
TRANSCRIPT OF PROCEEDINGS BEFORE
THE CANADIAN RADIO‑TELEVISION AND
TELECOMMUNICATIONS
COMMISSION
TRANSCRIPTION
DES AUDIENCES DEVANT
LE
CONSEIL DE LA RADIODIFFUSION
ET
DES TÉLÉCOMMUNICATIONS CANADIENNES
SUBJECT
/ SUJET:
Various broadcasting applications /
Diverses demandes de radiodiffusion
HELD AT: TENUE À:
Salle des Plaines ABC Salle des Plaines ABC
Château Laurier Hotel L'Hôtel Château Laurier
1220 Place George-V West 1220, Place George-V Ouest
Québec, Quebec Québec (Québec)
June 3, 2008 Le
3 juin 2008
Transcripts
In order to meet the requirements of the Official Languages
Act, transcripts of proceedings before the Commission will be
bilingual as to their covers, the listing of the CRTC members
and staff attending the public hearings, and the Table of
Contents.
However, the aforementioned publication is the recorded
verbatim transcript and, as such, is taped and transcribed in
either of the official languages, depending on the language
spoken by the participant at the public hearing.
Transcription
Afin de rencontrer les exigences de la Loi sur
les langues
officielles, les procès‑verbaux pour le
Conseil seront
bilingues en ce qui a trait à la page
couverture, la liste des
membres et du personnel du CRTC participant à
l'audience
publique ainsi que la table des matières.
Toutefois, la publication susmentionnée est un
compte rendu
textuel des délibérations et, en tant que tel,
est enregistrée
et transcrite dans l'une ou l'autre des deux
langues
officielles, compte tenu de la langue utilisée
par le
participant à l'audience publique.
Canadian
Radio‑television and
Telecommunications
Commission
Conseil
de la radiodiffusion et des
télécommunications canadiennes
Transcript / Transcription
Various broadcasting applications /
Diverses demandes de radiodiffusion
BEFORE / DEVANT:
Konrad von Finckenstein Chairperson / Président
Michel Arpin Commissioner
/ Conseiller
Michel Morin Commissioner
/ Conseiller
ALSO PRESENT / AUSSI PRÉSENTS:
Chantal Boulet Secretary
/ Sécretaire
Annie Laflamme Hearing Manager /
Gérante de l'audience
Rachel Marleau Gestionnaire
et analyste
principale
corporative
Bernard Montigny Avocat général,
radiodiffusion
Stephen Millington Legal Counsel /
Conseiller Juridique
HELD AT: TENUE À:
Salle des Plaines ABC Salle des Plaines ABC
Château Laurier Hotel L'Hôtel Château Laurier
1220 Place George-V West 1220, Place George-V Ouest
Québec, Quebec Québec
(Québec)
June 3, 2008 Le
3 juin 2008
- iv -
TABLE
DES MATIÈRES / TABLE OF CONTENTS
PAGE / PARA
PHASE I
PRESENTATION BY / PRÉSENTATION PAR:
TQS Inc. 283
/ 1397
PHASE II
INTERVENTION BY / INTERVENTION PAR:
Christine St-Pierre 367 / 1865
Ville de Québec 393
/ 1995
APFTQ 440
/ 2278
Syndicat des employés de Cogéco Télévision 460 / 2384
Jonquière
Conseil central des syndicats nationaux du 463 / 2401
Saguenay
Syndicat des employés de TQS Mauricie 515 / 2694
Fédération professionnelle des journalistes 526 / 2746
du
Québec
Parti Québécois 556
/ 2888
- v -
ERRATA
/ ADDENDA
Volume 1
Page 1, ligne 14
« Les types du Conseil » devrait être «
L'équipe du Conseil »
Québec (Québec) / Quebec, Quebec
‑‑‑ L'audience
reprend le mardi 3 juin 2008 à 0906 /
Upon resuming on
Tuesday, June 3, 2008 at 0906
1375 LE PRÉSIDENT :
Bonjour. Bonjour, mesdames et
messieurs. C'est le deuxième jour des
séances sur TQS. Nous avons fait un jour
hier à Montréal, et aujourd'hui, on va suivre ici.
1376 Le comité
d'audition est composé de mes collègues : Michel Arpin, Vice‑président de
la Radiodiffusion; Michel Morin, Conseiller; et moi‑même, Konrad von
Finckenstein, Président du CRTC.
1377 L'équipe du
Conseil qui nous assiste se compose, notamment, du gérant de l'audience, Annie
Laflamme, directrice des Politiques et Demandes relatives à la télévision de
langue française; et Rachel Marleau, gestionnaire et analyste principale
corporatif; de Bernard Montigny, avocat général, Radiodiffusion; Stephen
Millington, conseiller juridique; et Chantal Boulet, secrétaire de l'audience.
1378 Dans notre avis
envoyé aux intervenants le 26 mai, nous avons indiqué que nous voulions
discuter de huit enjeux.
1379 Hier, nous avons
discuté avec Remstar des premiers trois points, soit la viabilité financière,
la programmation suggérée, et les alternatives de programmation.
1380 Aujourd'hui, nous
discuterons des cinq autres enjeux : la conversion de ses émetteurs au
numérique; des registres adéquats pour évaluer les obligations réglementaires
relatives au contenu canadien; les propositions de TQS vis‑à‑vis
les émissions prioritaires; les obligations concernant le sous‑titrage,
la vidéodescription et la diversité culturelle; et les avantages tangibles.
1381 De plus, nous
allons examiner les autres questions reliées aux stations régionales de Québec,
de Trois‑Rivières et du Saguenay.
1382 Ensuite, nous
aurons les présentations des parties intéressées. Nous aurons aussi des comparutions par
vidéoconférence.
1383 On n'attend pas
des réponses aux sujets qu'on a soulevés hier.
On va en discuter avec vous dans le futur.
1384 Maintenant,
j'invite la secrétaire de l'audience, Chantal Boulet, à expliquer la procédure
que nous suivrons.
1385 Madame Boulet.
1386 LA SECRÉTAIRE :
Merci, Monsieur le Président, et bonjour à tous.
1387 Tout d'abord,
j'aimerais vous rappeler, lorsque vous êtes dans la salle d'audience,
d'éteindre vos BlackBerry, cellulaires, et téléavertisseurs. Alors, on compte sur votre collaboration à
cet égard durant toute la durée de l'audience.
1388 Le service
d'interprétation simultanée est disponible durant toute l'audience. L'interprétation anglaise se trouve au canal
1, et l'interprétation française au canal 2.
Vous pouvez obtenir un appareil pour entendre l'interprétation en vous
adressant au technicien à l'arrière de la salle.
1389 Une transcription
des comparutions de la journée sera affichée sur le site Internet du Conseil
peu après la fin de l'audience.
1390 Pour votre
information, la transcription d'hier, du 2 juin, sera disponible sur le site
Web à partir de 11 h 00 ce matin.
1391 Les personnes qui
désirent acheter la transcription peuvent s'adresser aux sténographes qui se
trouvent à la table en avant de moi ou vous adresser directement à la compagnie
Mediacopy.
1392 Pendant la durée
de l'audience, vous pourrez également consulter les documents qui font partie
du dossier public dans la salle d'examen qui se trouve dans la Salle du Jardin
au niveau 1.
1393 Pour les fins du
dossier, la Fédération nationale des Communications a soumis les notes
sténographiques de l'interrogatoire de monsieur Serge Bellerose du 21 mai 2008
devant la Cour supérieure du Québec. Les
notes sténographiques ont été ajoutées au mémoire de la Fédération nationale
des Communications au dossier public de cette audience.
1394 Monsieur le
Président, nous débuterons maintenant avec la présentation de TQS inc. C'est leur demande afin d'obtenir
l'autorisation de changer son contrôle effectif de Cogeco Radio‑Télévision
inc. à Remstar Diffusion inc., une société détenue et contrôlée à part égales
par Julien et Maxime Rémillard, et les demandes de TQS afin d'obtenir
l'autorisation de renouveler les licences de radiodiffusion des entreprises de
télévision CFJP‑TV Montréal, CFJP‑DT Montréal, CFAP‑TV
Québec, CFKM‑TV Trois‑Rivières, CFKS‑TV Sherbrooke, CFRS‑TV
Saguenay et Réseau TQS.
1395 Monsieur Serge
Bellerose comparaît pour la requérante.
1396 Monsieur
Bellerose, je vous demanderais d'identifier vos collègues, après quoi vous
disposerez de 10 minutes pour votre présentation. Merci.
PRÉSENTATION / PRESENTATION
1397 M. BELLEROSE :
Monsieur le Président, messieurs les conseillers, membres du personnel.
1398 Je suis Serge
Bellerose, vice‑président et directeur général de TQS.
1399 Je suis accompagné
aujourd'hui, à ma droite, de Maxime Rémillard, co‑président et chef de la
direction de Remstar Diffusion, et à sa droite, de Louis Trépanier, vice‑président,
Programmation de TQS.
1400 À ma gauche se
trouve Monique Lacharité, vice‑présidente exécutive, Finances et
Administration de TQS, ainsi que Michel Cloutier, directeur général des
stations régionales de TQS.
1401 Derrière moi, de
gauche à droite, se trouvent Martin Gagnon, directeur général de TQS Saguenay;
Tony Porrello, gestionnaire intérimaire de TQS; Bernard Guérin, directeur
général des Affaires juridiques de TQS; et Claude Champagne, directeur de
la Recherche et de l'Analyse stratégique
à TQS.
1402 Monsieur le
Président, pour le bénéfice des gens qui sont dans la salle ou à l'écoute sur
le site Internet du Conseil, mais qui ne l'étaient pas hier, nous allons
résumer brièvement certains des éléments de la présentation que nous avons
livrée à Montréal, pour ensuite nous attarder davantage à nos engagements en
matière de programmation locale à l'antenne de nos stations de Québec,
Saguenay, Sherbrooke et Trois‑Rivières.
1403 Je tiens à
préciser que nous avons placé à l'entrée des copies de notre présentation
d'hier, présentation qui a été versée au dossier public.
1404 En tout premier
lieu, je désire rappeler le contexte unique et exceptionnel dans lequel
s'inscrivent la transaction et le renouvellement des licences soumis au
Conseil.
1405 Depuis son entrée
en ondes en 1986, les propriétaires successifs de TQS ont accumulé un déficit
de l'ordre de 225 millions de dollars.
1406 L'année dernière
seulement, TQS a enregistré des pertes de 18 millions de dollars, ce qui
portait le déficit accumulé par les derniers propriétaires, Cogeco et
CTVglobemedia, à 71 millions de dollar, ce qui les a conduit à placer TQS sous
la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des
compagnies.
1407 Depuis lors, TQS
continue d'enregistrer des pertes de l'ordre de 1,2 millions de dollars par
mois en moyenne. C'est la situation que
nous vivons présentement.
1408 Cette situation de
déficit chronique et récurrent, étalé de façon continue sur plus de 20 ans, est
unique dans les anales de la télévision commerciale privée au Canada. Elle a atteint le point de non‑retour
et exige des correctifs urgents et majeurs, d'autant qu'en dépit de toutes les
mesures de correction annoncées, TQS prévoit enregistrer des pertes financières
significatives au cours des prochaines années.
1409 De plus, TQS devra
investir une somme de l'ordre de 15 millions de dollars pour convertir son
réseau au numérique et à la haute définition d'ici 2011.
1410 Nous espérons,
donc, que le Conseil prendra en compte ce contexte unique et exceptionnel dans
son analyse de la transaction, comme dans l'évaluation des engagements que TQS
propose pour la prochaine période de licence.
1411 Maxime.
1412 M. RÉMILLARD :
Merci, Serge.
1413 Comme je l'ai
indiqué hier, Monsieur le Président, c'est la passion que mon frère et moi
partageons pour l'industrie du divertissement qui nous incite à relever le défi
de relancer TQS.
1414 L'entreprise que
nous co‑dirigeons depuis 1997, Remstar, a toujours tenté de concilier
divertissement de qualité et sujets socialement porteurs, avec succès.
1415 Elle voit dans
l'acquisition et la relance de TQS une occasion d'approfondir cet engagement
dans la création et la diffusion de contenus culturels de qualité qui répondent
aux attentes du public québécois.
1416 Il y a place au
Québec, j'en suis sûr, pour un réseau de télévision en direct de langue
française différent, pertinent, et s'adressant principalement à un auditoire
cible de 18 à 49 ans.
1417 Pour réussir, un
tel réseau doit non seulement se démarquer plus nettement des autres réseaux,
mais il doit également s'arrimer aux nouvelles habitudes de consommation de son
public cible.
1418 Il doit offrir une
programmation plus interactive et événementielle, misée sur un branding fort,
jeune et audacieux, et considérer l'Internet et les réseaux sociaux comme des
alliés potentiels plutôt que des concurrents.
1419 Le téléspectateur
d'aujourd'hui aspire à devenir lui‑même créateur, et même diffuseur de
son propre contenu. Il veut débattre,
communiquer et partager ses valeurs et opinions et non se les faire
imposer. Il veut aussi interagir avec
les contenus de divertissement qu'on lui offre.
1420 L'avenir
appartient aux entreprises qui participeront à cette révolution, et nous
voulons que TQS soit dans cette course.
1421 Si nous proposons
l'abandon de bulletins de nouvelles traditionnels, c'est d'abord pour s'adapter
à cette nouvelle réalité, mais c'est aussi une nécessité économique
incontournable dans la situation financière propre à TQS, ce qui n'empêchera
pas TQS d'offrir à ses auditoires, autant Montréal et Québec qu'en région, une
programmation locale de qualité, que Louis va nous décrire plus précisément.
1422 Louis.
1423 M. TRÉPANIER :
Merci, Maxime.
1424 Permettez‑moi,
d'abord, Monsieur le Président, de rappeler les engagements globaux en matière
de programmation locale que nous avons formulés hier à Montréal, à savoir, au
moins 15 heures par semaine de programmation locale en moyenne annuelle pour la
station de Montréal, au moins 10 heures par semaine pour la station de Québec,
et au moins une heure 30 par semaine pour chacune des stations de Saguenay,
Sherbrooke et Trois‑Rivières.
1425 Ces engagements de
programmation locale sont équivalents dans tous les cas aux engagements de
diffusion de nouvelles locales qui figurent dans les décisions antérieures de
renouvellement de licence de chacune de ces stations.
1426 Dans les cas des
stations de Québec, Saguenay, Sherbrooke et Trois‑Rivières, les émissions
qui donnent effet à cet engagement dans nos grilles témoins de programmation
sont toutes des émissions originales d'information de la Catégorie 2A, Analyse
et interprétation.
1427 Nous avons aussi
pris en compte la volonté exprimée par le maire de Québec et d'autres
intervenants de la région qui disent souhaiter que les émissions produites à
Québec ne soient pas confinées à une diffusion locale, mais soient plutôt
accessibles à la grandeur du Québec.
1428 Donc, l'émission
du matin de TQS, qui sera produite entièrement à Québec et diffusée chaque jour
en semaine de 7 h 00 à 9 h 00, sera également diffusée sur tout le réseau TQS.
1429 Pour ce qui est de
Saguenay, Sherbrooke et Trois‑Rivières, l'émission produite localement
dans chaque cas sera diffusée de 17 h 30 à 18 h 00.
1430 Toutes ces
émissions seront centrées sur l'actualité et comprendront une revue de presse;
l'identification des plus importants événements du jour; des analyses et des
discussions sur divers sujets; des entrevues de l'animateur avec des
personnalités locales, régionales ou nationales; des interventions d'experts,
de spécialistes; des informations météo; un segment sur l'actualité culturelle;
un autre sur l'actualité sportive; ainsi que les tribunes offrant l'occasion
aux téléspectateurs d'interagir, soit avec l'animateur ou les analyses, voire,
d'alimenter l'émission en témoignages via Webcam, courriel ou autre.
1431 Ainsi, chaque jour
en semaine, les téléspectateurs de la capitale québécoise auront droit à au
moins quatre heures d'émissions d'information, dont deux heures produites à
Québec, deux heures provenant de Montréal.
1432 Il va sans dire
que l'émission quotidienne produite dans la capitale profitera du fait que le
Québec est le siège de l'assemblée nationale et du gouvernement. Elle fera la part belle au reflet des
réalités locales et régionales, où ses animateurs, ses chroniqueurs et experts,
comme la majorité des personnalités qu'elle interrogera, seront des acteurs
engagés dans la communauté, et comme l'émission sera diffusée réseau, elle
permettra à ces personnalités de rayonner à l'étendue du territoire et aux
citoyens participants de la région de faire ainsi entendre leurs voix et
connaître leurs préoccupations à travers tout le Québec.
1433 Les
téléspectateurs de Saguenay, Sherbrooke et Trois‑Rivières auront aussi
droit à quatre heures d'émissions d'information par jour en semaine, soit deux
heures en provenance de Québec, une heure 30 en provenance de Montréal, et 30
minutes produites localement.
1434 Ces 30 minutes quotidiennes
seront entièrement dévolues dans chaque cas à l'actualité locale et
régionale. Chaque émission aura son
animateur et son réseau de chroniqueurs et d'experts issus de sa région.
1435 Nous sommes
persuadés que ces émissions d'information seront en mesure d'offrir un reflet
dynamique des réalités locales, régionales et nationales et qu'elles
s'inscrivent parfaitement dans la philosophie d'encouragement à la
diversification entre les différents types de réseau de télévision
traditionnelle privée que le Conseil a adopté en 1999 et reconduite en 2007.
1436 Comme nous l'avons
souligné hier à Montréal, il s'agit là d'engagements minimaux.
1437 Actuellement,
certains magazines diffusés réseau sont entièrement produits à Québec par des
producteurs indépendants, et nous espérons, évidemment, être en mesure de
poursuivre et d'approfondir les relations que nous entretenons avec eux, de
même que nous demeurons ouvert et réceptif à tout projet s'inscrivant dans
notre stratégie de programmation, soumis par des producteurs indépendants, peu
importe la région, d'ailleurs, d'où il provienne.
1438 Serge.
1439 M. BELLEROSE :
Monsieur le Président, hier, nous avons exposé nos autres engagements en
matière de diffusion d'émissions prioritaires canadiennes, de recours à la
production indépendante, d'avantages tangibles liés à la transaction, et de
diffusion d'émissions sous‑titrées codées.
1440 Je ne les
répéterai pas aujourd'hui puisqu'ils ont déjà fait l'objet de discussions avec
le Conseil.
1441 Je ne répéterai
pas non plus les nombreuses raisons que nous avons évoquées pour démontrer que
l'approbation de la transaction et du renouvellement de licences du réseau TQS
et de ses stations servirait l'intérêt public.
1442 Je réitère
simplement que des copies de notre présentation orale d'hier sont disponibles à
l'entrée.
1443 Nous vous
remercions de votre attention, et nous sommes, évidemment, à votre disposition
pour répondre à toute question.
1444 Mais avant de ce
faire, j'aimerais peut‑être apporter, Monsieur le Président, une
précision à une certaine confusion qui semble exister en regard de ce que j'ai
mentionné hier en réponse aux questions de monsieur Arpin quant à la situation
actuelle des bulletins de nouvelles depuis le début de la semaine.
1445 J'ai mentionné
hier que nous respections toujours l'engagement de diffuser des bulletins de
nouvelles sur l'ensemble de nos stations, soucieux que nous étions de respecter
le processus en cours et de ne pas présumer de la décision que le Conseil
prendrait.
1446 Mais en même temps,
j'ai mentionné que nos niveaux d'heures de bulletins de nouvelles étaient en‑deça
des engagements qui ont été pris lors du renouvellement de licences en 2002.
1447 LE PRÉSIDENT :
O.K. Merci.
1448 Pourquoi nous ne
commençons pas avec les autres cinq enjeux que nous avons mentionnés dans notre
avis.
1449 La conversion
numérique. Je crois, Michel, que tu as
des questions.
1450 CONSEILLER ARPIN :
D'accord, Monsieur le Président, merci.
1451 Bon matin à
Québec. J'espère que vous avez fait un
bon voyage.
1452 Vous prévoyez,
selon votre mémoire narratif et, d'ailleurs, ce que vous disiez hier, procéder
à la conversion numérique de l'ensemble de vos opérations d'ici le 30 août
2011.
1453 Est‑ce que
ça comprend aussi les studios, les mises on ondes et les studios ou si ça
comprend uniquement la transmission?
1454 M. BELLEROSE : Ça
comprend aussi la mise en ondes et les studios, Monsieur Arpin.
1455 CONSEILLER ARPIN :
Et pour laquelle vous avez prévu des immobilisations de l'ordre de $ 15
millions répartis de la façon suivante, $ 5 millions pour l'année 2010 et $ 10
millions pour l'année 2011?
1456 M. BELLEROSE :
Oui, c'est exact. Il est possible que
cette cédule d'investissement soit modifiée, dépendamment de décisions que nous
devrons prendre quant à une éventuelle relocalisation de nos installations à
Montréal, notamment.
1457 Donc, il se
pourrait que nous devancions ces investissements‑là, mais l'ordre de
grandeur que vous avez mentionné est exact.
Il risque même d'être légèrement supérieur à ça. Nos derniers estimés se chiffrent davantage
autour de $ 17 millions dans le plan qui a été préparé par nos services
techniques.
1458 CONSEILLER ARPIN :
Au moment où on se parle, est‑ce que vous êtes en ondes en numérique à
Montréal?
1459 M. BELLEROSE :
Oui, nous avons un émetteur de transition qui est, effectivement, en ondes.
1460 CONSEILLER ARPIN :
En ondes, et c'est la raison pour laquelle vous êtes en numérique sur le câble
à travers le Québec?
1461 M. BELLEROSE :
Exact, Monsieur Arpin.
1462 CONSEILLER ARPIN :
Maintenant, est‑ce que votre mise en ondes est numérique à Montréal?
1463 M. BELLEROSE :
Elle est partiellement mise en ondes.
Nous sommes capables de diffuser des émissions préenregistrées en mode
numérique... haute définition.
1464 CONSEILLER ARPIN :
En termes de planification, vous dites que, effectivement, vos services
techniques vous ont donné une révision budgétaire et vous parlent peut‑être
de dépenses de l'ordre de $ 17 millions plutôt que de $ 15 millions, mais est‑ce
que vos services techniques ont déjà commencé à faire la planification de cette
transition?
1465 M. BELLEROSE :
Tout à fait, Monsieur Arpin. Évidemment,
notre préoccupation des derniers mois, ça été, d'abord et avant tout, de sauver
l'entreprise, de sauver le réseau parce qu'il n'y avait aucune planification de
transition numérique qui tenait sous le sens si le réseau n'avait pas de
survie. Alors, évidemment, c'était ça,
d'abord, notre priorité, d'assurer la pérennité du réseau.
1466 Une fois qu'on a
dit ça, on ne pouvait pas rester inactif, et on a mandaté notre secteur de
l'exploitation technique à travailler le dossier, ce qui a été fait, et ce qui
est toujours en cours. D'ailleurs, je
dois vous dire qu'on avait besoin de le faire pour répondre aux questions de
Remstar.
1467 Remstar voulait
savoir exactement qu'est‑ce qui en est, voulait savoir ce que ça coûtait,
parce que c'était essentiel pour Remstar dans sa planification et dans son
offre d'achat initialement, et conséquemment, dans sa planification de
financement, de savoir quels étaient les besoins financiers pour répondre aux
exigences.
1468 CONSEILLER ARPIN :
La raison pour laquelle je soulève un certain nombre de questions, et vous avez
un bénéfice... Le bénéfice de
comparaître aujourd'hui fait en sorte que vous êtes en mesure de réfléchir à
ces questions‑là.
1469 Mais une des
grandes préoccupations que le personnel d'ingénierie du Conseil nous mentionne,
c'est qu'il n'y a pas énormément de sociétés qui ont tout le (inaudible)
nécessaire pour faire la transition au numérique, et si tout le monde attend à
la dernière minute, il est fort probable que certains diffuseurs ne pourront
pas faire la transition parce qu'ils n'auront pas uniquement le personnel
d'ingénierie, de planification, d'ingénierie, préparation des mémoires
techniques, approbation d'Industrie Canada, et autres autorisations, mais aussi
les monteurs d'antennes dans les tours et la disponibilité des équipements
risquent d'être un problème.
1470 Je profite de
l'occasion pour vous alerter plutôt que de vous questionner sur cette question‑là
parce que ça nous apparaît que l'industrie canadienne n'a pas entrepris encore,
manifestement, toutes les démarches nécessaires pour arriver à rencontrer
l'échéance du 31 août 2011, échéance qui, de toute évidence, ne sera pas
retouchée. À partir des informations que
le Conseil a obtenues sur les négociations nord‑américaines, cette
échéance‑là va être totalement inamovible.
1471 Donc, vous
bénéficiez aujourd'hui d'un signal d'alerte, et puis s'il y en a d'autres qui
écoutent, qui sont présents dans la salle ou qui écoutent présentement, je les
invite à se mettre en marche rapidement, au moins en termes de planification,
puis de réservation des services, parce que ça peut devenir un problème majeur
et une situation de crise si tout le monde attend à la dernière minute.
1472 M. BELLEROSE : Vos
commentaires sont très sages, Monsieur Arpin.
On en prend bonne note, mais je peux rassurer le Conseil à cet égard‑là,
parce que pas plus tard qu'il y a une dizaine de jours, Maxime et Julien m'ont
demandé expressément d'avoir une présentation détaillée sur les projets de TQS
en termes de transition au numérique.
1473 Notre directeur
général de l'exploitation technique, qui est un expert dans la matière, avait
préparé un plan hyper‑détaillé qui a été soumis à Julien et Maxime, et
c'est le plan, dans le fond, que nous avons l'intention d'implanter.
1474 Dans la mesure où,
comme je le mentionnais, nous avons résilié nos baux pour Montréal, notamment,
et que ça va impliquer d'ici un an un réaménagement de nos installations
possiblement, donc, on va profiter par la même occasion, étant donné qu'on aura
à se relocaliser, de faire une mise à niveau au niveau de nos installations
techniques, et on n'attendra pas à 2011.
1475 CONSEILLER
ARPIN: Bien, Monsieur le Président, ça
complète mes questions en ce qui concerne la diffusion numérique.
1476 LE PRÉSIDENT: J'ai quelques autres questions sur ce thème‑là.
1477 Est‑ce que
vous faites la conversion à la haute définition en même temps ou est‑ce
que vous les voyez comme deux étapes, premièrement la conversion au numérique
et après ça, à la haute définition?
1478 M. BELLEROSE: En fait, on fait les deux en même temps. Dans la stratégie, ce qu'on fait c'est qu'on
a une planification à la fois pour investir au niveau de la mise en ondes et au
niveau de nos studios de production et parallèlement, évidemment, au niveau de
la diffusion, au niveau des émetteurs de transition et des émetteurs
numériques.
1479 Donc, toute la
planification est faite en parallèle pour que les deux éléments soient
implantés.
1480 LE PRÉSIDENT: Et hier, nous avons parlé sur les nouvelles
et vous avez dit que selon votre définition des nouvelles des analyses et
interprétation, ça va être fait par des producteurs indépendants.
1481 Ça veut dire que
vous exigez qu'eux produisent ça en haute définition ou en numérique, au moins?
1482 M. BELLEROSE: Tout à fait.
1483 LE PRÉSIDENT: Et est‑ce que vous savez s'il y a la
capacité de le faire, au secteur indépendant?
1484 M. BELLEROSE: Bien, ça sera une exigence que nous
aurons. Il y a beaucoup
d'alternatives. Ils peuvent travailler
avec des équipements qu'ils ont eux‑mêmes loués; ils peuvent utiliser
avec des équipements dont nous disposons.
1485 Là‑dessus,
je peux rassurer le Conseil que ça ne sera pas un véritable enjeu.
1486 LE PRÉSIDENT: Et finalement, tout ça va aussi être un gros
problème de communication. Pas si
l'autre... comme pour vous, comme système francophone que pour le système
anglophone.
1487 Mais vous savez
qu'on fait la conversion aux États‑Unis, l'année prochaine, en février
2009. Et toutes les ondes sont remplies
avec cette conversation‑là et on peut avoir un coupon pour avoir une
nouvelle * black box + pour les TV et tout ça. Il y a un système assez différent que le
nôtre.
1488 Maintenant, est‑ce
que vous planifiez faire quelque chose pour éduquer vos téléspectateurs :
quelle est la situation au Canada et que c'est différent?
1489 Parce que
j'imagine qu'on va avoir des personnes assez confuses et ils vont croire... * J'ai vu ça sur la télévision, où est mon coupon + et cetera. Et * Qu'est‑ce que vous ferez, pourquoi vous n'avez pas le numérique
maintenant, en février déjà? +
1490 M. BELLEROSE: Je vais être très honnête avec vous, ça n'a
pas véritablement fait partie de nos discussions à date. J'en prends bonne note, toutefois, Monsieur
le Président.
1491 Une fois que j'ai
dit ça, il faut être conscient, néanmoins que le taux de pénétration des
entreprises de distribution au Québec, soit les entreprises de satellite et de
câblodistribution est très très élevé.
Donc, on parle peut‑être d'un segment de marché qui est entre 10
et 12 ou 15 pour cent au moment que la transition sera complété.
1492 Mais je prends
bonne note de votre remarque et bien sûr que nous allons y réfléchir.
1493 LE PRÉSIDENT: Et les radiodiffuseurs anglophones me disent
que probablement ils doivent convertir plus tôt que 2011, à cause de la
concurrence des américains. Parce que si
on a cette concurrence‑là...
1494 Tout le monde a
maintenant des téléviseurs HD, et cetera.
Il va y avoir des programmes HD ici, les programmes canadiens en fait
c'est offert. Ils vont aller aux
américains.
1495 M. BELLEROSE: Bien, c'est moins un enjeu dans le marché de
langue française parce que l'écoute de la télévision de langue anglaise auprès
des Québécois francophones est d'à peine cinq ou six pour cent.
1496 Mais l'enjeu est
véritable pour le marché de langue anglaise, parce qu'il risque d'y avoir un
transfert de l'écoute vers les produits... vers les chaînes américaines. Vous avez raison.
1497 LE PRÉSIDENT: Oui.
Ce n'est pas vraiment un problème pour vous.
1498 M. BELLEROSE: Pas pour nous, non.
1499 LE PRÉSIDENT: Michel, tu as des questions sur ce thème?
1500 CONSEILLER
ARPIN: Non.
1501 LE PRÉSIDENT: Alors l'autre thème. Comment TQS va‑t‑elle s'assurer
de fournir les registres adéquats, afin qu'il soit possible d'évaluer s'ils
respectent les obligations réglementaires relatives au contenu canadien.
1502 Je crois, Michel
que tu es le questionneur principal?
1503 CONSEILLER
MORIN: Merci, Monsieur le
Président. Bonjour.
1504 M. BELLEROSE: Bonjour.
1505 CONSEILLER
MORIN: Comme vous le savez, TQS est en
contravention des articles 4,6 et 4,7 du règlement de 1987 sur la télédiffusion
en ce qui concerne le contenu canadien.
Et vous êtes le seul cas, le seul cas où vous n'avez pas respecté,
disons... ou TQS n'a pas respecté les exigences réglementaires relatives au
contenu canadien.
1506 Alors, ces
exigences‑là, vous le savez, pendant la journée c'est 60 pour cent et le
soir c'est 50 pour cent. Or, si je
regarde toute la période de 2001, la licence actuelle en 2007... On passe en 2001‑2002 : la journée par
exemple, qui est sensée être 60 pour cent, de 54 pour cent à 32 pour cent. Et le soir, pendant la même période, exigence
de contenu canadien de 49 pour cent à 42 pour cent.
1507 Alors, en tout
cas, les chiffres que vous avez remis au CRTC au cours de cette période de 2001‑2007
font état d'une diminution de contenu canadien.
Alors, bien, ma question est toute simple : comment vous allez faire pour respecter, pour
être comme les autres diffuseurs canadiens et respecter les exigences de
contenu canadien?
1508 M. BELLEROSE: Monsieur Morin, nous respectons, dans les
faits, les exigences de contenu canadien.
Les données que vous évoquez font davantage référence à des problèmes
concrets que nous éprouvons au niveau de nos registres de programmation parce
que nos données internes, nos propres données internes confirment que nous
avons en tout temps respecté les obligations en terme de contenu canadien.
1509 À cet égard‑là,
je demanderais peut‑être à mon collègue Bernard Guérin d'expliquer
davantage la situation et les mesures qui sont prises pour la corriger.
1510 M. GUÉRIN: Bonjour, Monsieur Morin.
1511 CONSEILLER
MORIN: Bonjour.
1512 M. GUÉRIN: Effectivement, à chaque début de saison,
notre service de la programmation fait une évaluation de la grille. Nous vérifions tout le contenu de notre
grille de programmation et nous faisons donc une projection des pourcentages de
contenu canadien en ayant bien en tête le respect intégral, et je puis vous en
assurer, les pourcentages de contenu canadien qui sont requis.
1513 À la fin de chaque
trimestre, on fait une deuxième vérification pour nous assurer qu'effectivement,
les projections se sont réalisées et que nous avons bien respecté les
pourcentages de contenu canadien requis.
C'est une obligation fondamentale ‑‑ encore une fois je
le répète ‑‑ que nous respectons.
1514 Les problèmes qui
sont soulevés sont essentiellement des problèmes informatiques qui ont été
soulevés au renouvellement de licence des stations régionales en 2003. Et depuis lors, nous avons fait un travail
important de correction des registres.
Le CRTC nous a même remerciés du travail qui avait été fait, en août
dernier.
1515 Des corrections
ont été faites et les pourcentages du point de vue simplement des registres
informatiques nous le démontrent que les corrections, c'était simplement des
messages d'erreur au niveau des entrées de données, de temps, de codification,
de contenu canadien et de chiffres‑clés.
1516 Donc, c'était
vraiment des problèmes d'entrée de données dans nos registres. Et depuis... nous pouvons vous assurer que
depuis janvier dernier, nous avons un nouveau logiciel qui nous a permis
d'éliminer, à toute fin pratique, tous des messages d'erreur et qui nous permet
d'avoir des pourcentages qui devraient être beaucoup plus exacts et conformes à
nos projections.
1517 CONSEILLER
MORIN: Ce que j'allais dire, moi, je ne
suis pas nécessairement rassuré parce que les chiffres qu'on m'a remis ne
respectent pas les pourcentages. Et
comme vous l'avez très bien dit, ce problème‑là, il a été évoqué en
2002... en 2004 lors du renouvellement de la licence.
1518 Alors, vous me
dites qu'au cours... si le Conseil va de l'avant et vous accorde le transfert
et une nouvelle licence, que vous allez respecter les conditions de contenu
canadien, maintenant que vos problèmes informatiques récurrents sont réglés?
1519 M. GUÉRIN: Ils ont toujours été respectés, les
pourcentages de contenu canadien.
1520 CONSEILLER
MORIN: Oui.
1521 M. GUÉRIN: Et les résultats devraient être reflétés à
compter de janvier... janvier de cette année, où là, on a ce nouveau logiciel,
le logiciel de mise en onde * Louise +, qui nous a permis d'éliminer, à
toute fin pratique, ces codes d'erreur.
1522 Il faut savoir
aussi qu'un des problèmes récurrents, c'est souvent l'obtention des codes
producteurs, qui est un des codes nécessaires pour rentrer ou capter une
émission qui est canadienne. Il faut
obtenir le code producteur, puis il y a un certain délai pour obtenir ce code‑là.
1523 Mais ce qu'on
m'assure, au niveau de la programmation et de nos services informatiques, c'est
que le système * Louise + nous permettra d'éliminer... Et il nous permet depuis janvier dernier
(janvier '08), d'éliminer ces problèmes de traitement de registres.
1524 Parce que ce n'est
pas vraiment un problème de contenu canadien.
Parce qu'on en est très conscient, puis je vous le répète, on fait une
évaluation systématique de notre grille et vous pouvez être certain que nous
respectons les pourcentages de contenu canadien.
1525 CONSEILLER
MORIN: Parce que vous savez, c'est très
grave, dans le sens que quand ce n'est pas respecté...
1526 Je vous le rappelle
que moi, je n'ai pas ces chiffres‑là.
1527 ... quand ce n'est
pas respecté, on peut... Il n'y a pas
beaucoup d'options, on peut réduire. On
l'a fait dans la radio, par exemple. On peut
réduire la durée de la licence. Donc, je
pense que vous n'auriez pas de difficulté à en faire une condition de licence,
que le respect du contenu canadien, pour ne pas qu'on ait ces problèmes‑là
encore un fois lors du prochain renouvellement.
1528 En 2004, lors de
la décision, on ne l'avait pas. On avait
soulevé tous ces problèmes‑là et moi, je ne suis pas encore rassuré,
parce que les chiffres que j'ai devant moi, ce n'est pas ceux‑là.
1529 M. TRÉPANIER: Monsieur Morin, si vous permettez? C'est mon boulot, moi, de faire des grilles
de programmation. Je travaille avec des
collaborateurs dont le rôle est notamment de calculer les pourcentages de
contenu canadien de chacune des hypothèses de grilles sur lesquelles on
travaille.
1530 Je peux vous
assurer que les contenus canadiens sont respectés. Dans les faits, dans ce qu'on diffuse, dans
ce qui a été mis en ondes sur le réseau TQS, on respecte les contenus
canadiens.
1531 Je dois
malheureusement confirmer ce que Bernard vous dit : on a eu des problèmes avec
nos systèmes de calcul, le système informatique, la difficulté de la part des
producteurs d'avoir la codification exacte.
Mon travail est parfois avec des producteurs qui sont moins habitués à
travailler pour obtenir ces informations‑là. Donc, des informations nous proviennent de
façon plus lente, plus difficilement. On
est obligé d'insister auprès d'eux.
1532 Mais je peux vous
le garantir, je peux vous assurer que les pourcentages de contenu canadien avec
lesquels on doit évoluer sont respectés sur l'ensemble du réseau TQS.
1533 CONSEILLER
MORIN: Mais comme vous avez été le seul
au Canada à ne pas les respecter dans mes premiers rapports... Moi, je vous rappelle que les rapports que
j'ai devant moi, ils ne sont pas respectés.
Alors, une condition de licence, ça m'apparaît comme allant de soi.
1534 M. TRÉPANIER: Je ne vois pas pourquoi on n'accepterait pas
non plus que ça soit une condition de licence.
Je vous dis qu'on respecte, et dans les faits et dans...
1535 CONSEILLER
MORIN: C'est ce qu'on avait dit en...
1536 M. TRÉPANIER: ...notre intention.
1537 CONSEILLER
MORIN: En 2004, on était bien prêt à...
on a dit exactement la même chose. Puis
les chiffres que vous avez remis au CRTC n'étaient pas conformes à ça; à cause
des problèmes que vous avez peut‑être évoqués, j'en conviens.
1538 M. TRÉPANIER: Monsieur Morin, si vous permettez, on prend
ces problèmes‑là très au sérieux et je prends l'engagement personnel de
voir à ce qu'à l'interne, ces problèmes‑là soient réglés.
1539 Non seulement
qu'ils soient réglés, mais je crois comprendre également que nous n'avons pas
encore adressé au Conseil une demande pour simplifier toute la question des
registres de façon à ce que la charge du Conseil soit un petit peu allégée,
dans la mesure où on puisse traiter un seul registre pour l'ensemble des
stations pour la programmation commune.
1540 Alors, on a
également l'intention de formuler une demande officielle au Conseil, de façon à
faciliter aussi le travail du Conseil pour le traitement des registres
d'émissions.
1541 CONSEILLER
MORIN: Merci.
1542 C'est tout, Monsieur...
1543 LE PRÉSIDENT: ...Ou appeler le * mouton noir de la télévision +.
J'espère que vous ne serez pas le mouton noir des reportages de contenu
canadien.
1544 M. BELLEROSE: Soyez‑en assuré, Monsieur le Président.
1545 LE PRÉSIDENT: O.K.
1546 Michel, est‑ce
que tu as des questions à ce sujet? Non?
1547 O.K. Allons‑y à l'autre, qu'est‑ce que
c'est? Les émissions prioritaires.
1548 Si je comprends,
vous avez maintenant, TQS, une obligation à faire des productions d'émissions
prioritaires cinq heures par semaine.
1549 Vous voulez que
ça, ça soit réduit à deux heures par semaine pour les prochaines trois années
et après ça, ça va être augmenté à trois années, si je comprends bien. Et tout ça à cause de votre situation
financière, j'imagine.
1550 M. BELLEROSE: Vous avez raison. La situation financière et également notre
situation historique, en termes de capacité pour nous de financer ces émissions
prioritaires‑là. Les émissions
prioritaires originales de langue française, notre capacité de les financer
auprès du Fonds canadien de télévision, c'est un enjeu.
1551 L'engagement
actuel à cinq heures par semaine est extrêmement contraignant parce qu'il nous
oblige à chaque semaine à diffuser cinq heures d'émissions prioritaires, peu
importe la période de l'année. Donc,
c'est extrêmement contraignant et, de façon à respecter cet engagement‑là,
nous sommes très très souvent obligés de faire l'acquisition de séries de
langue anglaise, canadienne de langue anglaise ou de cinéma de langue anglaise
qui présentent un petit peu moins d'intérêt et d'attrait pour nos
téléspectateurs.
1552 Donc, notre
engagement à deux heures par semaine se rapproche davantage de notre situation
et se rapproche davantage ‑‑
1553 On parle donc
d'une centaine d'heures d'émissions prioritaires par année, qui correspondent
essentiellement à ce que nous sommes en mesure d'acquérir et de financer avec
les fonds dont nous disposons actuellement auprès du Fonds canadien de
télévision. C'est de l'ordre de 3,8 $
millions.
1554 Peut‑être
que Louis, tu pourrais compléter là‑dessus.
1555 Mais vraiment, ce
que ça va nous permettre, c'est de vraiment miser sur des séries dramatiques
originales de langue française qui sont celles qui intéressent le plus les
téléspectateurs, les auditoires. Et à cet
égard‑là, on a prévu d'ailleurs un accroissement important dans nos
projections financières, au niveau des sommes d'argent allouées dans cette
catégorie d'émissions‑là.
1556 LE PRÉSIDENT: Je m'excuse, je ne comprends pas ça. Est‑ce que c'est... Les émissions prioritaires, ça inclut les * dramas +?
1557 M. BELLEROSE: Oui.
1558 LE PRÉSIDENT: Et vous voulez vous concentrer plus sur les * dramas + pour attirer plus de
téléspectateurs. Pourquoi est‑ce
que c'est nécessaire... ça implique une
réduction de votre engagement?
1559 M. BELLEROSE: Bien, peut‑être que je me suis mal
expliqué.
1560 Dans les émissions
prioritaires, nous avons celles que nous acquérons des producteurs
indépendants, qui produisent des séries dramatiques originales de langue française,
par exemple.
1561 Pour nommer des
séries que nous avons actuellement : * Bob Gratton +, * 450 chemin du Golf +, * Grand prix + sont autant de séries produites au
Québec par des producteurs indépendants et qui, généralement, sont des séries
qui attirent de larges auditoires parce qu'elles intéressent notre public.
1562 Ce genre
d'émissions‑là sont financées par le Fonds canadien de télévision en
partie. Et notre enveloppe au Fonds
canadien, qui est de l'ordre de 3,8 $ millions nous permet à peine, peut‑être,
de financer l'équivalent de 75 à 100 heures d'émissions prioritaire par année.
1563 Donc, l'engagement
de deux heures correspond un peu à ce volet des émissions prioritaires que nous
sommes en mesure de financer et nous sommes prêts à prendre un engagement à cet
égard‑là.
1564 Nous ne voulons
pas prendre d'engagement à l'égard du reste des émissions prioritaires qui sont
essentiellement des acquisitions de cinéma canadien de langue anglaise, qui
n'attirent pas nécessairement de larges auditoires, mais qu'on acquiert
essentiellement pour remplir des engagements de cinq heures par semaine. Alors voilà!
1565 Ce qui ne veut pas
dire qu'on n'en fera pas. On veut juste
de ne pas être contraint d'avoir un engagement à cet égard‑là.
1566 LE PRÉSIDENT: En d'autres mots, vous voulez vous concentrer
sur la qualité, pas la quantité?
1567 M. BELLEROSE: Exactement, Monsieur le Président.
1568 LE PRÉSIDENT: Et pourquoi cette réduction dramatique de
cinq à deux heures?
1569 Et après trois
années où au moment que vous serez, heureusement ‑‑ j'espère
que vous aurez des états financiers plus stables et plus... avec beaucoup de
capacité ‑‑ vous êtes préparé à augmenter ça seulement pour
une heure.
1570 Pourquoi pas une
augmentation avec des étapes pour arriver à cinq heures, autre fois, à la fin
de votre licence?
1571 M. BELLEROSE: Pour les raisons suivantes, Monsieur le
Président. Évidemment, je ne veux pas et
je ne peux pas présumer du maintien du Fonds canadien de télévision à l'avenir,
non plus que je ne peux présumer des règles qui vont continuer à s'appliquer
dans l'avenir par rapport à l'attribution et à la répartition des enveloppes de
rendement qui sont versées aux stations ou aux réseaux de télévision.
1572 Mais sur la base
des règles actuelles, notre intention est de chercher, au cours des trois
prochaines années à accroître l'enveloppe dont nous disposons auprès du Fonds
canadien, de sorte que dans trois ans, avec une enveloppe un peu plus
importante, nous pensons que nous serons en mesure de passer de deux à trois
heures par semaine d'émissions prioritaires qui seraient financées par le
Fonds.
1573 LE PRÉSIDENT: Et est‑ce que vous ferez des émissions
prioritaires chez vous aussi ou est‑ce que tout va être acheté des
producteurs indépendants?
1574 M. BELLEROSE: Évidemment, les règles de financement ne
favorisent pas vraiment actuellement la production interne. Donc, je dirais, essentiellement ‑‑
et peut‑être Maxime pourra compléter ‑‑ mais nos
intentions sont vraiment de faire affaire avec la production indépendante.
1575 M. RÉMILLARD: Exactement, Monsieur le Président. Comme on vous a énoncé hier, nous, on veut
travailler avec la production indépendante.
Et on va travailler aussi dans l'optique des émissions prioritaires.
1576 LE PRÉSIDENT: Alors, j'aimerais ça, pour clarifier, que
l'on parle de la production indépendante.
On ne parle pas que Remstar Diffusion... achat de Remstar
Production. C'est‑à‑dire, il
ne qualifie pas comme production indépendante?
1577 M. BELLEROSE: Absolument pas. On parle d'une entité non reliée.
1578 LE PRÉSIDENT: O.K.
1579 Qu'est‑ce
que vous pensez de la proposition de l'APFTQ qui veut vous obliger à déposer 10
pour cent de vos revenus à la production indépendante. Selon eux, cette culture représente plus ou
moins 9 millions sur un projet de programmation de 35 pour cent que vous avez
maintenant.
1580 Est‑ce que
vous croyez que c'est raisonnable?
1581 M. BELLEROSE: Monsieur le Président, je ne crois pas qu'on
ait besoin actuellement d'imposer de telles conditions à TQS, d'autant
qu'historiquement, le bilan de TQS à l'égard de sa relation avec le secteur de
la production indépendante est éloquent et peut être cité en exemple. Depuis 20 ans...
1582 À l'origine, TQS a
contribué très largement à l'accroissement de la production indépendante au
Québec parce que TQS de puis vingt ans ont toujours largement fait appel au
secteur de la production indépendante.
Et on l'a fait encore dans les dernières années et c'est l'intention
manifestée très clairement par Remstar de continuer à le faire.
1583 Alors, de ce point
de vue‑là, je ne vois pas la nécessité d'imposer quelque obligation ou
engagement que ce soit à cet égard‑là parce que je pense que notre bilan
est tellement... parle de lui‑même, Monsieur le Président.
1584 LE PRÉSIDENT: Toute cette question des productions
indépendantes, ça, vraiment, soulève le problème de droits. Vous, vous avez parlé hier beaucoup des
reprises et les nouveaux médias, l'Internet, et cetera.
1585 Et comme vous le
savez, la question des droits n'est pas résolue et ça cause beaucoup de
problèmes et naturellement, si vous achetez des productions indépendantes, le
producteur veut retenir ces droits‑là.
Au moins, vous devez les acheter explicitement, séparément, et cetera.
1586 Pour résoudre tout
ces problèmes de... nous avons fortement appuyé la négociation de quelque chose
qui s'appelle en anglais * Terms of Trade Agreement +.
Je ne sais pas s'il y a une version française, mais cette expression,
tout le monde l'utilise.
1587 M. BELLEROSE: De toute façon, l'expression anglaise, c'est
très clair, oui.
1588 LE PRÉSIDENT: O.K.
Est‑ce que vous êtes en train de négocier quelque chose comme ça
ou est‑ce que vous êtes préparé à faire ça? Parce que nous avons mis ça comme entente
dans le règlement de City. Nous l'avons
mentionné à CTV, et cetera. Et nous
croyons fortement que l'année prochaine, quand on a le renouvellement des
grands réseaux, on va revoir ça.
1589 M. BELLEROSE: En fait, non.
On n'a pas encore commencé la négociation. On a eu des pourparlers, on a eu des
discussions avec l'APFTQ à cet égard‑là il y a peut‑être trois
semaine, un mois. On a eu une
rencontre, Maxime et moi, avec l'APFTQ; on a échangé informellement sur la
question. Et peut‑être une semaine
ou deux, madame Samson de l'APFTQ m'a fait parvenir une demande formelle de
négociation avec l'APFTQ.
1590 Alors, notre
intention est vraiment d'entreprendre des discussions avec l'Association
professionnelle des producteurs indépendants au cours des prochaines semaines.
1591 C'est sûr, c'est
un enjeu important, pas facile à régler, mais on est tout à fait ouvert à une
discussion avec l'APFTQ et essayer de trouver des termes qui vont être gagnant‑gagnant
ou * win‑win +.
C'est vraiment ce qu'on recherche, Monsieur le Président.
1592 LE PRÉSIDENT: Mais c'est plus que engag... C'est vous engager à entrer des
discussions. Vous demandez de nous une
licence pour cette année sur une période assez longue. Ce problème doit être réglé dans le futur.
1593 Et vous, comme
vous vous concentrez sur la production indépendante... Et votre plan pour l'interprétation, analyse,
envisage que vous achetez ces produits‑là, et cetera.
1594 C'est vraiment une
opportunité pour vous de venir le lire dans toutes ces négociations‑là et
produire une entente le premier, parce que sans la production indépendante, si
je comprends votre plan d'affaires correctement, vous ne pouvez pas
fonctionner. Ça va être une partie
intégrale de votre information.
1595 M. BELLEROSE: Bien, vous avez tout à fait raison ‑‑
puis Maxime, tu pourras compléter ‑‑ ce n'est pas seulement
des discussions qu'on va entreprendre.
On va entreprendre des discussions pour conclure une entente, pour
vraiment s'entendre sur une façon. Et je
pense qu'effectivement on peut...
1596 Vous avez tout à
fait raison, TQS... en bonne partie parce que TQS est un joueur
indépendant. Je pense qu'il peut, dans
ses discussions avec l'APFTQ, en arriver à établir un modèle dont les autres
pourront d'inspirer au moment de leur propre renouvellement de licence dans un
ans.
1597 LE PRÉSIDENT: Merci.
1598 M. RÉMILLARD: Je vais juste rajouter, Monsieur le Président
qu'en étant moi‑même un producteur indépendant anciennement membre de
l'APFTQ, on a eu des discussions avec madame Samson, comme Serge a mentionné,
et on est confiant qu'on va pouvoir arriver à une solution * win‑win +, comme pour utiliser l'expression
de Serge.
1599 LE PRÉSIDENT: J'aimerais que vous nous offriez une date
d'échéance que vous croyez raisonnable pour conclure une..
1600 Évidemment, on ne
peut pas dire : Vous le faites à cette
date‑là parce que ça va affaiblir votre position de négociation. Je comprends ça. Mais j'aimerais avoir une date ciblée, au
moins, pour l'échéance du ‑‑
1601 M. BELLEROSE: Est‑ce que six mois après la date de clôture,
la transaction pourrait vous convenir, Monsieur le Président?
1602 LE PRÉSIDENT: C'est à vous de faire.
1603 M. BELLEROSE: Alors, on vous propose six mois après la date
de clôture, la transaction.
1604 LE PRÉSIDENT
: O.K.
Merci.
1605 Est‑ce que
tu as...? Michel?
1606 CONSEILLER
ARPIN: Merci, Monsieur le Président.
1607 Monsieur
Rémillard, vous avez dit que vous étiez un ancien membre de l'APFTQ. Vous avez été obligé de vous retirer quand
vous êtes devenu gestionnaire intérimaire ou bien c'est d'autres circonstances?
1608 M. RÉMILLARD: Non, c'est par rapport à la gestion
intérimaire de TQS.
1609 CONSEILLER
ARPIN: Parce qu'on sait que... c'est que
l'APFTQ n'accepte pas comme membres les sociétés de production affiliées à des
entreprises de radiodiffusion, mais comme vous n'étiez que le gestionnaire
intérimaire, ils ont été rapides sur la gâchette.
1610 M. BELLEROSE: Non, c'est pas vraiment une décision... Ce n'est pas vraiment une décision de l'APFTQ
et j'ai peut‑être été vite dans mon affirmation.
1611 On est peut‑être
techniquement toujours membre, mais on n'est pas membre actif, vu la
circonstance de gestionnaire intérimaire.
On a dû réorganiser nos activités de production, vu les implications à
d'autres niveaux de financement avec les institutions telles que la SARDEC et
Téléfilm Canada.
1612 Donc, on s'est
retiré d'une participation active de l'APFTQ et on prévoit se retirer
définitivement s'il y a une décision positive finale de votre part.
1613 CONSEILLER
ARPIN: Monsieur Bellerose, puisque c'est
vous qui avez répondu à l'ensemble des questions, quand je regarde les grilles‑horaires
que vous nous avez déposées hier, je vois bien que vous avez des émissions
prioritaires prévues à votre grille‑horaire du lundi au jeudi de 19 h 00
à 19 h 30, mais j'en trouve également une autre le lundi, de 21 h 00 à 21 h 30
et une troisième... et également un long métrage dit prioritaire le mercredi et
lui, de 20 h 00 à 22 h 00.
1614 Si je fais le
calcul, on est rendu quand même à... On
n'est plus à deux heures d'émissions prioritaires dans votre grilles, on est
rendu à quatre heures et trente d'émissions prioritaires. On s'approche du cinq heures, là.
1615 M. BELLEROSE: Oui, mais il faut comprendre que notre
proposition de deux heures par semaine, c'est deux heures par semaine en
moyenne, calculé sur une base annuelle.
Alors, généralement, lorsqu'on inscrit dans une grille type des séries
d'émissions prioritaires, elles vont couvrir peut‑être des séquences de
13 semaines, 26 semaines ou 30 semaines.
1616 Donc, il faut
vraiment faire le calcul sur 52 semaines.
Donc, il peut y avoir des semaines, dans des périodes de grilles
intérimaires, durant la période des Fêtes, par exemple, où, évidemment, il y a
de la programmation de remplacement qui n'est pas nécessairement
prioritaire. Donc, il faut faire le
calcul sur 52 semaines pour arriver à ce décompte‑là.
1617 Deuxième élément
et qu'il faut être conscient, c'est qu'à cause du fait que nous avons été placé
sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers,
certaines des séries qui devaient être diffusées ce printemps n'ont pas pu
l'être et leur diffusion a été décalée et se retrouve dans la grille de l'année
prochaine.
1618 CONSEILLER
ARPIN: Et c'est celle‑là que vous
avez placée de 21 h 00 à 21 h 30 et le long métrage, dans votre grille‑horaire?
1619 M. TRÉPANIER: Effectivement, Monsieur Arpin. Dans le cas de lundi 21 h 00, c'est * Bob Gratton +, pour être plus précis, qui est une
série qui était déjà produite. Et comme
vous connaissez les règles, il faut les diffuser à l'intérieur d'une période de
temps.
1620 C'est un peu
exceptionnel qu'on en aie autant dans la récolte de l'automne prochain. Et on a aussi identifié le long métrage
prioritaire qui était comme le soulignait Serge tout à l'heure un cinéma
canadien tourné en anglais et doublé par la suite. Et ce n'est pas vraiment ce que l'on souhaite
faire à long terme.
1621 CONSEILLER
ARPIN: Maintenant, les enveloppes de
performance de radiodiffuseur contiennent des éléments de financement pour les
émissions pour enfants, pour le documentaire, pour le variété et divertissement
en plus de la dramatique. Et les
argents, habituellement, sont consignés à chacune de ces enveloppes‑là et
doivent être utilisés à ces fins‑là.
1622 Ce que vous dites,
c'est que vous... Même si on vous donne
des fonds pour des émissions pour enfants, des émissions documentaires, des
émissions de variétés divertissement, vous n'avez pas l'intention de les
utiliser?
1623 M. BELLEROSE: En fait, c'est en partie exact. Nous l'avons, dans le passé utilisé une
partie des enveloppes que nous disposions dans la catégorie * Émissions pour enfants + et * Dramatiques +, même si, dans les faits, ça ne
faisait pas nécessairement partie de notre stratégie de programmation.
1624 Louis pourra me
corriger si je fais une erreur, mais on l'a fait en partie parce que néanmoins
on a été en mesure d'arrimer le type de projet avec la stratégie dans la mesure
du possible, notamment au niveau du documentaire, mais les règles du documentaire
ont été resserrées au niveau du Fonds canadien de télévision et se rapprochent
beaucoup moins de ce qu'on souhaite faire dans l'avenir, donc c'est une
contrainte pour nous d'avoir encore des sommes.
1625 Mais du fait qu'on
ne les a pas toutes utilisées dans le passé, évidemment il y a une espèce de
rétrécissement de ces enveloppes‑là.
1626 Il y a également,
comme vous le savez monsieur Arpin, ce qu'on appelle le * flex +, la flexibilité qui nous permet de
transférer 15 pour cent de nos enveloppes dans un secteur dédié où on veut,
donc on l'a utilisé largement dans les dernières années.
1627 De sorte que
l'essentiel de nos sommes disponibles est davantage aujourd'hui dans la
dramatique et dans le secteur de la musique et variétés, il n'y a pas beaucoup
d'argent au niveau des émissions jeunesse et il n'y en a pas également beaucoup
au niveau de la dramatique.
1628 Pour nous, notre
défi vraiment actuellement, c'est à l'intérieur des critères actuels. Évidemment, je ne veux pas présumer des
recommandations que vous allez annoncer jeudi et de ce qui s'ensuivra auprès de
l'utilisation de ces recommandations‑là et de l'impact qu'elles auront
sur les lignes directrices à l'avenir pour le Fonds, mais pour nous le défi
c'est de faire croître notre enveloppe qui se situe autour de trois point huit
millions.
1629 Compte tenu du
fait que l'attribution des enveloppes est largement basée sur des critères
historiques, évidemment au départ les critères historiques nous défavorisent
parce que, historiquement, on n'a jamais touché beaucoup d'argent, donc c'est
difficile pour nous de renverser la vapeur.
1000
1630 Donc, pour nous de
façon à renverser la vapeur, il faut soit verser des licences qui sont au‑dessus
de la moyenne parce que ça nous donne des crédits additionnels qui nous
permettent d'avoir des enveloppes plus importantes, ou de miser dans des séries
qui vont connaître de larges succès et qu'on puisse gagner également des
crédits parce qu'on aura des succès d'auditoires importants.
1631 Mais tout ça, ça
peut nous prendre, vous en conviendrez, peut‑être deux, trois, quatre ans
avant qu'on puisse faire grimper notre enveloppe de trois point huit millions à
des niveaux de cinq, six, sept millions, ce qui, dans le fond, serait des
niveaux beaucoup plus raisonnables pour un télédiffuseur traditionnel privé
comme nous si on se compare à la concurrence actuellement qui bénéficie
d'enveloppes beaucoup plus substantielles, les enveloppes de nos concurrents.
1632 TVA, la moyenne
des trois dernières années, ils ont eu 52 millions dans les trois dernières
années alors que TQS a eu à peine 11,7 millions.
1633 Donc, vous voyez
qu'il y a un débalancement majeur entre un réseau comme TVA qui est notre
concurrent néanmoins dans le marché et ce que TQS reçoit.
1634 CONSEILLER ARPIN: Et qui dit qu'il ne reçoit pas sa juste part.
1635 M. BELLEROSE: Oui, qui trouve qu'il n'en reçoit pas assez,
effectivement.
1636 CONSEILLER
ARPIN: Je ne vois pas, sur votre grille
d'émissions de divertissement‑variétés en émissions prioritaires, malgré
le fait que vous veniez de dire que vous utilisiez cette enveloppe.
1637 M. BELLEROSE: Louis peut peut‑être répondre à la
question. Mais je pense, Louis, qu'on le fait mais avec des événements, de la
programmation plus ponctuelle.
1638 M. TRÉPANIER: Exact, monsieur Arpin. Des émissions comme * Moi ma mère + qui est un spécial que l'on diffuse
annuellement depuis plusieurs années, c'est un variétés musical présenté le
jour de la Fête des Mères.
1639 On capitalise
davantage sur des événements. Les séquences
ne sont pas régulières dans le type de grille que vous avez devant vous, mais
on s'organise année après année pour diffuser des variétés, des variétés que ce
soit en humour ou en musique.
1640 CONSEILLER
ARPIN: Monsieur le Président, ça
complète.
1641 LE PRÉSIDENT
: Merci.
1642 J'ai entendu votre
réponse à ma question sur l'augmentation du deux à trois heures, et caetera.
1643 Franchement, je
comprends la première par cour à cause de votre état financier, vous voulez
réduire et revoir, à cause des états.
1644 Mais après ça, les
dernières quatre années d'élever seulement à trois heures, je crois que ça
serait difficile pour nous.
1645 Peut‑être
vous pouvez réfléchir sur ça et penser s'il n'y a pas une autre façon de le
faire à condition de, quelque chose comme ça, mais une façon où vous arrivez
étape par étape à la fin de votre licence.
1646 M. BELLEROSE: Étape par étape pour arriver à quel niveau,
Monsieur le Président ?
1647 LE PRÉSIDENT: Au niveau que vous avez maintenant.
1648 M. BELLEROSE: O.K.
Alors, nous allons réfléchir là‑dessus, Monsieur le Président.
1649 LE PRÉSIDENT: Merci.
1650 On va aller à
l'autre thème, c'est comment TQS entend‑elle remplir ses obligations
concernant le sous‑titrage, la vidéodescription et la diversité culturelle.
1651 Vous étiez ici
hier quand nous avons eu une intervention de l'Association des sourds qui ont
fait assez de plaintes contre vous et contre vos obligations et votre
disposition à remplir les obligations que vous avez, spécialement au sous‑titrage.
1652 Voulez‑vous
commenter sur cette intervention‑là ?
1653 M. BELLEROSE: Certainement, Monsieur le Président. Nous étions tous présents au moment de la
comparution des intervenants d'hier, le Centre de déficience auditive, et nous
avons écouté avec intérêt l'intervention de leurs représentants et nous avons
entendu leurs préoccupations.
1654 Ce que nous avons
retenu de l'intervention du Centre, c'est qu'évidemment ils trouvaient que
notre proposition pour atteindre les niveaux souhaités par le Conseil étaient
trop longs, et j'en ai retenu, je crois, qu'ils souhaitaient peut‑être
que les délais soient rétrécis et écourtés pour qu'on puisse atteindre le
niveau de 100 pour cent de la programmation à l'intérieur de deux ans.
1655 Je tiens juste à
rappeler au Conseil, évidemment, que nous sommes dans une situation financière
très particulière, nous sommes engagés dans un processus de relance, et même si
je peux comprendre parfaitement les préoccupations et les attentes du Centre,
je pense que ces préoccupations‑là doivent être conciliées avec une
situation particulière qui est la nôtre compte tenu du fait que nous sommes
engagés dans un redressement d'entreprise qui va s'étaler sur plusieurs années.
1656 Ceci dit, je dois
vous dire que notre bilan n'est peut‑être pas celui qu'il aurait dû être
en termes de sous‑titrage, c'est exact.
Jusqu'à il y a deux ans, le sous‑titrage reposait essentiellement
sur des séries qui étaient produites à l'externe par des producteurs et pour
lesquelles on leur demandait de livrer un produit sous‑titré.
1657 Cependant il y a
deux ans on a commencé à consacrer des efforts importants à l'intérieur de
l'entreprise en concluant d'abord une entente avec le Centre de recherche
informatique de Montréal pour l'utilisation du logiciel de reconnaissance
vocale STDirect, lequel logiciel avait d'ailleurs été développé par le réseau
TVA au moment où j'y étais, c'était un dossier qui était de ma responsabilité
dans le cadre des avantages tangibles de la transaction de Quebecor qui a
acquis Vidéotron et TVA.
1658 Donc, il y a deux
ans TQS a fait l'acquisition de ce logiciel‑là, a conclu une entente avec
le CRIM, a investi tout près de 200 000 dollars dans cette opération‑là
avec le CRIM dans un contexte budgétaire que vous connaissez et il y a du travail
considérable qui a été effectué de concert avec le Centre de recherche
informatique de Montréal, il y a eu embauche de personnel, aujourd'hui il y a
plus de quatre personnes qui travaillent à titre de locuteurs pour pouvoir
faire la reconnaissance vocale des émissions qui sont en direct.
1659 Le budget de sous‑titrage
à TQS est de plus d'un demi‑million de dollars par année
actuellement. Nous consacrons 555 000
dollars par année en sous‑titrage, en partie pour faire du sous‑titrage
en direct, à peu près 275 000 dollars, et le reste qui est pour le sous‑titrage
de séries et d'émissions, de cinéma, laquelle opération est faite à l'externe
auprès de fournisseurs externes. Il en
coûte environ, je pense, 500 dollars pour sous‑titrer une émission d'une
heure.
1660 On est conscient
que ce n'est pas assez parce que même avec un budget de 550 000 dollars, même
avec une entente avec le CRIM, même avec des investissements importants, on a
eu de la difficulté à atteindre un niveau de 50 pour cent.
1661 Évidemment cette
année n'est pas un très bon exemple parce qu'on a traversé une situation qui
est difficile, mais les attentes, on le reconnaît, étaient plus à hauteur de...
en fait notre engagement était à 75 pour cent à la récupération de la licence
et une attente à 90 pour cent.
1662 Donc, évidemment
on est préoccupé par la question. Maxime
lui‑même, lorsqu'on a eu des discussions, à titre de gestionnaire
intérimaire m'a posé beaucoup de questions sur le dossier pour savoir
exactement quel était le plan, comment on pouvait accroître le niveau de sous‑titrage. J'ai moi‑même regardé à l'interne de
quelle façon on pouvait être beaucoup plus efficace.
1663 On a identifié
clairement des choses qu'on pouvait faire très concrètement, rapidement, pour
changer de direction et vraiment s'en aller vers l'atteinte des objectifs et
des engagements que nous avons pris à titre de conditions de licence.
1664 Dans un premier
temps, notre priorité, et nous avons fait des compressions budgétaires à
l'automne qui ont impacté le secteur du sous‑titrage, il y avait une
personne qui en était responsable, cette personne‑là a quitté, n'a pas
été remplacée, c'est une erreur de notre part parce que, évidemment, ça a
contribué à créer une espèce de vide par rapport à la gestion du sous‑titrage,
donc nous allons corriger le tir et nous allons, à l'interne, rapidement nommer
une personne responsable qui va chapeauter l'ensemble des activités de sous‑titrage
de façon non seulement à s'assurer du respect du plan, de son développement
futur, mais également d'une amélioration constante de la qualité du travail et
d'une vérification constante du produit qui est sous‑titré à l'antenne.
1665 On veut également
assurer une meilleure coordination du travail des locuteurs parce qu'on veut
favoriser un bon fonctionnement opérationnel du système. Et ce qui est important dans le travail de la
reconnaissance vocale, c'est d'apporter les correctifs qui sont nécessaires
pour avoir une meilleure qualité du sous‑titrage. Et ça se fait uniquement en faisant une
vérification du travail qui a été fait de façon à améliorer le niveau de
qualité en améliorant les lexiques qui sont disponibles.
1666 Parce que chaque
type d'émission a son vocabulaire propre et il est important que nous
disposions d'un dictionnaire qui est propre à une catégorie d'émissions pour
améliorer l'efficacité du sous‑titrage.
1667 Donc, pour y
parvenir également, pour être en mesure de...
1668 LE PRÉSIDENT: Vous n'avez pas 12 minutes pour la réponse.
1669 M. BELLEROSE: Je m'excuse, mais vous voyez que j'ai une
certaine passion pour le dossier. Mais
je vais compléter en deux minutes, Monsieur le Président.
1670 Pour compléter et
être en mesure de sous‑titrer davantage d'émissions, nous allons donc
investir 100 000 dollars sur deux ans, les sommes d'argent sont déjà prévues à
l'intérieur des budgets de programmation pour développer de nouveaux
dictionnaires et nous allons également développer avec le CRIM un nouveau
modèle de sous‑titrage qui nous permettrait de jumeler le logiciel
développé par le CRIM avec les propres logiciels de sous‑titrage pour
pouvoir utiliser la reconnaissance vocale dans le sous‑titrage
d'émissions préenregistrées.
1671 Alors, voilà le
plan, Monsieur le Président.
1672 LE PRÉSIDENT: O.K.
1673 Michel.
1674 CONSEILLER MORIN: Oui, merci Monsieur le Président.
1675 Vous savez que les
exigences sociales du CRTC, c'est important.
Vous reconnaissez, on s'entend sur les chiffres, que vous êtes à 45 pour
cent, TVA et Radio‑Canada sont à plus de 80 pour cent, et tout le monde
regarde à 100 pour cent.
1676 Ce que nous a dit
hier le Centre québécois de déficience auditive, c'est : * On est prêt à accepter deux
ans +.
1677 Bon, je comprends
que vous n'êtes pas rentables actuellement, que vous ne le serez pas peut‑être
au cours des prochaines années. En fait
la première année c'est 2014, je pense, deux millions et demi le profit que
vous envisagez en 2014 ?
1678 M. BELLEROSE: Monique ?
1679 Oui, je peux
vérifier, je n'ai pas les données de mémoire.
1680 CONSEILLER
MORIN: Deux millions cinq cent quarante‑six
mille. Si je le lis.
1681 M. BELLEROSE: On n'est tellement pas habitué.
1682 Oui, à la sixième
année, oui, deux millions et demi, oui, à peu près.
1683 CONSEILLER
MORIN: Bon. Qu'est‑ce que ça vous coûterait de plus
vraiment ? Vous avez évoqué un 100 000
dollars, mais de passer d'un budget d'un demi‑million actuellement à 45
pour cent pour avoir, avec vos gains d'efficacité, votre meilleure connaissance
d'apprivoiser le système, qu'est‑ce que ça vous coûterait vraiment de plus
pour passer à 100 pour cent ?
1684 Est‑ce que
vous avez une idée ?
1685 M. BELLEROSE: Vous parlez de passer à 100 pour cent
immédiatement.
1686 CONSEILLER
MORIN: Du sous‑titrage, oui.
1687 M. BELLEROSE: Du sous‑titrage, demain matin arriver
puis faire 100 pour cent de la programmation ?
1688 CONSEILLER
MORIN: Disons au cours des prochaines
années.
1689 M. BELLEROSE: Au cours des prochaines années, le montant
exact, monsieur Morin, pour être très honnête je ne l'ai pas, il faudrait
évaluer de façon importante les ressources que ça prendrait, il faut travailler
également avec le CRIM pour voir quelle sera l'efficacité qu'on pourra dégager
du développement du nouveau sous‑titrage en direct et jumelé au système
ProCAT.
1690 Alors donc, il y a
vraiment là un exercice à faire avec le Centre de recherche informatique.
1691 CONSEILLER
MORIN: Mais ce n'est pas du simple au
double, à première vue, compte tenu de ce que vous avez dit.
1692 M. BELLEROSE: Sûrement du simple au double, oui.
1693 CONSEILLER MORIN: Du simple au double.
1694 M. BELLEROSE: Ah oui.
1695 CONSEILLER
MORIN: Donc, on parle d'un million.
1696 M. BELLEROSE: Certainement un million, oui. Oui.
Oui. Sinon davantage.
1697 CONSEILLER
MORIN: Monsieur le Président en a fait
un engagement personnel hier.
1698 M. BELLEROSE: Exact.
Absolument. Oui.
1699 CONSEILLER
MORIN: Est‑ce que vous seriez
prêts à accepter comme condition de licence qu'en 2014 c'est 100 pour cent ?
1700 M. BELLEROSE: Oui.
1701 CONSEILLER
MORIN: Merci.
1702 Alors, maintenant
en ce qui concerne la vidéodescription, je pense qu'à ce niveau‑là, vous
n'avez à peu près rien de proposé, vidéodescription et on sait que du côté du
marché anglophone, on est à deux et quatre heures de vidéodescription. C'est quand même un segment de la population
qui peut avoir besoin d'aide pour prendre des émissions de qualité de TQS.
1703 Alors, est‑ce
que vous avez quelque chose à proposer à ce niveau‑là dans le cadre du
renouvellement de la licence ?
1704 M. BELLEROSE: Je distinguerais beaucoup la situation du
marché de langue anglaise avec celle du marché de langue française. À ma connaissance je ne crois pas même que
notre concurrent TVA fasse actuellement de la vidéodescription, il y a des
attentes à cet égard‑là dans le renouvellement de licence qui a été fait
en 2002, je crois, mais sauf erreur, je ne pense pas que TVA offre des
émissions en vidéodescription.
1705 Dans le marché de
langue anglaise, il y a eu un contexte particulier aussi, monsieur Morin, qui a
fait qu'on a passé à la vidéodescription et je pense que le contexte
particulier, ça a été la transaction de CTV acquise par BellGlobemedia à
l'époque où il y avait eu un volume d'avantages tangibles colossal et qu'il y
avait eu un montant d'argent qui avait été dévolu à NBRS pour pouvoir investir
dans ce secteur d'activité là.
1706 Donc, je pense que
c'est beaucoup à cause de ça dans le marché de langue anglaise qu'on est plus
avancé en termes de vidéodescription, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
1707 La réalité, c'est
que nous ne sommes pas en mesure techniquement de le faire, il nous faudrait
investir environ un quart de million de dollars pour rendre nos émetteurs
compatibles de façon à offrir ce service‑là et en plus offrir une heure
de vidéodescription par semaine en moyenne sur une base annuelle nous
coûterait, de façon récurrente dans nos budgets d'opération, une centaine de
milliers de dollars.
1708 Donc, c'est la
raison pour laquelle à ce stade‑ci nous ne sommes pas disposés à prendre
d'engagement.
1709 CONSEILLER MORIN: Y compris pour l'ensemble de la période de la
nouvelle licence.
1710 M. BELLEROSE: Exact, monsieur Morin.
1711 CONSEILLER
MORIN: En ce qui concerne la diversité
culturelle, rapidement, quel est le point actuellement et qu'est‑ce que
vous voulez faire par rapport à ce qui a été fait jusqu'ici ?
1712 M. BELLEROSE: Je demanderais peut‑être dans ce
dossier à mon collègue Guérin de répondre à vos questions.
1713 M. GUÉRIN : Merci Serge.
1714 Conformément à la
politique du Conseil, nous avons déposé un plan d'entreprise sur la diversité
culturelle il y a de ça deux ans. Nous
faisons une mise à jour annuelle, un rapport annuel à l'occasion duquel j'ai
l'occasion de rencontrer les membres de la direction pour leur rappeler les
principaux enjeux et leur rappeler les mesures que nous avions retenues dans
notre plan.
1715 TQS est très fière
d'avoir participé avec d'autres télédiffuseurs, TVA et Astral, comme
instigateurs du colloque Télédiversité qui est un colloque sur la diversité
culturelle à la télévision de langue française.
Le colloque aura lieu à la fin de cette semaine, jeudi et vendredi.
1716 Aussi, dans le
cadre de notre plan sur la diversité culturelle, nous avons créé un comité de
liaison avec différents intervenants de différentes communautés qui a comme
mandat d'établir des liens permanents avec des associations représentatives des
communautés culturelles.
1717 On s'est réunis à
plusieurs occasions par année. On a fait
des rencontres en compagnie de nos vice‑présidents de programmation,
information affaires publiques, pour faire le point, discuter, échanger pour
voir comment est‑ce qu'on pouvait améliorer la représentativité des
diversités culturelles à notre écran et je dirais que ça a été très fructueux,
ces rencontres.
1718 On a élaboré également,
en collaboration avec TVA et Astral, un guide de pratique exemplaire en matière
de diversité culturelle à l'intention des producteurs indépendants. Donc, on les a vraiment mis au parfum de
l'importance et des exigences du CRTC à ce sujet.
1719 Et de façon plus
pratico pratique et concrète avec nos producteurs indépendants, on a intégré
dans nos contrats types une clause les invitant, les enjoignant à prendre
connaissance et de prendre en considération notre politique en matière de
diversité culturelle dans tous les aspects de leurs productions.
1720 Je vous dirais
aussi ‑ puis Louis pourra élaborer là‑dessus ‑
qu'on a une grille qui est très propice à refléter et à faire parler les gens
de toutes les communautés culturelles.
1020
1721 CONSEILLER MORIN: Merci.
1722 C'est tout pour
moi, Monsieur le Président.
1723 LE PRÉSIDENT: Merci.
1724 Michel ?
1725 CONSEILLER
ARPIN: Monsieur Bellerose, monsieur
Rémillard, on parlait de sous‑titrage et quand vous avez pris
l'engagement de faire dès 2014 le quasi ensemble de votre programmation, est‑ce
que ça incluait * 110 pour cent + ?
1726 Je dois dire
qu'hier ça aurait été facile, malheureusement comme la partie était en cours,
vos chauds débatteurs avaient peu de sujets, donc ça aurait été facile de faire
le sous‑titrage, même en direct hier, mais généralement est‑ce
qu'on peut compter que vous allez être capables de sous‑titrer un jour * 110 pour cent + ?
1727 M. BELLEROSE: On met beaucoup de pression sur le CRIM pour
qu'il améliore son logiciel.
1728 CONSEILLER
ARPIN: Mais monsieur Dumouchel m'a dit :
* Le jour où on sera capable de
faire effectivement le sous‑titrage de * 110 pour cent +, ça veut dire qu'on aura atteint le
succès complet. +
1729 Or cependant, il
n'y compte pas beaucoup.
1730 M. BELLEROSE: Mais je note quand même, monsieur Arpin, que
dans la nouvelle politique du Conseil, vous avez toujours une petite
réserve. Il y a toujours cette réserve‑là
: * À l'impossible nul n'est
tenu +.
1731 CONSEILLER
ARPIN: Oui. Vous jugez que c'en est un cas.
1732 M. BELLEROSE: C'est un cas patent, celui‑là.
1733 CONSEILLER
ARPIN: Je le souligne parce que,
effectivement, ça permet de clarifier ce que signifie le mot * quasi +.
1734 M. BELLEROSE: Oui.
1735 LE PRÉSIDENT: Bon.
Allons au dernier enjeu, c'est la proposition de TQS de la prise en
charge des avantages tangibles.
1736 Michel.
1737 CONSEILLER
ARPIN: Merci Monsieur le Président.
1738 Je n'ai pas
l'intention d'aller discuter longuement de cette question‑là, seulement
je vous réfère au paragraphe 56 de votre mémoire supplémentaire dans lequel
vous dites, et je vais vous citer, que vous vous engagez à débourser un million
de dollars sur sept ans au développement de projets émergents par les
producteurs indépendants.
1739 Ma première
question, est‑ce que c'est Remstar ou TQS qui va faire le déboursé de ce
million de dollars là ?
1740 M. RÉMILLARD: En fait, c'est prévu dans les budgets de
programmation. À partir du moment où
Remstar détient 100 pour cent, mais c'est TQS.
1741 CONSEILLER
ARPIN: D'accord.
1742 Premièrement,
qu'entendez‑vous par projets émergents ?
1743 M. RÉMILLARD: Des projets qui vont favoriser un peu la
stratégie de programmation qu'on a énumérée hier, donc plus interactive, plus
participative avec notre public qui va utiliser d'autres plateformes que
l'antenne, donc c'est avec ça qu'on qualifie * émergents +.
1744 CONSEILLER
ARPIN: A priori, le bénéfice tangible
pour essentiellement, au moins le Conseil s'attend à ce que 80 à 85 pour cent
des sommes servent au soutien de la programmation à l'antenne.
1745 Or, ce que vous me
dites c'est que votre plan c'est plutôt pour chercher à développer des produits
pour d'autres plateformes que pour l'antenne principale ?
1746 M. RÉMILLARD: Absolument pas, monsieur Arpin, ce que je
voulais dire, c'est des produits qui vont pouvoir utiliser d'autres plateformes
pour avoir de l'interaction de notre public dans le produit qu'on va mettre à
l'antenne de TQS.
1747 Donc, ils vont
aller vers le développement et l'élaboration de concepts pour l'antenne de TQS.
1748 CONSEILLER
ARPIN: Alors, Monsieur le Président,
c'était mes questions.
1749 LE PRÉSIDENT: Ça termine nos questions sur le dernier
point.
1750 Étant donné votre
état financier, je crois qu'on peut être flexible, même plus flexible que ce
que vous avez demandé.
1751 Vous pensez à
toutes ces choses que nous vous avons posées et on vous revoit à la fin.
1752 Maintenant on va
prendre une pause de dix minutes.
1753 Merci.
‑‑‑ Suspension à
1023 / Upon recessing at 1023
‑‑‑ Reprise à 1037
/ Upon resuming at 1037
1754 LE PRÉSIDENT: Monsieur Bellerose, monsieur Rémillard, nous
sommes ici en région pour obtenir le point de vue des opinions sur vos
propositions. Je crois que ça va aider
la discussion si vous faites un bref résumé de ce que vous voulez offrir en
terme de programmation locale avant que nous entendions les intervenants de la
région.
1755 M. RÉMILLARD: Très bien, monsieur le président. Je vais demander à mon collègue, Louis
Trépanier, peut‑être de rappeler... de rappeler en fait peut‑être
qu'est‑ce que nous proposons pour notre prochaine licence pour les
stations régionales.
1756 M. TRÉPANIER: Monsieur le président, oui, effectivement,
on va rappeler les grandes lignes de notre offre, de notre proposition.
Je vais commencer par Québec, à tout
Seigneur, tout honneur.
1757 Ce qu'on a cru bon
d'inclure dans notre proposition, c'est de travailler avec la production
indépendante de Québec à la préparation et à la diffusion d'une émission
quotidienne qui serait diffusée le matin, entre 0700 et 0900, une émission
matinale qui serait diffusée dans l'ensemble des stations du réseau TQS.
1758 L'émission *originerait+ donc de Québec, mettrait donc en
place le talent local, mettrait donc en place des collaborateurs particuliers
qui pourraient faire écho à l'actualité quotidienne, qui pourraient faire écho
aux différents services que l'on offre dans une émission matinale.
1759 Je pense à la
météo, entre autres, aux résultats sportifs, aux grands sujets qui sont
débattus dans les quotidiens et j'imagine aussi une formule jeune et dynamique,
une émission qui serait axée sur les centres d'intérêt des gens que l'on
souhaite courtiser, c'est‑à‑dire la clientèle des 18‑49.
1760 J'imagine qu'on
pourrait insérer à l'intérieur de cette émission‑là des commentaires du
grand public, mais aussi de la musique, des vidéoclips, des images qui nous
seraient envoyées par des téléspectateurs soucieux de nous faire partager leurs
intérêts.
1761 On l'expliquait un
peu hier, on croit beaucoup qu'internet peut nous aider à meubler plusieurs de
nos émissions et comme on le voit déjà d'ailleurs dans plusieurs émissions aux
États‑Unis, au Canada anglais et même à la Société Radio‑Canada où
on demande, entre autres, aux gens de faire parvenir des photographies de leur
milieu le matin et on voit ça le week‑end à RDI où les gens envoient des
photos de leur lever de soleil, de leurs coins de pays respectifs. Les
gens participent et répondent très très bien à ce genre d'invitation‑là
et c'est une des choses sur lesquelles on aimerait miser.
1762 Dans les stations
régionales maintenant, je pense plus précisément aux villes de Saguenay, aux
villes de Sherbrooke et Trois‑Rivières, le rendez‑vous serait
différent et serait en fin d'après‑midi, dans une émission d'une durée de
30 minutes où, encore une fois, des producteurs indépendants de chacune des
régions seraient invités à travailler à l'élaboration de ces émissions‑là
et de présenter des informations qui seraient propres aux régions que l'on
souhaiterait desservir.
1763 Alors, j'imagine
facilement un animateur dans la région de Saguenay recevoir des commentateurs,
des collaborateurs, des recherchistes, des gens qui viennent raconter ce qui a
retenu leur intérêt au cours de la journée et partager avec cet animateur‑là
ou cette animatrice les divers sujets qui les préoccupent dans chacune de leurs
régions.
1764 Je vois aussi un
volet dans ces émissions‑là sur une sorte de calendrier culturel, une
sorte d'écho à ce qui se passe dans chacune des salles de spectacles ou des
rendez‑vous où les gens vont, entre autres, de la visite d'artistes ou de
*perfomeurs+ dans chacune de leurs régions.
1765 Encore une fois,
dans les émissions régionales, nous souhaitons aussi faire appel aux gens pour
qu'ils nous alimentent de leur image, de leurs commentaires, de leurs opinions
sur l'actualité qu'ils auront vécue dans leur région ou pour d'autres
actualités sur lesquelles ils aimeraient réagir, qu'elles se produisent
localement ou dans des grandes régions au Québec ou ailleurs.
1766 Essentiellement, c'est
notre proposition et surtout, encore une fois je veux le répéter, mais c'est
important, c'est de travailler avec les gens du milieu à partir des producteurs
indépendants.
1767 Mon souhait, les
collègues de cette table le connaissent depuis quelques semaines maintenant,
c'est qu'une fois les audiences terminées, une fois qu'on pourra planifier
davantage de façon plus précise les contenus de chacune de nos émissions, je
vais aller dans les régions. Je vais
aller rencontrer personnellement les producteurs indépendants.
1768 Ils se sont déjà
manifestés. Ils nous ont déjà contactés,
sachant que la nouvelle direction, les éventuels nouveaux propriétaires de TQS
souhaitaient faire affaires davantage avec la production indépendante, ils se sont
déjà manifestés et on va réitérer une invitation auprès de ces gens‑là
pour les rencontrer et discuter avec eux de nos plans et mettre à profit leurs
talents.
1769 M. RÉMILLARD: Monsieur le président, j'aimerais
ajouter. Il y a peut‑être... vous
n'avez pas trouvé qu'on a été précis dans notre description d'émissions
locales, mais il y a plusieurs raisons à ça dont la première aussi c'est une
nature concurrentielle à ça.
1770 Et, aussi, vous
savez, comme Louis l'a mentionné, nous, on veut travailler avec la production
indépendante donc on a eu des dialogues déjà embryonnaires avec certains
producteurs afin de travailler avec nous dans la production de ces émissions‑là,
mais depuis les deux derniers mois on a été plus occupés à soumettre un plan
d'arrangement aux créanciers qui est viable, avoir l'aval de nos créanciers
pour aller de l'avant.
1771 Donc, ce processus‑là
de discussions créatives avec la production indépendante va venir très
rapidement. Mais je peux vous donner
quand même une bonne idée de ma vision puis je pense que la direction de TQS la
partage avec moi, de ces émissions‑là.
1772 On veut faire des
émissions d'information qui vont refléter la réalité, comme on a... la réalité
des communautés qu'on dessert. J'ai
mentionné ça hier et on pense qu'on peut y arriver en trouvant le bon talent
dans chaque région, je vous donne une explication, une petite description.
1773 Notre anchor man pourrait
être debout devant un écran, qui défileront des graphiques, des analystes, des
clips, des photos de sujets d'actualité évoqués pendant les émissions,
plusieurs chroniqueurs, analystes, correspondants, vedettes, humoristes,
figures politiques participeront au contenu de l'émission soit live ou par
vidéo.
1774 On va avoir
plusieurs rubriques dans ces émissions‑là et je vous donne quelques
exemples.
1775 Les dix choses
dont vous avez besoin d'être... dont vous avez besoin de savoir aujourd'hui
pour être informé dans votre région.
1776 Il va y avoir des
capsules avec des vidéos insolites de la journée soit par web, mobile ou télé.
1777 Un segment showbiz
et culturel, très important pour nous; techno, une capsule techno genre gadget,
gammers, web, et caetera, ça vise notre public cible de 18‑49.
1778 Une rubrique que
je qualifie en anglais *the talk back ou free speech+, on donne la tribune à quelqu'un
qui vient expliquer le revers de la médaille d'un titre dans l'actualité ou
d'une situation dans sa région.
1779 L'actualité
positive; fini le temps de juste faire du négatif. On va laisser la place à nos héros d'ici ou
d'ailleurs. Essayons d'être positifs,
essayons de trouver des solutions aux problèmes dans nos communautés.
1780 Des capsules
capitales et une rubrique de l'économie et des affaires et des capsules
environnementales, planète en péril, et caetera.
1781 Donc, tout ça mis
dans une émission d'information avec une facture attrayante pour le public
cible qu'on vise, on croit fortement que ça va refléter la réalité des
communautés et on va avoir un produit qui va être attrayant pour notre
audience.
1782 Évidemment, comme
je vous dis, c'est embryonnaire, ça détaille notre vision et on a l'intention
de travailler étroitement avec la production indépendante pour arriver à avoir
une émission qu'on espère va être conforme à la politique du Conseil.
1783 LE PRÉSIDENT: Merci beaucoup pour ce résumé et si je peux
résumer qu'est‑ce que nous avons dit.
1784 Nous avons dit que
nous avons beaucoup des problèmes avec votre proposition parce que... Okay.
1785 CONSEILLER
ARPIN: Monsieur Trépanier ou monsieur
Rémillard ou monsieur Bellerose, vous avez parlé, effectivement d'utiliser un
producteur, une production indépendante.
Ça va être en direct ou en différé?
1786 M. TRÉPANIER: Les émissions seront en direct à chaque
jour.
1787 CONSEILLER
ARPIN: De chaque jour, dans les quatre
marchés?
1788 M. TRÉPANIER: Dans les quatre marchés, de même qu'à Québec
pour l'émission du matin et à Montréal comme...
1789 CONSEILLER
ARPIN: Et Montréal également. Donc, dans les cinq marchés concernés?
1790 M. TRÉPANIER: Exact.
1791 CONSEILLER
ARPIN: Ce type d'émission‑là sera
produit par un producteur indépendant, mais en direct à partir de quelles
facilités, de quel studio?
1792 M. TRÉPANIER: Pour le moment, ce qu'on pense faire, c'est
d'utiliser les studios que l'on possède dans chacune de nos régions.
1793 CONSEILLER
ARPIN: Avec quels techniciens?
1794 M. TRÉPANIER: On a du personnel qui, entre autres à
Montréal, on a des gens qui sont sur un quart de travail du milieu de l'après‑midi
jusqu'à la fin de la soirée et on a également du personnel en région, mais on
va s'asseoir avec des producteurs indépendants et voir aussi à partir de leurs
idées si on doit le faire à l'intérieur de nos propres locaux ou autrement.
1795 CONSEILLER
ARPIN: Mais pourquoi le faire avec des
producteurs indépendants si vous le faites chez vous, avec votre propre
personnel?
1796 M. TRÉPANIER: Parce que ça prend de l'encadrement aussi
pour faire une émission. Ça prend des
gens qui ont des idées, ça prend des gens qui dirigent des équipes et ça prend
des gens qui ont...
1797 CONSEILLER
ARPIN: Mais les équipes ne seront
pas... ça ne sera pas les leurs, ça va être les vôtres.
1798 M. TRÉPANIER: Ça peut être les deux. Pour le moment, il y a des gens qui ont été
mis à pied qui seront peut‑être rappelés ou qui seront simplement
réembauchés par les producteurs indépendants.
1799 Le talent,
monsieur Arpin, va être utilisé par les producteurs indépendants parce que dans
chacune des régions les gens qui travaillent pour les réseaux de télévision,
que ce soit des réseaux indépendants ou des grands réseaux ou des maisons de
production locale, ces gens‑là font souvent plusieurs contrats. Ils ne sont pas nécessairement attachés à une
production en particulier.
1800 CONSEILLER
ARPIN: Sauf que si c'est une quotidienne,
ils vont avoir de la difficulté à faire d'autres choses.
1801 M. TRÉPANIER: En ce moment, on est en train de faire la
démonstration qu'on peut faire plusieurs émissions avec la même équipe de
production.
1802 CONSEILLER
ARPIN: Puis, habituellement, un
producteur indépendant aime bien pré‑produire, avoir ses clips déjà prêts
d'avance pour les insérer et là, ce que vous lui demandez, ça va être,
essentiellement, de faire des sauts de chaise?
1803 M. TRÉPANIER: Non, je ne pense pas et je ne pense pas que
ce soit non plus ce à quoi monsieur Rémillard a fait référence il y a quelques
minutes.
1804 CONSEILLER
ARPIN: Non, pas du tout. C'est pour ça. Ça ne correspond pas à la description qu'il a
donnée, ça, je suis d'accord, mais ça ne correspond pas non plus à ce que vous‑même
vous nous avez donné aux pages 7 et 8 de votre présentation orale de ce matin.
1805 Sauf que les
contraintes, par exemple, pour faire une émission matinale de 0700 à 0900 le
matin, pour un producteur indépendant, c'est certainement plus complexe que
d'en faire une en fin d'après‑midi, surtout pour avoir du matériel actif,
du matériel courant.
1806 Convaincre les
gens de se rendre au studio pour 0700 le matin pour aller donner une entrevue
ou aller participer activement à une émission c'est un défi pour un
producteur... c'est déjà un défi pour une station structurée qui fait ça de
manière soutenue, comme vous faites certaines de... vous faisiez votre émission
*Caféine+, pour faire la même chose à partir
de Québec de 0700 à 0900 le matin, ça va être un grand défi pour un producteur
indépendant qui n'a pas toutes les ressources habituelles d'une station de
télévision.
1807 M. TRÉPANIER: Moi, je pense, monsieur Arpin, sincèrement
là, il va falloir qu'on s'assoit avec les producteurs indépendants, qu'on
partage notre vision et qu'on dessine de façon un peu plus précise ce que l'on
souhaite faire.
1808 On a une idée, on
a plusieurs idées, c'est ce qu'on expose depuis deux jours, mais on a un rendez‑vous
incontournable avec le producteur indépendant et on pense qu'au cours des
prochaines semaines on va rencontrer ces rendez‑vous‑là, on va se
rendre à ces rendez‑vous‑là, on va s'asseoir avec la production
indépendante.
1809 On va développer
avec eux ce que l'on souhaite faire et on va monter les équipes avec eux. On verra si ça se fait en partie dans nos
studios, en partie à l'externe, s'il y a du tournage, s'il n'y a pas de
tournage.
1810 Je veux dire,
c'est ce genre de détail‑là, je vous dirais, que pour le moment on a
encore besoin de temps pour s'asseoir, entre autres avec des producteurs
indépendants et en discuter.
1811 CONSEILLER
ARPIN: Pour l'instant, ça va être mes
questions sur votre prestation locale, mais elle soulève en moi plusieurs
réserves, comme vous avez pu voir en tout cas par mon questionnement.
1812 Merci.
1813 M. RÉMILLARD: Monsieur Arpin, excusez. Peut‑être si vous me permettez
d'ajouter et de clarifier aussi. C'est
que la vision que l'on a de TQS et, aujourd'hui, on demande le transfert d'une
licence de radiodiffusion, nous c'est ce qu'on veut faire. On veut diffuser. On ne veut pas une licence de
production. On veut diffuser.
1814 On comprend très
bien qu'il y a un contexte de structure... une structure à l'interne de
production. Il y a des discussions avec...
par rapport aux relations de travail, les syndicats, comment on va arriver à
nos fins, et on y travaille activement, mais on réitère le fait que, nous, on
veut être diffuseurs et on veut travailler les producteurs indépendants pour
ça.
1815 CONSEILLER
ARPIN: Vous voulez arriver à des
ententes avec le syndicat, mais vous ne leur parlez pas. Du moins, c'est ce qu'ils nous ont dit hier,
ceux que nous avons entendus hier. Les
autres peut‑être aujourd'hui viendront corriger cette image‑là,
mais jusqu'à ici, jusqu'à aujourd'hui, là, à partir des témoignages entendus
dans la journée d'hier...
1816 M. RÉMILLARD: Je pense qu'on va avoir la chance de
répliquer à ça demain, monsieur Arpin.
1817 CONSEILLER
ARPIN: Parfait. D'accord.
1818 M. TRÉPANIER: Mais, monsieur Arpin, moi, je ne veux pas
vous laisser sur une impression qu'on ne sait pas où est‑ce qu'on s'en
va. Je veux juste vous rappeler ce que
j'ai dit hier.
1819 On est une
entreprise en faillite technique depuis le 18 décembre dernier. On n'est pas 300 personnes à gérer cette
entreprise‑là, on est quelques‑uns et ils sont ici devant vous
aujourd'hui.
1820 Notre
préoccupation a été de sauver 200 quelques emplois. On a eu un peu moins de temps pour faire de
la planification et de la projection sur les grilles de programmation de
l'automne ou de l'hiver prochain. On a
essayé de sauver cette entreprise‑là qui est en faillite.
1821 Alors, permettez‑moi
ou excusez‑moi si parfois certains détails ne sont pas précis ou je n'ai
pas toutes les réponses comme vous souhaiteriez les avoir, on a sauvé ou on
essaie encore de sauver une entreprise en faillite.
1822 CONSEILLER
ARPIN: Je vous comprends bien, mais la
seule chose que je vous dirais, puis tantôt monsieur Rémillard a fait état que,
évidemment, certains de ses projets il les gardait de manière confidentielle.
1823 Malheureusement,
quand on a un processus public et surtout qu'on est un nouveau joueur, puis on
veut entrer dans ce sens‑là, bien il faut un peu... il faut montrer un
peu plus ses cartes que quand on est en charge depuis de nombreuses années et
puis on a une expérience de diffuseur sans faille donc.
1824 M. TRÉPANIER: Je ne cherche pas à avoir le dernier mot,
monsieur Arpin, mais ce que l'on fait depuis deux jours, c'est de vous
démontrer que le système dans lequel on évolue depuis 22 ans a des failles
tellement importantes qu'on est en faillite.
1825 Alors, on essaie,
nous...
1826 LE PRÉSIDENT: Monsieur Trépanier, nous, on a un processus
ici et on arrête et j'ai dit, on va faire un bref résumé.
1827 Vous avez
maintenant un dialogue intensif avec monsieur Arpin et ça suffit.
1828 Mihel?
1829 CONSEILLER
MORIN: Oui. Merci, monsieur le président.
1830 Je voudrais quand
même enchaîner. Généralement, quand la
radio, par exemple, nous propose des nouveaux formats, on nous donne des
exemples de ce qu'on va faire et monsieur Rémillard tout à l'heure a été plutôt
abondant sur le format, sur la formule de ce que vous voulez avancer dans les
régions.
1831 On doit se
rencontrer le 11 à Gatineau. Est‑ce
que vous pourriez... combien de projets pilotes vous pourriez nous amener,
qu'on voit visuellement de quoi ça a l'air votre nouvelle formule?
1832 Est‑ce que
vous pourriez, le 11, nous apporter des demi‑heures ou, en tout cas, des
exemples assez consistants de ce que vraiment vous allez faire et comment? Et là, vous pourrez, je pense, vous exprimer
davantage et nous vendre davantage notre projet.
1833 M. RÉMILLARD: Monsieur Morin, je m'engage à vous livrer
peut‑être pas une demi‑heure, mais une durée substantielle de notre
vision, un pilote de ce format‑là qu'on vous propose aujourd'hui. On va le livrer pour le 11 juin. Je trouve que c'est une excellente idée.
1834 CONSEILLER
MORIN: Merci.
1835 LE PRÉSIDENT: Bon, comme j'avais commencé. On résume hier notre discussion. Comme j'ai dit, nous avons des problèmes avec
votre proposition parce que vous avez une licence conventionnelle et selon
nous, et selon l'interprétation du CRTC, il y a une définition pour ça.
1836 J'ai lu ça et je
vais la relire aujourd'hui :
* La Loi sur la radiodiffusion
stipule que le système canadien des radiodiffusions devrait favoriser
l'établissement de l'expression canadienne en proposant une très large
programmation qui produise des attitudes, des opinions, des idées, des valeurs
et une créativité artistique canadienne.
La production d'émissions des
nouvelles et d'information locale constitue le principal véhicule permettant
aux stations locales d'atteindre ces objectifs. +
1837 Et ça, pour nous,
c'est la définition qui régit et ce que vous demandez, c'est réellement une
exception en cas de votre état financier de faillite. Nous comprenons ça, mais comme j'ai dit, nous
avons des problèmes avec ça.
1838 Nous aimerions
voir des nouveaux formats, peut‑être un nouveau format et une nouvelle
façon de l'approcher, mais d'avoir des nouvelles et j'ai cité l'exemple de
Global Ontario d'une autre façon de le faire.
Peut‑être il y a d'autres et vous avez... vous êtes des hommes
avec la créativité, pas nous, et on ne pense pas que vous devez répondre
immédiatement parce que, comme monsieur Rémillard l'a dit, vous étiez‑occupés
avec la Cour, avec la faillite et tout ça, vous n'avez pas eu de temps pour
préparer vraiment une application de la façon dont nous avons besoin.
1839 Comme mon collègue
monsieur Morin a dit, on va vous voir le 11, la continuation à Gatineau, et
peut‑être à ce moment‑là vous pouvez adresser toutes les questions
que nous avons posées à vous hier.
1840 Et on espère on
peut trouver une solution sur la question des nouvelles que nous trouvons la
clé vraiment. Ce sont toutes nos
questions pour aujourd'hui.
1841 M. BELLEROSE: À quoi faites‑vous référence quand
vous parlez du 11 juin?
1842 LE PRÉSIDENT: Selon notre calendrier, il me semble... nous
avons eu une discussion entre (inaudible) et ce serait évident pour nous que
c'est une heure juste et il serait impossible pour vous de nous donner une
réplique en profondeur à la fin des séances ici à Québec. Pour cette raison, nous suggérons qu'on ait
une continuation.
1843 On va ajourner la
séance aujourd'hui ou demain et on va se retrouver à Gatineau le 11 juin et que
c'est le seul jour que nous avons libre pour entendre vos réponses.
1844 M. BELLEROSE: Donc, si je comprends bien, la Phase 3 de
l'audience actuelle se déroulera à Gatineau le 11 juin? Parfait.
Très bien, j'ai bien saisi.
1845 LE PRÉSIDENT: O.k.
1846 CONSEILLER
ARPIN: En fait, ce n'est pas seulement
la réplique. On va s'attendre avant la
réplique à ce que vous répondiez à un certain nombre de questions qui n'ont pas
encore été répondues à la satisfaction du Conseil.
1847 On a entendu
l'engagement il y a quelques instants de monsieur Rémillard de nous présenter
un démo de ce que pourrait être cette émission‑là. Donc, ça va être la continuation de
l'audience, suivie de la réplique.
1848 LE PRÉSIDENT: O.k.
1849 M. TRÉPANIER: Monsieur Arpin, la rencontre est publique?
1850 LE PRÉSIDENT: Naturellement, nous devons...
1851 M. TRÉPANIER: Donc, le démo va être diffusé pour... va
être présenté à tout le monde?
1852 LE PRÉSIDENT: Excusez‑moi, monsieur Trépanier. Je précise.
1853 M. TRÉPANIER: Excusez‑moi.
1854 LE PRÉSIDENT: Quelle est votre question?
1855 M. TRÉPANIER: Est‑ce que la présentation le 11 sera
publique?
1856 LE PRÉSIDENT: Oui.
1857 M. TRÉPANIER: Parce que monsieur Rémillard a pris
l'engagement de vous présenter un démo.
Je suis un peu gêné de présenter un démo devant l'ensemble des médias.
1858 Est‑ce qu'on
pourrait demander que ce démo soit vu par les membres du Conseil?
1859 LE PRÉSIDENT: Non, mais il faut que ce soit comme toutes
nos audiences. S'il y a quelque chose
qui est confidentiel, vous pouvez nous le présenter à nous en forme écrite
confidentiellement, mais la Phase 3, monsieur, comme vous l'appelez, va être
publique.
1860 M. TRÉPANIER: Merci beaucoup, monsieur le président.
1861 LE PRÉSIDENT: O.k.
Merci. Je crois que c'est tout
pour vous aujourd'hui. Alors, madame la
secrétaire?
1862 LA
SECRÉTAIRE: Merci, monsieur le
président. Alors, nous allons procéder à
la prochaine phase qui est la présentation des intervenants et c'est dans
l'ordre qui est indiqué, dans l'Ordre du Jour.
1863 Nous invitons
madame la Ministre Christine Saint‑Pierre à se présenter à la table dans
les prochains instants.
1864 Merci.
‑‑‑ Pause
INTERVENTION
1865 LE PRÉSIDENT: Madame la secrétaire.
1866 LA
SECRÉTAIRE: Merci, monsieur le
président.
1867 Madame La
Ministre, je vous invite à nous présenter vos collègues, après quoi vous
disposerez de dix minutes pour votre présentation.
1868 Merci.
1869 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE: Monsieur le président,
monsieur le vice‑président, monsieur le conseiller, mesdames et
messieurs.
1870 D'Emblée,
permettez‑moi de me présenter et de présenter l'équipe qui
m'accompagne. Je suis Christine Saint‑Pierre,
Ministre de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du
Québec.
1871 Je suis
accompagnée de membres de mon Ministère : madame Christiane Barbe, sous‑ministre
en titre; monsieur Louis Vallée, sous‑ministre adjoint aux Politiques, au
Patrimoine, à la Muséologie et aux Communications; monsieur Daniel Cloutier, Directeur général
des politiques de culture et de communications et, enfin, madame Élisabeth
Mackay qui est Chef de cabinet.
1872 Je suis heureuse
de vous faire part de la position et des suggestions du Gouvernement du Québec
dans le dossier sous étude. Je rappelle
qu'en vertu des procédures prescrites, un mémoire plus détaillé a été déposé le
15 mai dernier.
1873 C'est la toute
première fois, monsieur le président, qu'un ou une ministre du Gouvernement du
Québec comparaît devant le CRTC. Notre
gouvernement a décidé d'intervenir parce qu'il lui semble important de réitérer
certaines valeurs à un moment où l'industrie de la télévision et le monde de
l'information traversent une période de transition.
1874 Cette intervention
nous semble nécessaire parce que le plan de relance de TQS risque de remettre
en cause certains principes essentiels en raison notamment de la suppression de
son service d'Information et de la totalité de ses salles des nouvelles.
1875 C'est donc avec la
conscience de porter un message très important que je me présente devant vous,
un sentiment d'autant plus vif qu'à titre d'ancienne journaliste, je suis
particulièrement sensible à toutes les questions qui regardent la liberté
d'expression et le droit à l'information.
1876 Avant d'aller plus
avant dans mes propos, j'aimerais rappeler que je me présente devant le Conseil
non seulement à titre de Ministre de la culture et des communications et de la
condition féminine, mais également en tant que porte‑parole du
Gouvernement du Québec.
1877 J'ajouterai que le
mémoire que j'ai déposé reflète les préoccupations de l'ensemble des membres de
l'Assemblée Nationale du Québec, préoccupations que cette même assemblée a
formulées le 23 avril dernier dans cette motion adoptée à l'unanimité, et je
cite :
* Que l'Assemblée Nationale
réitère l'importance dévolue à la diversité de l'information ainsi qu'à
l'information régionale dans une société démocratique et enjoigne le
Gouvernement du Québec à exiger du CRTC le maintien du Service de nouvelles de
TQS. +
1878 Mon intervention a
donc pour but de rappeler un certain nombre de principes auxquels la société
québécoise est attachée et que selon nous, le CRTC devrait prendre en
considération dans les décisions qu'il est appelé à prendre concernant le
réseau de Télévision Quatre‑Saisons.
1879 C'est avec plaisir
que je répondrai aux questions du Conseil, questions que je souhaiterais
limiter à ces principes pour les raisons que je viens d'invoquer, en
particulier celle qui renvoie au caractère essentiellement gouvernemental de
mon intervention.
1880 En conséquence, je
n'entends pas me prononcer sur la transaction proprement dite, mais ses
principes, à mon avis, principes fondamentaux sont : tout d'abord, la diversité des voix et des
sources d'information; deuxièmement, l'accès des citoyens à une information
locale et régionale variée; enfin, la contribution des médias au développement
de leurs communautés ainsi qu'à leur vie démocratique.
1881 Aussi, je demande
au CRTC de considérer la représentation que je fais aujourd'hui comme un appel
pour cette diversité des voix et des points de vue en information que nous
savons essentielle pour le maintien d'une saine vie démocratique.
1882 Cette diversité
des voix et des points de vue est devenue un enjeu de société majeur au Québec
dont la caractère français unique en Amérique du Nord entraîne un marché limité
et un niveau de concentration élevé, laissant peu de place aux médias indépendants.
1883 C'est d'ailleurs
la raison pour laquelle mon Ministère a participé l'an dernier à la
consultation du CRTC sur la diversité des voix.
À cette occasion, nous avons déposé un mémoire détaillé sur la situation
de la concentration au Québec et sur les avenues à privilégier pour la
stabiliser ainsi que pour contrer les effets négatifs de la montréalisation des
ondes.
1884 De plus, à
l'intérieur de ces champs de compétence, le Gouvernement du Québec soutient
activement cette diversité en contribuant, entre autres, au financement de la
chaîne éducative et culturelle de Télé‑Québec.
1885 Cette contribution
de mon Ministère à la diversité des voix et des points de vue prendre également
la forme d'une participation au partenariat de TV5 Québec Canada et d'un
soutien aux journaux, aux radios et aux télévisions communautaires du Québec.
1886 La présence de
sources et d'opinions variées est donc capitale à nos yeux. Tous ceux qui participent à l'appauvrissement
éventuel de l'offre en information nous préoccupe grandement. Il ne fait donc aucun doute dans mon esprit
que TQS jusqu'à maintenant contribuait à la diversité des voix en information
au Québec.
1887 En effet, ce
réseau présentait une offre d'information considérable. Sur les quatre heures et demie d'information
offertes en fin d'après‑midi par les trois réseaux généralistes de langue
française de l'ensemble du Québec, près de la moitié provenait du Grand Journal
de TQS, une émission d'information consacrée en bonne partie à de l'information
régionale, locale, destinée aux auditeurs des stations de Montréal, Québec,
l'Estrie, la Mauricie et le Saguenay.
1888 Jusqu'à
aujourd'hui, cette station constituait une source d'information importante et
appréciée de nombreux citoyens.
L'automne dernier, le Bulletin de 1800 de TQS diffusé en semaine a
affiché les deuxièmes meilleures cotes d'écoute avec une part de marché de 16
pour cent.
1889 En outre, en
mettant l'accent sur l'information locale et régionale et en y consacrant des
ressources journalistiques de terrain TQS opérait un traitement de l'actualité
de proximité qui rejoignait les aspirations d'une forte proportion de la
population.
1890 Selon une enquête
récente réalisée pour le compte du Centre d'études sur les médias, les sujets
locaux arrivent en tête des listes des préférences en matière d'information.
1891 Je prends un
instant pour rappeler que cette même étude nous a confirmé que la télévision
demeure en dépit de la progression des niveaux des médias comme internet une
source majeure d'information pour les Québécois. Ces derniers consacrent à la télévision, dis‑je,
plus du tiers de leur temps passé à s'informer.
1892 Pour ce qui est de
la couleur locale dans l'information, celle‑ci est d'autant plus
essentielle qu'elle fait contrepoids à bien modeste échelle aux effets
indésirables de la mondialisation qui crée une tendance à l'uniformisation des
contenus d'information.
1893 Aussi, lorsque
l'on constate dans certaines régions une réaction épidermique à la
montréalisation des opinions et des informations, il faut y avoir l'expression
d'une aspiration puissante et légitime, celle de se reconnaître dans le
traitement des informations.
1894 Pour les
citoyennes et les citoyens de ces régions, la raréfaction de nouvelles locales
au profit d'une diffusion formatée dans des grands centres est subie comme un
déni de leur réalité.
1895 Ce sentiment
d'érosion de leur représentation est d'autant plus intense qu'ils ont pris
bonne note que les détachements régionaux accordés aux stations régionales se
sont faits plus limités ces dernières années et que les émissions uniformes
diffusées à la grandeur des réseaux ont pris plus de place pour des raisons de
rentabilité, mais aussi en raison de l'abandon pendant la décennie 90 des
exigences minimales en programmation locale et en nouvelles.
1896 Ces considérations
nous mènent naturellement à reconnaître la nécessité de s'entendre sur la
nature même de la télévision généraliste.
Selon nous, une télévision généraliste doit obligatoirement présenter
certaines caractéristiques de base. Elle
doit être accessible, gratuite et pour ce, compter sur un réseau d'antennes de
diffusion par voie hertzienne sur les ondes publiques.
1897 Elle doit
présenter à l'écran une programmation large, diversifiée et attrayante pour une
grande partie de la population. Cette
programmation doit, dans une forme locale, dans sa forme locale, dis‑je,
être représentative des enjeux et des intérêts des communautés qu'elle dessert.
1898 Enfin, la
télévision généraliste doit placer les actualités au coeur de sa mission et,
conséquemment, posséder un service d'information et de salle de nouvelles dotée
de ressources journalistiques suffisantes.
1899 En somme, des
nouvelles qui, comme le dit le CRTC dans sa politique télévisuelle,
représentent, je cite :
* Un élément clé dans
l'établissement de l'identité d'une station auprès des téléspectateurs et qui
sont généralement rentables. +
1900 Nous croyons donc
que ces notions devraient être prises en compte au moment d'où le CRTC examine
les demandes en provenance de la télévision généraliste, qu'elles concernent,
comme dans le cas présent, une transaction ou soit l'attribution d'une licence,
sa modification ou son renouvellement.
1901 Compte tenu de ces
principes et ces enjeux, je crois qu'il est opportun de vous rappeler l'une des
recommandations que le Ministère a formulées à plusieurs reprises ces dernières
années.
1902 Afin de maintenir
cette diversité des voix et des points de vue en information essentielle à la
vie démocratique, nous recommandons que le CRTC réintroduise comme condition de
licence des exigences quantitatives en matière d'information locale pour les
stations privées de télévision.
1903 Lorsque l'on a
abandonné ces exigences en 1999, on a cru un moment que les stations
maintiendraient l'information locale à leur antenne puisqu'elle leur donnait
une position intéressante sur le marché de proximité. Les choses ne se sont pas passé ainsi et il
est nécessaire de ramener les télédiffuseurs généralistes à leur mission
première qui est d'informer avant tout au moins autant que de divertir les
communautés des territoires pour lesquels ils détiennent une licence de
radiodiffusion.
1904 Il nous semble
donc raisonnable et équitable d'exiger un seuil minimal de nouvelles locales et
régionales alimentées par des ressources journalistiques professionnelles.
1905 Une telle
obligation imposée par le CRTC m'apparaît comme une simple marque de
considération envers les communautés que les stations de télévision desservent
et qui ont droit à une information de proximité.
1906 En conclusion,
monsieur le président, nous sommes conscients que le CRTC a une délicate
mission à remplir qui consiste à mesurer la viabilité économique, d'une part,
et l'intérêt public, d'autre part.
1907 Nous croyons que
ces deux impératifs sont conciliables et qu'en reconnaissant la nécessité
d'établir certaines conditions minimales de licence, le CRTC enverrait un
message clair et fort en direction des citoyens de tout le Québec, un message
qui réaffirme notre volonté collective de défendre avec fermeté le droit des
citoyens d'obtenir une information diversifiée et de proximité qui leur
ressemble et qui les rassemble.
1908 Merci, monsieur le
président.
1909 LE PRÉSIDENT: Merci pour votre soumission et merci pour
cette définition des télévisions généralistes que vous avez offerte. Ça reflète ce qu'est notre politique, mais
c'est plus éloquent et je vous remercie pour cette définition.
1910 Maintenant, je ne
sais si vous avez entendu hier l'explication de TQS. C'est bien simple ce qu'ils disent: Premièrement, nous sommes en faillite, on
doit avoir des coupures et la jeune génération qui sont les gens qu'ils ont
ciblé obtiennent la nouvelle des autres sources, pas de nous, et ce que nous
pouvons offrir, c'est une interprétation, une analyste, et caetera, mais les
nouvelles brutes vont venir des nouveaux médias essentiellement des canaux
spécialisés et des nouvelles comme LCN or RDI.
1911 Et, franchement,
nous prenons beaucoup d'agence et on peut se réorganiser et offrir aux gens
ciblés ce qu'ils veulent, que c'est une interprétation et une analyse d'une
nouvelle même parce que ça vient des autres sources.
1912 Qu'est‑ce
que vous pensez de cette approche‑là?
1913 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE: Monsieur le président,
avec respect, je dois dire que, évidemment, je ne suis pas d'accord avec cette
approche parce que, je l'ai dit dans ma présentation, les gens s'informent
beaucoup encore avec la télévision et les informations qui leur sont données.
1914 L'information
locale va au... c'est la première chose à laquelle les citoyens sont... c'est
la première chose dans laquelle les citoyens se reconnaissent. Les citoyens veulent des informations locales
et régionales, ils veulent savoir ce qui se passe dans leur communauté, ils
veulent savoir ce qui se passe sur le terrain, et pour remplir cette mission de
donner aux citoyens l'information de ce qui se passe sur le terrain, ça prend
une salle de nouvelles, Monsieur le Président.
1915 La salle des
nouvelles est composée de journalistes qui partent le matin avec leur
affectation, et ils vont sur le terrain chercher l'information. Ils vont voir la population. Ils vont demander à la population sur le
terrain ce qu'elle pense, comment elle réagit.
1916 Les informations
d'affaires publiques sont importantes, bien sûr, et évidemment, il n'y a
personne qui va contester cela. Les
informations d'affaires publiques sont un prolongement de ce que les nouvelles
brutes nous donnent, et les nouvelles sont vraiment fondamentales.
1917 Je vous inviterais
à regarder... j'ai fait faire un petit tableau sur les bulletins de nouvelles
de 18 h 00 à 18 h 30. C'est l'automne
dernier. Les parts de marché, c'est des
données qui nous viennent des BBM.
1918 On voit ici que la
TQS avait une part vraiment importante dans la question de l'information locale
et régionale. Si vous regardez TVA, 34
pour cent; TQS, 16 pour cent; Radio‑Canada, 10 pour cent.
1919 Donc, le rôle que
TQS joue en information locale et régionale est primordial, est important. C'est essentiel dans une société libre et
démocratique d'avoir accès à une diversité des voix, et TQS fait partie de
cette diversité des voix avec son service de nouvelles locales et régionales.
1920 LE PRÉSIDENT :
Vous avez parlé beaucoup de la diversité des voix, et comme vous le savez, nous
avons eu une audience sur ça, nous avons une décision, et vous avez participé
dans notre processus en forme écrite.
1921 Mais si je
comprends bien, vous croyez que nous avons seulement adressé le thème de
diversité des voix, mais que, selon vous, c'est lié à la diversité de
l'information.
1922 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Oui.
1923 LE PRÉSIDENT
: On doit avoir les deux?
1924 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Oui. Ça fait partie...
et, d'ailleurs, lorsqu'on va sur le terrain, lorsqu'on va en région, on se rend
compte que les gens réalisent qu'ils perdent... que la nouvelle locale et
régionale, la diversité des voix perd un certain terrain.
1925 Alors, ce que nous
proposons, et nous l'avons fait dans le mémoire qui a été déposé l'été dernier,
ce que nous demandons au CRTC, c'est de réintroduire comme condition de licence
de l'information locale et régionale. Ça
serait, évidemment, au CRTC à déterminer quelle serait la portion, mais je
pense que c'est essentiel de protéger les nouvelles locales et régionales.
1926 C'est une
question... je reviens à la diversité des voix.
C'est le fait que la population puisse s'informer à différentes sources.
1927 Dans la diversité
des voix, également, lorsqu'il y a concentration de la presse, ce que nous
avons dit dans ce mémoire, dans le cas de concentration de la presse, c'est de
faire en sorte qu'il y ait un coupe‑feu entre les salles des nouvelles,
que les salles des nouvelles ne soient pas amalgamées les unes aux autres,
qu'il y ait vraiment des cloisons pour permettre, justement, cette diversité
des voix.
1928 Les citoyens
s'attendent, surtout les citoyens en région s'attendant à avoir de
l'information locale et régionale en quantité suffisante pour qu'ils puissent
se faire une opinion. C'est la
démocratie.
1929 LE PRÉSIDENT : La
pauvre histoire de TQS, de son état financier, et caetera, vous donnez beaucoup
de commentaires sur la question : Est‑ce qu'il y a de l'espace au Québec
pour un troisième réseau? On a TVA et
Radio‑Canada, et il semble, pendant 20 ans, TQS n'est pas rentable, sauf
pour deux ans.
1930 Il y a des
commentaires qui disent, les résultats sont clairs. Dans un marché si petit, si concentré, on n'a
pas l'espace pour avoir trois réseaux qui sont rentables.
1931 Quelle est votre
opinion?
1932 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : On parle d'un réseau de télévision généraliste, et on le sait
que l'information locale et régionale doit faire partie du mandat d'une
télévision généraliste, Monsieur le Président.
1933 Vous abordez la
question financière. Moi, je vous dirais
que la plupart du temps, lorsqu'on décide de couper, on coupe dans les
informations, dans les bulletins de nouvelles, on coupe dans les salles des
nouvelles.
1934 Moi, je pense
qu'il y a moyen d'avoir une télévision généraliste. Je pense qu'un troisième réseau de télévision
au Québec, c'est important. La
télévision généraliste doit avoir... il doit y avoir dans ses conditions de
licence de l'information locale et régionale.
On revient toujours à cette notion de diversité, et le réseau de télévision
TQS a sa place dans le paysage télévisuel québécois.
1935 LE PRÉSIDENT
: Si après un examen de tous les faits,
nous faisons face à un choix brut, une TQS sans nouvelles ou pas de TQS, qu'est‑ce
que vous suggérez qu'on fasse?
1936 Je ne suis pas là,
pas du tout, mais je dis au cas où, parce que c'est essentiellement au coeur de
l'argumentation de TQS. Ils disent : Ce
n'est pas possible. Si vous voulez avoir
une TQS, vous devez accepter une TQS sans nouvelles. Sinon, on va à la faillite. Il n'y a pas d'autres acheteurs pour ce
réseau.
1937 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Je compte sur votre sagesse.
‑‑‑ Rires /
Laughter
1938 LE PRÉSIDENT
: Merci.
1939 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Je pense que vous allez vous pencher en détail sur la
question, et je pense que vous tiendrez compte non seulement de mon commentaire
à moi et de la position du gouvernement du Québec, mais également de tous les
commentaires qui seront présentés devant vous pour prendre une décision sage et
éclairée.
1940 LE PRÉSIDENT : Vous
parlez que nous devrons imposer un seuil minimal de nouvelles pour les
généralistes.
1941 Est‑ce que
vous avez une idée des quantités? Qu'est‑ce
que vous pensez là?
1942 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Je pense qu'il faut l'analyser... c'est le fait de l'analyser
cas par cas. On ne peut pas, je pense,
déterminer à l'avance quel est un seuil minimal d'information, mais vous êtes
en mesure, avec les réflexions que vous allez faire, de déterminer ce seuil
minimal d'information. Ce qui est
évident, c'est de faire en sorte que les informations, les sujets, de nombreux
sujets soient couverts.
1943 Mais comment le
déterminer, c'est, je pense, à chaque cas, dans chaque attribution de licence,
que ce soit radio ou télévision, dans chaque attribution de licence, de voir
avec l'ensemble du portrait, avec ce que vous avez devant vous comme éléments,
avec les différents témoignages que vous entendez, d'être capable de prendre
cette décision‑là.
1944 Je pense que c'est
une décision qui vous revient.
1945 LE PRÉSIDENT : O.K. Merci beaucoup. Ce sont mes questions.
1946 Michel, tu as des
questions?
1947 CONSEILLER ARPIN :
Oui, merci, Monsieur le Président.
1948 Madame la
Ministre, dans votre mémoire narratif du 15 mai, vous faites état de la
création d'un fonds au soutien de la radio et de la télévision commerciale et
communautaire pour la production d'information locale.
1949 Est‑ce que
ça fait toujours partie de vos recommandations puisque vous n'en avez pas fait
état ce matin?
1950 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : J'avais 10 minutes ce matin, alors, je voulais aller à
l'essentiel, et je me suis dit que vous aviez lu le mémoire et que vous alliez
certainement me poser une question là‑dessus.
1951 Il y a des
exemples qui existent de fonds qui ont été créés, entre autres, bon, le Fonds
canadien de la télévision. Il y a eu
d'autres fonds qui ont été créés. C'est
peut‑être une avenue. C'est peut‑être
une façon de voir les choses. Ce que je
vous dis, moi, c'est que mon équipe au ministère pourrait participer à une
réflexion sur cette question.
1952 CONSEILLER ARPIN :
Parce que la question première qui vient à l'esprit de tous les gens, c'est
d'où viendra les argents qui seront mis dans ce fonds‑là? Avant d'en distribuer, il faut quand même en
avoir déjà dans le fonds.
1953 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Oui, je suis très consciente, et c'est pour cette raison que
nous faisons cette recommandation et que nous vous offrons de participer à une
réflexion sur cette question‑là.
Alors, c'est la proposition que l'on vous fait dans le mémoire.
1954 CONSEILLER ARPIN :
D'accord. Merci, Madame la
Ministre. Merci, Monsieur le Président.
1955 LE PRÉSIDENT :
Michel?
1956 CONSEILLER MORIN :
Merci, Monsieur le Président.
1957 Madame la
Ministre, la diversité à laquelle vous faites allusion, est‑ce que c'est,
d'abord et avant tout, une diversité, je dirais, régionale, compte tenu du fait
que depuis que le premier TQS a obtenu sa première licence, le monde a bien
changé au Québec.
1958 Je pense que TVA
n'a plus tout à fait la même salle de nouvelles qu'ils avaient en 1986. Je pense également que Radio‑Canada n'a
jamais eu autant de journalistes à l'étranger.
1959 Je pense qu'on a
des chaînes spécialisées qu'on peut écouter à longueur de jour, avec ARGENT,
RDI, LCN, et ça évolue. Vous voyez les parts
de marché de LCN. Maintenant, ils
ramassent... ils engrangent un million d'auditeurs de plus par semaine que RDI,
pour un coût au consommateur du tiers, et malgré tout ça, nos télévisions
généralistes, une troisième chaîne a bien de la difficulté.
1960 Un préambule, un
long préambule, pour vous poser une question toute simple : Est‑ce que ce
qui vous concerne surtout, ce qui retient votre intérêt et celle de l'assemblée
nationale, c'est la diversité des sources d'information et de la programmation
d'information dans les régions, avant, d'abord et avant tout?
1961 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : C'est la diversité, effectivement, d'information locale et
régionale. C'est important qu'il y ait
dans des régions du Québec cette diversité d'information locale et régionale et
des salles de nouvelles avec des journalistes qui vont sur le terrain pour
aller voir ce que les gens pensent de certaines situations. Je pense que c'est essentiel.
1962 Oui, vous parlez
beaucoup que le monde a changé depuis quelques années. Je pense que j'en ai été témoin pendant une
trentaine d'années. Donc, je l'ai vu pas
mal, l'évolution.
1963 Mais lorsque vous
allez, par exemple, sur Internet, c'est sûr que vous pouvez avoir accès au * New York Times +, au * Guardian +, au * Washington Post +, et vous pouvez vous ouvrir sur le
monde. C'est formidable, puis il n'y a
personne qui le conteste.
1964 Mais l'information
locale, on sait que lorsqu'on interroge les gens, ce qui les touche le plus,
c'est l'information qui les touche eux‑mêmes, et je pense que ça, on ne
doit pas abandonner ce créneau‑là.
C'est important.
1965 Puis c'est
important également... Il y a la
population qui s'attend à cette information‑là, mais il y a aussi pour la
profession. Vous l'avez fait vous‑même. Au début, vous l'avez fait en télévision.
Vous l'avez fait dans une station locale et régionale. Puis moi aussi, j'ai fait la même chose.
1966 Puis c'est
important pour la profession également de faire en sorte que cette profession‑là
puisse évoluer, puisse grandir. Mais
qu'il y ait des changements, qu'il y ait des aménagements, des façons de faire
qui changent dans une salle des nouvelles, tout le monde comprend ça.
1967 Mais c'est
important de revenir à la base, et si on a la prétention de vouloir être un réseau
de télévision généraliste, à ce moment‑là, si ce n'est plus le cas, bien,
il faut changer la définition, il faut le dire.
Mais si on regarde la définition présentement, ça veut dire qu'il y a de
l'information locale et régionale.
1968 CONSEILLER MORIN :
Il y a une statistique qui m'interpelle souvent, c'est qu'on dit que 44 pour
cent des gens au niveau des régions sont informés par la télévision, compte sur
la télévision pour s'informer, donc, la moitié de la population, autrement dit,
et s'il n'y a pas de diversité au niveau régional, bien...
1969 Alors, vous êtes
la ministre responsable, donc, de Télé‑Québec également.
1970 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Oui.
1971 CONSEILLER MORIN :
On sait que Télé‑Québec n'a pas nécessairement prêché par l'exemple en ce
qui concerne la programmation régionale au cours des dernières années, des
dernières décennies, quel que soit le gouvernement au pouvoir.
1972 Est‑ce que
vous avez demandé une étude, compte tenu de la situation, de la crise actuelle,
que vous avez bien définie, une étude sur les possibilités pour Télé‑Québec
de remplacer le rôle que jouait jusqu'ici TQS, et si vous avez produit une
telle étude, combien vous en aurait‑il coûté pour remplacer ce que
faisait TQS dans les régions?
1973 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Monsieur le Commissaire, je vous rappelle... Je comprends que vous voulez parler de Télé‑Québec
et de TQS. Moi, je suis venue ici pour
vous parler, tout d'abord, de TQS.
1974 Mais pour Télé‑Québec,
Télé‑Québec a une mission éducative.
C'est la licence qui a été accordée à Télé‑Québec, et c'est dans
ce créneau‑là que Télé‑Québec évolue. Alors, moi, je pense que nous pouvons parler,
évidemment, de Télé‑Québec, si vous voulez, mais ce n'est pas le dossier
ce matin. Ce matin, c'est le dossier de
TQS qui demande une licence de télévision généraliste.
1975 Et, à ma
connaissance ‑‑ vous me corrigerez si je me trompe ‑‑
je pense que la loi dit qu'une province qui détient une station d'un réseau de
télévision doit se limiter à sa vocation, à la vocation éducative, et la loi au
Québec également devrait être changée s'il y avait un changement de vocation
parce que Télé‑Québec est régit par la Loi sur la programmation
éducative.
1976 Alors, c'est une
télévision éducative. C'est une
télévision spécialisée, Télé‑Québec.
1977 CONSEILLER MORIN :
Donc, à ce niveau‑là, vous, indépendamment de ce qui vous a amenée à ne
pas vous pencher sur d'autres solutions possibles, y compris un nouveau mandat
pour Télé‑Québec, parce que la diversité, tout le monde est d'accord, je
ne pense pas que si on demandait dans la salle aux gens, ceux qui sont contre
la diversité, il y aurait beaucoup de mains qui se lèveraient, mais encore faut‑il
se la payer.
1978 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Oui.
1979 CONSEILLER MORIN :
Et c'est le sens de ma question, et c'est le sens de dire : Est‑ce que,
finalement, le mandat de Télé‑Québec ne pourrait pas être changé? Est‑ce que le gouvernement y a songé?
1980 Compte tenu
d'études qui auraient pu être menées sur la possibilité, compte tenu de la faiblesse
de la diversité possible advenant un renouvellement de licence dans les termes
où le souhaiteraient les nouveaux administrateurs ou éventuellement les
nouveaux propriétaires de TQS, est‑ce que le gouvernement du Québec se
sent l'idée, enfin, la possibilité de modifier le mandat de Télé‑Québec?
1981 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Monsieur le Commissaire, moi, je vous dis que Télé‑Québec
a sa place justement dans la diversité, et la mission de Télé‑Québec,
c'est une mission éducative.
1982 Les émissions pour
enfants, vous le savez comme moi, sont des émissions qui sont très
écoutées. Télé‑Québec gagne des
Gémeaux régulièrement et des prix régulièrement pour la qualité de ses
émissions pour enfants.
1983 La place de Télé‑Québec,
c'est dans le secteur et dans le créneau d'une télévision éducative. Si Télé‑Québec ne fait pas ce travail
de télévision éducative, qui va le faire?
On va l'abandonner?
1984 CONSEILLER MORIN :
Merci.
1985 LE PRÉSIDENT :
Merci, Madame la Ministre. Merci pour
cette historique première intervention d'un ministre chez nous. J'espère que ce n'est pas la dernière
fois. Merci.
1986 L'HON. CHRISTINE
ST‑PIERRE : Merci, Monsieur le Président.
1987 LE PRÉSIDENT :
Madame la Secrétaire.
1988 LA SECRÉTAIRE :
Merci, Monsieur le Président.
1989 Nous procéderons
maintenant à la prochaine présentation.
1990 Alors, pour se
préparer, j'inviterais le prochain intervenant, la Ville de Québec, Monsieur le
Maire Régis Labeaume et son procureur à se présenter. Merci.
‑‑‑ Pause
1991 LA SECRÉTAIRE : Merci,
Monsieur le Président.
1992 Alors, monsieur
Daniel O'Brien, procureur de la Ville de Québec, débutera la présentation et
nous présentera son panel, après quoi vous disposerez de 10 minutes pour votre
présentation.
1993 Monsieur O'Brien.
1994 Veuillez appuyer
sur votre micro, s'il vous plaît. Merci.
INTERVENTION
1995 M. O'BRIEN : C'est fait.
1996 Donc, Monsieur le
Président et messieurs les conseillers, je me présente, Daniel O'Brien. Je suis le procureur de la Ville de Québec
dans sa démarche auprès du Conseil.
1997 J'accompagne le
maire de Québec, monsieur Régis Labeaume, que j'assisterai s'il y a lieu.
1998 Accompagnent aussi
Monsieur le Maire, monsieur Louis Côté, le directeur du cabinet du maire.
1999 Dès l'annonce de
l'intention d'abandon des services des nouvelles de TQS à Québec, notre maire a
immédiatement réagi et s'est inscrit du côté de l'intérêt public.
2000 C'est avec une
parfaite clairvoyance que le maire de Québec a identifié les véritables enjeux
de l'affaire TQS et les périls médiatiques qui se cristallisent pour notre
région.
2001 Monsieur le Maire
vous livre, donc, son message.
2002 M. LABEAUME :
Merci, Maître O'Brien.
2003 Alors, Monsieur le
Président, Monsieur le Vice‑Président, Monsieur le Conseiller.
2004 L'intervention de
la Ville de Québec n'est pas une immixtion dans les affaires d'une
entreprise. Les seuls intérêts que nous
souhaitons défendre ici sont ceux de Québec et de sa région.
2005 Les ondes radio
sont publiques, et tout comme l'accès au système canadien de radiodiffusion,
leur exploitation est assujettie à une prérogative qui est accordée par
l'état. Elles doivent servir l'intérêt
d'une collectivité et non pas les intérêts économiques d'un diffuseur.
2006 Les citoyens de
Québec et de sa région contribuent de manière significative au financement des
entreprises de radiodiffusion et de télédiffusion, et ce, par l'achat qu'ils
font auprès des commerçants de la région qui achètent de la publicité, tout
comme par leur achat auprès de grandes entreprises nationales qui achètent
aussi de la publicité chez les réseaux et qui vendent, ces entreprises, des
produits chez nous.
2007 Ils le font aussi,
les citoyens de Québec, par les abonnements qu'ils souscrivent aux services de
câblodistribution ou de diffusion par satellite.
2008 Une ville et une
région de l'importance de Québec ne peuvent tolérer qu'elles deviennent un
simple centre de revenus pour les radiodiffuseurs et télédiffuseurs, sans
recevoir en contrepartie ce qui leur est dû.
2009 Québec se doit de
compter sur des médias d'information tant écrits qu'électroniques, dont l'une
des missions fondamentales est de recueillir l'information et la diffuser. Ce mandat ne peut être accompli que par des
journalistes affectés de manière permanente à la couverture des événements et
de l'actualité de la région de Québec.
2010 L'information et
les services de nouvelles sont des éléments fondamentaux au maintien du
dynamisme d'une région et de sa croissance.
2011 Malgré les règles
présentement imposées par le Conseil, vous êtes certainement à même de
constater que les nouvelles réseau ou les nouvelles nationales sont
habituellement formulées en fonction des têtes de réseau qui conçoivent souvent
une nouvelle comme un produit à servir à la clientèle de cette tête de réseau.
2012 La forte
concentration de journalistes dans la station mère d'un réseau fait en sorte
que l'on sert à l'ensemble du réseau des nouvelles locales, locales à la tête
du réseau, occultant ainsi des nouvelles de plus grande importance provenant de
villes d'importance comme la Ville de Québec.
2013 Les citoyens de la
région de Québec paient substantiellement pour le système canadien de
radiodiffusion par leurs impôts et leurs taxes.
2014 La Ville de Québec
s'adresse au Conseil pour qu'il s'assure que ses intérêts et ceux de sa région
soient protégés.
2015 Le marché de
Québec est le deuxième en importance au Canada français, et le deuxième en
importance au Québec, la région métropolitaine de Québec et de Lévis‑Chaudière‑Appalaches
regroupe une population de plus d'un million de personnes.
2016 Québec est la
capitale nationale et la plaque tournante économique, culturelle et sociale de
tout l'est du Québec.
2017 Et dois‑je
vous le rappeler? Elle est le siège du
gouvernement du Québec et le lieu d'assemblée et de débat de l'Assemblée
nationale du Québec, et aussi le lieu d'initiatives d'importance nationale et
internationale comme le prochain Sommet de la Francophonie qui se tiendra à
Québec en octobre prochain.
2018 Les grands médias,
à peu d'exception, ont adopté une stratégie d'affaires visant à centraliser
leur production, à standardiser leurs produits, et à les diffuser au plus grand
nombre de lecteurs ou d'auditeurs possibles.
2019 Cette stratégie
d'affaires, qui a l'avantage pour les médias de leur faire bénéficier
d'importantes synergies, est essentiellement une stratégie à sens unique.
2020 En effet, cette
stratégie d'affaires s'élabore en fonction du principal marché, en l'occurrence
Montréal, faisant en sorte que les médias créent et produisent leurs services,
leurs informations, leurs nouvelles, et leurs divertissements en fonction de la
métropole et les servent ensuite au reste du Québec, sans adaptation et
distinction suffisante.
2021 Ceux qui gagnent
de l'application de la stratégie d'affaires sont bien connus. Ceux qui perdent, ce sont les citoyens, les
commerçants locaux, la démocratie municipale et régionale, les initiatives
culturelles, sportives, économiques, industrielles, politiques et
communautaires, locales et régionales, et l'économie locale et régionale dans
son ensemble.
2022 Les
radiodiffuseurs de la Ville de Québec, qui se sont vus confier les ondes
publiques en fiducie, ont la responsabilité de produire localement et
d'informer localement, le tout en respectant leur obligation de haute qualité.
2023 Si le fiduciaire
des ondes publiques ne peut exploiter équitablement ce bien public, il doit
s'en désister et laisser à d'autres le soin de le faire ou ce bien doit lui
être retiré.
2024 Les revenus
publicitaires perçus par un radiodiffuseur dans une collectivité comme celle de
la région de la Ville de Québec doivent être raisonnablement réinvestis dans la
région. Ce réinvestissement doit se
faire par le maintien de lieux et d'activités de production, par le maintien
d'emplois, bref, par le maintien d'une relation significative avec la
communauté locale et régionale qui doit se manifester par le maintien d'un
service de nouvelles et d'information de qualité.
2025 De plus, la vie
d'une région doit faire l'objet de diffusion à l'extérieur de la région et
rayonner en conformité avec leur niveau d'intérêt et d'importance, et non pas
occulter ou oublier, faute de services de nouvelles et d'information de
qualité.
2026 Remstar Diffusion
a clairement indiqué qu'elle n'avait pas la volonté d'offrir à la Ville de
Québec ce qui lui est dû. Donc, ce
postulant au contrôle de TQS nous est inacceptable, et nous recherchons que le
Conseil refuse le changement de contrôle de TQS en faveur de Remstar Diffusion,
tout comme nous nous opposons au renouvellement des licences de réseau TQS et
de CFAP‑TV aux conditions demandées.
2027 Si le Conseil
autorise le changement de contrôle, la Ville de Québec demande que les
conditions actuellement imposées à TQS en matière de nouvelles locales soient
maintenues dans leur ensemble.
2028 Si le Conseil
autorise le changement de contrôle et si, par malheur, le Conseil n'impose pas
le maintien des conditions en matière de nouvelles locales, la Ville de Québec
demande qu'il soit interdit à TQS de solliciter des annonceurs pour fins de vente
de publicité ou de temps d'antenne d'émissions promotionnelles ou publicitaires
dans le marché de la région de la Ville de Québec.
2029 Messieurs, TQS
sans son service de nouvelles n'a aucun intérêt pour la population de Québec,
et dans ces conditions, sa présence dans notre région n'est pas désirable.
2030 C'est pourquoi
nous souhaitons que Remstar ne fasse pas d'affaires chez nous, qu'il n'ait pas
accès à notre marché publicitaire, afin de laisser ce marché disponible à un
éventuel autre diffuseur qui croit à l'information locale.
2031 Pour nous, le plan
d'affaires de Remstar ne respecte pas notre communauté et rompt le lien de
confiance et d'affaires qui existait depuis des années avec TQS Québec.
2032 Le plan de Remstar
met la population de Québec dans une position perdante, et il est si
dommageable aux intérêts de Québec qu'il est préférable que les ondes de Québec
restent disponibles pour un autre diffuseur.
2033 Dans les
circonstances, messieurs, la population de Québec n'a que bien peu à perdre.
2034 Merci.
2035 LE PRÉSIDENT :
Merci pour votre intervention. Votre
position est assez claire.
2036 Vous avez écouté
la proposition de Remstar hier et aujourd'hui ici, et principalement, vous
dites ici, TQS sans son service des nouvelles n'a aucun intérêt pour la
population de Québec?
2037 M. LABEAUME: C'est ça.
2038 LE PRÉSIDENT: Remstar disent que :
* Nous ciblons les gens entre 18 et
49 ans. Les nouvelles pour eux
existent. Elles existent en abondance,
sur les... sur les téléphones cellulaires, et cetera. Ce que nous voulons offrir, c'est une
interprétation, une analyse, une explication, ce qu'on a besoin. Mais les nouvelles brutes, déjà, existent en
beaucoup de formes et ce n'est pas nécessaire pour nous de les offrir et ce
n'est pas ce que notre audience veut. + (Tel que lu)
2039 J'aimerais avoir
votre commentaire sur cette proposition.
2040 M. LABEAUME: Oh!
C'était seulement démontrer que les intérêts de Remstar et ceux de la
région de la Ville de Québec ne convergent pas.
2041 LE PRÉSIDENT: C'est tout?
2042 M. LABEAUME: C'est tout.
‑‑‑ Rires
2043 LE PRÉSIDENT: O.K.
Autrement dit, l'autre proposition est bien bien claire et
financière. Ils disent que nous sommes
en faillite. Les entreprises n'étaient
pas rentables pour vendre... Et la seule
chose est de faire les coupures qu'on pourra, coupures des salles des
nouvelles.
2044 Si ça n'arrive
pas, est‑ce qu'il y a quelque chose que la Ville de Québec peut faire
pour aider Remstar parce que la situation financière est claire et brutale.
2045 M. LABEAUME: Monsieur le Président, si vous me permettez,
lorsqu'on veut tuer un chien, on dit qu'il a la rage.
2046 Il faut peut‑être
questionner si TQS a fait de mauvais bilans financiers, s'il en est rendu où il
en est là, peut‑on questionner le plan de match. L'intelligence de l'affaire, première chose.
2047 Deuxièmement, si
on permet à Remstar d'acquérir TQS sans salle de nouvelles et que le prochain
vienne vous voir, messieurs du CRTC, et vous dise que, par exemple, TVA est en
faillite et qu'il ne peut pas, dans les circonstances, maintenir sa salle de
nouvelles. Il ne resterait par exemple
qu'une salle de nouvelles à Québec.
2048 Moi, si je vais au
bout du raisonnement, je me rends jusque là.
Alors, la mère de l'intelligence d'affaires n'est pas morte. Ce que je dis, si Remstar est convaincu qu'il
n'est pas capable de rentabiliser ses affaires à Québec sans fermer la salle
des nouvelles, nous, ce que nous disons, c'est : On n'a pas besoin de Remstar à
Québec.
2049 Laissons les ondes
et surtout le marché publicitaire disponible pour un diffuseur qui aura peut‑être
une autre façon de voir les choses et peut‑être d'une façon plus créative
et peut‑être quelque part, aura une intelligence différence pour faire de
la diffusion et de l'information à Québec.
2050 Alors, ce que l'on
dit, c'est ne permettez pas à un diffuseur à Québec d'évoluer sans salle des
nouvelles et avoir accès au marché.
2051 Nous, notre
opinion, elle est strictement économique.
Qu'ils ne touchent pas au marché publicitaire parce que le pacte entre
un télédiffuseur ou un radiodiffuseur et une communauté, c'est un échange. Le radiodiffuseur ou télédiffuseur a accès au
marché publicitaire et en retour, il redonne quelque chose à la communauté.
2052 Le plan qui est
présenté par Remstar est un plan à sens unique.
La population de Québec ne gagne rien, elle est perdante. Alors le pacte n'a pas sa raison d'être.
2053 LE PRÉSIDENT: Si le choix est le suivant... Et je ne dis pas * c'est le choix +, mais c'est comment Remstar le
présente. Vous avez le choix d'un TQS
sans nouvelles ou perdre TQS.
2054 M. LABEAUME: À Québec c'est : Pas de TQS.
2055 LE PRÉSIDENT: O.K.
Merci.
2056 Me O'BRIEN: J'ajouterai, si vous permettez, Monsieur le
Président...
2057 Vous avez à
quelques reprises évoqué Global. Global,
à Québec, a une station, CKMI. Et CKMI
avait été identifiée comme étant une station de type régional, comprenant * régional + comme étant provincial et ‑‑
2058 LE PRÉSIDENT: Non, non, non. Je n'ai pas parlé des...
2059 Me O'BRIEN: Non?
2060 LE PRÉSIDENT: ...Global de Québec. J'ai parlé de Global en Ontario.
2061 Me O'BRIEN: C'est bien, mais moi, j'aimerais vous en
parler une seconde, en fait, si vous permettez.
2062 Et l'accès au
marché publicitaire local a été lié à CKMI depuis plusieurs années. Depuis 1996, je crois.
2063 LE PRÉSIDENT: Bon...
Non. Seulement pour
corriger. Quand j'ai parlé de Global,
j'ai parlé de l'exemple de Global Ontario.
Et j'ai dit * Est‑ce qu'il y a un modèle
que vous pouvez adopter vers (naturellement changer) ... d'une façon, au
Québec? +
C'était ma proposition.
2064 Michel, tu as des
questions?
2065 CONSEILLER
ARPIN: Oui, merci, Monsieur le
Président.
2066 Monsieur le Maire,
bonjour; Monsieur O'Brien et Monsieur Côté.
2067 Étiez‑vous
ici ce matin quand Remstar a fait sa présentation orale?
2068 M. LABEAUME: Oui.
2069 Me O'BRIEN: Oui.
2070 M. LABEAUME: Bien... un bout.
2071 CONSEILLER
ARPIN: Un bout?
2072 Au tout début,
quand monsieur Trépanier a fait la présentation de la programmation... Parce que ce qu'on dit, dans la présentation
orale, et je vais me permettre de le relire.
2073 Premièrement, on
dit * 10 heures de programmation locale à
Québec +; c'est une demi‑heure de plus
que ce qui se fait présentement.
2074 Et ce qu'on
dit? On dit :
* C'est une émission qui va être
centrée sur l'actualité, qui comprendra une revue de presse, l'identification
des événements... des plus importants événements du jour, des analyses, des
discussion sur divers sujets, d'entrevues avec des personnalités locales,
régionales et nationales, des interventions d'experts, de spécialistes sur
divers sujets, de l'information météo, segments sur l'actualité culturelle et
autres activités, actualités sportives ainsi que tribunes offrant l'occasion
aux téléspectateurs d'interagir avec l'animateur et les analystes, voire
d'alimenter l'émission en témoignages via * web cam +, courriels et autres. +
(Tel que lu)
2075 C'est ce qui a été
dit par Remstar ce matin, par son porte‑parole, monsieur...
2076 Ce n'est pas ce que
vous avez... Est‑ce que cette
description‑là ne correspond pas à ce que vous demandez dans votre
présentation?
2077 M. LABEAUME: Mais Monsieur le Conseiller, si Remstar veut
tout ça, pourquoi il ferme sa salle des nouvelles et congédie les employés?
2078 CONSEILLER
ARPIN: Parce qu'il dit qu'il veut faire
différemment.
2079 M. LABEAUME: Il veut faire différemment? Je me méfie énormément de ça. L'actualité... l'information c'est
l'information. Aujourd'hui, il a
avantage à vous dire plein de chose, Monsieur.
Une salle des nouvelles, c'est une salle des nouvelles et comment se
fait‑il que tout le monde est méfiant de cela? On n'a pas...
À moins que tout le monde soit fou.
2080 CONSEILLER
ARPIN: Mais ce qu'il nous dit dans sa
présentation orale, ce n'est pas quelque chose de spontané, c'est quelque chose
de réfléchi.
2081 M. LABEAUME: Comment ça se fait que j'ai de la misère à le
croire?
2082 CONSEILLER
ARPIN: Bien écoutez... Je veux dire, quand... Remstar, quand il vous dit ça, c'est un
engagement qu'il prend envers la communauté de la Ville de Québec.
2083 M. LABEAUME: Non.
Moi, ce n'est pas très clair pour moi.
Quand Remstar ferme sa salle de nouvelles à Québec et congédie les
employés, ça, c'est très clair, pour moi.
2084 CONSEILLER ARPIN: Parce qu'il dit...
2085 M. LABEAUME: ... Le reste ce n'est pas clair.
2086 CONSEILLER
ARPIN: Parce qu'il dit... Il dit qu'il veut faire faire plutôt que
faire lui‑même.
2087 M. LABEAUME: Oooh!
Écoutez, là. * Faire faire de l'actualité +, * faire faire des nouvelles +, là... Moi, en tout cas, je ne suis pas spécialiste,
mais comme consommateur, je me méfie énormément. Alors, je ne comprends pas ce bout‑là.
2088 CONSEILLER
ARPIN: Bien écoutez, on va... Ils vont revenir devant nous. Et j'espère qu'ils l'expliciteront de manière
suffisante pour que vous soyez...
2089 M. LABEAUME: Bien, ça a bougé vite en deux jours, en tout
cas!
2090 CONSEILLER
ARPIN: Bon, bien, peut‑être que
votre présence d'aujourd'hui va faire en sorte que ça bouge encore plus vite.
2091 M. LABEAUME: J'espère qu'il y a beaucoup de gens qui vous
écoutent, Monsieur.
2092 CONSEILLER
ARPIN: Bien... il y a tout le monde dans
la salle.
‑‑‑ Rires
2093 CONSEILLER
ARPIN: Au moins.
2094 Merci...
2095 M. LABEAUME: Merci, Monsieur.
2096 LE PRÉSIDENT: Michel?
2097 CONSEILLER
MORIN: Oui. Merci, Monsieur le Président.
2098 Monsieur le Maire,
je comprends que vous êtes extrêmement radical.
Vous dites carrément que si Remstar vient à obtenir un transfert et une
nouvelle licence avec ce qu'il propose, bien, vous dites : * Non, merci, nous n'en voulons pas.
Et surtout, ne sollicitez pas dans le marché de Québec de la publicité
locale par opposition à la publicité nationale. +
2099 Vous savez, hier,
que j'ai présenté un tableau qui montrait bien que les stations de TQS étaient
amplement couvertes par leur programmation locale, par la publicité
locale. Et de toutes les villes au
Québec, vous étiez parmi les mieux servis, c'est‑à‑dire que 63 pour
cent de votre programmation locale, dans les statistiques du CRTC, était
amplement couverte par la publicité locale.
2100 Autrement dit, TQS
dépensait dans votre région l'équivalent de 4 $ millions en 2007, mais tirait
des revenus publicitaires de 6,5 $ millions.
2101 Là, vous dites * Si vous ne donnez pas de
nouvelles ‑‑ ce que je comprends aux réponses de monsieur
Arpin ‑‑ si vous ne donnez pas de nouvelles de catégorie 1,
c'est‑à‑dire des nouvelles, pas des nouvelles 'soft', pas du bla‑bla‑bla,
mais vraiment des nouvelles. +
C'est ce que je comprends de vous.
2102 M. LABEAUME: Exactement.
2103 CONSEILLER
ARPIN: Vous dites : * Désormais, en ce qui concerne les annonceurs, pas questions. On ne veut pas que vous offriez de la
publicité locale, comme Radio‑Canada lorsqu'ils ont supprimé leur salle à
Rimouski, à Sept‑Îles, à Matane, ils ne vendent plus de la publicité
locale.
2104 C'est un peu cette
recette; c'est ce que vous dites?
2105 M. LABEAUME: C'est exactement ça.
2106 CONSEILLER
ARPIN: Et vous êtes le seul à demander
quelque chose d'aussi précis que j'ai entendu jusqu'ici.
2107 M. LABEAUME: Moi, je viens du milieu des affaires, alors
c'est clair.
2108 CONSEILLER
ARPIN: Mais, justement, le point de vue
économique. Est‑ce que ça veut
dire que vos annonceurs, vos gens de Québec, ils n'auront plus une autre
plateforme pour vendre de la publicité.
Est‑ce que vous les avez consulté?
Est‑ce que, si on retirait le signal, la permission de diffuser de
la publicité locale dans la nouvelle formule...?
2109 Soit dit en
passant, si cette formule‑là était acceptée par le CRTC, est‑ce
qu'il n'y aurait pas un préjudice? Est‑ce
que vous ne livrez pas vos annonceurs, vos commerçants, vos entreprises dans
les mains d'un seul... de deux seuls diffuseurs en direct. Et donc, il y a moins de compétition et donc,
les tarifs pourraient être plus élevés.
2110 M. LABEAUME: Écoutez, je ne suis pas rendu là dans mon
affaire. Je veux juste vous dire qu'une
salle des nouvelles qui ferme dans une communauté comme Québec, c'est une
mauvaise nouvelle au total. Ça donne une
ville qui ratatine, ça donne une ville qui a moins de rayonnement.
2111 Et il n'y a rien,
rien, rien de bon là‑dedans pour l'économie. L'économie au total est perdante. Au niveau * macro + une communauté qui va bien
normalement ne voit pas une de ses salles de nouvelles fermer. Une communauté qui est attrayante normalement
ne voit pas une de ses salles fermer.
2112 Alors, au total,
cette affaire‑là, on est perdant.
La population de Québec, les gens d'affaires de Québec, la communauté
est perdante.
2113 Alors, c'est assez
simple. Si vous voulez parler d'économie
: c'est mauvais pour l'économie. C'est très mauvais pour l'économie. Ça, ça veut dire que notre région... notre
région au total va moins rayonner. Si
notre région rayonne moins, c'est mauvais pour l'économie au total. C'est ça que je veux dire. Il n'y a rien de bon, mais absolument de bon
là‑dedans pour l'économie.
2114 Quand je dis que
nous sommes perdants, nous sommes perdants.
Moi, écoutez, c'est clair pour moi, les gens d'affaires en général vous
diront, première réflexion : Oui. Mais
ils disent que c'est pas rentable.
2115 Première affaire :
c'est leurs affaires. Chacun administre
comme il veut. O.K.? Sauf qu'au total, les gens d'affaires de
Québec savent une chose : moins on parle, moins on est respecté (première
affaire), moins la ville et la région est respectée, moins elle rayonne, moins
on en parle, moins c'est bon pour l'économie.
2116 C'est tout.
2117 CONSEILLER MORIN:
Mais avec la nouvelle formule, quand même, l'émission serait diffusée à travers
le Québec.
2118 M. LABEAUME: Monsieur...
Écoutez. Monsieur le Conseiller,
je vous dirais ceci. La nouvelle formule,
elle date d'hier. C'est arrivé * comme un cheveu sur la soupe +.
2119 Moi, je suis un
gars d'affaires. Ne me demandez pas
d'embarquer là‑dedans à pieds joints, je ne suis pas assez naïf pour dire
aujourd'hui * je m'excuse de dire ce que j'ai dit
la semaine passée parce que ces messieurs ont décidé depuis hier qu'ils
doublaient la production à Québec avec une formule de * je comprends pas trop les tenants
et les aboutissants +.
Je ne suis pas naïf à ce point‑là, je pense que je suis un petit
peu plus intelligent que ça. Voilà!
2120 Pour ce qui est de
la nouvelle formule, je ne suis pas là, pour l'instant. Ce que je vous dis, c'est qu'il y a une
réalité pour moi. La réalité c'est qu'il
y a une salle des nouvelles qui ferme, il y a des employés qui se font
congédier, puis il va y avoir moins de journalistes demain matin, puis il y en
a déjà moins. C'est ça qui est clair,
pour moi. Le reste, ce n'est que de la
spéculation, des arguments favorables en leur faveur pour vous convaincre de
leur donner ce qu'ils veulent. Voilà!
2121 Jusqu'à nouvel
ordre, pour moi c'est ça; rien de plus.
2122 CONSEILLER
MORIN: Mais plus spécifiquement,
j'insiste. Pensez‑vous que les
gens d'affaires vont être heureux de la suppression ‑‑ on vous
écoute ‑‑ de la suppression de la publicité locale si la
formule Remstar qui serait acceptée par le CRTC, si nous décidions : plus de publicité
locale parce que cette formule‑là, il n'y a pas de nouvelles de catégorie
1.
2123 M. LABEAUME: Dites‑vous bien une chose, là. Les canaux pour faire de la publicité, il y
en a plein. Il n'iront là que si c'est
payant et si c'est... Bon, là... L'idée qu'ils soient heureux ou pas, pour
l'instant... Ce n'est pas comme ça que
ça marche. Ce n'est pas si micro que ça
pour une personne d'affaires. Moi, dans
mon entreprise, si vous me demandez si demain matin la salle des nouvelles de
TQS ferme, je ne me poserai pas la question parce qu'il va me rester deux
salles des nouvelles, il y a plein de salles...de postes de radio. Il y a de tout pour faire ça.
2124 Ce qui m'intéresse
moi, comme personne d'affaires, c'est de savoir que moi, là où j'évolue, où
j'essaie de faire de l'argent, où je gère un business et je paye des employés,
ça va moins bien aujourd'hui qu'hier parce qu'il y a une salle des nouvelles
qui ferme. C'est la seule réflexion que
j'ai et que je pense les autres ont, c'est celle‑là.
2125 La ramener à ça,
écoutez, ce n'est pas une grosse préoccupation, sincèrement. S'il n'y avait qu'une station...
2126 Et moi, c'est ça
qui m'inquiète, parce que si vous dites oui à Remstar, ça voudra dire que le
prochain qui vient vous voir, qui vous dit :
Nous sommes en faillite, on doit fermer la salle des nouvelles, vous
devrez être conséquent puis lui dire oui aussi.
Et là, on va arriver avec finalement une salle des nouvelles.
2127 Et le danger, il
est là, entre autres choses. Moi, comme
citoyen, je trouve ça extrêmement dangereux; le geste que vous allez poser là,
il est majeur. Parce que le prochain qui
va venir vous dire ça, vous allez avoir de la misère à ne pas faire comme vous
pourriez faire avec Remstar. Alors, à un
moment donné, au total, pour notre avenir, il faut y penser à ça, aussi.
2128 CONSEILLER
MORIN: Merci.
2129 Merci, Monsieur le
Président.
2130 LE PRÉSIDENT: Merci, Monsieur le Maire.
2131 M. LABEAUME: Merci.
2132 LE PRÉSIDENT: Votre position est très claire.
2133 Madame la secrétaire? Est‑ce que vous...?
2134 LA
SECRÉTAIRE: Merci, Monsieur le
Président.
2135 La prochaine présentation est par vidéoconférence, à partir de Montréal. Alors, nous allons prendre une brève pause de cinq minutes pour s'organiser. Merci.
‑‑‑ Suspension à 1202 / Upon recessing at 1202
‑‑‑ Reprise à 1212 / Upon resuming at 1212
2136 LA
SECRÉTAIRE: Veuillez prendre place, nous
procédons à la prochaine présentation.
2137 Alors, vu les
difficultés techniques, nous procéderons à la vidéoconférence de Montréal après
la période du lunch. J'inviterais
maintenant les prochains intervenants dans l'agenda, soit le député Sébastien
Proulx et le député François Benjamin à faire leur présentation conjointe.
2138 Veuillez nous
présenter vos collègues, après quoi vous disposerez de dix minutes pour votre
présentation.
2139 Monsieur le
Député?
2140 L'HON. FRANÇOIS
BENJAMIN: Alors bonjour, Monsieur le
Président, Monsieur le Vice‑président, Messieurs les Conseillers.
2141 Je suis accompagné
du député de Vanier, monsieur Légaré et monsieur Sébastien Proulx, qui est le
leader de notre formation politique.
2142 Alors merci
beaucoup au CRTC, qui ont accepté d'entendre la présentation de l'action
démocratique du Québec concernant l'achat par Remstar Diffusion de la station
de télévision généraliste TQS.
2143 D'emblée il faut
affirmer que l'ADQ se réjouit de la décision du CRTC d'engager des
consultations sur cette offre d'achat.
En effet, la proposition de Remstar de mettre fin à l'information sur
les ondes de TQS est à notre avis dangereuse quant à la diversité de
l'information au Québec.
2144 Vouloir abolir les
nouvelles en région, comme dans les grands centres représente une menace trop
grande pour que l'ADQ reste silencieuse.
2145 La diversité de
l'information et sa présence dans les régions du Québec représente en effet un
impératif et une information de qualité.
Et c'est pourquoi nous nous sommes joints, dès sa création, à la
coalition pour la diversité des voix en information mise sur pied par la
Fédération professionnelle des journalistes.
2146 L'ADQ a aussi
confirmé l'importance qu'elle accorde à une information de qualité et de
proximité. Et cette information, elle
doit être faite par des journalistes professionnels qui respectent un code
d'éthique établi.
2147 En présentant son
mémoire, l'ADQ voulait confirmer son appui aux journalistes et techniciens de
TQS qui risquent de perdre leur emploi si le CRTC accepte que le nouvel
acquéreur sabre dans l'information. Mais
elle se fait aussi, et surtout, la représentante des auditeurs, des
consommateurs d'information, ceux‑là même qui disent sans cesse depuis
l'annonce de fermeture : * Les nouvelles, c'est
important +.
2148 C'est très
brièvement le message que nous voulons transmettre au Conseil de la
radiodiffusion et des télécommunications canadiennes : les nouvelles, c'est
important.
2149 Pour nous l'offre
d'achat de TQS par Remstar Diffusion représente un véritable salut pour la
chaîne de télévision généraliste au bord de la faillite.
2150 Cependant, la
proposition de sabrer dans la salle de nouvelles s'avère dangereuse pour la
diversité de l'information présentée. Le
Québec est un vaste territoire où les besoins en information sont distincts
d'une région à l'autre.
2151 Fermer les salles
de nouvelles de l'une des trois chaînes généralistes du Québec semble non
seulement impensable, cela paraît en plus alarmant pour l'accès à une
information de qualité et de proximité.
2152 En effet, même si
le nouvel acquéreur envisage la perspective d'offrir des émissions de qualité
qui ne sont pas nécessairement des émissions du type information
traditionnelle, cela semble tout de même inquiétant pour la pérennité du
journalisme d'information sur les ondes de TQS.
2153 L'information sur
les ondes de TQS représente l'importance de la diversité, de notre paysage
audiovisuel francophone et les différentes salles de nouvelles des chaînes de
télévision généraliste du Québec proposent un traitement distinct et
concurrentiel de la nouvelle.
2154 La disparition de
l'information sur les ondes de TQS signifie la fin d'une voix, la fin d'un
positionnement, la fin d'une source d'information crédible et fiable.
2155 C'est pourquoi
l'Action démocratique du Québec recommande que le CRTC exige de la part du
nouvel acquéreur de Télévision Quatre Saisons le maintien du service de
nouvelles et ce dans toutes les régions où le réseau possède une licence.
2156 Le CRTC oblige
désormais les télévisions généralistes, lors de l'octroi de licences, à
diffuser des bulletins de nouvelles sur leurs ondes.
2157 La situation que
connaît TQS depuis maintes années déjà révèle une autre problématique que nous
souhaitons porter à l'attention du CRTC.
2158 Pour nous il est
impératif que les télévisions généralistes aux prises avec des difficultés
quant à la fragmentation des auditoires et des revenus publicitaires et
l'augmentation des coûts à s'adapter à l'ère numérique puissent bénéficier des
redevances que touchent actuellement les télévisions spécialisées.
2159 L'accès à une
telle redevance est essentiel pour assurer la survie et l'avenir de TQS.
2160 Depuis longtemps,
différents acteurs dont TVA et l'ADQ suggèrent que le CRTC permette aux chaînes
généralistes de bénéficier des redevances accordées aux chaînes spécialisées,
pour paraphraser l'offre d'achat déposée par Remstar, l'ADQ, et je cite :
* Estime extrêmement important
de rappeler au Conseil l'importance de veiller à ce que les sources de revenus
soient les mêmes pour tous les détenteurs de licences dans le secteur privé,
particulièrement dans le marché francophone afin de sauvegarder les acquis du
système. +
(Tel que lu)
2161 HONORABLE FRANÇOIS
BENJAMIN: Si Remstar peut sauver TQS de
la faillite, le CRTC peut assurément assurer sa continuité et ce dans un simple
souci d'équité entre les diffuseurs conventionnels et les chaînes spécialisées.
2162 C'est pourquoi
nous émettons aussi la recommandation suivante : que le CRTC élargisse aux
télévisions généralistes les redevances actuelles accordées aux chaînes
généralistes.
2163 Je passe la parole
à mon collègue, Sébastien Proulx.
2164 HONORABLE
SÉBASTIEN PROULX: Messieurs, bonjour.
2165 Lorsque le CRTC a
pris la décision de consulter la population sur cette offre d'achat, nous, tout
de suite, avons pensé que le Conseil devait se rendre dans les régions du
Québec touchées par cette transaction.
2166 Ma demande, datée
du 2 mai dernier, au Président, a été rejetée par le CRTC, mais je me réjouis
de voir que mon intervention a quand même permis à des intervenants des régions
de se faire entendre par voie de vidéoconférence pour les consultations
d'aujourd'hui.
2167 Profondément
ancrée dans les régions, TQS est représentative des Québécois et de leur
imaginaire collectif.
2168 Sabrer dans le
traitement journalistique, principalement en région, constitue un frein à l'offre
informationnelle et la disparition d'un style télévisuel unique propre à TQS.
2169 C'est pourquoi,
s'il approuve l'offre d'achat de TQS, le CRTC se doit d'obliger les nouveaux
propriétaires à conserver un temps d'antenne pour les informations télévisées.
2170 Et quand nous
parlons d'informations télévisées, nous parlons de bulletins de nouvelles
réalisés par des journalistes et des techniciens professionnels qui respectent
les normes journalistiques en vigueur au Québec.
2171 Ces heures doivent
également être réparties dans toutes les régions du Québec et non pas seulement
à Montréal.
2172 Les régions ont
une actualité propre qui nécessite un traitement journalistique approprié,
local et à la hauteur des besoins.
2173 Il est de plus
inconcevable que les régions qui ont une antenne de TQS, Sherbrooke, Trois‑Rivières,
Saguenay, n'aient que 90 minutes de programmation par semaine à offrir à la
population.
2174 De ces 90 minutes
de production en région, le temps consacré aux informations locales n'avait pas
encore été établi au moment de la rédaction du présent mémoire.
2175 Si l'ADQ estime
que ces 90 minutes de production régionale sont insuffisantes pour les besoins
réels des régions, il va sans dire que de proposer quelques minutes
d'information quotidienne est encore plus inimaginable.
2176 Le problème de la
diversité des voies d'information est généralisé à l'ensemble du Québec, mais
représente une menace encore plus grande pour les régions.
2177 La diminution
radicale, voire même la disparition de l'information au profit d'une
centralisation montréalaise, représente un bâillon injustifié pour ces régions.
2178 Le passé était
garant de l'avenir, il nous semble pertinent de souligner ici les impacts de la
perte d'une voie informationnelle en région.
2179 Les résidents de
l'Abitibi‑Témiscamingue en ont grandement pâti lors du conflit de travail
qui a touché les employés de Radio‑Nord d'octobre 2002 à juillet 2004.
2180 En effet vous le
savez, l'interminable grève qui a affecté les travailleurs de l'information a
provoqué un manque d'accès à l'information pour les citoyens qui s'en sont
souvent plaints au cours du conflit.
2181 Pendant plus de 20
mois l'Abitibi‑Témiscamingue a été privée des informations télévisuelles
et radiophoniques offertes par Radio‑Nord communications.
2182 Faute de
journalistes et de techniciens sur le terrain, les auditeurs ont dû se
contenter de nouvelles montréalaises en guise d'informations régionales.
2183 Cela, c'est sans compter pour tous les auditeurs un peu partout au Québec qui ont été privés des nouvelles prov