quand même une bonne boîte, qui disent qu'ils sont très intéressés par la diffusion locale.

344              Mais un chiffre encore plus intéressant, c'est qu'au‑delà de soixante... 59 pour cent des francophones et des organisations qui avaient été interviewées ‑‑ puis on en a fait beaucoup, Décima a été vraiment à fond ‑‑ ont dit qu'ils changeraient de station s'ils avaient une station communautaire leur donnant le genre de programmation qu'on parle.

345              Alors, quand vous parlez, est‑ce qu'on est optimiste de trois pour cent?  Moi je pense que peut‑être; peut‑être un petit peu optimiste.  Il faut toujours l'être un peu.  Mais je ne pense pas que c'est vraiment hors de l'ordinaire quand on regarde la recherche qu'on a faite et l'intérêt énorme.


346              C'est pas facile de dire dans une maison :  Oui, on va changer de station.  Et ils le disaient.  Alors, écoutez, c'est une recherche.  C'est Décima qui l'a faite.  Est‑ce qu'il faut y croire?  J'y donne une certaine valeur.  Ça change, mais c'est quand même valable.

347              M. POULIN:  Pour... permettez?  Aussi, peut‑être, à la page 19 du même sondage...

348              M. BRADET:  Oui?

349              M. POULIN:  C'est très clair.  À l'heure actuelle, la question était la suivante :  Comment vous vous tenez au courant des services disponibles dans votre région?

350              Le premier mentionné c'est les journaux communautaires, 49 pour cent.

351              M. BRADET: Oui.

352              M. POULIN:  Deuxième, c'est la radio à 41 pour cent.  Donc, je voulais juste boucler l'intérêt...

353              M. BRADET:  Communautaire.

354              M. POULIN:  ...le sonder.  Puis il y a 501 personnes qui ont répondu à ce sondage, donc, je pense qu'il est suffisamment... il est significatif.


355              CONSEILLER MORIN:  Je voudrais revenir sur une question qui avait été posée précédemment sur les nouvelles communautés libanaises, marocaines, tunisiennes, et cetera.  Et d'autre part, les 146 000 francophiles qu'il y aurait dans la région.

356              Évidemment, vous avez dit tout à l'heure que vous avez établi des passerelles avec ces groupes minoritaires.  Est‑ce qu'au niveau de la programmation comme telle, une programmation qui pourrait enrichir une station communautaire qui serait écoutée par des francophiles, est‑ce qu'au niveau programmation vous avez d'ores et déjà prévu des choses très précises pour donner des volets francoph... pas francophiles, mais francophones, des différents intérêts dans la région?

357              MME DUBOIS:  Oui.  Si vous me permettez, en fait, il y a plusieurs instances où on donne un peu la voix aux communautés culturelles.

358              Entre autres, il y a des émissions de musique du monde qui sont planifiées.  Il y a une émission d'actualité africaine qui est aussi à l'antenne.


359              Il y a une émission qui, on n'en a pas parlé encore, ça s'appelle « Les rendez‑vous », puis c'est une émission qui va porter sur...  Bien, à chaque jour, c'est une émission qui va inviter un groupe communautaire, quelqu'un, ou qui va avoir un thème, mais que ça va être en lien direct avec la communauté.

360              Et c'est pour nous une façon comment on va pouvoir être directement en lien avec la communauté, et c'est‑à‑dire, au sens large.  C'est‑à‑dire tous les groupes, tous les secteurs, tous les gens qui sont impliqués.

361              Et puis, pour nous, d'aller chercher des gens issus des communautés culturelles de cette façon‑là est très important aussi.

362              M. BRADET:  Et je dois déclarer, pour les minutes de cette réunion, un conflit d'intérêt, parce que je suis aussi président du Conseil canadien pour l'Afrique et je travaille avec 53 pays africains du Nord au Sud, 26 pays francophones.

363              À tous les jours je le fais, j'ai organisé une rencontre internationale de la francophonie en fin de semaine ici, en fin de semaine à Québec.  Et une des conditions de ma participation au Conseil, c'est que je veux que les gens d'ailleurs qui ont décidé de vivre à Ottawa et à Gatineau aient une voix.


364              Et des émissions sur l'Afrique on va en avoir, sur le Maghreb on va en avoir, sur Haïti on va en avoir, parce que je pense que c'est...  Je ne sais pas si monsieur Morin se rappelle lorsqu'on était au secondaire à Ottawa, il y a une trentaine d'années, il y avait peut‑être deux ou trois pour cent de minorités.

365              Aujourd'hui, allez dans une école secondaire, c'est 50 pour cent minorités.  Quand vous voyez la couleur de la peau, les races, les gens qui sont là, il faut refléter notre communauté.  La Nouvelle Scène, maintenant on fait des spectacles qui reflètent ça.  On fait un spectacle cette année de terre d'accueil; ça fait la troisième fois qu'on le présente parce que c'est un grand succès.

366              Alors, inquiétez‑vous pas, on prépare un festival du cinéma africain l'an prochain.  C'est une nouvelle réalité et on veut la vivre, cette réalité‑là.

367              Et je pense qu'une radio communautaire est bien placée pour le faire parce que la question d'argent est moins importante.  C'est pas une question de faire un profit avec une émission, pour nous autres.  C'est une question de développer notre marché.  L'argent va rester dans la région, on le réinvestit, si on fait de l'argent, dans la station.

368              Alors, tout ça mis ensemble, on a une chance de se préoccuper de cette question‑là, peut‑être plus que d'autres et avoir une motivation plus élevée.


369              CONSEILLER MORIN:  Une dernière question.  Avec vos un et demi ou deux journalistes, il est évident que du point de vue de la collecte des informations, ce n'est peut‑être pas très évident.  Est‑ce que vous avez pensé à une formule, surtout pour une télévision communautaire, une formule qui se développe de plus en plus : des journalistes citoyens?

370              MME DUBOIS:  En fait, oui.  Puis ça vient surtout auprès du recrutement des bénévoles.  Donc oui, journalistes citoyens, des gens qui sont sur le terrain et puis qui appellent avec un reportage.  C'est effectivement une très bonne idée.

371              On a mis beaucoup beaucoup l'accent sur le recrutement des bénévoles.  On va même avoir quelqu'un dans l'équipe, un des employé qui va s'occuper des bénévoles.  Et puis ça, c'est quelqu'un qui s'occupe de recruter, former, encadrer, faire tout ce qu'il faut auprès des bénévoles pour que  ce soit réellement la radio, la voix des bénévoles qui... en quelque part, c'est ce que représente une radio communautaire.

372              Donc, il y aurait absolument moyen de monter une équipe de journaliste citoyens qui se trouvent à Ottawa, Gatineau... Toronto, pourquoi pas?  On va aller voir des reportages de Toronto.


373              Et puis, pour essayer d'avoir des gens qui donnent un peu des nouvelles du terrain, comme ça.

374              CONSEILLER MORIN:  Une dernière question.

375              Si votre cote d'écoute, puisqu'on en parlait il y a quelques instants, était de un et demi pour cent plutôt que de trois pour cent et que ça se maintenait autour de moins de deux pour cent au cours des cinq ou six premières années, qu'est‑ce que ça changerait chez vous, dans votre plan d'affaires?

376              M. POULIN:  Absolument rien.  Je ne pense pas que la cote d'écoute nécessairement, notre un et demi ou le 1,5 pour cent de différence entre l'écoute.  Et la tarification que nous allons proposer peut changer parce que premièrement, on va s'adresser à la clientèle commerciale, pas les clients les plus petits de cette communauté‑là, ici, parce que les stations les commerçants de prestige ou d'importance s'adressent surtout aux radios dites commerciales qui coûtent beaucoup plus cher à acheter.  Alors nous, on va s'adresser à une petite clientèle qui n'a jamais eu accès, seulement, à la radio.  Et nous allons l'offrir.


377              Donc, qu'on ait 0,5 ou plus 5 ou moins 5, nous allons définitivement avoir une cote d'écoute et l'intérêt aussi, l'intérêt de notre programmation va nous permettre effectivement d'atteindre nos objectifs de revenus, surtout que c'est des revenus estimés quand même très conservateurs.

378              CONSEILLER MORIN: C'est tout, Monsieur le Président.

379              LE PRÉSIDENT:  Merci, Monsieur Morin.  Conseiller juridique?

380              Me GAGNON:  Bonjour.  Je voudrais revenir rapidement sur le service dont vous avez discut...  Vous mentionnez tantôt Éducom.

381              Je me demandais si c'est un service qui comprenait des nouvelles locales, aussi.

382              M. CÔTÉ:  Non.  Éducom, c'est un service de nouvelles nationales, internationales et provinciales.

383              Me GAGNON:  Vous avez mentionné tantôt que vous auriez quatre heures de nouvelles pures et je me demandais le pourcentage ou le nombre d'heures, à l'intérieur des nouvelles pures, qui comprendraient des nouvelles locales.


384              M. POULIN:  C'est quatre minutes. Excusez... c'est quatre minutes de nouvelles que nous allons prendre d'Éducom à l'heure plus une minute de nouvelles locales, à chaque bulletin de nouvelles que nous allons diffuser.

385              Me GAGNON:  Donc, en gros, j'imagine que ça correspondrait à peu près à 20 pour cent de vos ‑‑

386              M. POULIN:  À 20 pour cent de ‑‑

387              Me GAGNON:  ...de votre total de nouvelles?

388              M. POULIN:  Exactement.

389              Me GAGNON:  O.K.  Merci.

390              M. BRADET:  Il y a une chose, par exemple.  Il y a une particularité dans... comme la radio communautaire, qui est un peu différente des autres.

391              Lorsqu'on va avoir des émissions pointues sur des différents sujets, que ça soit des sujets légaux, que ça soit des minorités culturelles, que ça soit des associations de gens âgés, par exemple, qui sont très actives; que ça soit des jeunes ou et cetera...  Il y a des éléments de nouvelles là‑dedans, très importants, parce que ces gens‑là font des activités constamment.


392              Alors, si on prend le mot nouvelles classiques dans cinq minutes, je suis d'accord avec vous.  Mais il va y en avoir beaucoup plus que ça dans la journée ou dans la grille horaire de toute la semaine, parce qu'on ne peut pas parler d'une association locale sans parler de ce qui se passe dans la communauté, de ce qui va se passer à Casselman, ce qui va se passer à Buckingham, et cetera.

393              Alors, moi, je pense qu'il faut regarder cette définition‑là de façon pas trop serrée, mais un peu plus élargie, dans le contexte d'une radio communautaire.

394              M. POULIN:  Et pour remplir effectivement le pourcentage, c'est 20 pour cent local et 20 pour cent régional que nous allons diffuser.

395              Me GAGNON:  Merci!

396              LE PRÉSIDENT:  Madame, Messieurs, je vous remercie pour votre présence ici ce matin.  Nous aurons l'occasion de vous revoir dans les deuxième et troisième phases.

397              Nous allons prendre une pause de dix minutes.  Merci!  De retour à 11 h 20.

‑‑‑ Suspension à 1111 / Upon recessing at 1111

‑‑‑ Upon resuming at 1125 / Reprise à 1125

398              THE SECRETARY:  Please, take a seat.

399              LE PRÉSIDENT:  À l'ordre, s'il vous plaît.

400              Madame la Secrétaire?


401              LA SECRÉTAIRE:  Nous entendrons maintenant l'article 2, qui est une demande de RÉÉL‑Radio en vue d'obtenir une licence visant l'exploitation d'une entreprise de programmation de radio FM de campus, axée sur la communauté de langue française à Gatineau.

402              S'il vous plaît, vous présenter et présenter vos collègues.  Vous disposez de 20 minutes pour votre présentation.  Merci.

PRÉSENTATION / PRESENTATION

403              M. PILON:  Monsieur le Président, Messieurs les Commissaires et les membres du Conseil, je suis heureux de pouvoir présenter l'aboutissement de près de trois ans d'une implication d'une équipe d'une centaine de bénévoles qui ont déjà à leur actif un millier d'heures de diffusion.

404              J'ai avec moi, à ma droite Simon Drolet, qui est cofondateur de RÉÉL‑Radio et qui a travaillé au dossier CRTC.  C'est aussi notre directeur général sortant.  J'ai à ma gauche, au bout, monsieur Jean‑François Simard, qui est le professeur siégeant sur notre conseil d'administration, qui représente le corpus enseignant de l'Université du Québec en Outaouais.


405              Et puis, directement à ma gauche, j'ai Dave Ouellet, qui est consultant en radiodiffusion et qui a participé à la préparation de notre demande de la fréquence FM, puis moi‑même, Patrick Pilon, qui est actuellement directeur général de RÉÉL‑Radio depuis un an.

406              La radiodiffusion communautaire joue un rôle important au sein de nos sociétés.  C'est un outil qui est indispensable autant au développement et à la protection de la culture canadienne.  Dans un contexte de mondialisation des communications, notre système canadien de radiodiffusion a un rôle particulier à jouer pour atteindre les communautés dans l'ensemble du pays, puis permettre à ces dernières d'exprimer leurs voix.

407              À la différence d'une radio privée, les radios communautaires se préoccupent du développement régional local.  De surcroît, une radio « campus », c'est un genre qui se distingue de ses consoeurs de par sa programmation, son mandat, son auditoire et son fonctionnement interne.  Depuis notre formation en 2005, le projet a connu un développement important.


408              Le projet RÉÉL‑Radio a vu le jour pour deux raisons fondamentales.  D'abord, il n'existait pas de radio campus du côté québécois de la région de l'Outaouais et au sein de l'Université du Québec en Outaouais.

409              De plus, jusqu'à aujourd'hui, il n'existait pas de radio campus ayant un contenu uniquement francophone dans la région.  Il y a nos collègues de CHUO  qui ont un contenu à 40 pour cent anglophone, 40 pour cent francophone et 20 pour cent d'une autre langue.

410              RÉÉL‑Radio est donc née d'un désir d'enrichir et de stimuler la vie étudiante dans la région en donnant une voix à sa communauté étudiante.

411              Lors de notre création, RÉÉL‑Radio, s'est basée sur des statuts et règlements.  On a créé notre propre structure qui repose sur un conseil d'administration et un comité de direction qui assurent le bon fonctionnement.  Bien que située sur le campus de l'Université du Québec en Outaouais, on est enregistré au registre d'entreprises du Québec et on a donc une indépendance de l'Université du Québec en Outaouais.

412              Notre conseil d'administration est constitué de représentants des étudiants, mais aussi d'un représentant du corpus enseignant, de la Ville de Gatineau, et de la collectivité d'Ottawa‑Gatineau.


413              Pour ce qui est de sa structure interne, nos activités sont dirigées par trois instances:  L'assemblée générale des membres, le conseil d'administration puis le comité de direction.

414              La station a été mise sur pied par des étudiants et est aujourd'hui gérée par des étudiants de l'UQO, leur permettant de vivre une expérience de travail inégalée dans un environnement qui est dynamique.  Notre organisme a connu une croissance exponentielle au cours des deux dernières années.  Puis en 2007, notre projet a regroupé près de 100 bénévoles, étudiants et membres de la collectivité de l'Outaouais.

415              La production de plusieurs rapports d'activité en deux ans, ont su maximiser la gestion de notre organisation et on a depuis deux sessions des revenus excédant nos dépenses, ce qui nous a permis de mettre de côté la somme qui est estimée par nos ingénieurs, afin d'installer une antenne sur le toit de l'Université du Québec en Outaouais.

416              Comme notre financement est assuré par une cotisation étudiante, on a donc une sécurité financière qui assurera la pérennité du projet.


417              Depuis nos débuts, un guide des bénévoles a été conçu pour les nouveaux animateurs.  Ce guide des bénévoles‑là a été mis à jour en 2007 suite à quelques changements techniques.  Il est distribué lors d'une formation obligatoire de six heures qui vise à donner aux bénévoles, avant leur entrée en ondes, les outils qui leur permettent d'animer, puis les balises fixées par le CRTC pour une station de radio campus axée sur la communauté.

418              Cette formation est accompagnée d'un contrat de bénévole qui permet de prévenir des problèmes éthiques.  Il y a des outils qui ont été développés par la direction technique, qui permettent l'archivage complet de toutes nos émissions, ce qui permet à la direction de la programmation, notamment, de faire un suivi constant auprès de nos animateurs.

419              C'est une formation puis un suivi constant de la direction de la programmation qui nous ont permis d'offrir un contenu de qualité qui a fait notre réputation au sein de la région.

420              D'après le rapport du CRTC sur les artistes canadiens émergents à la radio commerciale du 27 février 2008, on ne retrouve sur les ondes qu'en moyenne 6,2 pour cent de pièces musicales d'artistes émergents par rapport à toutes les pièces diffusées ‑‑ ça, c'était selon la définition du « Top 40 depuis moins d'un an ».  Puis, le but premier de notre station, bien, c'est d'offrir une programmation qui est différente des stations de radios privées.


421              Depuis 2006, RÉÉL‑Radio respecte les quotas du CRTC et favorise la découverte des artistes émergents tout en valorisant la culture francophone canadienne.  Plusieurs artistes sont passés par RÉÉL‑Radio et par les autres radios universitaires canadiennes au début de leur carrière, et aujourd'hui, connaissent un rayonnement international.

422              Membre de la coalition des radios universitaires depuis 2005, juré au Gala de l'Alternative Musicale Indépendante du Québec en 2006, et appuyée par la Société pour la promotion de la relève musicale et l'espace francophone (la SOPREF) ainsi que par plusieurs artistes qui connaissent aujourd'hui un succès grandissant, dont Pierre Lapointe (rire)‑‑ qui a émergé.  RÉÉL‑Radio joue un rôle important dans le marché du monde de la musique émergente canadienne depuis 2006.

423              RÉÉL‑Radio a aujourd'hui des partenaires avec plus d'une quarantaine de maisons de disques et boîtes de communications d'artistes indépendants et on reçoit chaque semaine une dizaine de CDs de nouveaux artistes qui débutent leur carrière dans le monde de la musique.


424              Ces artistes nous envoient gratuitement leur matériel parce qu'ils savent que nous sommes une porte d'entrée sur le marché de la musique et qu'on leur offre une visibilité qui est inégalée.  On produit notamment un palmarès hebdomadaire des artistes canadiens émergents qui est publié sur notre site « Web » et on le fait découvrir dans le cadre de l'émission «Palmarès‑moi ça » chaque jour.

425              On a produit également des événements qui mettaient en vedette des artistes d'ici et du reste du Canada pour promouvoir la relève musicale.  On a diffusé des spectacles en direct de plusieurs salles de la région comme le « Où‑Quoi » (ph),  « Lounge urbain », le « Café 4 Jeudis » et « Le Petit Chicago » et on présente chaque semaine un calendrier culturel des prestations d'artistes canadiens émergents des deux cotés de la rivière des Outaouais.

426              Reconnaissant notre notoriété dans le domaine de la musique, l'Association générale des étudiants de l'UQO a mandaté RÉÉL‑Radio pour l'organisation des spectacles, et ça, à la fin de chaque session universitaire.


427              RÉÉL‑Radio a aussi financé le projet Outaouais Rock qui agit comme un tremplin dans le domaine du rock alternatif dans la région.  On héberge le site « Web » de l'organisme, puis ce partenariat nous a permis d'être un acteur important dans l'organisation du « Petite‑Nation Rockfest », qui est un événement annuel qui rassemble des milliers d'adeptes de rock dans la Petite‑Nation et qui met en vedette une quinzaine de groupes dont plusieurs groupes locaux.

428              Désirant émettre sur la bande FM, on a toujours respecté les quotas du CRTC et dépassons même le seuil de musique francophone exigé et ce, depuis nos débuts.  Le rayonnement de RÉÉL‑Radio sur les ondes de la région sera définitivement bénéfique pour les artistes émergents canadiens et nous permettra un rayonnement inégalé dans le paysage médiatique actuel.

429              Je passe la parole à Simon Drolet.

430              M. DROLET:  Messieurs les Commissaires, bonjour.

431              Sur le plan technique, nous sommes évidemment très très soucieux de respecter toutes les exigences et les obligations que nous imposerait l'obtention d'une licence FM.  Depuis sa création, RÉÉL‑Radio a planifié et considéré l'importance de chaque petit détail et chaque grand détail, en s'appuyant sur l'expertise nécessaire afin de permettre à notre conseil d'administration de prendre des décisions éclairées sur le plan développemental.


432              En outre, le mémoire technique déposé dans le cadre de notre demande démontre très bien la faisabilité technique de notre projet, en plus de présenter des réponses techniquement viables aux objections que nous avons reçues jusqu'à ce jour.

433              Suite aux analyses de couverture réaliste effectuées par nos ingénieurs, nous considérons que notre projet ne présente aucun risque de brouillage, selon les normes actuellement en vigueur, et ce pour aucune station présentement titulaire d'une licence FM en Outaouais.

434              Dans le document d'Industrie Canada intitulé « Observations sur l'évaluation des demandes en radiodiffusion », on indique que :

«...selon le plan FM actuel [celui qu'on présente actuellement], il n'y a aucun autre canal de disponible pour assignation dans la région. »

435              Nous appliquons donc pour le 101,9 FM.  Cet état de fait nous indique que les conclusions de notre mémoire technique sont viables et réalistes.


436              Sur le plan des infrastructures, RÉÉL‑Radio possède l'équipement et les logiciels nécessaires à la production et à l'édition de notre matériel radiophonique, qui fonctionnent quotidiennement depuis deux ans dans le cadre de notre diffusion.

437              De plus, nous avons fait appel à notre expertise universitaire vaste et plutôt riche en informatique pour créer un système d'archivage audio en continu, nommé TUX, un système stable et à la fine pointe de la technologie, créé pour répondre aux attentes du CRTC, c'est‑à‑dire qu'il enregistre depuis un an toutes les émissions produites sur les ondes, ce qui permet une gestion efficace et objective des plaintes.

438              De plus, ce système d'archivage automatique automatise se notre plateforme « Web », sur Internet pour un contenu plus accessible et plus interactif, ce qui permet une relation plus dynamique avec notre auditoire également.  Logées au www.reel‑radio.fm, elles sont également garantes de notre capacité à assurer un suivi adéquat auprès des animateurs et animatrices, dans le cadre de nos activités de formation.


439              En plus de notre budget de fonctionnement, la somme nécessaire à l'achat de l'antenne a déjà été mise de côté. De plus, nous disposons d'une entente ferme avec la haute direction de notre université en ce qui concerne l'accès au lieu de positionnement de cette antenne, ainsi que leur pleine collaboration dans le cadre des opérations d'entretien et d'installation et ce, gratuitement.

440              Nos prévisions financières les plus récentes considèrent également la possibilité d'effectuer des achats supplémentaires pour répondre à des conditions techniques du CRTC ou d'Industrie Canada.

441              Finalement, nous nous appuyons sur l'expérience technique des autres stations radiophoniques de la Coalition des radios universitaires, la CRU, avec lesquelles nous entretenons des liens durables, comme notre consoeur montréalaise CISM ou celle de Québec, CHYZ‑FM.  Une radio jeune, dans notre cas, n'est pas une radio sans expérience.  Merci.

442              M. PILON:  Notre programmation a connu une hausse constante du nombre d'heures de production de la station depuis deux ans.  RÉÉL‑Radio offre à ses auditeurs une diffusion 24 heures sur 24 et ce, depuis le 9 janvier 2006 d'une programmation qui est diversifiée, puis qui met de l'avant des opinions, des idées, des  valeurs, puis un contenu artistique local, régional, national, mais surtout émergent.


443              Ce qu'offre RÉÉL‑Radio, c'est différent des médias qui sont présents dans la région, puis ça viendrait compléter, sur les ondes FM, l'offre qui est déjà disponible. La programmation de RÉÉL‑Radio répond aux besoins et intérêts des étudiants et des membres de la collectivité de la région.

444              Notre programmation nous permet de maximiser les aptitudes créatrices de jeunes, d'étudiants et de regroupements sociaux de la région.  Nos travaux peuvent déjà témoigner d'une programmation de qualité et qui nous a permis d'ailleurs d'être reconnus dans notre milieu, puis d'acquérir une notoriété importante pour une radio qui n'est pas encore sur les ondes FM.

445              RÉÉL‑Radio présente déjà une programmation équilibrée qui renseigne, divertit et éclaire sur des enjeux locaux.  Il y a plusieurs émissions qui reflètent le caractère multiculturel de notre région.  Il y a plusieurs émissions qui diffusent de nouveaux talents culturels.


446              Je peux donner des exemples.  On a « Pour l'amour de Johnny » qui présente la culture country émergente ‑‑ oui elle existe ‑‑ « Hip Hop 101 » et « Le Temple du Hip Hop » qui présentent la culture hip‑hop émergente, « À l'affût », qui présente la culture rock émergente; puis des émissions de littérature qui présentent des romans pour les amateurs.

447              Le projet a regroupé en 2007 une centaine de bénévoles étudiants et membres de la collectivité.  Puis la crédibilité de notre contenu a permis à RÉÉL‑Radio de se bâtir une réputation solide auprès de notre institution, l'Université du Québec en Outaouais.

448              Puis aujourd'hui, le projet implique des acteurs d'une multitude de domaines de l'UQO.  Je pense à des étudiants en information... pardon, en administration des affaires qui s'impliquent dans la gestion financière et dans le développement médiatique de la station, des gens en gestion de projets qui contribuent à la planification et au suivi du dossier pour la licence FM ‑‑ ce qu'on fait maintenant.

449              Des étudiants en communications y font des chroniques, des reportages et de l'animation, des étudiants en enseignement du français qui ont produit des capsules linguistiques, on a des gens en informatique qui s'occupent de l'administration du site Web puis de développer tous les outils techniques.


450              On a des étudiants de l'École multidisciplinaire de l'image qui travaillent à la conception graphique de nos affiches.  En sciences infirmières, les gens produisent des capsules santé.  Bref, la liste est longue.

451              Notre radio campus offre un propos universitaire de qualité sur des questions et des enjeux stratégiques pour notre société.  Il s'agit d'une opportunité en or pour communiquer l'essence de la démarche intellectuelle universitaire.

452              En plus, il y a des acteurs de la collectivité francophone de la région de l'Outaouais qui animent des émissions puis qui collaborent à la production de capsules ou chroniques.

453              On a « La face cachée du monde », qui est produite en collaboration avec « Le multilatéral », qui est un journal de politique canadienne internationale; « La relance Outaouais », qui a produit des capsules pour aider les jeunes à la recherche d'emploi.  « L'Observatoire sur le développement régional et l'analyse différenciée selon les sexes », qui a produit des capsules sur l'histoire du féminisme.


454              Il y a un radio‑roman, qui a été fait par les gens de Kino, le mouvement Kino en Outaouais, qui produit des courts métrages amateurs.  Puis il y a des séries de capsules qui ont été produites avec Enviro‑Éduc‑Action, deux séries en fait, qui sont axées sur la contribution possible en environnement pour les individus.

455              RÉÉL‑Radio a d'ailleurs été un des partenaires importants dans le premier gala environnemental qui a honoré des initiatives en environnement dans la région.

456              Chaque jour, nos quotidiennes « CéRÉal Radio » et « l'Allez‑retour » reçoivent des acteurs culturels, sociaux, économiques et politiques en entrevue pour présenter des projets puis des initiatives locales qui assurent une diversité des voix.

457              Dernièrement, on a reçu notamment :

458              Alex Martel, qui est directeur général d'Outaouais Rock, qui a présenté le « Petite‑Nation Rockfest »;

459              Marie‑Pierre Chaumont, de « La Table Jeunesse Outaouais », qui est venue présenter le grand CRIC 2008, c'est le Colloque régional sur l'implication et la concertation, qui permet aux jeunes de participer à trois jours de conférences et de spectacles en plein air;


460              Il y a des jeunes du CÉGEP qui sont venus parler d'un projet qu'ils font dans le cours Management de projets, qui sont venus aussi vivre une expérience, une première expérience en relations médiatiques;

461              Il y a Michel Picard, le lecteur de nouvelles du téléjournal Ottawa‑Gatineau qui est venu nous présenter le travail de lecteur de nouvelles puis le rôle de l'information en région, surtout dans la Région de la capitale nationale;

462              Roger Monderie, le fondateur de la journée de rêve, qu'on appelle aussi le Père Noël à moto, qui fait des heureux chaque année dans le cadre de sa Journée de Rêve;

463              Richard Lebel, directeur général de « La Nouvelle Scène » qui est venu présenter une série musicale qui mettait en vedette des artistes franco‑ontariens qui sont d'ailleurs déjà diffusés sur nos ondes;

464              Puis, beaucoup d'artistes comme Xavier Caféine, Ghislain Poirier, Karkwa, Geoffrey, La Brassée, Ariane Moffat et d'autres artistes de la relève musicale qui viennent nous parler de la sortie de leurs albums et de leurs tournées dans la région.

465              De plus, on produit chaque jour un bulletin de nouvelles locales, qui offre une visibilité aux organismes communautaires et aux initiatives jeunesse de la région.


466              Nos ventes publicitaires sont orientées vers la mise en valeur des organisations communautaires et de développement régional.  On n'entend pas modifier l'équilibre des forces dans le marché d'Ottawa‑Gatineau parce que ceux que nous annonçons n'ont souvent pas accès à une visibilité dans les stations commerciales

467              Sans même être sur la bande FM, notre directrice des ventes a conclu cette année plus de 10 0005 $ d'ententes publicitaires avec des organismes de la région.

468              Le partenariat et l'appui de « La Table Jeunesse Outaouais », qui représente politiquement des jeunes au sein de la communauté décisionnelle francophone de la région, nous permet d'être un véhicule privilégié pour la jeunesse.

469              En plus, comme vous l'avez remarqué, nous avons une stratégie inclusive de la communauté francophone dans l'ensemble de la région de Gatineau‑Ottawa.  RÉÉL‑Radio est déjà ancrée dans son milieu et sert à sauvegarder, enrichir, puis renforcer la structure culturelle, politique, sociale et économique de la région.


470              Donc, RÉÉL‑Radio est en opération depuis déjà deux ans.  RÉÉL‑Radio a connu, dans les dernières années un développement exponentiel.  On a une centaine d'organismes communautaires qui nous envoient de l'information parce qu'ils veulent offrir de la visibilité à leurs organisations.

471              On dépasse déjà les quotas exigés par le CRTC et on respecte en tous points les règlements et les réglementations du CRTC.  Nous sommes un acteur important dans le monde de la musique émergente canadienne.

472              Puis, nos surplus budgétaires assurent de pouvoir répondre à toute éventualité.  Puis le support de notre université, bien, ça ne fait que renforcer nos capacités à le faire.

473              Bref, si nous obtenons 101,9 FM, on pourrait facilement y diffuser notre programmation, et ce, dès demain matin.  Merci!

‑‑‑ Applaudissements / Applause

474              LE PRÉSIDENT:  Merci, Monsieur Pilon.  Je vais demander à monsieur le conseiller Morin de vous poser les questions initiales.  Merci.

475              CONSEILLER MORIN:  Merci, Monsieur le Président.


476              Bonjour!  J'aimerais d'abord, au point de vue de votre plan financier.  Est‑ce que ça suppose qu'au cours de la première période de licence, la cotisation étudiante va rester ce qu'elle est actuellement?

477              M. PILON:  Au cours de la première... la première session de diffusion, notre cotisation étudiante resterait où elle est actuellement, oui.

478              CONSEILLER MORIN:  Donc, il n'y aurait pas de nouveaux apports financiers de la part des étudiants?

479              M. PILON:  De la part des étudiants directement?  Non.

480              CONSEILLER MORIN:  Au niveau des cotes d'écoute, vous dites que vous obtiendriez une part d'écoute de 10 pour cent dès la première année et pourrait... cette cote d'écoute pourrait même être de 30 pour cent la septième année.

481              Où est‑ce que...  Sur quoi vous vous êtes fondé pour présenter des chiffres qui m'apparaissent assez optimistes, dans la mesure où il n'y a aucune station communautaire que je sache, ou aucune station même commerciale dans la région qui obtient actuellement une telle cote d'écoute?


482              M. OUELLET:  J'ai participé à la production du document et j'ai géré durant trois ans CHEZ, la radio de l'Université Laval à Québec et durant cinq ans CISM, la radio de l'Université de Montréal à Montréal.

483              Et la première chose qu'il faut comprendre, c'est que ces radios‑là, évidemment, ne sont pas BBM, à cause des budgets qui sont évidemment excessivement limités.  Lorsqu'on tombe dans des BBM, on tombe dans des chiffres comme vous avez discuté avec le projet précédent, qui tourne autour, oui, en dessous du un pour cent.

484              Évidemment, avec des chiffres comme ceux‑là, on peut... nos revenus publicitaires sont plus difficiles à aller chercher.

485              Donc, nous, ce qu'on fait, autant... Ce qu'on a fait autant à Québec qu'à Montréal, on fait appel plutôt à des firmes de sondage comme Léger Marketing, qui posent non pas la question à savoir « Est‑ce que vous écoutez la station de radio de telle heure à telle heure? »  Donc, avec des parts de marché aux 15 minutes.

486              Mais plutôt, qu'ils calculent des taux de pénétration dans le marché qui, avec une question du type « Connaissez‑vous la radio...? » Par exemple « CHEZ » à Québec; par exemple « CISM » à Montréal et « L'écoutez‑vous, l'avez‑vous écoutée dans la dernière année? »


487              Ce qui donne des taux de pénétration à peu près à 25‑30 pour cent, ce qui nous permet de vendre de la publicité qui est beaucoup plus, qui est concrètement... qui vise un public plus précis.

488              Parce qu'évidemment, quand on tombe dans les BBM, comme je vous disais, ça donne des chiffres beaucoup plus limités.  De plus, les BBM sont surtout pour viser la publicité nationale, tandis qu'un sondage privé, comme Léger Marketing ou toute autre firme de communication, va chercher beaucoup plus la publicité locale, ce qui est évidemment l'objectif d'une radio universitaire.  Par expérience, je vous dis que ça fonctionne assez bien.

489              CONSEILLER MORIN:  Alors, c'est plus un marché potentiel?

490              M. OUELLET:  Exactement.  Mais c'est des chiffres concrets, qui sont utilisés lors de la vente de la publicité et habituellement, les clients s'en satisfassent très bien, ce qui donne par exemple à des radios comme CISM à Montréal ‑‑ qui est une radio de type universitaire, de type communautaire, axée sur le campus, axée sur la communauté, exactement comme le projet qu'on présente aujourd'hui ‑‑ des revenus publicitaires de 250 000 $, 300 000 $ par année avec ce système‑là.


491              CONSEILLER MORIN:  Vous êtes une radio étudiante.  Évidemment, il y a toujours des modes et souvent, des courants d'idée qui prévalent sur d'autres.

492              Vous dites que vous voulez assurer une diversité des voix, j'aimerais savoir comment vous allez réaliser ça.  Quel genre de... je ne dirai pas contrôle, mais balise, que vous pourriez mettre, de manière à assurer qu'il y ait une diversité des voix?

493              Je pense par exemple, on pourrait prendre comme exemple le réchauffement de la planète.  Souvent on entend toujours... et ça, dans beaucoup de médias un courant prédominant.  Et pourtant, il y a de l'autre côté des universitaires de très grand calibre, des prix Nobel, qui ne pensent pas exactement comme le courant prédominant actuellement, qui est représenté par les Nations‑Unies.

494              Vous autres, comment vous allez gérer ça, pour assurer qu'il y ait une certaine diversité des opinions sur toute espèce de sujets?

495              M. PILON:  On est dans une université, donc justement, on voit et on connaît quotidiennement cette diversité des voix.  Tous les acteurs de l'université sont appelés à intervenir sur les ondes de RÉÉL‑Radio sur ces sujets‑là, donc, d'offrir, justement, différents points de vue.


496              Et c'est je pense... c'est un élément qui fait la force d'une radio campus, c'est d'avoir ce bassin de bénévoles qui représentent justement des intérêts complètement différents.

497              CONSEILLER MORIN:  Mais est‑ce que concrètement, vous allez faire une évaluation, par exemple, de cette diversité‑là, qui pourrait être présente sur vos ondes... ou pas?

498              M. PILON:  Bien, du point de vue journalistique comme tel, on présente toujours les deux côtés de la médaille.  Dans le cadre d'une émission à caractère social ou à caractère économique, évidemment, ça va aller un peu plus d'un côté, mais les deux devraient plus ou moins s'équivaloir.

499              CONSEILLER MORIN:  Mais est‑ce que vous vous êtes donné des balises, concrètement, pour ça?

500              M. DROLET:  Oui.  Si je peux me permettre.

501              Effectivement que dans le processus de sélection des animateurs, dans le processus de sélection de nos reporters, certainement, qu'il y a un souci de la part du conseil de direction d'assurer cette représentativité‑là des voix.


502              Notamment, je pense à la première session à laquelle on a diffusé, à l'intérieur de nos murs à l'UQO.  Dès le départ, c'était dans nos critères de sélection des émissions et des animateurs d'avoir un point de vue original sur l'actualité, sur les faits qui concernent notre monde.

503              Avec la belle diversité qu'on a dans les champs d'études à l'université, certainement qu'à l'UQO on a une belle diversité des voix déjà, en partant.  Comme notre conseil d'administration et notre conseil de direction représentent donc nos membres, qui sont d'office les étudiants de l'université.

504              C'est notre premier souci, quand on choisit nos émissions.  Donc, c'est :  ça se fait d'abord à la sélection des émission, et ensuite, dans le suivi au niveau de la formation, la règle des deux sources est énoncée pour ce qui est du rapport journalistique et plus, si possible.  Et le suivi qui est fait avec les animateurs est exactement, exactement dans cet optique‑là.


505              Est‑ce que les animateurs sont capables d'offrir un point de vue divergeant sur les questions qui nous entourent?  Oui.  Et nos archives le prouvent.  Donc, à chaque année, il y a un rapport d'activités qui est établi, même deux fois par année, jusqu'à ce jour.  Et dans ce rapport d'activités‑là, est mentionné à quelques reprises, justement, cette diversité des voix‑là.

506              C'est les mesures concrètes que nous pouvons avancer devant vous aujourd'hui.

507              CONSEILLER MORIN:  Vous parliez de formation.  Un des objectifs que vous visez, c'est d'être une radio‑école.  Jusqu'ici, comment ça a fonctionné, quel genre, quel nombre, quel... combien de personnes ont participé si on peut dire à cette radio‑école et est‑ce que vous avez des objectifs plus élevés en ce sens, si jamais vous obteniez une licence du CRTC?

508              M. PILON:  Bien, le guide d'animation fourni aux nouveaux animateurs, ainsi que la formation qu'on leur offre, leur fournit les moyens néces... les outils nécessaires, mais aussi leur explique les balises dans lesquelles ils peuvent faire de l'information, par exemple.

509              Tout ce qui est information, on respecte les normes du Conseil de presse.  La formation des journalistes est faite par des gens d'expérience qui sont membres de la FPJQ et le processus de formation permet déjà d'agir en tant que radio‑école.


510              Je peux prendre mon exemple.  J'avais aucune expérience au début.  J'ai commencé par animer une chronique, ensuite une émission.  J'ai travaillé à la direction de la programmation, donc j'ai une expérience de gestion.  Et aujourd'hui, je suis directeur général et j'ai une multitude de nouvelles expériences que j'ai pu développer grâce à ça, puis j'ai développé des nouvelles aptitudes, donc autant en gestion, en communication publique, et cetera.

511              Donc, il est là, notre mandat de radio‑école :  en gérant la station, en participant aux émissions, en créant du matériel audio, on apprend directement et concrètement comment fonctionnent les médias.

512              CONSEILLER MORIN:  Est‑ce qu'il y en a certains, parmi vous, qui ont également été, comme emploi d'été par exemple, dans des stations commerciales?

513              M. PILON:  Bien, il y a une animatrice qui était sur nos ondes... qui est encore sur nos ondes, qui vient de faire un stage, justement, à CJRC.  Et puis, sa formation à RÉÉL‑Radio lui a permis d'être... du moins d'avoir déjà des... un pas en avance sur les autres candidats parce qu'elle avait déjà une expérience dans le domaine.


514              Puis, bien, il y a des membres de notre organisation qui sont présentement en processus d'embauche, et cetera, dans des boîtes médiatiques.  Je ne vous... je ne dirai pas rien parce qu'il n'y a rien de conclu exactement maintenant.  Mais donc, oui, ça sert beaucoup aux gens qui veulent se diriger vers le monde des médias.

515              CONSEILLER MORIN:  Donc, vous vous arrimez aux radios commerciales ou publiques?  Vous tentez de...

516              M. PILON:  Je n'aime pas « arrimer », mais on développe des aptitudes qui serviront éventuellement à ceux qui veulent se diriger au public, qui veulent se diriger au privé ou qui veulent se diriger un peu partout, même à l'international.

517              M. OUELLET:  Si je peux donner mon propre exemple.  Je suis toujours bénévole à la radio universitaire.  Et malgré tout, j'ai des contrats; oui, à Radio‑Canada, oui dans les médias privés.

518              Mais évidemment, le mandat de la radio, quand je fais de la radio à la radio communautaire est complètement différent de ce que je fais avec la radio privée.


519              En résumé, l'expérience que j'ai acquise est très utile pour travailler ailleurs.  Par contre, pour tout ce qui est contenu informatif, préparation et mandat de ce que je dis en ondes, j'ai une liberté plus intéressante à la radio communautaire.  Je fais découvrir des choses beaucoup  plus intéressantes, tandis qu'à la radio commerciale, c'est beaucoup plus...

520              Donc, on pourrait dire que sur le fond, j'ai une formation très intéressante à la radio communautaire pour travailler dans le domaine public ou privé.  Par contre, sur le fond, je pense que la radio dite communautaire ‑‑ autant de campus que communautaire tout court ‑‑ est excessivement intéressante pour cette diversité des voix, pour cette liberté d'expression, dans les limites, évidemment, de nos règles.

521              CONSEILLER MORIN:  On sait que les étudiants, enfin, les jeunes de moins de 30 ans pensent souvent plus à l'Internet qu'à la radio, comment vous voyez le développement d'une télévision communautaire... d'une radio communautaire avec l'Internet?

522              J'ai vu votre site Internet.  Malheureusement, je n'ai pas pu y aller.  Est‑ce qu'il fonctionne bien?

523              M. PILON:  Oui le site est en fonction...

524              CONSEILLER MORIN:   Oui?  Ah!  Bon!


525              M. PILON: ... 24 heures sur 24.

526              CONSEILLER MORIN: :  O.K.  Alors, comment vous voyez le développement de votre site Internet avec votre programmation, et cetera?

527              M. PILON:  Bien, présentement, notre site Internet, c'est ce qui nous permet, justement, d'émettre à l'extérieur des murs de l'Université du Québec en Outaouais.  Puis notre site Internet nous permet de joindre une population étudiante autant de l'université que du CÉGEP, puis des écoles de la région.

528              Par contre, notre site Internet nous permet pas vraiment de faire un lien avec la collectivité de l'Outaouais.  C'est en captant une émission dans votre voiture, c'est en captant une émission par hasard que souvent on va se faire entendre, puis les gens vont découvrir notre station.

529              Ça, malheureusement, c'est pas possible pour l'instant parce que les gens doivent connaître notre adresse puis aller eux‑mêmes sur le site.  Donc, c'est important de pouvoir se développer sur les ondes pour justement pouvoir sortir de notre tour d'ivoire puis d'aller faire un lien avec la collectivité puis parler des enjeux qui sont pas nécessairement traités dans d'autres types de radios.


530              CONSEILLER MORIN:  La programmation locale va représenter combien, chez vous, combien d'heures?

531              M. PILON:  La programmation locale, c'est l'ensemble de notre programmation dans le sens où on va produire des émissions puis il n'y a aucune émission qui devrait être diffusée de l'extérieur, sauf peut‑être quelques partenariats avec des radios de la coalition des radios universitaires.

532              CONSEILLER MORIN:  Et ça, ça pourrait représenter quel pourcentage ‑‑

533              M. PILON :  C'est partenariat.

534              CONSEILLER MORIN: ...par rapport à l'ensemble?

535              M. OUELLET :  Selon le document qu'on vous a remis, voyez‑vous, on avait trois heures produites à l'extérieur, sur 126 heures de programmation.

536              CONSEILLER MORIN:  Donc, c'est vraiment...  C'est minime.

537              M. PILON:  C'est minime.

538              M. OUELLET:  C'est minime, oui.


539              Puis c'est ces productions‑là ne proviennent pas de stations publiques ou privées, mais bien dans le cadre de la coalition des radios universitaire, donc de partenariat entre radios de même type, de radio communautaires et campus.  Donc, évidemment...

540              CONSEILLER MORIN:  Donc, vous êtes local.

541              M. OUELLET:  Exact.

542              CONSEILLER MORIN:  De ce local‑là, combien... quel est le nombre d'heures qui seraient consacrés, disons, aux nouvelles pures, qui ne seraient pas de la météo, du sport, qui seraient vraiment des nouvelles locales que vous généreriez avec un employé permanent, si je comprends bien?

543              M. PILON:  Pour l'instant.  Il y a le bulletin de nouvelles qui est à 80 pour cent locales, qui justement met de l'avant des initiatives communautaires ou des initiatives culturelles locales.

544              Il y a l'émission matinale « CéRÉal Radio » qui oui, qui fait de la météo et du sport, mais qui parle majoritairement d'actualité locale...   Vous voulez un pourcentage, là?

545              CONSEILLER MORIN:  Oui, peut‑être, d'une part.  Est‑ce que vous avez...?

546              M. PILON:  Ça dépend de l'actualité, ça dépend de ce qui se passe dans la région, mais c'est majoritairement à caract ‑‑


547              CONSEILLER MORIN:  Parce que vous parlez de nouvelles « étudiantes ».  C'est quoi, des nouvelles étudiantes, par rapport aux autres nouvelles?  Est‑ce que vous pourriez, là‑dessus aussi...?

548              M. PILON:  Bien, quand on parle « plus de nouvelles étudiantes », c'est plus les nouvelles qui concernent la communauté étudiante, qui concernent les étudiants, les jeunes de la région, qui concernent les initiatives jeunesse de la région, qui concernent les organismes jeunesse de la région, qui concernent également l'institution, que ce soit l'université du Québec en Outaouais ou l'Université d'Ottawa ou les universités qui sont en périphérie de notre station.

549              Donc, c'est ce qui est plus actualité étudiante comme telle.

550              CONSEILLER MORIN:  Donc, parmi les nouvelles locales, ça serait quoi le pourcentage de nouvelles locales et de nouvelles étudiantes?

551              M. PILON:  Comment on calcule ça?  (Rire)

552              M. DROLET:  Je peux peut‑être vous donner un éclairage sur ce qui se fait actuellement.


553              Pour l'instant, mon collègue Patrick faisait référence à l'émission du matin et du retour.  Si on compte grosso modo, dans le fond un quatre heures de programmation par jour, donc, qui traite d'actualités.  Si on épure tous les autres sujets et qu'on demeure avec l'actualité, je pense qu'on peut s'attendre entre huit et dix heures d'actualité pure par semaine.

554              Et là‑dedans, certainement qu'entre 20 et 30 pour cent va considérer les nouvelles étudiantes.  Et pas nécessairement les nouvelles étudiantes internes à l'Université du Québec en Outaouais, mais qui s'adresse à l'ensemble de la communauté universitaire, qui est assez vaste dans la région, puisque sur notre carte de rayonnement, on rayonne aussi dans toute la franco‑ontarie, c'est‑à‑dire toute la communauté de l'université d'Ottawa et compagnie, l'université Carleton aussi, à plus forte raison.

555              Donc, pour ce qui est de l'UQO, notre contenu, d'actualité est un contenu local, donc, on s'intéresse à ce que font les conseils municipaux, on s'intéresse à ce que nous offre les différents regroupements communautaires.  On en fait de la nouvelle pour nos étudiants qui s'intéressent à l'axe développement régional de notre université, mais aussi de notre région, et à différents chapitres.


556              Nous avons une majeure en communications à l'université, dont mon collègue Jean‑François fait partie en tant qu'enseignant qui, depuis bientôt trois ans se préoccupe des questions de développement régional.  Et beaucoup de ces gens‑là, je dirais, ou j'avancerais un chiffre comme ça : environ 60 pour cent des étudiants de cette majeure‑là participent aux activités de la radio et portent un regard régional sur ce qu'ils produisent sur nos ondes.

557              CONSEILLER MORIN:  C'est tout, Monsieur le Président.

558              Merci!

559              LE PRÉSIDENT:  Merci, Monsieur Morin.

560              Moi, j'en ai une question, et puis après‑demain je la reposerai à la radio communautaire parce qu'il y a des gens, ils étaient...  je suis heureux de voir qu'il y en a quand même qui sont dans la salle et ils pourront y réfléchir.  De toute évidence, on a un problème de fréquence, hein, disponible pour faire de la radio?


561              Et puis des fois, il faut être créatif pour essayer de servir divers objectifs.  Puis je me posais comme question et puis je voudrais avoir seulement vos observations, mais je me disais, la radio universitaire, oui elle présente un modèle de diffusion basé sur la semaine de radiodiffusion de 126 heures, mais est‑ce que ses besoins réels en temps d'antenne sont équivalents à 126 heures?

562              Où est‑ce que c'est... où est‑ce que c'est moindre et est‑ce qu'il n'y aurait pas moyen de maintenir votre studio autonome et de partager l'antenne avec la radio... le projet de radio communautaire qu'on a entendu ce matin.

563              Et évidemment, on ne connaît pas la réponse non plus des requérants pour la radio communautaire, mais on aura le... je suis sûr qu'ils nous donneront une réponse quand ils auront l'opportunité de revenir à la Phase 2 de l'audience, mercredi.

564              Alors, quant à vous, je peux même vous laisser jusqu'à mercredi si vous voulez y penser.

565              M. OUELLET : Non, ça va.

566              LE PRÉSIDENT : Mais si vous pouvez réagir à froid, j'aimerais connaître vos observations.

567              M. OUELLET : Ce qu'il faut comprendre, en premier lieu, dans le projet qu'on vous dépose aujourd'hui, comparativement à d'autres projets qui vont vous être déposés et qui ont été déposés ce matin, c'est une radio qui fonctionne déjà.


568              L'objectif quand on a déposé ce projet‑là, c'était de démontrer qu'avant même d'avoir une licence FM, on était capable, ici, de développer une radio qui fonctionne en respectant les normes du CRTC.

569              On sait qu'il y a beaucoup de radios, avant de devenir FM, qui se « pratiquent. »  Nous, on fait plus que se pratiquer, c'est exactement comme si on était sur FM, sauf qu'on ne l'est pas encore.  C'est pour ça qu'on est ici devant vous.  Ce qui fait que, présentement, on a 126 heures de programmation.

570              Donc, pour être très franc avec vous, ce serait difficile de dire à la moitié de nos bénévoles... parce que tantôt, on entendait parler de comment chercher des bénévoles.  Nous, nos bénévoles sont déjà impliqués.  Ils sont à l'université, et aussi, ils viennent de la communauté, en général.  Ce n'est pas juste des gens de l'université qui remplissent cette grille‑là.  Donc, ça serait difficile de partager une fréquence.

571              J'ajouterais que j'ai vu l'expérience de Radio Campus Paris, dont vous avez peut‑être entendu parler, qui partage une fréquence avec une radio religieuse, ce qui donne des situations assez particulières d'émissions de musique émergente l'après‑midi et de chapelet en soirée.


‑‑‑ Rires / Laughter

572              M. OUELLET : Je vous laisse un peu vous imaginer.  C'était un compromis.  À la base, évidemment, il n'y avait plus de fréquence vraiment pour tout le monde, ce qui a donné lieu à une particularité technique assez « spectaculaire. »

573              Mais moi, je tiens surtout à souligner le fait que c'est une radio qui existe déjà, qui a déjà des projets.  J'écoutais le projet avant le nôtre, et puis, j'ai lu sur les autres projets après le nôtre, et puis, moi, je pense qu'on est un projet rassembleur pour tous ces projets‑là.

574              C'est‑à‑dire qu'on peut diffuser... on diffuse de la musique émergente, on parle de nouvelles locales, on parle de la communauté en général, pas seulement de la communauté universitaire.  En plus, on a démontré notre bonne foi et notre travail ardu pour déjà monter une station de radio.

575              On ne fonctionne pas dans l'hypothétique, mais on fonctionne dans le réel, parce qu'on n'a pas vraiment de fonds de lancement, parce qu'on est déjà lancé, on a déjà des studios.  Nous, on fait déjà affaire avec des groupes musicaux.  On fait déjà affaire avec des festivals que l'on diffuse.


576              Donc, en résumé, ce qu'on présente devant vous aujourd'hui, ce n'est pas des voux pieux, mais c'est des choses qu'on fait déjà, et pour assurer notre survie, la seule chose qui nous manque, c'est une licence FM.

577              LE PRÉSIDENT : C'est une antenne.

578              M. OUELLET : Voilà!

579              LE PRÉSIDENT : Mais il n'y a pas beaucoup de fréquences.

580              M. OUELLET : Ils disent ça, oui.

581              LE PRÉSIDENT : Ils disent ça, hein, parce que vous êtes en concurrence, finalement, pour la même fréquence.

582              M. PILON : J'ajouterais que si...

583              LE PRÉSIDENT : Il y a d'autres requérants aussi pour la même fréquence là.

584              M. PILON : Mm‑hmm.

585              LE PRÉSIDENT : Entendons‑nous bien là...

586              M. PILON : Mais on est couvert...

587              LE PRÉSIDENT : ...sauf que la compatibilité entre la radio de campus et la radio communautaire, des fois, peut être une compatibilité qui peut donner des résultats positifs.


588              Vous avez donné un exemple.  L'exemple de Paris peut‑être est un peu un exemple, effectivement, avec des thématiques tout à fait, je ne dirais pas opposées, mais avec certaines divergences.

589              Cependant, le projet de la radio communautaire aussi misait sur du country, misait sur de la musique du talent émergent, mise sur la musique de langue française, mise sur des bénévoles.  Donc, il y a une plus grande compatibilité.

590              Les Britanniques et les Français sont obligés de faire ce qu'ils font.  Il n'en a pas assez de fréquences.

591              Au Canada, je n'ai pas connaissance qu'il y en ait, mais on arrive à un stade de développement de technologies qui fait en sorte que, ou bien il y a des groupes qui seront déçus de la décision du Conseil, qui pourront, soit regarder d'autres technologies comme la bonne vieille radio AM ou bien des technologies dites numériques et puis en devenir les pionniers, parce que, pour l'instant, la radio numérique est relativement... oui, il y a des opérations, mais il n'y a pas de récepteurs.  Donc, c'est un dilemme.

592              Donc, c'est pour ça que je pose la question.  J'ai compris votre meilleure réponse.  Maintenant, je vous donne la chance de m'en donner une deuxième si vous voulez prendre une chance.


‑‑‑ Rires / Laughter

593              M. PILON : Mais moi, j'ajouterais que, en tant que membre de la collectivité qui sera desservie par RÉÉL Radio, ils sont invités à soumettre des projets d'émissions, puis tant que c'est représentatif... parce qu'on a un pourcentage maximum d'émissions de l'extérieur.  Mais si ça représente, effectivement, puis que c'est un projet d'émission qui est potentiel, suite à notre formation et au guide d'animation et à la formation pour la station, eh bien, ces projets‑là pourraient être diffusés, oui, sur nos ondes.  Donc, on est ouvert aux émissions de la collectivité.

594              M. OUELLET : On comprend très bien votre question, mais il y a deux choses qui me chicotent.  Pour avoir gérer des radios campus dans des marchés dans lesquels il y avait des radios communautaires, je pense que c'est quand même deux types de radio qui répondent à des mandats complètement différents.

595              Tantôt, on parlait, par exemple, de seulement les disparités entre l'ARC du Québec et l'ARC du Canada.  Je peux vous parler aussi des disparités entre l'ARC et la Coalition des radios universitaires sur des choses aussi fondamentales que le financement.


596              Les radios communautaires sont financées par le public, principalement au Québec par le ministère de la Culture.  Les radios universitaires n'ont pas droit à ces subventions‑là.  Donc, évidemment, il y a des différences.

597              Je pense aussi à la publicité.  Les radios de campus sont limitées à quatre minutes.  Les radios communautaires, c'est maintenant illimité.  Donc, il y a des différences.

598              Puis, je reviens à mon point de base.  Ce qui se passe, c'est que nous, on avait déposé le projet, ça fait quand même deux ans et demie, trois ans qu'on travaille là‑dessus, puis pour nous, il faut comprendre qu'il y a déjà une radio qui fonctionne, qui est là à temps plein.

599              Et je tiens à souligner qu'on compare quand même un projet concret avec... quand on parle, par exemple, de nouvelles, de musique émergente, d'appui aux talents locaux, et caetera, des choses qu'on fait déjà actuellement, ce que d'autres projets prévoient faire.  Donc, il y a quand même une grande différence là‑dessus.

600              LE PRÉSIDENT : Alors, messieurs, je vais demander au procureur du Conseil.


601              Me GAGNON : Merci.  J'ai quelques questions.

602              Dans votre demande, vous avez initialement indiqué qu'il y aurait cinq heures d'émissions en provenance de la Coalition des radios communautaires.  Aujourd'hui, vous avez mentionné trois heures.

603              Est‑ce qu'il y aurait un des deux chiffres qui serait plus précis que l'autre?

604              M. PILON : Le chiffre qui était dans notre demande.

605              Me GAGNON : De cinq heures?

606              M. PILON : C'est de cinq heures, oui.

607              Me GAGNON : Donc, est‑ce qu'on peut prendre pour acquis que la base de programmation serait de la programmation locale, donc, pour un total de 121 heures, à ce moment‑là?

608              M. PILON : Absolument.

609              Me GAGNON : O.K.  Je pense que tantôt, monsieur Drolet décrivait un peu pour ce qui était de l'actualité puis des nouvelles ce qui se faisait à votre radio en ce moment.

610              Juste pour clarifier, est‑ce que vous auriez une fréquence de nouvelles par jour, par semaine, et la durée de ces bulletins‑là, que ce soit d'actualité ou de nouvelles?


611              M. PILON : Bien, il y a déjà le bulletin de nouvelles quotidien qui est produit par la station, puis c'est un bulletin qui comprend trois nouvelles qui durent environ trois minutes, puis qui est vraiment axé sur des nouvelles locales et régionales.

612              Donc, ça, on prévoit le maintenir, puis éventuellement probablement en faire plus qu'un par jour.  Puis c'est diffusé à chaque heure.

613              Me GAGNON : O.K.  Donc, en ce moment, c'est une fois par jour ou à chaque heure?

614              M. PILON : Il y a un bulletin qui est enregistré qui est diffusé chaque heure.

615              Me GAGNON : O.K.  Donc, un par jour à ce moment‑là?

616              M. PILON : C'est ça.

617              Me GAGNON : Comme dernière question, dans votre demande, on avait identifié des émissions.  Je pense que ça s'intitulait « Cinérama » et « McGilles. »

618              Est‑ce que vous pourriez nous les décrire, le contenu, puis de quoi il s'agit?

619              M. PILON : « McGilles, » c'est Dave Ouellet qui fait cette émission.


620              Puis, « Cinérama, »  ce serait une émission qui serait axée principalement sur les découvertes cinématographiques dans un cinéma plus émergent, un cinéma qui est beaucoup moins ‑‑ excusez l'anglicisme ‑‑ mainstream que ce qu'on peut voir, puis entendre déjà sur les ondes actuelles.

621              Me GAGNON : Puis, « McGilles »?

622              M. OUELLET : Ce sont exactement les deux exemples.  On parlait tout à l'heure de...  On avait dit trois, c'est cinq heures d'émissions qui viennent de l'extérieur.  Quand on fait la grille d'une radio comme celle‑ci, on essaie d'aller chercher ce qu'il n'y a pas localement, étant donné que c'est juste cinq heures sur 126, et l'émission que moi, je fais est une émission de country francophone.  Il y a une autre émission ici.  Donc, on voulait améliorer cette image‑là.  Même chose pour l'autre émission.

623              Donc, l'objectif, c'est si, par exemple, il n'y a pas d'émission sur un sujet en particulier, puis il y a une expertise plus élevée ailleurs, d'aller chercher cette émission‑là, mais tout en, évidemment, restant majoritairement, vastement majoritairement, local.

624              Me GAGNON : Parfait!  Merci.


625              LE PRÉSIDENT : Messieurs, merci pour votre présentation.  On vous reverra dans la deuxième phase.

626              Nous interrompons cette audience pour la période du lunch.  Nous reprendrons à 13 h 30.

‑‑‑ Upon recessing at 1209 / Suspension à 1209

‑‑‑ Upon resuming at 1337 / Reprise à 1337

627              LE PRÉSIDENT : À l'ordre, s'il vous plaît.

628              Madame la Secrétaire.

629              LA SECRÉTAIRE : Nous entendrons maintenant l'article 3, qui est une demande de Fiston Kalambay Mutombo, au nom d'une société devant être constituée, en vue d'obtenir une licence visant l'exploitation d'une entreprise de programmation de radio FM spécialisée de langue française à Ottawa.

630              Vous avez 20 minutes pour faire votre présentation.  Merci.

PRÉSENTATION / PRESENTATION

631              M. KALAMBAY : Bonjour, Monsieur le Président.  Bonjour, messieurs les commissaires.


632              J'aimerais, d'abord, vous présenter mes excuses dans le sens que l'équipe qui était censée de m'accompagner était prêt pendant le mois de décembre, mais cependant, il y a eu un peu de problèmes plus personnels.  Il y a une qui a accouché, une autre qui est partie assister sa sour qui accouche en Europe, et une autre a fait un voyage, ce qui fait que je suis dans l'obligation de me présenter seul devant vous.

633              J'aimerais aussi saisir l'occasion pour vous féliciter, vous, en tant que CRTC, pour cette belle architecture que vous avez élevée dans le réseau radiophonique de notre région.  Je pense que cela n'est pas seulement le résultat d'une intelligence, mais c'est aussi le résultat d'une sagesse que vous avez démontrée, même dans vos décisions.  L'intelligence, l'expérience, vous l'avez démontrée dans l'architecture, la structure que vous aviez voulue de notre réseau.

634              Et je le fais, vous présenter, parce que je sais que vous êtes souvent critiqués pour certaines raisons quand les gens ne sont pas d'accord.  Mais cependant, en général, vous avez fait un grand travail, et nous avons vu la sagesse dans vos décisions, et surtout que le réseau va être presque ‑‑ presque ‑‑ saturé sur le FM.

635              Donc, à ce sujet, je m'en vais dans mon exposé.


636              La présente demande est soumise par Fiston Kalambay Mutombo pour une société à être constituée (Radio Vie Nouvelle) en vue d'obtenir une licence de radiodiffusion afin d'exploiter une station de radio FM de langue française dans la région de la capitale nationale Ottawa‑Gatineau à la fréquence 101,9.

637              Cette nouvelle radio sera une station originale et unique en son genre dans la région de la capitale nationale, fournissant pour la première fois le format de musique chrétienne francophone et des annonces communautaires visant uniquement notre région.  Le format musical de la station est complètement et totalement différent aux autres stations de la région de la capitale nationale Ottawa‑Gatineau.

638              Le chargé du projet que je suis, juste une brève présentation.  Je suis détenteur d'un baccalauréat en administration des affaires, avec une double concentration en Relations industrielles et en gestion des ressources humaines de l'université du Québec à Hull (Outaouais) présentement.

639              Conseiller en ressources humaines agréé à l'ordre de CRHA du Québec et ancien coordonnateur principal du centre communautaire Deschênes à Aylmer, à Gatineau, gérant un budget annuel de plus $ 300 000 et plusieurs programmes communautaires financés par le Centraide Outaouais et le Ministère des services sociaux et de la santé du Québec.


640              Promoteur de quatre grands événements spéciaux radiodiffusés 24 h sur 24 heures en vue de soutenir les organismes à but non lucratif de notre région, dont deux événements spéciaux en faveur du Berger de l'espoir d'Ottawa (ramassage des vêtements, des bottes d'hiver et ramassage de denrées alimentaires non périssable) et un événement spécial pour soutenir la campagne contre le tabac et les effets de la fumée secondaire du tabac sur la santé de la femme enceinte, faite avec la collaboration des services sociaux et de santé du Québec.  Et enfin, un événement spécial radiodiffusé de soutien à la Croix‑Rouge pour la mobilisation de fonds Tsunami.

641              La musique chrétienne francophone canadienne a servi de format musical pendant ces événements spéciaux.  La puissance émettrice était de 50 watts conformément aux normes établies.

642              Pourquoi une nouvelle radio de musique chrétienne francophone dans la région?

643              À première vue, tout semble paraître comme si la région est bien desservie par les stations actuelles et que le besoin d'une telle radio n'est pas souhaité dans la région.  Ne dit‑on pas que l'apparence est trompeuse?


644              Cette radio est la réponse à une demande dans la région de la capitale nationale.  En effet, grande a été ma surprise de constater la réaction des auditeurs par leurs nombreux coups de fil téléphonique à la fin de chaque événement spécial radiodiffusé en posant la question : À quand une station permanente d'un tel format dans notre région?

645              Présentement, les auditeurs francophones et francophiles qui aiment et désirent écouter la musique chrétienne francophone, qui habitent dans la région de la capitale nationale n'ont pas d'alternative et ne se reconnaissent pas du tout dans le format radiophonique auquel ils ont accès.

646              Ils regrettent que le format musical offert par toutes les radios existantes ne réponde pas à leur besoin musical et que toutes ces radios proposent une programmation qui ne tient pas compte des besoins des auditeurs qui aiment la musique chrétienne francophone.


647              Par ailleurs, lors de nos événements spéciaux radiodiffusés en 2005 et 2006, plusieurs gens ont souhaité une radio avec le genre de musique qu'on jouait sur les ondes, soit un format musical chrétienne francophone qui soit spirituellement enrichissant et réconfortant.  Ils désirent, en fait, une radio qui soit plus près de 300 000 personnes de langue française, qui, certes, de façons diverses, expriment leur adhésion aux valeurs fondamentales de la foi chrétienne, mais aiment tous écouter la musique chrétienne ou gospel francophone.

648              La Radio Vie Nouvelle partage totalement les préoccupations des personnes qui désirent voir une réelle diversité s'établir dans les formats musicaux proposés par les réseaux radiophoniques de notre région.

649              Pour cela, la Radio Vie Nouvelle propose d'offrir un format de musique complètement différent qu'aucune autre station francophone ne propose dans ces réseaux.  C'est à ce niveau, avec une plus grande diversité musicale et notre implication locale, que nous établirons une réelle diversité dans le réseau radiophonique.

650              Ainsi fait, nous éviterons toute possibilité de concurrence sur le réseau radiophonique de la région.  Nous entendons faire jouer 90 pour cent du contenu canadien francophone de musique chrétienne et une programmation locale de 126 heures/semaine.


651              La formule musicale de la nouvelle station sera totalement la musique chrétienne francophone visant un auditoire de 14 à 55 ans et plus, sans préférence de sexe, ni de race, en fait, une formule de musique que toute la famille et tout le monde peuvent écouter.

652              Le troisième point, intérêts de la communauté.  Notre philosophie : Nous voulons être la radio des gens d'ici.

653              La radiodiffusion chrétienne se concentre sur des valeurs constructives, ou on peut dire, positives, comme l'amour, le pardon, la tolérance, la conciliation, la justice, l'espoir, valeurs que notre société prône et privilégie.

654              Notre nouveau poste servirait un marché spécialisé et ne rivalisera pas avec les postes de radio actuels dans la région d'Ottawa/Hull.  Ce poste fournira une voix pour les francophones, avec une programmation locale à 100 pour cent.  Il n'y aura presque pas d'impact sur les autres postes, puisque ce poste de gospel musique francophone récemment proposé servira un marché spécialisé qu'aucun autre radiodiffuseur francophone ne sert à présent dans la région.

655              Nous croyons que ce nouveau média aidera à fournir un équilibre nécessaire sur les ondes locales car nous encourageons des valeurs constructives de la vie et de la famille, plutôt que la violence, l'agression et la rébellion.


656              La musique proposée sera un changement agréable pour plusieurs parents et leurs enfants.  Elle véhicule l'espoir pour le futur, et elle fournit un confort spirituel à une grande portion de cette population.

657              Ce poste offrira du temps d'antenne aux banques de nourriture sur une base quotidienne et fournira de l'aide directe aux organisations charitables enregistrées à but non lucratif, avec des collectes de fonds actifs en ondes.  Nous jouerons les annonces des services publics gratuitement et nous encouragerons les auditeurs à supporter ces organisations.

658              Nous voulons rendre les ondes aussi accessibles que possible à plusieurs groupes non‑profit afin de les aider à augmenter la conscience de la population à leur cause.


659              Nous prévoyons une émission parlée d'une heure par semaine pour que notre radio soit un podium de la communauté locale.  Sur le plan éditorial, des synergies seront établies entre notre station et les médias écrits communautaires des deux côtés de la rive par le biais d'échange de services, permettant une grande diversité de sources des bulletins d'information, reflétant ainsi la réalité de notre communauté.

660              Nous encouragerons aussi les auditeurs à proposer, réagir et à exprimer leurs idées et opinions pour l'amélioration de la programmation qui leur est offerte.  À ce sujet, nous prévoyons consacrer un espace de rétroaction sur notre site Internet, ainsi qu'une boîte vocale à la disposition des auditeurs.

661              Fort de l'expérience acquise dans la gestion du centre communautaire dans l'établissement des programmes d'intégration dans la communauté, nous faciliterons l'accès aux étudiants en animation de la radio de la cité collégiale à notre poste de radio, de venir animer et vivre l'expérience professionnelle dans leur région, et ce, par le biais du programme d'expérience du travail des étudiants subventionné par le ministère de Développement Ressources humaines Canada.  Les démarches nécessaires à ce sujet seront enclenchées une fois la licence octroyée.

662              La programmation proposée.

663              Notre programmation est simple car nous croyons que la simplicité permet l'accessibilité.  Nous voulons avoir un accès facile à notre communauté, mais aussi faciliter la communauté le même accès à sa radio.  Radio Vie Nouvelle se veut comme étant la radio des gens d'ici.


664              La nouvelle station Radio Vie Nouvelle 101,9 est une société sans but lucratif et a pour but :

665              Promouvoir l'ouvre du Christ auprès des communautés multiculturelles de la place par la diffusion à la radio des chansons chrétiennes;

666              Sensibiliser tous les chrétiens à leurs devoirs et responsabilités au sein de leur communauté, famille et société entière par des émissions spécialisées;

667              Mettre en ouvre une structure d'encadrement et de développement des artistes musiciens chrétiens canadiens et locaux pour une meilleure promotion de leurs ouvres;

668              Mettre en ouvre une structure d'aide et de soutien aux organismes de charité pour faciliter la promotion de leurs activités au moyen des événements spéciaux radiodiffusés en vue de sensibiliser la communauté à leur cause.

669              Ainsi, la Radio Vie Nouvelle propose d'offrir à la communauté francophone de la région de la capitale nationale 126 heures de programmation locale de ses studios d'Ottawa.


670              La station proposée diffusera de la musique chrétienne francophone 24 heures sur 24 heures, sept jours sur sept.

671              Voici comment nous prévoyons répondre aux besoins et aux intérêts de la communauté que nous proposons desservir.

672              De 6 h 00 à 10 h 00, lundi à dimanche : Matinées de Vie (portion dominée par la musique).

673              Une émission d'accompagnement matinal inspirant une attitude positive avec un choix musical approprié à ce créneau d'horaire.

674              Le ton de l'émission sera sympathique, communiquant l'acceptation, la tolérance, l'espoir pour tout le monde, avec quelques brefs propos concis et appropriés.  La musique devrait inspirer une bonne humeur pour la journée. Animation en direct avec quelques brèves annonces des activités des communautés locales et d'évènements locaux pendant l'animation.

675              De 10 h 00 à 16 h 00, lundi à dimanche : Joie de vivre!


676              C'est la portion très musicale de la journée.  Avec un tempo moyen, comprenant les plus beaux choix des pièces musicales des artistes chrétiens francophones canadiens et davantage des pièces un peu plus longues et complètes.  Animation en direct et discrète, avec un artiste local invité de préférence ou un artiste canadien de passage dans la capitale nationale.

677              De 16 h 00 à 17 h 00, lundi au vendredi : Chronique « Réflexion » (création plus orale entrecoupée par quelques pièces musicales d'artistes locaux).

678              Émission de sensibilisation, mobilisation, promotion et vulgarisation des différents enjeux locaux à caractère social, culturel et communautaire, avec différents intervenants communautaires, coachs, initiatives personnelles, artistes, sportifs, organisateur des évènements, en vue d'encourager les communautés locales à une plus grande implication dans la vie locale.  Animation en direct.

679              De 17 h 00 à 19 h 00, lundi à dimanche : Louanges Libres (Créneau de musique de gospel des francophones et d'ailleurs).

680              Offre une grande diversité musicale, avec une programmation musicale dynamique et plus rythmée.  Différents artistes chrétiens francophones canadiens et du monde chanteront des louanges à la gloire de Dieu.  Choix musicaux distincts soulignant la diversité culturelle et l'ouverture des Canadiens à toutes les communautés.  L'animation ne sera faite qu'à demi‑heure pour identifier les pièces entendues.  Animation en direct.


681              De 19 h 00 à 23 h 00, lundi à dimanche : Adorons l'Éternel (programmation musicale automatisée préenregistrée).

682              Musique d'adoration chantée ou instrumentale pour accompagner les auditeurs dans leur moment de méditation personnelle et de préparation au sommeil, entrecoupée de quelques annonces communautaires.  Aucune animation.

683              De 23 h 00 à minuit, lundi à dimanche : Reprises de la chronique « Réflexion » (préenregistrée).

684              De minuit à 6 h 00 du matin : Bloc musical automatisé (préenregistrée).

685              Cet horaire s'étend sept jours sur sept.

686              Au sujet d'information, des brefs bulletins de nouvelles locales et régionales de deux minutes sont prévus à chaque heure, avec météo, et aux heures de pointes, information routière.

687              La diffusion de la musique occupera approximativement 50 minutes de l'heure, les commandites 2 minutes.  La création orale et les brèves informations occuperont le reste.  Nous prévoyons donc consacrer de 11 à 12 heures aux créations orales.


688              La création orale de notre station s'articule autour de la présentation des pièces diffusées, de quelques brèves annonces des activités des communautés locales et d'évènements locaux pendant l'animation et la chronique « Réflexion ».

689              La station ne diffusera que 2 minutes de nouvelles à l'heure entre 6 h 00 et 18 h 00.  Nous prévoyons approximativement plus d'une heure par semaine.  Le pourcentage de nouvelles qui sera dédié aux nouvelles locales sera de 80 pour cent.

690              En plus du magazine « Réflexion, » qui souligne et favorise la diversité culturelle de la communauté par la différence de ses intervenants (de toute couche, race et sexe) et sujets abordés, nous voulons aussi souligner la pratique de la diversité culturelle par une programmation musicale variée reflétant la richesse de la musique de gospel francophone.

691              De 17 h 00 à 19 h 00, lundi à dimanche : Louanges Libres (Créneau de musique chrétienne de la francophonie et d'ailleurs).


692              Offre une grande diversité musicale, avec une programmation musicale dynamique et plus rythmée.  Différents artistes de gospel francophones canadiens et du monde chanteront des louanges.  Choix musicaux distincts soulignant la diversité culturelle et l'ouverture des Canadiens à toutes les communautés.  L'animation ne sera faite qu'à demi‑heure pour identifier les pièces entendues.  Animation en direct.

693              Le nombre d'heures consacrées aux émissions préenregistrées est de cinq heures.  En voici la répartition.

694              De 19 h 00 à 23 h 00, lundi à dimanche : Adorons l'Éternel.  Je ne vous donne pas les détails parce que je l'avais déjà bien cité.

695              Le nombre d'heures des émissions en direct est de 11 heures.  En voici la répartition.

696              De 6 h 00 à 10 h 00 : Matinées de Vie.

697              De 10 h 00 à 16 h 00 : Portion très musicale de la journée.

698              De 16 h 00 à 17 h 00 : Chronique « Réflexion ».

699              Au sujet du développement des talents canadiens et des artistes locaux, voici nos initiatives pour le développement du talent canadien et des artistes locaux.


700              Pour démontrer notre engagement à promouvoir du talent canadien français, nous promettons de jouer du contenu canadien à 90 pour cent, plutôt que le minimum jouent la plupart des postes spécialisés.  Nous désirons donner à l'artiste le maximum, pas le minimum, puisque ce poste sera pour eux.  Les musiciens de gospel francophones cherchent ardemment une voie d'expression pour leur musique.

701              Nous ne sommes pas au courant d'un autre poste de radio canadien qui s'engage à inclure autant de contenu canadien dans cette audience.

702              Les artistes de gospel francophone n'ont pratiquement pas d'exposition au Canada, à l'exception d'un ou de deux postes chrétiens au Québec.  Nous croyons que, étant situé dans la capitale du Canada, nous pourrons mettre ces artistes sur la sellette, en leur donnant une plate‑forme qui leur permettra d'atteindre les auditeurs dans leur maison, bureau, véhicule, et, pourquoi pas, la plage.

703              C'est entendu que leurs ventes de CD augmenteront de façon significative dans les magasins de musique de la région d'Ottawa.

704              Finalement, nos artistes recevront un rendement du capital investi afin de produire encore plus de CD.


705              Notre poste mettra l'emphase sur le développement du talent canadien nouveau et local en organisant un concours de talent et concert annuel.  La publicité aux journaux locaux et à la radio sera employée pour attirer des nouveaux artistes locaux potentiels, qui seront encouragés à soumettre des cassettes démos au poste, que nous diffuserons sur la station.  Nous animerons un concert qui inclura les meilleurs participants.

706              Les trois gagnants recevront $ 1 500 en argent comptant envers la production de leur premier CD dans un studio professionnel.  Leurs nouveaux CD seront envoyés aux autres postes chrétiens au Canada, avec des recommandations que ces CD reçoivent du temps d'antenne dans la forme spéciale.

707              Le réseau CHIM/Good News Timmins en Ontario a déjà consenti par écrit de donner à ces artistes de l'exposition sur les 16 postes qu'il opère et aussi sur les 12 qu'il débute à travers le Canada.

708              Ceci va garantir de l'exposition en ondes pour de nouveaux artistes francophones dans plusieurs marchés à travers notre pays.  Ils pourront non seulement atteindre la population de 1,1 millions dans la région d'Ottawa/Gatineau, mais aussi la population de 1,6 millions que le réseau CHIM/Good News sert actuellement.


709              Les trois gagnants recevront du temps d'antenne prime sur notre poste, ainsi que des entrevues en ondes, lorsque nous mettons sur la sellette du talent local.  Et nous ferons la promotion de tout concert organisé pour nos artistes locaux par d'autres promoteurs.

710              Toutes ces initiatives assureront la relève et le développement de nos artistes locaux.

711              Portrait de la région de la capitale nationale.

712              J'ai encore du temps?

713              LA SECRÉTAIRE : Environ une minute.

714              M. KALAMBAY : Une minute.

715              LA SECRÉTAIRE : Donc, s'il vous plaît, complétez.

716              M. KALAMBAY : Nous connaissons le portrait.

717              Et pour la performance anticipée, nous voulons établir le partenariat de donation mensuelle avec la communauté.  Nous avons les statistiques qui démontrent que cela est possible.  Pour cela, je pars au paragraphe ‑‑ un, deux, trois, quatre ‑‑ cinquième paragraphe.

718              Fort d'un auditoire potentiel estimé à 15 000 personnes qui pourra syntoniser la fréquence, nous sommes conscients des efforts à déployer au niveau du marketing.


719              Nous comptons, dès l'octroi de la licence par le Conseil à la Radio Vie Nouvelle, d'aller  chercher et fidéliser, au moyen des collectes de fonds, au moins 1 200 donateurs dans les deux prochaines années de notre opération, soit 600 donateurs par année qui chacun donnera un minimum de $ 20 par mois.

720              Nous comptons déjà sur les bonnes intentions manifestées de quelques personnes bien disposées à soutenir la radio et n'attendent que l'octroi de la licence à la Radio Vie Nouvelle pour concrétiser leur engagement.  Plusieurs personnes sont animées de la même intention et promettent de soutenir financièrement la radio une fois la licence octroyée.

721              LA SECRÉTAIRE : Merci.

722              LE PRÉSIDENT : Merci, Monsieur Kalambay.  Bonjour.

723              M. KALAMBAY : Bonjour.

724              LE PRÉSIDENT : Ma première question.  En fait, à ce que je vois dans votre présentation orale d'aujourd'hui, vous nous dites que vos studios seront localisés à Ottawa.

725              M. KALAMBAY : Oui.

726              LE PRÉSIDENT : Avez‑vous déjà en tête un endroit où ils seront localisés à Ottawa?


727              M. KALAMBAY : Oui.  Les studios seront localisés à Ottawa.  Je l'ai mentionné dans la présentation orale que nous avons une église qui nous a donné un espace gratuit pour deux ans.  Je n'ai pas, malheureusement, déposé la lettre.  J'ai la lettre de cette église.

728              Donc, ils nous ont donné un espace de 432 pieds carrés ‑‑ c'est la page 12 ‑‑ dans leur immeuble situé sur 185, chemin Montréal, et cela pour deux ans.  Nous n'aurons que la charge d'électricité, et il y a aussi possibilité de renouvellement avec ce que cette église nous a proposé comme espace.

729              LE PRÉSIDENT : Donc, vous ne prévoyez pas vous installer avec ceux qui... parce que je vois quand même que dans la demande... parce que je vois le nom de monsieur Dubreuil à quelques reprises dans votre demande.  Donc, si vous ne vous implantez pas au même endroit que la Christian Age Radio.

730              M. KALAMBAY : Je ne vois pas d'inconvénient, mais, cependant, il y a une proposition viable sur le chemin Montréal pour un espace qui nous est convenable.  Je pense qu'on pourra toutefois utiliser cela, mais il n'y a pas d'inconvénient pour, si possible, de voir comment partager de l'autre côté.


731              LE PRÉSIDENT:  Mais ceci étant dit, est‑ce que vous...  Que vous soyez implanté au même endroit ou non, est‑ce que vous prévoyez quand même avoir des synergies opérationnelles avec Christian Hit Radio ou si vous êtes totalement indépendant?

732              M. KALAMBAY:  Avec...?

733              LE PRÉSIDENT:  Avec la Christian Hit Radio?

734              M. KALAMBAY:  Oui.  Nous... nous allons bénéficier.  Nous sommes en très bonnes relations et très bonne collaboration avec le CHR.  Nous allons bénéficier, évidemment, de leur expertise au niveau de formation continue de nos animateurs.

735              Donc, à ce sujet, nous avions parlé à certaines reprises et ils sont vraiment prêts à nous aider dans ce sens‑là.

736              LE PRÉSIDENT:  À vous appuyer pour...?

737              M. KALAMBAY:  Oui, à nous appuyer, pour...

738              LE PRÉSIDENT:  Pour atteindre vos objectifs?

739              M. KALAMBAY:  C'est ça.


740              LE PRÉSIDENT:  Dans votre projet, vous nous parlez, évidemment, de musique; de musique francophone, à 90 pour cent et de musique chrétienne francophone.  Pouvez‑vous me définir ce que vous entendez par de la musique chrétienne... musique chrétienne francophone, au niveau des genres, au niveaux des types d'interprètes?

741              Je sais qu'à quelques reprises, vous parlez de gospel, mais gospel est un genre et pas nécessairement l'unique production de musique.

742              M. KALAMBAY:  Oui.  Vous avez tout à fait raison.  En effet, j'ai employé le mot gospel pour faciliter un peu, pour créer un lien de compréhension, d'autant plus que nous sommes dans un domaine plus religieux où beaucoup de gens n'ont pas souvent l'idée de ce qui se passe dans le domaine religieux.

743              C'est pour cela, pour faire un lien avec le genre de musique que je voulais proposer qui est « musique chrétienne ».  J'ai cité gospel, juste pour que les gens qui connaissent au moins le gospel sachent, entendent que le contenu sera plus un contenu religieux.

744              Quand je parle de musique chrétienne francophone, c'est la musique qui est chantée par tout artiste canadien dont le contenu a un lien spirituel, c'est‑à‑dire de la foi chrétienne, évidemment.  Nous avons plusieurs styles...

745              À la dernière phrase, je vous ai mis la liste de tous les artistes ‑‑ presque, pas tous les artistes, évidemment; la liste n'est pas complète.


746              Je dis :

« Voici la liste des artistes, des groupes canadiens francophones et leur style de musique.  Donc, les thématiques exploitées dans les chansons chrétiennes sont souvent le pardon, joie, célébration, la communion fraternelle, l'espérance, la restauration... » (Tel que lu)

747              C'est la page 15.

748              LE PRÉSIDENT:  Oui, oui.

749              M. KALAMBAY:


« ...la consolation, la foi, la persévérance, le mariage et la famille, l'amour, l'assurance, la puissance de Dieu, la méditation, chants d'enfants et de Noël, les cantiques, victoire, et cetera.   Donc cette liste comprend plus de 185 noms d'artistes et groupes francophones canadiens.  Toutefois elle n'est pas exhaustive. »  (Tel que lu)

750              Donc, j'ai mis... et j'ai mis aussi le style qu'ils utilisent.  Le style, c'est le style que nous connaissons tous.  Ça peut être le country, ça peut être le rock, ça peut être... à l'exception de styles de louange ou d'adoration, qui est un peu différent des autres styles de musique.

751              LE PRÉSIDENT:  Maintenant, si je m'en tiens essentiellement à vos descriptions de style, où je vois...  Est‑ce que ça va être présenté de manière éclectique ou par des groupements horaires où on a une heure de style western et deux heures de style pop?

752              M. KALAMBAY:  Non, nous ne privilégions pas cette approche‑là.  C'est que nous avons plus... nous sommes plus « parties par tranches ».  Comme le matin, nous avons plus choisi les thématiques.

753              Donc, que ça soit chanté dans le style country, que ça soit chanté... mais je pense que nous ne privilégions pas une approche de « de telle heure à telle heure :  rock » ou « de telle à telle heure... ».

754              Non, nous ne privilégions pas cette approche‑là.


755              LE PRÉSIDENT:  Maintenant, je vois que votre liste qui comprend 185 noms, comme vous le dites...  Les 185 noms qui sont là sont tous canadiens.

756              M. KALAMBAY:  Tous canadiens.

757              LE PRÉSIDENT:  Mais ‑‑

758              M. KALAMBAY:  Il y en a même plus, mais que je n'ai pas encore incorporés...

759              LE PRÉSIDENT:  Répertorié pour les fins...?

760              M. KALAMBAY:  Oui.

761              LE PRÉSIDENT:  Mais est‑ce que... C'est parce que dans votre présentation, vous nous parlez aussi de musique... de gospel de la francophonie.  Et la francophonie, c'est plus large que le Canada.

762              M. KALAMBAY:  Oui.

763              LE PRÉSIDENT:  Et est‑ce que vous avez des exemples d'artistes francophones qui ne sont pas Canadiens et qui... et qu'on pourra entendre en ondes à votre station et avez‑vous des exemples de personnalités?

764              M. KALAMBAY:  Oui, nous en avons beaucoup.  Nous avons le groupe Exo, qui vient évidemment de Suisse.  C'est un groupe qui chante des chansons chrétiennes francophones, parce qu'ils viennent de la Suisse.


765              Nous avons aussi d'autres groupes en France.  Et nous avons aussi d'autres groupes en Afrique qui chantent en français, mais avec le style, évidemment, le tempo africain.

766              Donc, c'est dans ces groupes‑là que moi j'incorpore...  J'ai dit que : « gospel d'ailleurs ».  Donc, ils chantent toujours en français, mais avec différents rythmes.  Donc il y en a plusieurs groupes comme Exo, qui font des très très bonnes louanges.  Et dans les créneaux que nous proposons de deux heures pour la musique d'ailleurs et du Canada, nous allons aussi chanter cela.

767              Il y a aussi les Néo‑Canadiens qui viennent de Suisse, qui viennent d'Afrique, qui sont Canadiens, qui chantent le même genre de musique.

768              Et je les ai mis sur la liste des Canadiens, mais cependant, on va aussi utiliser cette musique‑là, mais on pourra toutefois mettre ça dans la catégorie canadienne parce qu'ils les composent et elle est produite ici, ils les produisent ici, au Canada.

769              LE PRÉSIDENT:  Maintenant, dans la catégorie « Louange », je vois la famille Shelly, je vois des...  Rachel Petit, mais est‑ce que le chant grégorien c'est aussi de la musique de louange, est‑ce que...?


770              J'en vois pas dans votre... dans vos pièces.

771              M. KALAMBAY:  Les chants grégoriens c'est plus...  On pourra mettre plus ça dans les chants de méditation, dans le... plus le style de méditation.  Comme je vous ai dit, la liste n'est pas exhaustive.  Donc, j'ai fait ressortir cette liste juste pour vous donner un peu une idée de ce qui pourra être dans la chaîne.

772              Parce que très souvent, les gens posent la question « c'est quel style de musique » si ça joue.  Oui, on sait que ce sont des chansons chrétiennes, mais c'est quel style de musique?  Alors, je fais sortir les styles pour que les gens savent que même dans la musique chrétienne francophone, on peut jouer le country, on peut jouer le rock, on peut jouer...

773              Donc, c'est par rapport à ça.  La liste n'est pas exhaustive.  Les chants grégoriens, nous pouvons aussi le mettre sur les ondes.

774              LE PRÉSIDENT:  Maintenant, vous dites 90 pour cent de contenu canadien sera francophone.  Vous prévoyez combien d'oeuvres musicales diffusées dans une semaine type ou dans une journée type?


775              M. KALAMBAY:  Dans...?  Pouvez‑vous un peu me préciser sur la question?

776              LE PRÉSIDENT:  Bien...  Combien de pièces musicales à l'heure?  Vous avez dit plus tôt qu'il y avait de onze à douze minutes de contenus oraux.

777              M. KALAMBAY:  Oui.

778              LE PRÉSIDENT:  Vous avez...  Dans votre présentation, vous dites :  il y aurait une minute de... deux minutes de publicité et donc, on arrive à entre 13 et 14 minutes.  Il reste 46 minutes.

779              M. KALAMBAY:  C'est ça...  Approximativement 50 minutes de...

780              LE PRÉSIDENT:  Cinquante?

781              M. KALAMBAY: Oui.

782              LE PRÉSIDENT:  De musique?

783              M. KALAMBAY:  De musique, parce que ça va être...

784              LE PRÉSIDENT:  Et quoi, une pièce musicale, ça fait quoi?  Deux minutes et demie, trois minutes, quatre minutes?

785              M. KALAMBAY:  Prenons ça en termes de moyenne.

786              LE PRÉSIDENT:  Oui, oui.  Absolument.


787              M. KALAMBAY:  En termes de moyenne, on peut prendre trois minutes.  En termes de moyenne.  La plus longue peut être six à cinq minutes, mais si on prend la moyenne, on peut tourner autour de trois minutes.

788              LE PRÉSIDENT:  Donc, disons qu'on joue entre douze et quinze pièces musicales à l'heure.  Sur une période de dix‑huit heures, ça fait quand même...  On parle ici de... pas loin de deux cent et quelques pièces.  Là, je n'ai pas de calculatrice avec moi, mais...

789              C'est parce que 90 pour cent d'oeuvres musicales francophones... ma question va être :  Est‑ce qu'il y en a suffisamment pour alimenter de manière diversifiée une grille horaire ou si on va réentendre fréquemment les mêmes oeuvres?

790              M. KALAMBAY:  Non.  Alors, nous avons été surpris pendant les quatre événements que nous avons organisés, les événements spéciaux radiodiffusés.  Nous avons été nous‑mêmes surpris d'être dans l'impossibilité de pouvoir jouer certaines pièces parce qu'il y en avait tellement beaucoup.

791              Et deuxièmement, nous avons pris la moyenne, ici.  On peut mettre, on peut...  On peut arrondir à deux...  Supposons, on peut arrondir à 200 artistes canadiens.  Supposons; ce qui peut être plus.


792              Et dans un album, on a une moyenne de dix chansons... un album.  Un artiste fait peut être cinq albums.  Mais si nous prenons le facteur « un artiste/un album », sur les 200... et un album a dix chansons.  Donc, sur le 200, nous avons déjà au moins 2 000 chansons, rien qu'en partant par un seul album avec 200 artistes, avec une moyenne de dix chansons composées.

793              Donc, si nous tenons ensuite compte qu'il y a des artistes qui ont fait cinq, six, sept albums...  Je suis d'accord avec vous, parce que c'est carrément un milieu méconnu.  Mais étant dans ce milieu‑là et ayant vécu cela, expérimenté cela avec les événements spéciaux qu'on a faits, j'ai trouvé et je sais qu'il y a suffisamment, suffisamment de contenu pour que ça soit réellement canadien.

794              LE PRÉSIDENT:  Maintenant, dans le dix pour cent qui reste, qui ne serait pas de la musique francophone, ça sera de la musique de langue anglaise ou ça sera...?


795              M. KALAMBAY:  Non.  Nous ne jouerons absolument aucune musique de langue anglaise.  Notre priorité, sachant que nous avons des artistes valables francophones chrétiens...  Et je peux vous le dire, la plupart de ces artistes chrétiens francophones canadiens, ils ont une carrière internationale, en France, en Suisse.

796              Nous avons l'exemple de Maggie Blanchard, nous avons l'exemple de Tabitha (ph), nous avons l'exemple de Luc Dumont.  Ils font des tournées internationales, mais cependant, ils sont méconnus ici, au Canada, parce que tout simplement, il n'y a pas un lien avec la collectivité.  Et c'est... pour cela, nous croyons réellement que nous avons assez d'artistes ici.

797              LE PRÉSIDENT:  Vous avez dit un peu plus tôt que vous prévoyiez que le seul fait de diffuser des oeuvres vont permettre la vente ou la possibilité pour ces artistes‑là de se faire connaître et d'augmenter leurs ventes d'oeuvres musicales de...

798              Mais vous dites qu'il existe aussi déjà des stations de radio de type « Christian » à travers le Canada.  Est‑ce que vous êtes en mesure de nous dire que le fait qu'ils soient diffusés dans certaines régions, ça a permis d'éclore des nouveaux talents puis ça permet à ces talents‑là d'aller et d'avoir suffisamment de ventes pour se développer?

799              M. KALAMBAY:  Il y a une incidence directe.  Il y a un lien direct entre la diffusion de leurs oeuvres au niveau de la radio et la vente.  J'ai été moi‑même témoin de ça.


800              Pendant qu'on diffusait, pendant nos événements spéciaux, les quatre mois que nous avons eus ‑‑ on renouvelait ‑‑ nous avons eu des appels des appels des auditeurs qui nous ont demandé où est‑ce qu'on peut aller acheter cela, alors qu'à Gatineau et à Ottawa il y a une librairie qui ne vendent que des CDs ou des chansons chrétiennes francophones, mais qui étaient moins connus par la même population.

801              Donc, du fait qu'il aient téléphoné pour demander, et nous avons vu qu'il y avait réellement un intérêt et ils partaient, ils demandaient :  Où est‑ce que nous pouvons aller chercher cela?  Où est‑ce que nous pouvons aller acheter cela?

802              Et même mes collègues de CHR, anglophones, ils vous diront la même chose, qu'il y a un lien direct entre l'exposition de nos artistes localement, par leurs oeuvres, avec les liens de vente de leurs CDs.

803              LE PRÉSIDENT:  Maintenant, un engagement de 90 pour cent de musique francophone, c'est un engagement qui est très ‑‑ qui est fort.

804              M. KALAMBAY:  C'est vrai.

805              LE PRÉSIDENT:  Qui est au‑delà des engagements réglementaires.

806              M. KALAMBAY:  C'est vrai.


807              LE PRÉSIDENT:  Est‑ce que vous seriez prêts à accepter une condition de licence à l'effet que vous soyez tenus de jouer 90 pour cent de musique francophone?

808              M. KALAMBAY:  Je vais l'accepter parce que je sais que le défi n'est pas insurmontable.  Je sais que nous avons des artistes très viables.  Nous avons aussi d'autres artistes qui ne sont pas connus.

809              Et je pense que ce média‑là sera pour eux un incitatif pour encore aller dans la création et amener aussi d'autres jeunes pour s'intéresser dans ce genre de musique chrétienne et faire carrière dans ça.

810              LE PRÉSIDENT:  Maintenant, la musique chrétienne, elle est définie, en fait, comme de la musique religieuse dans une définition qui est un peu large, mais sauf que je constate que vous prévoyez du jazz, vous prévoyez du pop, du chansonnier, du contry, du western qui sont eux‑mêmes des... enfin, jazz, sans être dans la même grande catégorie de musique que la musique dite religieuse, mais les autres sont plutôt classés comme étant dans des catégories de musique populaire.


811              Quelle serait la répartition entre votre engagement entre ce qui est de la musique dite... plus spécialisée de catégorie 3, qui comprend à la fois le jazz, la musique religieuse, par rapport à la musique dite plus populaire comme le pop, le country ou le rock?

812              M. KALAMBAY:  Je comprends pas  vraiment bien la question.

813              LE PRÉSIDENT:   Vous ne comprenez pas bien la question.  Le conseil a distribué les genres musicaux dans deux grandes catégories.

814              M. KALAMBAY:   Hum‑hum!

815              LE PRÉSIDENT:   La catégorie dite 2 qui comprend la musique populaire, la musique country, la musique rock, enfin donc la générique qui va chercher tous les genres de musique plus commerciale.

816              M. KALAMBAY:   Hum!

817              LE PRÉSIDENT:   Et la catégorie 3 qui, elle, comprend la musique classique, le jazz, la musique à caractère religieux.  Et donc, votre projet, quand je regarde vos artistes, quand je regarde votre grille, c'est pour ça que je vous ai demandé... vous m'avez confirmé que, d'ailleurs, ce serait un format éclectique, à la fois dans la même heure on pourrait entendre à la fois de la musique gospel et de la musique country et de la musique rock.

818              Donc, j'essaie de voir quelle est votre distribution entre les deux grandes catégories 2 et 3 définies par le Conseil.


819              M. KALAMBAY:   À ma compréhension, je pense que quand je parle de la musique chrétienne dans le sens religieux de la définition du CRTC, je ne vois pas la forme, mais c'est plutôt c'est‑à‑dire le style, je vois plutôt le contenu.

820              C'est‑à‑dire quand je parle de musique chrétienne, c'est une musique qui a comme thématique qui tourne autour de la foi chrétienne.

821              LE PRÉSIDENT:   Oui.

822              M. KALAMBAY:   Évidemment, la forme c'est plus une forme, le style c'est plus un style contemporain où nous avons tous les autres styles.  Donc, ce n'est pas en terme de contenu qui va faire que cela puisse rejoindre les autres qui jouent le jazz, non.  Le contenu va être totalement différent.

823              Le style peut être un style de jazz, peut être le style de country, peut être le style d'adoration, mais considérant dans ma compréhension à moi, je considère que quand on parle de musique chrétienne, religieuse, c'est une musique qui a comme thématique plus entre la personne et sa foi dans sa divinité


824              LE PRÉSIDENT:   Parce que quand je regarde votre liste d'artistes ici, là, je vais prendre Shirley, Pop, Street Colin and trade rock.  Je vais changer.  Underground... upper ground, pardon, rap, les stations locales de langue française pourraient, si elles le souhaitaient, jouer cette musique.

825              M. KALAMBAY:   Ça sera religieux, à ce moment‑là, pour eux.

826              LE PRÉSIDENT:   Mais pourtant...

827              M. KALAMBAY:   Le style est le même.  Le style est le même, mais le fond n'est pas le même.

828              LE PRÉSIDENT:   Parce que je vous avoue... j'entends bien ce que vous me dites, mais je fais référence, dans mon esprit, à d'autres audiences où j'ai siégé où j'ai entendu d'autres intervenants nous dire carrément, oui, cette musique‑là pourrait être entendue à la radio commerciale, cependant il est plus probable qu'ils ne la jouent pas, mais par le genre, oui, elle pourrait se retrouver sur... elle pourrait se retrouver à la radio commerciale.

829              J'essaie de voir avec vous si... jusqu'à quel point votre... vous êtes... vous excluez que cette musique‑là puisse totalement... parce que vous dites dans votre mémoire supplémentaire que vous nous aviez déposé l'automne dernier qu'on n'entendra pas de heavy metal à votre station.


830              On n'entendrait pas de heavy metal à votre station, mais il pourrait y avoir un groupe religieux de type heavy metal, ça ne serait pas exclus.

831              M. KALAMBAY:   Oui.  C'est pour cela j'aimerais... j'aimerais insister plus sur la différence que nous faisons entre le contenu des chansons chrétiennes parce que ce sont un contenu qui est plus enrichissant et réconfortant spirituellement que le style en soi.

832              Évidemment, dans les styles que nous allons proposer, la plus grande ou le plus grand pourcentage, ça va être un style que tout le monde auquel est habitué, c'est‑à‑dire les louanges, l'adoration, les genres contemporains.

833              Mais je n'ai pas vu, conçu cela dans cette perspective que le heavy metal... pour nous, nous avons fait la différence dans le contenu plus.  Pour nous, nous considérons le heavy metal, nous le prenons dans son contenu que dans... c'est là où la musique chrétienne vient faire la différence.  C'est le contenu et non pas carrément le style.

834              LE PRÉSIDENT:   Les artistes que vous entendez mettre en ondes, est‑ce que vous ne craignez pas qu'ils vous disent rapidement, mais on est surexposé par le fait que vous nous jouez de manière continue et on ne réussit plus à vendre de disque.

835              M. KALAMBAY:   Quelle équation.


836              LE PRÉSIDENT:   Quelle équation, bien c'est eux... je présume que quelqu'un qui est un artiste interprète aime bien qu'on achète ses disques, probablement même plus qu'on ne l'entende à la radio.

837              M. KALAMBAY:   Généralement, ils ne s'opposent pas, d'autant plus qu'ils savent qu'ils sont dans une période, dans un stade où ils sont totalement inexposés.  Les gens ne les connaissent pas et ils nous envoient ‑‑ je vous ai dit, nous avons fait des événements spéciaux ‑‑ ils nous envoient carrément leur CD gratuitement et ils disent, jouez ça.

838              Évidemment, leur perspective en premier lieu c'est d'abord de déclarer leur foi dans ce qu'ils font.  Ce n'est pas d'aller chercher le profit.  Évidemment, ils cherchent aussi quand même à gagner parce qu'ils ont dépensé dans leur production, mais leur premier but en tant qu'artiste est de pouvoir faire véhiculer les messages au travers de leurs chansons.


839              Nous avons eu beaucoup de cas comme ça où ils nous ont envoyé carrément tous leurs CDs et même d'autres CDs qui n'ont jamais été joués.  Ils ont composé, ils l'ont produit, mais ils n'avaient pas une place pour aller le jouer en dehors, évidemment, des églises, en dehors de certains lieux et ils nous l'ont envoyé et ils ont dit, s'il vous plaît, jouez‑nous, pour nous, et cela, gratuitement.

840              LE PRÉSIDENT:   Maintenant, dans votre grille de programmation comprendra également une partie importante de contenus oraux.

841              Au niveau de l'information, vous nous avez dit en page 8 que... vous avez parlé de deux minutes de nouvelles par heure et que vous avez totalisé comme étant...

842              M. KALAMBAY:   Je pense que c'est la page 7, hein!

843              LE PRÉSIDENT:   Pages 7 et 8, oui.  Mais la diffusion de la musique, 50 minutes, les commandites deux minutes, 11 et 12 minutes de créations orales, mais vous nous dites... plus loin, vous nous dites que parmi les créations orales la station ne diffusera que deux minutes de nouvelles à l'heure, entre 0600 et 1800 pour approximativement une heure par semaine.

844              Or, dans votre demande, vous avez écrit deux heures de nouvelles par semaine.  Laquelle des données... sur laquelle des données dois‑je me fier?


845              M. KALAMBAY:   Ah!  Je pense que c'est celle‑ci qui est correcte parce que si vous mettez les deux heures, nous allons dépasser les 126 heures.

846              LE PRÉSIDENT:   Bon, d'accord.  Et vous dites que les nouvelles seront locales à 80 pour cent.

847              M. KALAMBAY:   Oui.

848              LE PRÉSIDENT:   Combien aurez‑vous de journalistes et comment fonctionnera votre salle, la cueillette de l'information?

849              M. KALAMBAY:   Nous sommes en train de prendre le contact ou j'ai pris le contact avec certains journaux communautaires locaux de bord.  Je me réserve de citer leurs noms parce qu'il faut que le processus s'achemine et à partir de, nous avons fait un échange de services.

850              Nous proposons de faire un échange de services où nous allons être alimentés par leurs informations locales et, de l'autre côté, nous aussi nous allons leur donner de l'exposition en ondes et ils vont aussi promouvoir les artistes et les communiqués qu'on va leur envoyer pour les nouveaux talents aussi.

851              C'est dans cette optique‑là que nous voyons que nous pouvons être réellement local dans nos bulletins avec déjà les journaux, les médias écrits implantés comme dans la communauté.


852              LE PRÉSIDENT:   Et la cueillette, donc, se ferait à partir des journaux existants.

853              M. KALAMBAY:   Existants, communautaires.

854              LE PRÉSIDENT:   Donc, des journaux communautaires.  Donc, vous ne ferez pas... vous ne ferez pas une cueillette événementielle?

855              M. KALAMBAY:   Non.  Je pense qu'il faut être pratique et responsable.  Dans la première ou la deuxième année, nous ne comptons pas opérer avec une grande salle des nouvelles, mais nous comptons au moins mettre nos auditeurs fidèles qui écoutent au moins le flash d'information importante pour la journée.

856              S'ils ne tournaient pas à Radio‑Canada ou à d'autres, au moins ils peuvent être informés à partir de ces bases de radio communautaire, plutôt de médias communautaires qui vont nous donner de l'information.


857              Plus tard, nous envisageons, comme j'ai mentionné, avec les étudiants de la Cité pour les jeunes et que par un biais d'un programme avec le développement ressources humaines qui sera subventionné, nous envisageons avec les étudiants des cités collégiales en animation, leur donner cette tâche‑là pendant... pour développer cela au sein de la radio.  Mais c'est quand même une vision à moyen terme.

858              LE PRÉSIDENT:   Vous aurez aussi des émissions de tribune téléphonique?